חַטַּאת הָעוֹף פְּסוּלָה הֵיכִי מַזֶּה מִדָּמָהּ? הָוֵה לֵיהּ יָרוּד! שְׁאָר פְּסוּלִים הֵיכִי זָרֵיק לְהוּ מִדָּמָהּ?
Alors, en ce qui concerne le cas d’une offrande expiatoire d’oiseau disqualifiée qui a été pincée au sommet de l’autel, comment fait-on l’aspersion de son sang sur la paroi de l’autel ? Lorsque le prêtre soulève l’oiseau dans sa main afin d’asperger son sang, l’oiseau est considéré comme étant descendu de dessus l’autel, et il ne peut pas asperger son sang, car la halakha concernant tous les éléments disqualifiés est que, dès lors qu’ils sont descendus de dessus l’autel, ils ne doivent pas y remonter. De même, concernant le sang d’autres offrandes qui ont été disqualifiées et sont montées sur l’autel, comment fait-il l’aspersion de leur sang, puisque l’aspersion se fait depuis l’espace aérien au-dessus de l’autel ? Il faut plutôt dire que l’espace aérien au-dessus de l’autel est considéré comme l’autel.
דְּמַגַּע לְהוּ. הָא הַזָּאָה הִיא?! מִיצּוּי הִיא! הָא זְרִיקָה?! שְׁפִיכָה הִיא!
La Guemara rejette cette preuve : Il est possible que, dans de tels cas, on n’asperge pas le sang de sa manière habituelle, mais de telle sorte qu’il le presse contre la paroi de l’autel immédiatement, sans que le sang passe par l’air. La Guemara rejette cette suggestion : Cela est-il considéré comme une aspersion ? C’est un pressage, un acte effectué pour un holocauste d’oiseau, et non pour un sacrifice expiatoire d’oiseau. De même, si l’on asperge le sang d’autres offrandes disqualifiées de cette manière, est-ce une aspersion ? C’est un versement.
וְעוֹד, דֶּרֶךְ הַזָּאָה בְּכָךְ?! דֶּרֶךְ זְרִיקָה בְּכָךְ?!
Et de plus, en ce qui concerne un holocauste d’oiseau disqualifié, est-ce que la manière d’asperger dans un tel cas est ainsi ? Et dans le cas d’autres offrandes disqualifiées, est-ce que la manière d’asperger dans un tel cas est ainsi ? Ce n’est pas le cas. Au contraire, l’espace aérien au-dessus de l’autel doit être considéré comme l’autel.
אָמַר רַב אָשֵׁי: אִי דְּנָקֵט לְהוּ בְּרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ – הָכִי נָמֵי; כִּי קָאָמַר – דִּתְלָנְהוּ בְּקַנְיָא. מַאי? תֵּיקוּ.
Rav Ashi a dit : Si la question concerne un cas où le prêtre tenait le sang ou les membres alors qu’il se tenait au sommet de l’autel, ils seraient effectivement considérés comme ayant été élevés sur l’autel, et ne devront pas en descendre. Mais lorsque le dilemme a été énoncé au sujet de l’espace aérien au-dessus de l’autel, c’était à propos d’un cas où il les a suspendus avec une perche au-dessus de l’autel, tandis que lui-même se tenait sur le sol de la cour du Temple. Quelle est la halakha dans un tel cas ? La Guemara répond que le dilemme reste sans résolution.
מַתְנִי׳ כְּלֵי הַלַּח מְקַדְּשִׁין אֶת הַלַּח, וּמִדּוֹת יָבֵשׁ מְקַדְּשׁוֹת אֶת הַיָּבֵשׁ. אֵין כְּלִי הַלַּח מְקַדֶּשֶׁת אֶת הַיָּבֵשׁ, וְלֹא יָבֵשׁ מְקַדֵּשׁ אֶת הַלַּח. כְּלֵי הַקּוֹדֶשׁ שֶׁנִּיקְּבוּ, אִם עוֹשִׂין בָּהֶן מֵעֵין מְלַאכְתָּן שֶׁהָיוּ עוֹשִׂין, וְהֵן שְׁלֵימִים – מְקַדְּשִׁין, וְאִם לָאו – אֵין מְקַדְּשִׁין. וְכוּלָּן אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא בַּקּוֹדֶשׁ.
MICHNA : La michna développe la halakha enseignée dans la michna précédente (86a), selon laquelle les ustensiles de service sanctifient les éléments placés en eux. Les ustensiles de service utilisés pour les liquides sanctifient seulement les liquides utilisés dans le service, et les ustensiles de service servant de mesures sèches sanctifient seulement les éléments secs utilisés dans le service. Les ustensiles de service utilisés pour les liquides ne sanctifient pas les éléments secs, et les ustensiles de service utilisés pour les éléments secs ne sanctifient pas les liquides. En ce qui concerne les ustensiles sacrés qui ont été perforés, si l’on continue à les utiliser pour un usage semblable à l’usage pour lequel on les utilisait auparavant, lorsqu’ils étaient intacts, ils continuent à sanctifier leur contenu. Sinon, ils ne sanctifient pas leur contenu. Et tous ces ustensiles sanctifient des éléments seulement lorsqu’ils sont dans la zone sacrée, c’est-à-dire dans la cour du Temple.
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מִדּוֹת, אֲבָל מִזְרָקוֹת – מְקַדְּשִׁין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים סֹלֶת״.
GEMARA : En ce qui concerne l’affirmation de la michna selon laquelle les récipients utilisés pour les liquides ne sanctifient pas les éléments secs, Shmuel dit : Les Sages ont enseigné cette halakha seulement en ce qui concerne les mesures utilisées pour les liquides, c’est-à-dire le vin ou l’huile. Mais les coupes, qui servent à recueillir le sang des offrandes, sanctifient également les éléments secs, comme il est dit dans le verset : « Une coupe d’argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du sanctuaire ; toutes deux pleines de fleur de farine mêlée d’huile pour une offrande végétale » (Nombres 7:13), ce qui indique que les coupes étaient également conçues pour être utilisées avec de la farine, un élément sec.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּיפְתִּי לְרָבִינָא: מִנְחָה לַחָה הִיא! אֲמַר לֵיהּ: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לַיָּבֵשׁ שֶׁבָּהּ. אִיבָּעֵית אֵימָא: מִנְחָה לְגַבֵּי דָּם – כְּיָבֵשׁ דָּמֵי.
Rav Aḥa de Difti dit à Ravina : L’offrande de farine du verset est aussi considérée comme un liquide, puisqu’elle est mélangée à l’huile, et on ne peut pas en déduire la halakha concernant des éléments entièrement secs. Ravina lui dit : Le verset cité par Shmuel n’était nécessaire que pour déduire la halakha des parties sèches d’une offrande de farine, enseignant que même la farine qui est restée sèche parce qu’elle n’a pas été bien mélangée à l’huile est elle aussi sanctifiée par les coupes. Si tu veux, dis plutôt : Une offrande de farine, bien qu’elle soit mélangée à l’huile, par comparaison au sang, est considérée comme un élément sec. En conséquence, on peut déduire du verset que les coupes sanctifient tous les éléments secs.
אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּלֵי שָׁרֵת – אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא שְׁלֵימִין, אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא מְלֵאִין, אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא מִתּוֹכָן. וְאָמְרִי לָהּ: אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא שְׁלֵימִין וּמְלֵאִים וּמִבִּפְנִים.
De plus, Shmuel dit : Les ustensiles de service sanctifient les éléments seulement lorsque les ustensiles sont entiers, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de trou ; ils ne sanctifient que des mesures pleines, c’est-à-dire lorsqu’ils contiennent une mesure propre à l’offrande ; et ils sanctifient les éléments seulement depuis leur intérieur et non les éléments qui n’ont fait que toucher leur extérieur. Et certains disent qu’il existe une autre version de la déclaration de Shmuel : Les ustensiles de service sanctifient les éléments seulement lorsque les ustensiles sont entiers, et lorsqu’ils contiennent des mesures pleines, et de l’intérieur.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ בֵּירוּצֵי מִדּוֹת. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא שְׁלֵימִין, וּמְלֵאִים, וּמִתּוֹכָן, וּבִפְנִים.
La Guemara demande : Quelle est la différence entre ces deux versions ? La Guemara répond : La différence entre elles est en ce qui concerne les mesures débordantes. Selon la première version, les ustensiles de service ne sanctifient que les éléments qui se trouvent à l’intérieur d’eux ; rien de ce qui déborde n’est inclus. La Guemara note que cela a été enseigné dans une baraita conformément aux deux versions : Les ustensiles de service sanctifient des éléments seulement lorsqu’ils sont entiers, et seulement des mesures pleines, depuis leur intérieur, et à l’intérieur.
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ לְהוֹסִיף, אֲבָל דַּעְתּוֹ לְהוֹסִיף – רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן קוֹדֶשׁ.
En ce qui concerne la halakha selon laquelle les ustensiles de service ne sanctifient que des mesures complètes, Rabbi Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ils ont enseigné cette halakha seulement lorsque l’intention initiale du prêtre n’était pas d’ajouter à ce qui avait déjà été placé dans l’ustensile. Mais si son intention initiale était d’ajouter, alors chaque quantité initiale placée dans l’ustensile devient sacrée, si petite soit-elle.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מְלֵאִין – אֵין מְלֵאִין אֶלָּא שְׁלֵימִין. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵימָתַי – בִּזְמַן שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ לְהוֹסִיף; אֲבָל דַּעְתּוֹ לְהוֹסִיף – רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן קוֹדֶשׁ.
Cette distinction est également enseignée dans une baraita : En ce qui concerne la halakha selon laquelle les ustensiles de service sanctifient des mesures pleines, les mesures pleines ne sont rien d’autre que des mesures entières. Rabbi Yosei a dit : Quand les mesures pleines sont-elles entières ? C’est à un moment où l’intention du prêtre n’était pas d’ajouter. Mais si son intention était d’ajouter, chaque quantité initiale est sacrée.
אֵין כְּלִי הַלַּח מְקַדֵּשׁ [וְכוּ׳]. אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַב אַסִּי: אֵין מְקַדְּשִׁין לִיקְרַב, אֲבָל מְקַדְּשִׁין לִיפָּסֵל.
§ La michna enseigne que les ustensiles de service utilisés pour les liquides ne sanctifient pas les éléments secs. À propos de cette halakha, Rav dit, et certains disent que Rav Assi dit : Les ustensiles de service utilisés pour les liquides ne sanctifient pas les éléments secs pour les rendre aptes au sacrifice sur l’autel, mais ils sanctifient les éléments secs afin que ces éléments puissent être disqualifiés par leur intermédiaire, c’est-à-dire que des éléments secs placés dans de tels ustensiles peuvent être disqualifiés par ce qui ne disqualifie que des éléments sanctifiés, par exemple s’ils sont touchés par quelqu’un qui s’est immergé ce jour-là, ou s’ils sont sortis de la cour du Temple.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַהָא: אֵין מְבִיאִין מְנָחוֹת וּנְסָכִים וּמִנְחַת בְּהֵמָה וּבִיכּוּרִים מִן הַמְדוּמָּע, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר מֵעׇרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם. וְאִם הֵבִיא – לֹא קִדֵּשׁ. אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַב אַסִּי: לֹא קִדֵּשׁ לִיקְרַב, אֲבָל קָדַשׁ לִיפָּסֵל.
Il y a ceux qui enseignent cette déclaration au sujet de cettehalakha : On ne peut pas apporter d’offrandes de farine, ni de libations, ni d’offrandes de farine accompagnant un animal, ni de prémices, à partir d’un mélange contenant de la teruma, car ce qui ne peut pas être consommé par tous les Juifs ne peut pas être utilisé comme offrande. Et il va sans dire qu’on ne peut pas apporter ces éléments à partir du fruit d’un arbre qui est orla, c’est-à-dire un arbre durant les trois premières années après sa plantation, dont il est interdit de manger, ou de semences hétérogènes semées dans un vignoble, tous deux interdits à la consommation même pour les prêtres. Et s’il a apporté une offrande à partir d’eux, elle n’est pas sanctifiée. À ce sujet, Rav dit, et certains disent que Rav Asi dit : elle n’est pas sanctifiée pour le sacrifice sur l’autel, mais elle est sanctifiée afin d’être disqualifiée.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּלֵי קֹדֶשׁ שֶׁנִּיקְּבוּ – אֵין מַתִּיכִין אוֹתָן, וְאֵין מַתִּיכִין לְתוֹכָן אֲבָר. נִפְגְּמוּ – אֵין מְתַקְּנִין אוֹתָן. סַכִּין שֶׁנִּפְגְּמָה – אֵין מַשְׁחִיזִין אֶת פְּגִימָתָהּ. נִשְׁמְטָה – אֵין מַחְזִירִין אוֹתָהּ. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: סַכִּין מַטְרֶפֶת הָיְתָה בַּמִּקְדָּשׁ, וְנִמְנוּ עָלֶיהָ כֹּהֲנִים וּגְנָזוּהָ.
§ En ce qui concerne les récipients perforés, les Sages ont enseigné : Dans le cas de récipients sacrés qui ont été perforés, on ne peut pas les faire fondre afin de sceller la perforation, et on ne peut pas y couler du plomb à cette fin. Si les récipients ont été endommagés, on ne peut pas les réparer. Concernant un couteau qui a été endommagé, on ne peut pas aiguiser l’endroit de son dommage. Si la lame s’est séparée du manche, on ne peut pas la remettre en place. Abba Shaul dit : Il y avait un certain couteau dans le Temple dont le métal était mou et s’endommageait facilement, de sorte que, lorsqu’on l’utilisait, il rendait souvent les animaux interdits, les disqualifiant ainsi. En conséquence, les prêtres ont voté à son sujet et ont décidé de le cacher.
תָּנוּ רַבָּנַן: בִּגְדֵי כְהוּנָּה, אֵין עוֹשִׂין אוֹתָם מַעֲשֵׂה מַחַט אֶלָּא מַעֲשֵׂה אוֹרֵג, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַעֲשֵׂה אֹרֵג״. נִתְגַּעֲלוּ, אֵין מְכַבְּסִין [אוֹתָן] לֹא בְּנֶתֶר וְלֹא בְּאָהָל.
Les Sages ont enseigné : les vêtements sacerdotaux ne sont pas confectionnés par travail à l’aiguille, c’est-à-dire en cousant ensemble diverses parties, mais plutôt par travail de tissage, selon lequel tout le vêtement est d’abord tissé comme une seule entité, comme il est dit : « ouvrage tissé » (Exode 28:32). Si les vêtements étaient souillés, on ne peut pas les laver, ni avec du natron ni avec du savon, deux détergents courants.
הָא בַּמַּיִם – מְכַבְּסִין?! אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: הוּגְּעוּ בְּמַיִם – מְכַבְּסִין אוֹתָן בְּנֶתֶר וְאָהָל;
La Guemara demande : Mais peut-on déduire de cela que l’on peut laver à l’eau les vêtements sacerdotaux ? Abaye a dit : C’est ce que la baraitadit : Si les vêtements salis n’ont fait qu’atteindre le point où les laver à l’eau seule suffirait, on peut les laver avec du natron et du savon, car ils ne sont pas considérés comme sales.