מַתְנִי׳ כׇּל הַתָּדִיר מֵחֲבֵירוֹ – קוֹדֵם אֶת חֲבֵירוֹ. הַתְּמִידִין קוֹדְמִין לְמוּסָפִין. מוּסְפֵי שַׁבָּת קוֹדְמִין לְמוּסְפֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ. מוּסְפֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ קוֹדְמִין לְמוּסְפֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר לְעֹלַת הַתָּמִיד תַּעֲשׂוּ אֶת אֵלֶּה״.
MICHNA :Toute offrande qui est plus fréquente qu’une autre précède l’autre offrande. Par conséquent, les offrandes quotidiennes précèdent les offrandes additionnelles, qui ne sont sacrifiées que certains jours. Lorsque le Chabbat et la Nouvelle Lune coïncident, les offrandes additionnelles du Chabbat précèdent les offrandes additionnelles de la Nouvelle Lune. De même, les offrandes additionnelles de la Nouvelle Lune précèdent les offrandes additionnelles du Nouvel An. La michna cite la source du principe selon lequel ce qui est fréquent précède ce qui l’est moins : Comme il est dit au sujet des offrandes additionnelles du premier jour de Pessa'h : « Outre l’holocauste du matin, qui est pour un holocauste quotidien, vous offrirez ceux-ci » (Nombres 28:23). Le verset indique que l’offrande quotidienne est sacrifiée en premier, puis les offrandes additionnelles sont sacrifiées.
גְּמָ׳ מְנָא לַן? מְנָא לַן?! כִּדְקָאָמַר טַעְמָא: ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר״! דִּילְמָא תְּמִידִין הֵן דְּקָדְמִי לְמוּסָפִין – מִשּׁוּם דִּתְדִירִי; מוּסָפִין לְמוּסָפִין מְנָא לַן?
GUEMARA : La Guemara demande : D’où dérivons-nous le principe selon lequel ce qui est fréquent précède ce qui l’est moins ? La Guemara exprime son étonnement face à cette question : D’où dérivons-nous cela ? Il faut dire que la raison est énoncée dans la michna, qui dit que cela est dérivé du verset : « Outre l’holocauste du matin. » La Guemara explique : Si ce verset est la seule source, on pourrait soutenir que peut-être seules les offrandes quotidiennes précèdent les offrandes additionnelles, parce qu’elles sont bien plus fréquentes, puisqu’elles sont offertes chaque jour. En ce qui concerne la préséance d’une offrande additionnelle relativement fréquente sur une offrande additionnelle relativement moins fréquente, la question se pose : D’où dérivons-nous cela ?
אָמַר רַבִּי אִילְעָא, דְּאָמַר קְרָא: ״כָּאֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם שִׁבְעַת יָמִים״ – אֵלֶּה כָּאֵלֶּה.
Rabbi Ile’a a dit que cela est déduit du fait que le verset déclare, au sujet des offrandes additionnelles de Pessa'h : « Comme celles-ci, vous offrirez chaque jour, pendant sept jours » (Nombres 28:24). Ce verset, qui suit immédiatement celui cité précédemment, indique que le principe qui régit ces offrandes additionnelles doit être comme le principe régissant celles des offrandes quotidiennes et des offrandes additionnelles mentionnées précédemment, c’est-à-dire : ce qui est plus fréquent précède ce qui l’est moins.
וְהַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵיהּ! אִם כֵּן, נִיכְתּוֹב: ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם״.
La Guemara objecte : Mais ce verset est nécessaire pour enseigner sa proprehalakha, à savoir que les offrandes additionnelles du premier jour de Pessa'h se répètent chaque jour de Pessa'h. La Guemara répond : Si tel est le cas, que la Torah écrive : Celles-ci, vous les offrirez chaque jour. Puisque la Torah écrit : « Comme celles-ci », on peut déduire de ce verset à la fois la halakha selon laquelle ces offrandes additionnelles sont apportées chaque jour de Pessa'h et le principe concernant la préséance.
אִי כְּתַב ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם שִׁבְעַת הַיָּמִים״, הֲוָה אָמֵינָא: אֵלֶּה לְשִׁבְעַת הַיָּמִים (אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא לָא)! ״לַיּוֹם״ כְּתִיב.
La Guemara rejette cette suggestion : Si le verset avait écrit seulement : Ceux-ci, vous les offrirez chaque jour pendant les sept jours, j’aurais dit que ces offrandes mentionnées dans le verset précédent sont sacrifiées au total, au cours des sept jours. C’est pourquoi la Torah écrit : « Comme ceux-ci », pour enseigner qu’elles sont toutes sacrifiées chaque jour. La Guemara objecte : Cette interprétation n’est pas possible, car l’expression : « Vous offrirez chaque jour, est écrite » dans le verset, ce qui indique que ces offrandes sont sacrifiées chacun des sept jours.
וְאַכַּתִּי אֵימָא: אֵלֶּה לַיּוֹם, אֲבָל שְׁאָר יוֹמֵי לָא יָדַעְנָא כַּמָּה! אָמַר קְרָא ״תַּעֲשׂוּ״ – שֶׁיְּהוּ כׇּל הָעֲשִׂיּוֹת שָׁווֹת.
La Guemara objecte : Et malgré cela, on peut dire que ces offrandes spécifiques sont requises pour le premier jour ; mais en ce qui concerne les autres jours, je ne sais pas combien d’offrandes doivent être sacrifiées. Par conséquent, l’expression « comme celles-ci » est nécessaire pour enseigner cela, et ne peut pas être utilisée pour le principe selon lequel les offrandes additionnelles relativement plus fréquentes précèdent les offrandes additionnelles relativement moins fréquentes. La Guemara répond : Cette interprétation n’est pas non plus possible, car le verset déclare : « Vous offrirez [ta’asu] », indiquant que tous les rites [asiyyot] sacrificiels de tous les jours de Pessa'h doivent être égaux. Par conséquent, l’expression « comme celles-ci » est en effet superflue et peut être citée comme la source du principe de préséance.
אַבָּיֵי אָמַר מִגּוּפַהּ דִּקְרָא: אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר״ וְתִישְׁתּוֹק, ״אֲשֶׁר לְעֹלַת הַתָּמִיד״ לְמָה לִי? לְמֵימַר דְּהָךְ דִּתְדִירָא תִּיקְדּוֹם.
Abaye a dit : L’application du principe de préséance à toutes les offrandes fréquentes peut être déduite du verset lui-même, cité dans la michna. La raison est que si tel était le cas, que seule l’offrande quotidienne précède les offrandes moins fréquentes, que le verset dise simplement : « Outre l’holocauste du matin », et qu’il se taise sur le reste du verset. Pourquoi ai-je besoin de l’expression supplémentaire : « Qui est pour un holocauste quotidien » ? Cela vient pour dire que cette offrande qui est plus fréquente, c’est-à-dire toute offrande plus fréquente, doit précéder toute offrande moins fréquente.
מַתְנִי׳ כׇּל הַמְקוּדָּשׁ מֵחֲבֵירוֹ – קוֹדֵם אֶת חֲבֵירוֹ. דַּם הַחַטָּאת קוֹדֵם לְדַם הָעוֹלָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְרַצֶּה. אֵיבְרֵי עוֹלָה קוֹדְמִין לְאֵימוּרֵי חַטָּאת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כָּלִיל לָאִישִּׁים.
MICHNA :Toute offrande qui est plus sacrée qu’une autre précède l’autre offrande. La michna précise : S’il y a du sang d’un sacrifice expiatoire et du sang d’un holocauste à présenter, le sang du sacrifice expiatoire précède le sang de l’holocauste parce qu’il procure l’agrément, c’est-à-dire l’expiation, pour des transgressions graves passibles de karet. De même, s’il y a des membres d’un holocauste et des portions d’un sacrifice expiatoire à brûler sur l’autel, la combustion des membres de l’holocauste précède les portions du sacrifice expiatoire, parce que l’holocauste est entièrement brûlé dans les flammes sur l’autel, tandis qu’une seule partie du sacrifice expiatoire est brûlée.
חַטָּאת קוֹדֶמֶת לְאָשָׁם, מִפְּנֵי שֶׁדָּמָהּ נִיתָּן לְאַרְבַּע קְרָנוֹת עַל הַיְסוֹד. אָשָׁם קוֹדֵם לְתוֹדָה וְאֵיל נָזִיר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים. תּוֹדָה וְאֵיל נָזִיר קוֹדְמִים לִשְׁלָמִים, מִפְּנֵי שֶׁהֵן נֶאֱכָלִין לְיוֹם אֶחָד, וּטְעוּנִין לֶחֶם.
De même, bien que toutes deux procurent l’expiation, une offrande pour le péché précède une offrande de culpabilité en raison du fait que son sang est placé sur les quatre coins de l’autel et que le reste de son sang est versé sur la base de l’autel, tandis que le sang de l’offrande de culpabilité n’est aspergé que sur deux coins de l’autel. Une offrande de culpabilité précède une offrande de remerciement et le bélier du nazir en raison du fait qu’elle est une offrande du degré le plus sacré, tandis que les autres sont des offrandes d’une sainteté moindre. Une offrande de remerciement et le bélier du nazir précèdent une offrande de paix en raison du fait qu’ils sont consommés en un jour, comme les offrandes du degré le plus sacré, tandis qu’une offrande de paix est consommée en deux jours, et l’offrande de remerciement et le bélier du nazir requièrent des pains à apporter avec eux, quatre sortes avec l’offrande de remerciement et deux sortes avec le bélier du nazir.
הַשְּׁלָמִים קוֹדְמִין לַבְּכוֹר, מִפְּנֵי שֶׁהֵן טְעוּנִין מַתַּן אַרְבַּע [וּסְמִיכָה] וּנְסָכִים, וּתְנוּפוֹת חָזֶה וָשׁוֹק. הַבְּכוֹר קוֹדֵם לַמַּעֲשֵׂר, מִפְּנֵי שֶׁקְּדוּשָּׁתוֹ מֵרֶחֶם, וְנֶאֱכָל לַכֹּהֲנִים.
Le sacrifice de l’offrande de paix précède le sacrifice de l’offrande du premier-né en raison du fait que l’offrande de paix requiert l’aspersion du sang sur l’autel, sous la forme de deux aspersions qui font quatre, ainsi que l’imposition des mains sur la tête de l’offrande, et des libations, et les balancements de la poitrine et de la cuisse par le prêtre et le propriétaire ; rien de tout cela n’est requis pour l’offrande du premier-né. L’offrande du premier-né précède l’offrande de la dîme animale parce qu’elle est sanctifiée dès le sein maternel, c’est-à-dire que, contrairement à l’offrande de la dîme animale, elle ne nécessite pas de consécration, et elle est mangée par les prêtres, tandis que tous peuvent prendre part à l’offrande de la dîme animale.
הַמַּעֲשֵׂר קוֹדֵם לָעוֹפוֹת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא זֶבַח, וְיֵשׁ בּוֹ קוֹדֶשׁ קֳדָשִׁים – דָּמוּ וְאֵימוּרָיו. הָעוֹפוֹת קוֹדְמִין לַמְּנָחוֹת, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מִינֵי דָמִים. מִנְחַת חוֹטֵא קוֹדֶמֶת לְמִנְחַת נְדָבָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא בָּא עַל חֵטְא. חַטַּאת הָעוֹף קוֹדֶמֶת לְעוֹלַת הָעוֹף, וְכֵן בְּהֶקְדֵּישָׁהּ.
La dîme animale précède les offrandes d’oiseaux du fait qu’elle requiert l’abattage rituel, tandis que l’on pince la nuque de l’oiseau ; et il y a deux éléments de l’offrande de dîme animale qui ont le statut d’offrandes du degré de sainteté le plus élevé : Son sang, qui est présenté sur l’autel, et ses portions, qui sont brûlées sur l’autel, tandis que, pour les offrandes d’oiseaux, seul le sang est présenté sur l’autel. Les offrandes d’oiseaux précèdent les offrandes de farine du fait qu’elles sont des types dont le sang est présenté, et l’expiation est effectuée par le sang. L’offrande de farine d’un pécheur précède une offrande volontaire de farine du fait qu’elle vient expier un péché. Pour la même raison, le sacrifice de l’offrande d’oiseau expiatoire précède le sacrifice de l’offrande d’oiseau consumée, et de même en ce qui concerne leur consécration, l’offrande expiatoire a priorité.