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וְאִיבָּעֵית אֵימָא: חוּץ מִפְּנִים בְּחַד זִימְנָא גְּמִיר.
La Guemara suggère : Et si tu veux, dis qu’il existe une résolution différente : l’aspersion à l’extérieur est dérivée de l’aspersion à l’intérieur, en une seule fois. Il n’y a pas ici deux comparaisons, l’une dérivée de l’autre, mais plutôt une seule juxtaposition complexe, dont sont dérivées toutes les halakhot pertinentes.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר [לָא] הָוֵי הֶיקֵּשׁ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״מִמּוֹשְׁבֹתֵיכֶם תָּבִיאּוּ לֶחֶם תְּנוּפָה״ –
La Guemara commente : Soit, selon celui qui dit qu’un sujet dérivé au moyen d’un rapprochement textuel et d’un autre principe n’est pas un rapprochement textuel, c’est la raison pour laquelle il est écrit au sujet de l’offrande apportée à Shavouot : « Vous apporterez de vos demeures deux pains balancés de deux dixièmes d’épha ; ils seront de fleur de farine » (Lévitique 23:17).
שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״תָּבִיאוּ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״תָּבִיאוּ״? כֹּל שֶׁאַתָּה מֵבִיא מִמָּקוֹם (לְמָקוֹם) אַחֵר הֲרֵי הוּא כָּזֶה; מַה לְּהַלָּן עִשָּׂרוֹן לְחַלָּה, אַף כָּאן עִשָּׂרוֹן לְחַלָּה.
Puisque, apparemment, il n’est pas nécessaire que le verset dise : « Vous apporterez », puisqu’il dit déjà : « Et vous présenterez une nouvelle offrande de grain au Seigneur » (Lévitique 23:16), pourquoi faut-il que le verset dise : « Vous apporterez » ? Cela est dit pour enseigner que tout ce que vous apportez d’un autre endroit qui est semblable à cette offrande, c’est-à-dire le pain levé qui accompagne une offrande de reconnaissance, doit être préparé ainsi. De même que là-bas, en ce qui concerne les deux pains, ils doivent être préparés avec un dixième d’un épha de farine pour chaque pain, de même ici, chacun des dix pains levés qui accompagnent une offrande de reconnaissance doit être préparé avec un dixième d’un épha de farine pour chaque pain.
אִי – מָה לְהַלָּן שְׁנֵי עֶשְׂרוֹנִים, אַף כָּאן שְׁנֵי עֶשְׂרוֹנִים?! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּהְיֶינָה״.
Si on les compare, pourquoi ne pas dire que, de même que là-bas, concernant les deux pains, la quantité totale de farine est de deux dixièmes d’un épha, de même ici, concernant les dix pains qui accompagnent une offrande de remerciement, la quantité totale de farine pour les dix devrait être de deux dixièmes d’un épha ? Pour réfuter cette comparaison, le verset déclare : « Ils seront », afin de servir de restriction et d’enseigner que seuls ces deux pains totalisent deux dixièmes d’un épha, mais le pain qui accompagne l’offrande de remerciement ne totalise pas deux dixièmes d’un épha.
וְלָמַדְנוּ עֲשָׂרָה לְחָמֵץ; עֲשָׂרָה לְמַצָּה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״עַל חַלֹּת לֶחֶם חָמֵץ״ – נֶגֶד חָמֵץ הָבֵא מַצָּה.
La Guemara continue : Les dix pains qui accompagnent une offrande de remerciement doivent chacun représenter un dixième d’un épha, et cela a été dérivé de deux sources : une juxtaposition avec l’offrande de Shavouot et un autre principe, à savoir ce que le verset énonce au sujet de l’offrande de remerciement, à savoir qu’il doit y avoir dix pains levés. Et nous avons appris que dix dixièmes d’un épha sont requis pour les dix pains de pain levé. D’où est-il dérivé que dix dixièmes d’un épha sont requis pour la matza qui accompagne également une offrande de remerciement ? Après avoir énoncé que trente matzot accompagnent une offrande de remerciement, le verset dit : « Avec des gâteaux de pain levé » (Lévitique 7:13), afin de juxtaposer la matza au pain levé. Cela enseigne qu’il faut apporter de la matza en une quantité correspondant au pain levé. En tout état de cause, cette dérivation peut être employée selon celui qui dit qu’un élément dérivé au moyen d’une juxtaposition et d’un autre principe n’est pas une juxtaposition.
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר (לָא) הָוֵי הֶיקֵּשׁ, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? ״תָּבִיאוּ״ – יַתִּירָא הִיא.
Mais selon celui qui dit qu’un sujet dérivé au moyen d’une juxtaposition et d’un autre principe est une juxtaposition, et que, par conséquent, il ne peut ensuite enseigner sa halakha au moyen d’une autre juxtaposition, que peut-on dire ? Comment la mesure de farine pour la matza peut-elle être dérivée de la mesure de farine pour le pain levé ? La Guemara répond : La première halakha, qui relie les deux pains de Shavouot au pain accompagnant une offrande de remerciement, n’est pas dérivée au moyen d’une juxtaposition, mais plutôt au moyen d’un mot superflu. Le terme « Vous apporterez », écrit au sujet des deux pains, est en trop, et est donc considéré comme s’il était écrit explicitement au sujet du pain levé accompagnant l’offrande de remerciement. Il est donc possible de dériver la halakha concernant la matza de la halakha concernant le pain levé au moyen d’une juxtaposition.
הַפֶּסַח אֵינוֹ נֶאֱכָל. מַאן תַּנָּא? אָמַר רַב יוֹסֵף: רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר [בֶּן עֲזַרְיָה] אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״בַּלַּיְלָה [הַזֶּה]״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן: ״וְעָבַרְתִּי בְאֶרֶץ מִצְרַיִם בַּלַּיְלָה הַזֶּה״;
§ La michna enseigne : L’offrande pascale n’est consommée que la nuit, et elle n’est consommée que jusqu’à minuit. La Guemara demande : Qui est le tanna qui a enseigné cette michna ? Rav Yossef a dit que c’est Rabbi Elazar ben Azarya. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Ils mangeront la chair cette nuit-là » (Exode 12:8). Rabbi Elazar ben Azarya dit : Il est dit ici : « Cette nuit-là, » sans préciser quand la nuit se termine. Et il est dit là-bas, au sujet de la plaie qui frappa les premiers-nés égyptiens : « Je passerai dans le pays d’Égypte cette nuit-là et Je frapperai tout premier-né dans le pays d’Égypte » (Exode 12:12). Au sujet de la mort des premiers-nés, la Torah dit : « Ainsi a dit le Seigneur : Vers minuit, Je sortirai au milieu de l’Égypte, et tout premier-né en Égypte mourra » (Exode 11:4–5).
מַה לְהַלָּן עַד חֲצוֹת, אַף כָּאן עַד חֲצוֹת.
Rabbi Elazar ben Azarya poursuit : De même que dans le verset là-bas, la mort des premiers-nés eut lieu jusqu’à minuit, comme cela est explicitement indiqué dans le verset, de même, dans le verset ici, la mitsva de manger l’offrande pascale se poursuit jusqu’à minuit et pas au-delà.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא, וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וַאֲכַלְתֶּם אוֹתוֹ בְּחִפָּזוֹן״ – עַד שְׁעַת חִפָּזוֹן!
Rabbi Akiva dit à Rabbi Elazar ben Azarya : Mais n’est-il pas déjà dit : « Et vous le mangerez ainsi : les reins ceints, vos chaussures aux pieds, vos bâtons à la main, et vous le mangerez en hâte, car c’est l’offrande pascale pour le Seigneur » (Exode 12:11) ? Ce verset indique que l’offrande pascale peut être mangée jusqu’au moment de la hâte, c’est-à-dire jusqu’à l’aube, puisque le peuple juif quitta l’Égypte en hâte le lendemain matin.
אִם כֵּן, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּלַּיְלָה הַזֶּה״? שֶׁיָּכוֹל יְהֵא כְּכׇל הַקֳּדָשִׁים הַנֶּאֱכָלִים בַּיּוֹם; תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּלַּיְלָה״ – בַּלַּיְלָה יְהֵא נֶאֱכָל, וְאֵינוֹ נֶאֱכָל בַּיּוֹם.
La Guemara demande : Si tel est le cas, pourquoi le verset doit-il déclarer : « Cette nuit-là, » au sujet de la consommation de l’offrande pascale ? La Guemara explique : Cette expression est nécessaire, car on aurait pu penser que l’offrande pascale est comme toutes les autres offrandes en ce qu’elle doit être consommée pendant le jour, le jour où elle est sacrifiée. Pour réfuter ce raisonnement, le verset déclare : « Cette nuit-là, » afin de souligner que cette offrande particulière doit être consommée la nuit, mais ne doit pas être consommée pendant le jour.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּמִמַּאי דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, וּדְאוֹרָיְיתָא? דִּלְמָא דְּרַבָּנַן, וּלְהַרְחִיק מִן הָעֲבֵירָה! אִם כֵּן, מַאי ״אֶלָּא עַד חֲצוֹת״? אֶלָּא כִּי הָתָם – מָה הָתָם דְּאוֹרָיְיתָא, אַף כָּאן נָמֵי דְּאוֹרָיְיתָא.
Abaye dit à Rav Yosef : Et d’où sais-tu que la michna représente l’opinion de Rabbi Elazar ben Azarya, et affirme que l’offrande pascale doit être mangée jusqu’à minuit selon la loi de la Torah ? Peut-être la michna est-elle conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, et affirme-t-elle que l’offrande pascale doit être mangée jusqu’à minuit selon la loi rabbinique, et que la raison du décret rabbinique était d’éloigner la personne de la faute. Rav Yosef répondit : Si tel est le cas, que signifie la michna lorsqu’elle dit : Elle est mangée seulement jusqu’à minuit ? En ce qui concerne les autres offrandes, la michna enseigne : Jusqu’à minuit, sans préciser : Seulement. Au contraire, il faut dire que c’est comme là-bas, en ce qui concerne les autres halakhot de l’offrande pascale énoncées dans la michna. De même que là-bas, les exigences relèvent de la loi de la Torah, de même ici, en ce qui concerne le moment limite pour manger la viande, l’exigence relève aussi de la loi de la Torah.
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