מַאי, לָאו דְּחַג? לָא, לִנְדָבָה. פָּרִים קוֹדְמִין לְאֵילִים – שֶׁכֵּן נִתְרַבּוּ בִּנְסָכִים. וְכֵן אֵילִים לִכְבָשִׂים. כְּבָשִׂים לִשְׂעִירִים – שֶׁכֵּן נִתְרַבּוּ בְּאַלְיָה.
Quoi, cela ne fait-il pas référence aux offrandes additionnelles de la fête de Souccot ? Si tel est le cas, la baraita enseigne que les taureaux, les béliers et les brebis, qui sont des holocaustes, précèdent les offrandes expiatoires de boucs mâles. La Guemara répond : Non, en ce qui concerne tous ces animaux, la baraita parle d’offrandes volontaires. La Guemara interprète la baraita conformément à cette explication : Les taureaux précèdent les béliers, car ils nécessitent une plus grande quantité de libations ; et de même les béliers précèdent les brebis pour la même raison. Les brebis précèdent les boucs mâles, bien que leurs libations soient identiques, car les parties des brebis consumées sur l’autel sont plus importantes ; la queue de la brebis est brûlée, tandis que celle de la chèvre ne l’est pas.
תָּא שְׁמַע: פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ קוֹדֵם לְפַר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר, פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר קוֹדֵם לְפַר עֲבוֹדָה זָרָה,
La Guemara suggère : Viens et écoute une baraita qui semble contredire le principe selon lequel une offrande expiatoire précède toujours un holocauste : Le taureau du prêtre oint, c’est-à-dire le Grand Prêtre, qu’il sacrifie s’il rend puis suit une décision halakhique erronée, précède le taureau pour un péché communautaire involontaire, sacrifié si le Sanhédrin rend une décision halakhique erronée et que la communauté agit ensuite en conséquence. De même, le taureau pour un péché communautaire involontaire précède le taureau sacrifié en holocauste pour expier un péché communautaire involontaire impliquant l’idolâtrie.
פַּר עֲבוֹדָה זָרָה קוֹדֵם לִשְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה. דְּאַף עַל גַּב דְּפַר עֲבוֹדָה זָרָה עוֹלָה, וּשְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה חַטָּאת!
La baraita continue : Le taureau sacrifié comme expiation pour l’idolâtrie communautaire précède les boucs mâles qui expient pour l’idolâtrie, c’est-à-dire le bouc sacrifié avec le taureau. Telle est la halakhamême si le taureau qui expie pour l’idolâtrie est un holocauste, et les boucs mâles sacrifiés comme expiation pour l’idolâtrie sont des offrandes expiatoires. Cette baraita semble contredire l’affirmation de la baraita précédente selon laquelle une offrande expiatoire précède toujours un holocauste.
וְאֵימָא מֵרֵישָׁא: פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר קוֹדֵם לְפַר עֲבוֹדָה זָרָה!
La Guemara répond : Mais on peut dire que la conclusion opposée est tirée de la première clause de cette baraita, puisque au moins la première clause soutient le principe selon lequel les sacrifices expiatoires ont préséance : Le taureau pour un péché communautaire involontaire, qui est un sacrifice expiatoire, précède le taureau sacrifié pour expier un péché communautaire involontaire impliquant l’idolâtrie, qui est un holocauste.
בְּחַד מִינָא מִיהָא לָא קָאָמְרִינַן, דְּחַטָּאת קָדְמָה. כִּי קָאָמְרִינַן בִּתְרֵי מִינֵי – אַשְׁכְּחַן עוֹלָה דְּקָדְמָה לְחַטָּאת!
La Guemara rejette cette réponse : Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne des offrandes qui sont toutes deux d’une seule espèce d’animal, nous n’avons pas dit qu’il y ait le moindre doute qu’une offrande expiatoire ait préséance. Lorsque nous disons qu’il y a une contradiction entre les décisions des baraitot, c’est à l’égard de offrandes de deux espèces. Selon la baraita antérieure, même une offrande expiatoire d’oiseau précède une offrande consumée d’animal, tandis qu’ici nous trouvons une offrande consumée qui précède une offrande expiatoire.
אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא בַּר מָרִי: חַטַּאת עֲבוֹדָה זָרָה חָסֵר א׳ – ״לְחַטָּת״ כְּתִיב. רָבִינָא אָמַר: ״כַּמִּשְׁפָּט״ כְּתִיב בְּהוּ.
La Guemara répond : On dit en Occident, Eretz Yisrael, au nom de Rava bar Mari : Le sacrifice expiatoire offert pour expier l’idolâtrie est écrit sans alef (voir Nombres 15:24). Il est écrit lamed, ḥet, tet, tav. Cela indique qu’il est différent des autres sacrifices expiatoires en ce qu’il ne précède pas l’holocauste. Ravina dit que l’expression « selon l’ordonnance » est écrite au sujet des sacrifices offerts pour expier l’idolâtrie, dans le verset : « L’assemblée offrira un jeune taureau… selon l’ordonnance, et un bouc en sacrifice expiatoire » (Nombres 15:24). Cette mention d’une ordonnance indique qu’ils doivent être offerts dans l’ordre précis énoncé par le verset.
הַשְׁתָּא דְּאָתֵית לְהָכִי, אֲפִילּוּ תֵּימָא פָּרִים דְּחַג נָמֵי – ״כְּמִשְׁפָּטָם״ כְּתִיב בְּהוּ.
La Guemara commente : Maintenant que tu es parvenu à cette explication, la baraita précédente peut être expliquée de manière similaire : Même si tu dis que la baraita fait référence aux taureaux et aux autres offrandes de la fête de Souccot, il n’y a pas non plus de difficulté concernant le fait que les agneaux de l’holocauste aient préséance sur les boucs de l’offrande expiatoire, car l’expression « selon leur ordonnance » est écrite au sujet de ces offrandes également (voir Nombres 29:33).
אִיבַּעְיָא לְהוּ: חַטַּאת הָעוֹף וְעוֹלַת בְּהֵמָה וּמַעֲשֵׂר, אֵיזוֹ מֵהֶן קוֹדֵם? תִּיקְדּוֹם חַטַּאת הָעוֹף – אִיכָּא מַעֲשֵׂר דְּקָדֵים לַהּ. לִיקְדּוֹם מַעֲשֵׂר – אִיכָּא עוֹלַת בְּהֵמָה דְּקָדְמָה לֵיהּ. תִּיקְדּוֹם עוֹלַת בְּהֵמָה – אִיכָּא חַטַּאת הָעוֹף דְּקָדְמָה לַהּ.
Un dilemme découlant de la conclusion de la discussion précédente fut soulevé devant les Sages : S’il y a une offrande expiatoire d’oiseau, et un holocauste d’animal, et une offrande de dîme animale à sacrifier, laquelle d’entre elles précède les autres ? Si vous dites que l’offrande expiatoire d’oiseau doit avoir la préséance, il y a l’offrande de dîme animale qui généralement la précède, puisqu’elle requiert l’abattage, comme l’énonce la michna. Si vous dites que l’offrande de dîme animale doit avoir la préséance, il y a l’holocauste d’animal qui la précède, car l’holocauste est une offrande du degré de sainteté le plus élevé. Si vous dites que l’holocauste d’animal doit avoir la préséance, il y a l’offrande expiatoire d’oiseau qui la précède, comme la Guemara l’a conclu précédemment.
הָכָא תַּרְגִּימוּ: מִין זֶבַח עֲדִיף. בְּמַעְרְבָא אָמְרִי: עָיְילָא בַּהּ עוֹלַת בְּהֵמָה בְּחַטַּאת הָעוֹף, וְאַגְבַּהְתַּהּ מִמַּעֲשֵׂר.
La Guemara répond : Ici, en Babylonie, ils ont expliqué que le fait que l’offrande de la dîme animale soit un type d’offrande qui nécessite l’abattage rituel est d’une importance plus grande que les autres facteurs. Par conséquent, l’offrande de la dîme animale est sacrifiée en premier, suivie de l’offrande expiatoire d’oiseau, et enfin de l’holocauste animal. En Occident, Eretz Israël, ils disent : L’holocauste animal a un effet sur l’offrande expiatoire d’oiseau sacrifiée avec lui et élève son importance au-dessus de celle de l’offrande de la dîme animale. Par conséquent, l’offrande expiatoire d’oiseau est sacrifiée en premier, suivie de l’holocauste animal, et enfin de l’offrande de la dîme animale.
מַתְנִי׳ כׇּל הַחַטָּאוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה קוֹדְמוֹת לָאֲשָׁמוֹת, חוּץ מֵאֲשַׁם מְצוֹרָע – מִפְּנֵי שֶׁהוּא בָּא עַל הֶכְשֵׁר.
MICHNA :Toutes les offrandes expiatoires prescrites par la Torah ont préséance sur les offrandes de culpabilité, comme expliqué dans la michna précédente (89a), sauf l’offrande de culpabilité d’un lépreux, parce qu’elle vient pour le rendre apte. Celui qui a été guéri de la lèpre doit passer par un processus par lequel il est rendu rituellement pur avant d’entrer en contact avec des objets consacrés. Bien qu’il doive aussi apporter une offrande expiatoire, son offrande de culpabilité est plus centrale dans ce processus de purification et a donc préséance sur l’offrande expiatoire.
כָּל הָאֲשָׁמוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה בָּאִין בְּנֵי שְׁתַּיִם וּבָאִין בְּכֶסֶף שְׁקָלִים, חוּץ מֵאֲשַׁם נָזִיר וַאֲשַׁם מְצוֹרָע – שֶׁהֵן בָּאִין בְּנֵי שֶׁנָּתָן, וְאֵין בָּאִין בְּכֶסֶף שְׁקָלִים.
Toutes les offrandes de culpabilité prescrites par la Torah viennent comme des béliers dans leur deuxième année et doivent valoir deux sicles d’argent, sauf l’offrande de culpabilité d’un naziréen et l’offrande de culpabilité d’un lépreux, car elles viennent de brebis dans leur première année et ne doivent pas valoir deux sicles d’argent, car elles n’ont pas de valeur fixe.
כְּשֵׁם שֶׁקּוֹדְמִין בְּהַקְרָבָתָן, קוֹדְמִין בַּאֲכִילָתָן. שְׁלָמִים שֶׁל אֶמֶשׁ וּשְׁלָמִים שֶׁל יוֹם – שֶׁל אֶמֶשׁ קוֹדְמִין לְשֶׁל יוֹם. שְׁלָמִים שֶׁל אֶמֶשׁ, חַטָּאת וְאָשָׁם שֶׁל הַיּוֹם – שְׁלָמִים שֶׁל אֶמֶשׁ קוֹדְמִין. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: חַטָּאת קוֹדֶמֶת, מִפְּנֵי שֶׁהִיא קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים.
De même que les offrandes les plus sacrées précèdent les autres offrandes en ce qui concerne leur sacrifice, comme cela a été enseigné dans la michna précédente (89a), elles aussi précèdent les autres en ce qui concerne leur consommation. Si quelqu’un a une offrande de paix d’hier et une offrande de paix d’aujourd’hui, l’offrande de paix d’hier précède l’offrande de paix d’aujourd’hui. Si quelqu’un a une offrande de paix d’hier et une offrande expiatoire ou une offrande de culpabilité d’aujourd’hui, l’offrande de paix d’hier précède les autres ; c’est l’avis de Rabbi Meir. Et les Sages disent : L’offrande expiatoire précède l’offrande de paix, en raison du fait qu’il s’agit d’une offrande de l’ordre le plus sacré. De même, l’offrande de culpabilité précède l’offrande de paix, car elle est elle aussi de l’ordre le plus sacré.
וְכוּלָּן הַכֹּהֲנִים רַשָּׁאִין לְשַׁנּוֹת בַּאֲכִילָתָן – לְאָכְלָן צְלוּיִן וּשְׁלוּקִין וּמְבוּשָּׁלִין, לָתֵת לְתוֹכוֹ תַּבְלֵי חוּלִּין וְתַבְלֵי תְרוּמָה. דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: לֹא יִתֵּן לְתוֹכוֹ תַּבְלֵי תְרוּמָה, שֶׁלֹּא יָבִיא הַתְּרוּמָה לִידֵי פְסוּל.
Et en ce qui concerne toutes les offrandes qui sont consommées, les prêtres sont autorisés à modifier la manière de leur consommation et à les manger comme ils le souhaitent. Par conséquent, les prêtres sont autorisés à les manger rôties, ou bouillies, ou cuites, et à mettre dans la marmite de cuisson des épices profanes ou des épices de teruma. Telle est la déclaration de Rabbi Shimon. Rabbi Meir dit : On ne peut pas y mettre des épices de teruma, afin de ne pas amener la teruma à un état d’invalidité. La consommation des aliments consacrés n’est permise que pendant une période limitée, après quoi ils deviennent invalides et sont brûlés. L’ajout d’épices de teruma pourrait faire en sorte que ces épices deviennent elles aussi invalides.
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: תָּדִיר וּמְקוּדָּשׁ, אֵיזֶה מֵהֶם קוֹדֵם? תָּדִיר קוֹדֵם – מִשּׁוּם דִּתְדִיר, אוֹ דִלְמָא מְקוּדָּשׁ קָדֵים – דְּקַדִּישׁ? תָּא שְׁמַע: תְּמִידִין קוֹדְמִין לְמוּסָפִין.
GUEMARA :Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Les mishnayot (89a) ont enseigné qu’une offrande fréquente précède les autres offrandes, et aussi qu’une offrande d’une plus grande sainteté précède les autres. S’il y a une offrande fréquente et une offrande d’une plus grande sainteté à sacrifier, laquelle des deux précède l’autre ? L’offrande fréquente a-t-elle priorité, en raison du fait qu’elle est fréquente, ou peut-être l’offrande d’une plus grande sainteté a-t-elle priorité, puisqu’elle est d’une plus grande sainteté ? La Guemara suggère : Viens et écoute la décision de la première michna de ce chapitre, selon laquelle les offrandes quotidiennes précèdent les offrandes additionnelles parce qu’elles sont fréquentes.