הוּגְּעוּ לְנֶתֶר וְאָהָל – אַף בְּמַיִם אֵין מְכַבְּסִים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אֵין מְכַבְּסִין אוֹתָן כׇּל עִיקָּר, שֶׁאֵין עֲנִיּוּת בִּמְקוֹם עֲשִׁירוּת.
Mais si les vêtements étaient devenus si sales qu’ils étaient arrivés à un point où leur lavage exigerait l’usage de natron ou de savon, alors on ne peut pas les laver, même avec de l’eau. Et certains disent : on ne peut pas laver les vêtements sacerdotaux du tout, même si les laver à l’eau suffisait, car il n’y a pas de pauvreté dans un lieu de richesse, c’est-à-dire que seuls des vêtements sacerdotaux propres comme neufs doivent être portés, comme il convient au service du Temple, et ceux qui ont été lavés ne doivent pas être portés.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְעִיל – כּוּלּוֹ שֶׁל תְּכֵלֶת הָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעַשׂ אֶת מְעִיל הָאֵפוֹד כְּלִיל תְּכֵלֶת״. שׁוּלָיו כֵּיצַד? מֵבִיא תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי שְׁזוּרִין, וְעוֹשֶׂה אוֹתָן כְּמִין רִימּוֹנִים שֶׁלֹּא פִּיתְּחוּ פִּיהֶן, וּכְמִין קוֹנָאוֹת שֶׁל קְנָסוֹת שֶׁבְּרָאשֵׁי תִינוֹקוֹת.
§ En ce qui concerne les vêtements sacerdotaux, les Sages ont enseigné dans une baraita : la robe du Grand Prêtre était cousue entièrement en laine bleu azur, comme il est dit : « Et il fit la robe de l’éphod en ouvrage tissé, tout entière de bleu azur » (Exode 39:22). En ce qui concerne ses pans, au sujet desquels il est dit : « Et ils firent sur les pans de la robe des grenades de bleu azur, de pourpre et d’écarlate, retordues » (Exode 39:24), comment étaient-ils façonnés ? Le tailleur prend de la laine bleu azur, de la laine pourpre et de la laine écarlate, qui sont retordues ensemble, et les façonne pour qu’elles ressemblent à des grenades qui n’ont pas ouvert leur bouche, c’est-à-dire qu’elles sont cousues à l’image de grenades qui ne sont pas encore assez mûres pour que la couronne au sommet s’ouvre, et comme les cônes [konaot] des casques [kenasot] que l’on trouve sur la tête des enfants.
וּמֵבִיא שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם זַגִּין שֶׁבָּהֶן שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם עִינְבָּלִין, וְתוֹלֶה בָּהֶן שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה בְּצַד זֶה וּשְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה מִצַּד זֶה. רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה: שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה הָיוּ – שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה מִצַּד זֶה וּשְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה מִצַּד זֶה.
Et afin d’accomplir ce qui est énoncé : « Ils firent des clochettes d’or pur, et mirent les clochettes entre les grenades » (Exode 39:25), il apporte soixante-douze clochettes, c’est-à-dire la partie extérieure des clochettes, faites d’or, qui contiennent à l’intérieur soixante-douze battants, et il les suspend aux ourlets : trente-six de chaque, c’est-à-dire grenades et clochettes, de ce côté-ci de la robe, et trente-six de chaque de ce côté-là, comme l’énonce le verset : « Une clochette et une grenade, une clochette et une grenade, sur les ourlets de la robe tout autour » (Exode 39:26). Rabbi Dosa dit au nom de Rabbi Yehuda : Il y avait trente-six clochettes suspendues autour de l’ourlet, dix-huit de ce côté-ci et dix-huit de ce côté-là.
אָמַר רַבִּי עִינְיֹנִי בַּר שָׂשׂוֹן: כְּמַחְלוֹקֶת כָּאן כָּךְ מַחְלוֹקֶת בְּמַרְאוֹת נְגָעִים, דִּתְנַן: מַרְאוֹת נְגָעִים – רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס אוֹמֵר: שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה, עֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל אוֹמֵר: שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם.
Rabbi Inini bar Sason dit : De même qu'il y a ici un désaccord entre les tannaïm concernant le nombre total de clochettes suspendues autour de l’ourlet de la robe du Grand Prêtre, de même y a-t-il un désaccord entre les tannaïm concernant le nombre total de nuances de marques lépreuses. Comme nous l’avons appris dans une michna (Nega’im 1:4) : En ce qui concerne le nombre total de nuances de marques lépreuses, Rabbi Dosa ben Harkinas dit : Il y en a trente-six, tandis que Akavya ben Mahalalel dit : Il y en a soixante-douze.
וְאָמַר רַבִּי עִינְיֹנִי בַּר שָׂשׂוֹן: לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת קׇרְבָּנוֹת לְפָרָשַׁת בִּגְדֵי כְהוּנָּה? לוֹמַר לָךְ: מָה קׇרְבָּנוֹת מְכַפְּרִין, אַף בִּגְדֵי כְהוּנָּה מְכַפְּרִין.
§ La Guemara cite une autre déclaration de ce sage : Et Rabbi Inini bar Sason dit : Pourquoi le passage dans la Torah qui traite des offrandes (Lévitique, chapitres 1–7) a-t-il été juxtaposé au passage qui traite des vêtements sacerdotaux (Lévitique, chapitre 8) ? Il a été juxtaposé pour t’enseigner que, de même que les offrandes procurent l’expiation, de même les vêtements sacerdotaux procurent l’expiation.
כְּתוֹנֶת – מְכַפֶּרֶת עַל שְׁפִיכוּת (דם) [דָּמִים], שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁחֲטוּ שְׂעִיר עִזִּים וַיִּטְבְּלוּ אֶת הַכֻּתֹּנֶת בַּדָּם״. מִכְנָסַיִם – מְכַפֶּרֶת עַל גִּילּוּי עֲרָיוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲשֵׂה לָהֶם מִכְנְסֵי בָד [לְכַסּוֹת (אֶת) בְּשַׂר עֶרְוָה]״. מִצְנֶפֶת – מְכַפֶּרֶת עַל גַּסֵּי הָרוּחַ. מִנַּיִן? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּגּוֹבַהּ, וִיכַפֵּר עַל גּוֹבַהּ.
La tunique expie l’effusion de sang, comme il est dit au sujet des frères de Joseph après qu’ils eurent comploté de le tuer : « Ils égorgèrent un bouc et trempèrent la tunique dans le sang » (Genèse 37:31). Le pantalon expie les relations sexuelles interdites, comme il est dit au sujet de la confection des vêtements sacerdotaux : « Tu leur feras des caleçons de lin pour couvrir la chair de leur nudité » (Exode 28:42). La tiare expie les arrogants. D’où cela est-il dérivé ? Rabbi Ḥanina dit : Il est logique qu’un objet placé en hauteur, c’est-à-dire sur la tête d’un prêtre, vienne expier le péché d’un cœur élevé.
אַבְנֵט – מְכַפֵּר עַל הִרְהוּר הַלֵּב, הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ. חוֹשֶׁן – מְכַפֵּר עַל הַדִּינִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָשִׂיתָ חֹשֶׁן מִשְׁפָּט״. אֵפוֹד – מְכַפֵּר עַל עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין אֵפוֹד וּתְרָפִים״.
Rabbi Inini bar Sason poursuit : La ceinture expie la pensée du cœur. La Guemara développe : La ceinture expie les fautes qui se produisent à l’endroit où elle est placée, c’est-à-dire sur le cœur. Le pectoral du Grand Prêtre expie les jugements iniques, comme il est dit : « Tu feras un pectoral de jugement » (Exode 28:15). L’éphod du Grand Prêtre expie l’idolâtrie, comme il est dit : « et sans éphod ni teraphim » (Osée 3:4), ce qui signifie que lorsqu’il n’y a pas d’éphod, le péché des teraphim, c’est-à-dire l’idolâtrie, se trouve. On peut donc en déduire que s’il y a un éphod, il n’y a pas de péché d’idolâtrie.
מְעִיל – מְכַפֵּר עַל לָשׁוֹן הָרָע. מִנַּיִן? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּקּוֹל, וִיכַפֵּר עַל קוֹל הָרָע. וְצִיץ – מְכַפֵּר עַל עַזּוּת פָּנִים; בְּצִיץ כְּתִיב: ״וְהָיָה עַל מֵצַח אַהֲרֹן״, וּבְעַזּוּת פָּנִים כְּתִיב: ״וּמֵצַח אִשָּׁה זוֹנָה הָיָה לָךְ״.
La robe du Grand Prêtre expie la parole malveillante. D’où cela est-il connu ? Rabbi Ḥanina dit : Il est logique qu’un objet qui produit un son, c’est-à-dire la robe, qui a des clochettes, vienne expier un mauvais son. Et la plaque frontale du Grand Prêtre expie l’effronterie. Cela est déduit du fait que concernant la plaque frontale il est écrit : « Et elle sera sur le front d’Aaron » (Exode 28:38), et concernant l’effronterie il est écrit : « Et tu avais un front de prostituée » (Jérémie 3:3).
אִינִי?! וְהָא אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: שְׁנֵי דְּבָרִים לֹא מָצִינוּ לָהֶן כַּפָּרָה בְּקׇרְבָּנוֹת, וּמָצִינוּ לָהֶן כַּפָּרָה מִמָּקוֹם אַחֵר; וְאֵלּוּ הֵן: שְׁפִיכוּת דָּמִים וְלָשׁוֹן הָרָע!
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi, que les vêtements sacerdotaux expient ces fautes ? Mais Rabbi Yehoshua ben Levi ne dit-il pas : Il y a deux choses pour lesquelles nous ne trouvons pas d’expiation par des offrandes, mais nous leur trouvons une expiation provenant d’un autre endroit, et ce sont : l’effusion de sang et la parole malveillante.
שְׁפִיכוּת דָּמִים – מֵעֶגְלָה עֲרוּפָה, וְלָשׁוֹן הָרָע – מִקְּטֹרֶת. דְּתָנֵי רַב חֲנַנְיָה: מִנַּיִן לִקְטֹרֶת שֶׁמְּכַפֶּרֶת? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתֵּן אֶת הַקְּטֹרֶת וַיְכַפֵּר עַל הָעָם״.
En ce qui concerne le versement de sang, son expiation vient de la génisse à la nuque brisée. Cela fait référence à un cas où l’on trouve le corps d’une personne assassinée, mais où l’identité du meurtrier n’est pas connue. Dans un tel cas, la Torah ordonne que l’on brise la nuque d’une génisse comme expiation pour le meurtre. Et en ce qui concerne la parole malveillante, son expiation vient de l’encens, comme l’enseigne Rav Ḥananya dans une baraita : D’où est-il déduit que l’encens effectue l’expiation ? Comme il est dit après que les Israélites eurent calomnié Moïse et Aaron et qu’une plaie fut envoyée contre eux : « Et il mit l’encens, et fit expiation pour le peuple » (Nombres 17:12).
וְתָנֵי דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: עַל מָה קְטֹרֶת מְכַפֶּרֶת? עַל לָשׁוֹן הָרָע. יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּחֲשַׁאי, וִיכַפֵּר עַל מַעֲשֶׂה חֲשַׁאי.
La Guemara continue : Et, de même, l’école de Rabbi Yishmaël enseigne : Pour quoi l’offrande d’encens effectue-t-elle l’expiation ? Elle effectue l’expiation pour la parole malveillante, afin qu’une chose qui est offerte en privé, c’est-à-dire l’encens, qui est offert par un prêtre agissant seul, vienne expier une action se produisant généralement en privé, c’est-à-dire la parole malveillante.
קַשְׁיָא לָשׁוֹן הָרָע אַלָּשׁוֹן הָרָע, קַשְׁיָא שְׁפִיכוּת דָּמִים אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים!
En conséquence, il y a une difficulté entre ce qui est énoncé au sujet de la médisance et ce qui est énoncé au sujet de la médisance, car selon Rabbi Inini bar Sason, la robe expie la médisance, tandis que selon la baraita, seul l’encens opère l’expiation pour cette transgression. De même, il y a une difficulté entre ce qui est énoncé au sujet de l’effusion de sang et ce qui est énoncé au sujet de l’effusion de sang, car selon Rabbi Inini bar Sason, la tunique opère l’expiation pour l’effusion de sang, tandis que selon la baraita, seule la génisse à la nuque brisée opère l’expiation pour cela.
לָא קַשְׁיָא; הָא דִּידִיעַ מַאן קַטְלֵיהּ, הָא דְּלָא יְדִיעַ מַאן קַטְלֵיהּ. אִי דִּידִיעַ מַאן קַטְלֵיהּ – בַּר קְטָלָא הוּא! בְּמֵזִיד וְלָא אַתְרוֹ בֵּיהּ.
La Guemara répond : En ce qui concerne l’effusion de sang, il n’y a pas de difficulté, car cela, la tunique, procure l’expiation pour l’effusion de sang dans un cas où l’on sait qui a tué la victime, tandis que cela, la génisse, procure l’expiation dans un cas où l’on ne sait pas qui a tué la victime. La Guemara objecte : Si l’on sait qui a tué la victime, cet homme mérite la mort, et il n’y a pas autrement d’expiation pour la communauté, comme il est dit : « Et aucune expiation ne peut être faite pour la terre pour le sang qui y a été versé, sinon par le sang de celui qui l’a versé » (Nombres 35:33). La Guemara répond : Il s’agit d’un cas où il a commis le meurtre intentionnellement mais les témoins ne l’ont pas averti au préalable des conséquences du meurtre. Par conséquent, le tribunal ne peut pas l’exécuter, car aucune peine terrestre ne peut être administrée sans avertissement préalable.
וְלָשׁוֹן הָרָע אַלָּשׁוֹן הָרָע נָמֵי לָא קַשְׁיָא – הָא בְּצִינְעָא, הָא בְּפַרְהֶסְיָא.
Et quant à la contradiction entre ce qui est énoncé au sujet de la parole malveillante et ce qui est énoncé au sujet de la parole malveillante, elle n’est pas non plus difficile. Ceci, l’encens, effectue l’expiation pour la parole malveillante prononcée en privé, tandis que ceci, la robe, sur laquelle sont placées les clochettes qui produisent du bruit, effectue l’expiation pour la parole malveillante prononcée en public.
הֲדַרַן עֲלָךְ הַמִּזְבֵּחַ מְקַדֵּשׁ