גְּמָ׳ רָאוּי לוֹ אִין, שֶׁאֵין רָאוּי לוֹ לָא; לְמַעוֹטֵי מַאי? אָמַר רַב פָּפָּא: לְמַעוֹטֵי קְמָצִין שֶׁלֹּא קִידְּשׁוּ בִּכְלִי.
GUEMARA : La michna enseigne que l’autel sanctifie les éléments qui lui conviennent, d’où la Guemara déduit : Les éléments adaptés à l’autel, oui, ils sont sanctifiés par lui ; mais les éléments qui ne sont pas adaptés à l’autel, non, ils ne sont pas sanctifiés par lui et en descendent même après y être montés. La Guemara demande : Cette déduction sert à exclure quoi ? Rav Pappa a dit : Elle sert à exclure des poignées de farine qui ont été prélevées des offrandes végétales par un prêtre afin d’être brûlées sur l’autel, et qui n’ont pas été sanctifiées par leur placement dans un ustensile de service avant de monter sur l’autel. Ces poignées n’étaient pas encore devenues adaptées à l’autel et doivent donc en descendre.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: מַאי שְׁנָא מִדְּעוּלָּא? דְּאָמַר עוּלָּא: אֵימוּרֵי קָדָשִׁים קַלִּין שֶׁהֶעֱלָן לִפְנֵי זְרִיקַת דָּמָן – לֹא יֵרְדוּ, נַעֲשׂוּ לַחְמוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ.
Ravina objecte à l’affirmation de Rav Pappa : en quoi ce cas est-il différent de celui d’Ulla ? Comme le dit Ulla : Les portions sacrificielles d’offrandes de moindre sainteté que quelqu’un a offertes sur l’autel avant l’aspersion du sang de l’offrande, et qui ne sont donc pas encore aptes pour l’autel, ne doivent pas être descendues, car elles sont devenues le pain de l’autel, c’est-à-dire qu’elles ont été sanctifiées de telle sorte qu’elles doivent être brûlées.
הָנָךְ לָא מִיחַסְּרוּ מַעֲשֶׂה בְּגוּפַיְיהוּ, הָנֵי מִיחַסְּרוּ מַעֲשֶׂה בְּגוּפַיְיהוּ.
La Guemara répond qu’il existe une différence entre les cas : Ces portions sacrificielles décrites par Oulla ne manquent pas de l’accomplissement d’une action les concernant elles-mêmes qui les rendrait aptes pour l’autel ; il leur manque seulement l’aspersion du sang, une action indépendante. En revanche, ces poignées mentionnées par Rav Pappa manquent de l’accomplissement d’une action les concernant elles-mêmes, car elles n’ont pas encore été sanctifiées par leur placement dans un ustensile de service et ne sont jamais devenues aptes pour l’autel.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כׇּל הָרָאוּי לָאִישִּׁים כּוּ׳. וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל נָמֵי – הָכְתִיב: ״עֹלָה עַל מוֹקְדָה״! הָהוּא לְאַהְדּוֹרֵי פּוֹקְעִין הוּא דַּאֲתָא.
§ La michna enseigne que Rabbi Yehoshua dit : Tout élément apte à être consumé par le feu sur l’autel, s’il est monté sur l’autel, il ne redescendra pas, comme il est dit : « C’est l’holocauste sur le bûcher sur l’autel » (Lévitique 6:2), d’où l’on déduit que tout élément apte à être brûlé sur l’autel ne redescendra pas. La Guemara demande : Et quant à Rabban Gamliel également, qui soutient que tout élément apte pour l’autel, qu’il soit destiné à être brûlé ou non, ne redescendra pas, n’est-il pas écrit dans le verset : « Holocauste sur le bûcher » ? La Guemara répond : Ce verset vient enseigner la mitsva de remettre sur le bûcher toutes les parties de l’offrande qui en ont été délogées, et il ne traite nullement d’éléments impropres.
וְאִידַּךְ – לְאַהְדּוֹרֵי פּוֹקְעִין מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מֵ״אֲשֶׁר תֹּאכַל הָאֵשׁ״.
La Guemara demande : Et l'autre tanna, Rabbi Yehoshua, d'où tire-t-il l'exigence de remettre au feu les portions sacrificielles qui en ont été délogées ? La Guemara répond : Il l'apprend de le verset : « que le feu a consumé de l'holocauste sur l'autel » (Lévitique 6:3), indiquant que les éléments déjà partiellement consumés par le feu y sont remis même s'ils ont été délogés du bûcher.
וְאִידַּךְ – הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ: לְעִכּוּלֵי עוֹלָה אַתָּה מַחֲזִיר, וְאִי אַתָּה מַחֲזִיר עִכּוּלֵי קְטוֹרֶת. דְּתָנֵי רַבִּי חֲנִינָא בַּר מִנְיוֹמֵי בְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: ״אֲשֶׁר תֹּאכַל הָאֵשׁ אֶת הָעֹלָה עַל הַמִּזְבֵּחַ״ – עִכּוּלֵי עוֹלָה אַתָּה מַחֲזִיר, וְאִי אַתָּה מַחֲזִיר עִכּוּלֵי קְטוֹרֶת.
La Guemara demande : Et l'autre tanna, Rabban Gamliel, que déduit-il de ce verset ? La Guemara répond : Rabban Gamliel a besoin de ce verset pour déduire que tu remets sur l’autel des parties partiellement consumées d’un holocauste, mais tu ne remets pas des parties partiellement consumées d’une offrande d’encens qui sont tombées de l’autel d’or. Comme l’enseigne Rabbi Ḥanina bar Minyumi, fils de Rabbi Eliezer ben Yaakov, le verset « que le feu a consumé de l’holocauste sur l’autel » enseigne que tu remets des parties partiellement consumées d’un holocauste qui sont tombées du bûcher, mais tu ne remets pas des parties partiellement consumées d’une offrande d’encens qui sont tombées du bûcher.
וְאִידָּךְ – לָאו מִמֵּילָא שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ דְּעִכּוּלֵי עוֹלָה מְהַדְּרִינַן?
La Guemara demande : Et l'autre tanna, Rabbi Yehoshua, d’où tire-t-il cette distinction ? La Guemara répond : Cela ne peut-il pas s’apprendre de lui-même du sens simple du verset selon lequel nous remettons des parties partiellement consumées d’un holocauste sur l’autel ? Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un verset supplémentaire, puisque les deux halakhot peuvent être dérivées du même verset.
רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כׇּל הָרָאוּי כּוּ׳. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי, הָכְתִיב ״מִזְבֵּחַ״! הָהוּא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: מַאי (טַעְמָא) קָאָמַר רַחֲמָנָא כׇּל הָרָאוּי לְמוֹקְדָה? מְקַדֵּשׁ מִזְבֵּחַ.
§ La michna enseigne que Rabban Gamliel dit : En ce qui concerne tout élément apte à monter sur l’autel, même s’il n’est pas habituellement consommé, s’il est monté, il ne redescendra pas, même s’il est disqualifié pour être sacrifié ab initio, comme il est dit : « C’est l’holocauste sur le bûcher, sur l’autel » (Lévitique 6:2). La Guemara demande : Et selon Rabbi Yehoshua également, n’est-il pas écrit : « Sur l’autel », et non seulement : « Sur le bûcher » ? La Guemara répond : Ce terme est nécessaire pour Rabbi Yehoshua afin d’enseigner : Quelle est la raison pour laquelle le Miséricordieux déclare que tout élément apte pour le bûcher ne redescend pas de l’autel ? C’est parce que l’autel sanctifie cet élément.
וְאִידַּךְ – מִזְבֵּחַ אַחֲרִינָא כְּתִיב. וְאִידַּךְ – חַד לְהֵיכָא דְּהָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר, וְחַד לְהֵיכָא דְּלֹא הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר.
La Guemara demande : Et l’autretanna, Rabban Gamliel, d’où déduit-il que l’autel sanctifie les éléments qui montent sur lui ? La Guemara répond : C’est du fait que le terme « autel » est écrit une autre fois, dans le verset : « Tout ce qui touche l’autel sera sacré » (Exode 29:37). La Guemara demande : Et l’autretanna, Rabbi Yehoshua, pourquoi a-t-il besoin de deux versets pour enseigner la même halakha, à savoir que l’autel sanctifie les éléments qui montent sur lui ? La Guemara répond : Un verset est nécessaire pour un cas où un élément a eu un moment d’aptitude à être consumé par le feu puis a ensuite été disqualifié, par exemple, il est devenu rituellement impur ; et un verset est nécessaire pour un cas où un élément n’a pas eu de moment d’aptitude, par exemple, une offrande qui a été disqualifiée au moment de son abattage.
וְאִידַּךְ – כֵּיוָן דִּפְסוּלִין נִינְהוּ וְרַבִּינְהוּ רַחֲמָנָא, לָא שְׁנָא הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר לָא שְׁנָא לֹא הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר.
La Guemara demande : Et l'autre tanna, Rabban Gamliel, pourquoi n’exige-t-il pas un autre verset pour enseigner que même les éléments qui n’ont jamais eu de moment d’aptitude ne doivent pas descendre de l’autel ? La Guemara répond : Puisqu’il y a des éléments disqualifiés que le Miséricordieux a inclus dans la halakha selon laquelle ils ne doivent pas descendre de l’autel, il n’y a pas de différence selon que l’élément a eu un moment d’aptitude ou n’a pas eu de moment d’aptitude.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: הַזֶּבַח כָּשֵׁר כּוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״עֹלָה״ – מָה עוֹלָה הַבָּאָה בִּגְלַל עַצְמָהּ, אַף כֹּל הַבָּאִין בִּגְלַל עַצְמָן; יָצְאוּ נְסָכִים הַבָּאִין בִּגְלַל זֶבַח.
§ La michna enseigne que Rabbi Shimon dit : Que l’offrande soit apte et que les libations qui l’accompagnent soient inaptes, ou que les libations soient aptes et que l’offrande soit inapte, et même si l’une comme l’autre sont inaptes, l’offrande ne descendra pas, mais les libations descendront. La Guemara développe : Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon dit : Le verset qui enseigne que les éléments aptes ne doivent pas descendre de l’autel déclare : « Voici la loi de l’holocauste : c’est l’holocauste sur le bûcher, sur l’autel » (Lévitique 6:2). De là, on déduit : De même qu’un holocauste, qui est un élément qui vient sur l’autel pour lui-même, ne descendra pas, de même tous les éléments qui viennent sur l’autel pour eux-mêmes ne descendront pas. Sont exclues les libations, qui viennent sur l’autel pour le bien de l’offrande, et non pour elles-mêmes ; celles-ci descendront.
רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֱמַר ״כׇּל הַנֹּגֵעַ בַּמִּזְבֵּחַ יִקְדָּשׁ״ – שׁוֹמֵעַ אֲנִי בֵּין רָאוּי וּבֵין שֶׁאֵינוֹ רָאוּי; תַּלְמוּד לוֹמַר ״כְּבָשִׂים״ – מָה כְּבָשִׂים רְאוּיִין, אַף כֹּל רָאוּי. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״עֹלָה״ – מָה עוֹלָה רְאוּיָה, אַף כֹּל רְאוּיָה.
§ La Guemara cite une autre baraita relative à la michna. Rabbi Yossei HaGelili dit : De ce qui est énoncé : « Tout ce qui touche l’autel sera sacré » (Exode 29:37), je déduirais que l’autel sanctifie tout élément qui monte sur lui, qu’il soit apte à l’autel ou qu’il soit inapte. C’est pourquoi le verset déclare : « Or voici ce que tu offriras sur l’autel : deux agneaux » (Exode 29:38), pour enseigner : De même que les agneaux sont aptes à l’autel et sont sanctifiés par lui, de même, tous les éléments aptes à l’autel sont sanctifiés par lui. Rabbi Akiva dit que le verset déclare : « Holocauste », pour enseigner : De même qu’un holocauste est apte à l’autel et est sanctifié par lui, de même, tous les éléments aptes à l’autel sont sanctifiés par lui.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: עוֹלַת הָעוֹף פְּסוּלָה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ; מָר מַיְיתֵי לַהּ מֵ״עֹלָה״, וּמָר מַיְיתֵי לַהּ מִ״כְּבָשִׂים״.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces opinions ? Rav Adda bar Ahava a dit : Le cas d’un holocauste d’oiseau disqualifié constitue la différence pratique entre elles. Un Sage, Rabbi Akiva, qui déduit la halakha du terme « holocauste », inclut un holocauste d’oiseau disqualifié dans la halakha selon laquelle l’offrande ne doit pas être retirée, car c’est un holocauste. Et l’autre Sage, Rabbi Yosei HaGelili, qui déduit la halakha du terme « agneaux », n’inclut pas un holocauste d’oiseau disqualifié dans la halakha, car il n’est pas semblable à un agneau.
וּלְמַאן דְּמַיְיתֵי לַהּ מִ״כְּבָשִׂים״ – הָכְתִיב ״עֹלָה״! אִי כְּתִיב ״כְּבָשִׂים״ וְלָא כְּתִיב ״עֹלָה״, הֲוָה אָמֵינָא אֲפִילּוּ מֵחַיִּים; כְּתַב רַחֲמָנָא ״עֹלָה״.
La Guemara demande : Et selon celui qui déduit la halakha du terme « agneaux », n’est-il pas écrit : « holocauste » ? La Guemara répond : Selon Rabbi Yosei HaGelili, si « agneaux » avait été écrit et que « holocauste » n’avait pas été écrit, j’aurais dit que même un animal devenu disqualifié et monté sur l’autel alors qu’il était vivant ne doit pas redescendre. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « holocauste », indiquant que cette halakha ne s’applique aux animaux qu’une fois qu’ils sont aptes à monter sur l’autel. Les animaux vivants ne sont pas aptes à monter sur l’autel.
וּלְמַאן דְּמַיְיתֵי לֵיהּ מֵ״עֹלָה״, הָא כְּתִיב ״כְּבָשִׂים״! אִי כְּתִיב ״עֹלָה״ וְלָא כְּתִיב ״כְּבָשִׂים״, הֲוָה אָמֵינָא אֲפִילּוּ מִנְחָה; כְּתַב רַחֲמָנָא ״כְּבָשִׂים״.
La Guemara continue : Et selon celui qui dérive la halakha de « holocauste », n’est-il pas écrit : « agneaux » ? La Guemara explique : Selon Rabbi Akiva, si « holocauste » avait été écrit et que « agneaux » n’avaient pas été écrits, je dirais que tout élément apte à monter sur l’autel est inclus dans la halakha, même une offrande de farine. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « agneaux », indiquant que cette halakha ne s’applique qu’aux offrandes animales et aviaires, et non aux offrandes de farine.
מַאי אִיכָּא בֵּין הָנֵי תַּנָּאֵי לְהָנֵי תַּנָּאֵי דְּמַתְנִיתִין? אָמַר רַב פָּפָּא: קְמָצִים שֶׁקָּדְשׁוּ בִּכְלִי אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ – לְתַנָּאֵי דִּידַן לֹא יֵרְדוּ, לְתַנָּאֵי דְּמַתְנִיתָא יֵרְדוּ.
La Guemara demande : Quelle différence y a-t-il entre les opinions de ces tanna’im, Rabbi Yossei HaGelili et Rabbi Akiva, et les opinions de ces tanna’im de la michna ? Rav Pappa dit : La différence entre eux est concernant des poignées de farine, prélevées sur des offrandes végétales, qui ont été sanctifiées dans un ustensile de service puis ensuite disqualifiées. Selon nos tanna’im, c’est-à-dire ceux de la michna ici, ces poignées ne descendront pas, car elles sont aptes pour l’autel et aussi pour être consumées par le feu. Selon les tanna’im de la baraita, ces poignées descendront, car ces tanna’im soutiennent que la halakha ne s’applique qu’aux offrandes animales et aux offrandes d’oiseaux.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מִנְחָה הַבָּאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ – לְדִבְרֵי כּוּלָּן לֹא תֵּרֵד, לְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי עֲקִיבָא
Reish Lakish dit en résumé : En ce qui concerne une offrande de farine qui vient seule et n’accompagne pas une autre offrande, selon les déclarations de tous les tannaïm dans la michna, elle ne doit pas redescendre une fois qu’elle est montée, soit parce qu’elle est propre à être consumée par le feu, soit parce qu’elle vient seule. Selon les déclarations de Rabbi Yosei HaGelili et Rabbi Akiva,