אֶלָּא קְדֵירוֹת שֶׁל מִקְדָּשׁ, אַמַּאי אָמַר רַחֲמָנָא יִשָּׁבְרוּ? נַהְדְּרִינְהוּ לְכִבְשׁוֹנוֹת! אָמַר רַבִּי זֵירָא: לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין כִּבְשׁוֹנוֹת בִּירוּשָׁלַיִם.
La Guemara objecte : Mais, selon l’opinion selon laquelle les récipients en terre cuite peuvent être purifiés des substances qu’ils ont absorbées par le procédé de calcination, en ce qui concerne les marmites utilisées dans le Temple, pourquoi le Miséricordieux déclare-t-Il dans la Torah qu’elles doivent être brisées ? Renvoyons-les simplement dans les fours où les marmites sont fabriquées, afin de nous assurer qu’elles seront purifiées par la chaleur extrême des fours. Rabbi Zeira dit : On ne peut pas renvoyer les marmites dans les fours parce que, comme cela a été enseigné dans une baraita (voir Bava Kamma 82b), on ne construit pas de fours à Jérusalem en raison de la grande quantité de fumée qu’ils produisent.
אָמַר אַבָּיֵי: וְכִי עוֹשִׂין אַשְׁפַּתּוֹת בָּעֲזָרָה?! אִישְׁתְּמִיטְתֵּיהּ הָא דְּתָנֵי שְׁמַעְיָה בְּקַלְנְבוֹ: שִׁבְרֵי כְּלֵי חֶרֶס נִבְלָעִין בִּמְקוֹמָן.
La Guemara présente une objection à la réponse de Rabbi Zeira. Abaye dit : Mais si, comme l’enseigne la baraita, il n’y a pas de fours à Jérusalem, des tas de rebuts de récipients en terre cuite sont-ils accumulés dans la cour du Temple ? La même baraita enseigne aussi qu’il n’y a pas de tas de rebuts à Jérusalem. Que fait-on donc des tessons des récipients en terre cuite qui doivent être brisés dans la cour ? La Guemara rejette la question : Abaye n’a soulevé cette objection que parce que ce que Shemaya avait enseigné à Kalnevo lui avait échappé ; Shemaya y enseigna : Dans le Temple, les tessons des récipients en terre cuite étaient miraculeusement absorbés à leur place.
אֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: תַּנּוּר שֶׁל מִקְדָּשׁ שֶׁל מַתֶּכֶת הֲוָה – נֶעְבֵּיד דְּחֶרֶס, דְּהֶסֵּיקוֹ מִבְּפָנִים הוּא!
La Guemara revient au sujet de l’allumage des récipients en terre cuite et demande : Mais si l’allumage par l’intérieur purifie tout ce qui a été absorbé dans un four en terre cuite, quelle est la raison de ce que dit Rav Naḥman, à savoir que Rabba bar Avuh dit : Le four dans le Temple était fait de métal ? Faisons-le en terre cuite, puisque l’allumage d’un four se fait de l’intérieur, et, par conséquent, il serait possible de le purifier ?
דְּכֵיוָן דְּאִיכָּא שְׁתֵּי הַלֶּחֶם וְלֶחֶם הַפָּנִים – דַּאֲפִיָּיתָן בְּתַנּוּר וּקְדוּשָּׁתָן בְּתַנּוּר; הָוֵה לֵיהּ כְּלִי שָׁרֵת, וּכְלִי שָׁרֵת דְּחֶרֶס לָא עָבְדִינַן.
La Guemara répond : La raison pour laquelle le four doit être fabriqué en métal est parce qu’il y a les deux pains, c’est-à-dire l’offrande publique de Shavouot de deux pains issus du nouveau blé, et le pain de proposition, c’est-à-dire le pain cuit chaque semaine dans une forme spéciale et exposé pendant une semaine entière sur la table dans le Sanctuaire, dont la cuisson se fait dans le four, et aussi dont la sanctification a lieu dans le four. Puisque ces offrandes ne sont pas pétries dans un ustensile de service, elles ne sont sanctifiées qu’en étant placées dans le four, et par conséquent le four est un ustensile de service ; et nous ne fabriquons pas d’ustensile de service en terre cuite.