וְעוֹלָה גּוּפַהּ מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״אֶל יְסוֹד מִזְבַּח הָעוֹלָה״ – לִמֵּד עַל עוֹלַת חוֹבָה שֶׁטְּעוּנָה יְסוֹד.
La Guemara demande : Et d’où tirons-nous la halakha selon laquelle un holocauste lui-même a son sang présenté sur l’autel à un endroit où il y a une base ? La Guemara répond : Nous l’apprenons d’un verset, comme il est écrit : « Et il versera tout le sang du taureau à la base de l’autel de l’holocauste » (Lévitique 4:7). Cela enseigne que le sang d’un holocauste obligatoire nécessite une présentation à la base de l’autel, car le verset décrit spécifiquement la base de l’autel comme liée à l’holocauste.
אִי – מָה לְהַלָּן שְׁתֵּי מַתָּנוֹת שֶׁהֵן אַרְבַּע, אַף כָּאן שְׁתֵּי מַתָּנוֹת שֶׁהֵן אַרְבַּע?!
La Guemara demande : Si cela est dérivé d’un holocauste au moyen d’une analogie verbale, on pourrait penser que, de même que là-bas, un holocauste requiert deux aspersions qui font quatre, de même ici, une offrande de premier-né, une offrande de dîme animale et une offrande pascale devraient elles aussi requérir deux aspersions qui font quatre, et non pas seulement une seule aspersion.
אָמַר אַבָּיֵי: לְמָה לִי לְמִכְתַּב ״סָבִיב״ בְּעוֹלָה, ״סָבִיב״ בְּחַטָּאת? הָווּ שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד, וְכׇל שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד אֵין מְלַמְּדִין.
Abaye dit : Pourquoi ai-je besoin que la Torah écrive : « Et les fils d’Aaron, les prêtres, présenteront le sang et aspergeront le sang tout autour de l’autel » (Lévitique 1:5), au sujet d’un holocauste, pour enseigner que le sang doit être placé sur les quatre côtés de l’autel, en plus de ce qui est écrit : « Et Moïse prit le sang et le mit sur les cornes de l’autel tout autour avec son doigt » (Lévitique 8:15), au sujet d’une offrande expiatoire ? Ce sont deux versets qui viennent comme un seul, c’est-à-dire qu’ils enseignent la même chose ; et tous deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas leur aspect commun pour l’appliquer à d’autres cas. Par conséquent, une offrande de premier-né, une offrande de dîme animale et une offrande pascale ne nécessitent pas deux applications qui font quatre.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר אֵין מְלַמְּדִין, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מְלַמְּדִין מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? הָוֵי אָשָׁם שְׁלֹשָׁה, וּשְׁלֹשָׁה וַדַּאי אֵין מְלַמְּדִין.
La Guemara demande : Cela s’explique bien selon celui qui dit que deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas leur aspect commun à l’égard d’autres cas. Mais selon celui qui dit que deux versets qui viennent comme un seul enseignent leur aspect commun à l’égard d’autres cas, que peut-on dire ? La Guemara répond : Avec le verset énoncé au sujet d’un sacrifice de culpabilité, il y en a trois, comme il est écrit : « Et son sang sera aspergé tout autour de l’autel » (Leviticus 7:2), et trois versets qui viennent comme un seul n’enseignent certainement pas leur aspect commun à l’égard d’autres cas.
הַבְּכוֹר נֶאֱכָל לַכֹּהֲנִים. תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן לַבְּכוֹר שֶׁנֶּאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשָׂרָם יִהְיֶה לָּךְ כַּחֲזֵה הַתְּנוּפָה וּכְשׁוֹק הַיָּמִין״ – הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לְחָזֶה וָשׁוֹק שֶׁל שְׁלָמִים; מָה שְׁלָמִים נֶאֱכָלִין לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד, אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.
§ La michna enseigne : Le premier-né est mangé par les prêtres, dans toute la ville de Jérusalem, préparé de n’importe quelle manière culinaire, pendant deux jours et une nuit. Les Sages ont enseigné dans une baraita : D’où est-il dérivé au sujet d’une offrande de premier-né qu’elle est mangée pendant deux jours et la nuit intermédiaire ? Cela est dérivé d’un verset, comme il est dit au sujet d’une offrande de premier-né : « Et leur chair sera à toi, comme la poitrine du balancement et comme la cuisse droite » (Nombres 18:18). Le verset juxtapose l’offrande de premier-né à la poitrine et à la cuisse des offrandes de paix. De même que les offrandes de paix sont mangées pendant deux jours et une nuit, de même l’offrande de premier-né est mangée pendant deux jours et une nuit.
וְזוֹ שְׁאֵלָה נִשְׁאֲלָה לִפְנֵי חֲכָמִים בַּכֶּרֶם בְּיַבְנֶה: בְּכוֹר לְכַמָּה נֶאֱכָל? נַעֲנָה רַבִּי טַרְפוֹן וְאָמַר: לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.
La baraita rapporte : Et cette question fut posée devant les Sages dans la vigne, c’est-à-dire l’académie, à Yavné : Pendant combien de jours et de nuits une offrande de premier-né est-elle consommée ? Rabbi Tarfon répondit et dit : Pendant deux jours et une nuit.
הָיָה שָׁם תַּלְמִיד אֶחָד שֶׁבָּא לְבֵית הַמִּדְרָשׁ לִפְנֵי חֲכָמִים תְּחִלָּה, וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שְׁמוֹ, אָמַר לוֹ: רַבִּי, מִנַּיִן לָךְ? אָמַר לוֹ: בְּנִי, שְׁלָמִים קָדָשִׁים קַלִּים, וּבְכוֹר קָדָשִׁים קַלִּים; מָה שְׁלָמִים נֶאֱכָלִין לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד, אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.
Il y avait là un étudiant qui vint à la maison d’étude devant les Sages pour la première fois, et son nom était Rabbi Yossei HaGelili. Il dit à Rabbi Tarfon : Mon maître, d’où tires-tu cela ? Rabbi Tarfon lui dit : Mon fils, les sacrifices de paix sont des offrandes de moindre sainteté, et une offrande de premier-né est une offrande de moindre sainteté. De même que les sacrifices de paix sont consommés pendant deux jours et une nuit, de même une offrande de premier-né est consommée pendant deux jours et une nuit.
אָמַר לוֹ: רַבִּי, בְּכוֹר מַתָּנָה לַכֹּהֵן, וְחַטָּאת וְאָשָׁם מַתָּנָה לַכֹּהֵן; מָה חַטָּאת וְאָשָׁם לְיוֹם וָלַיְלָה, אַף בְּכוֹר לְיוֹם וָלַיְלָה!
Rabbi Yosei HaGelili lui dit : Mon maître, il y a une autre comparaison que l’on peut faire : une offrande de premier-né est donnée comme un don au prêtre, et une offrande expiatoire et une offrande de culpabilité sont chacune données comme un don au prêtre. De même qu’une offrande expiatoire et une offrande de culpabilité sont mangées pendant un jour et une nuit, de même, une offrande de premier-né doit être mangée pendant un jour et une nuit.
אָמַר לוֹ: נָדוּן דָּבָר מִתּוֹךְ דָּבָר, וְנִלְמַד דָּבָר מִתּוֹךְ דָּבָר; מָה שְׁלָמִים אֵין בָּאִין עַל חֵטְא – אַף בְּכוֹר אֵינוֹ בָּא עַל חֵטְא, מָה שְׁלָמִים נֶאֱכָלִים לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד – אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.
Rabbi Tarfon lui dit : Jugeons une chose à partir d’une autre chose à laquelle elle ressemble le plus, c’est-à-dire qu’une offrande de premier-né est une offrande de moindre sainteté, tout comme les sacrifices de paix, et apprenons une chose à partir d’une autre chose, c’est-à-dire qu’il y a une autre comparaison à faire : De même que les sacrifices de paix ne viennent pas comme expiation pour un péché, de même une offrande de premier-né ne vient pas comme expiation pour un péché. De même que les sacrifices de paix sont mangés pendant deux jours et une nuit, de même une offrande de premier-né est mangée pendant deux jours et une nuit.
אָמַר לוֹ: רַבִּי, נָדוּן דָּבָר מִדָּבָר, יִלְמַד דָּבָר מִדָּבָר; חַטָּאת וְאָשָׁם מַתָּנָה לַכֹּהֵן, וּבְכוֹר מַתָּנָה לַכֹּהֵן; מָה חַטָּאת וְאָשָׁם אֵין בָּאִין בְּנֶדֶר וּנְדָבָה – אַף בְּכוֹר אֵינוֹ בְּנֶדֶר וּנְדָבָה, מָה חַטָּאת וְאָשָׁם נֶאֱכָלִין לְיוֹם אֶחָד – אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לְיוֹם אֶחָד!
Rabbi Yosei HaGelili lui dit : Mon maître, je peux te répondre de manière semblable. Jugeons une chose à partir d’une autre chose à laquelle elle ressemble le plus, c’est-à-dire qu’une offrande de premier-né ressemble davantage à une offrande expiatoire et à une offrande de culpabilité, et apprenons une chose d’une autre chose, c’est-à-dire qu’il y a une autre comparaison à faire : Une offrande expiatoire et une offrande de culpabilité sont chacune données comme un don au prêtre, et une offrande de premier-né est donnée comme un don au prêtre. De même qu’une offrande expiatoire et une offrande de culpabilité ne viennent pas comme vœu ou comme offrande volontaire, c’est-à-dire qu’elles ne sont apportées que par celui qui est tenu de les apporter, de même, une offrande de premier-né ne vient pas comme vœu ou comme offrande volontaire. De même qu’une offrande expiatoire et une offrande de culpabilité sont mangées pendant un jour et une nuit, de même, une offrande de premier-né doit être mangée pendant un jour et une nuit.
קָפַץ רַבִּי עֲקִיבָא, וְנִסְתַּלֵּק רַבִּי טַרְפוֹן. אָמַר לוֹ: הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״וּבְשָׂרָם יִהְיֶה לָּךְ״ – הִקִּישָׁן הַכָּתוּב לְחָזֶה וָשׁוֹק שֶׁל שְׁלָמִים; מָה שְׁלָמִים נֶאֱכָלִין לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד, אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.
Rabbi Akiva intervint dans la discussion, et Rabbi Tarfon partit. Rabbi Akiva dit à Rabbi Yossei HaGelili : Mais le verset déclare : « Et leur chair sera à toi, comme la poitrine du balancement et comme la cuisse droite » (Nombres 18:18). Le verset rapproche les offrandes du premier-né de la poitrine et de la cuisse des sacrifices de paix. De même que les sacrifices de paix sont consommés pendant deux jours et une nuit, de même l’offrande du premier-né est consommée pendant deux jours et une nuit.
אָמַר לוֹ: הִיקַּשְׁתּוֹ לְחָזֶה וָשׁוֹק שֶׁל שְׁלָמִים, וַאֲנִי מַקִּישׁוֹ לְחָזֶה וָשׁוֹק שֶׁל תּוֹדָה – מָה תּוֹדָה נֶאֱכֶלֶת לְיוֹם וְלַיְלָה, אַף בְּכוֹר נֶאֱכָל לְיוֹם וְלַיְלָה!
Rabbi Yossei HaGelili dit à Rabbi Akiva : Tu l’as rapproché de la poitrine et de la cuisse des offrandes de paix. Mais, puisque la Torah ne précise pas avec quelle offrande le premier-né est rapproché, moi, je le rapproche de la poitrine et de la cuisse d’une offrande de remerciement, qui sont elles aussi données à un prêtre. De même qu’une offrande de remerciement est consommée pendant un jour et une nuit, de même une offrande de premier-né doit être consommée pendant un jour et une nuit.
אָמַר לוֹ: הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וּבְשָׂרָם יִהְיֶה לָךְ״ – שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְךָ יִהְיֶה״, וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְךָ יִהְיֶה״? הוֹסִיף הַכָּתוּב הֲוָיָה אַחֶרֶת בַּבְּכוֹר.
Rabbi Akiva dit à Rabbi Yosei HaGelili : Je concède qu’il est possible de rapprocher une offrande de premier-né d’une offrande de remerciement, mais le verset déclare : « Et leur chair sera à toi, comme la poitrine du balancement et comme la cuisse droite, elle sera à toi » (Nombres 18:18). Puisqu’il n’y a pas besoin que le verset dise une seconde fois : « elle sera à toi », quel est le sens lorsque le verset dit une seconde fois : « elle sera à toi » ? Le verset ajoute un autre jour pendant lequel il est permis à une offrande de premier-né d’être mangée, c’est-à-dire un deuxième jour.
וּכְשֶׁנֶּאְמְרוּ דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמַר לָהֶן: צְאוּ וְאִמְרוּ לוֹ לְרַבִּי עֲקִיבָא: טָעִיתָה. תּוֹדָה מֵהֵיכָן לָמְדָה – מִשְּׁלָמִים; [וְכִי] דָּבָר הַלָּמֵד בְּהֶיקֵּשׁ חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בְּהֶיקֵּשׁ?! הָא אֵין עָלֶיךָ לִידּוֹן בְּלָשׁוֹן אַחֲרוֹן, אֶלָּא בְּלָשׁוֹן רִאשׁוֹן.
La Guemara rapporte : Et lorsque ces choses furent dites devant Rabbi Yishmael, il dit à ses élèves : Sortez et dites à Rabbi Akiva : Tu t’es trompé lorsque tu as concédé à Rabbi Yosei HaGelili que le temps imparti pour manger une offrande de premier-né aurait pu être dérivé du temps imparti pour manger une offrande de reconnaissance. Pourquoi ? D’où est-il dérivé que la poitrine et la cuisse d’une offrande de reconnaissance sont mangées par les prêtres ? Cela est dérivé d’une juxtaposition avec une offrande de paix. Nulle part il n’est explicitement dit que la poitrine et la cuisse d’une offrande de reconnaissance ne sont mangées que par les prêtres. Et, dans le domaine des choses consacrées, une matière dérivée au moyen d’une juxtaposition peut-elle ensuite enseigner sa halakhaau moyen d’une juxtaposition ? La Guemara (49b) a démontré que non. Par conséquent, tu ne dois pas déduire de la formulation ultérieure du verset, des mots « Cela sera à toi », mais plutôt de la première formulation du verset, comme tu l’as affirmé, selon laquelle la Torah juxtapose une offrande de premier-né à la poitrine et à la cuisse d’une offrande de paix.
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, הַאי ״לְךָ יִהְיֶה״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? לִימֵּד עַל בְּכוֹר בַּעַל מוּם שֶׁהוּא מַתָּנָה לַכֹּהֵן – שֶׁלֹּא מָצִינוּ בְּכׇל הַתּוֹרָה.
La Guemara demande : Et que fait Rabbi Yishmaël de cette expression supplémentaire : « Ce sera à toi » ? Cela enseigne au sujet d’un premier-né avec un défaut offert en sacrifice, qu’il est lui aussi donné comme un don au prêtre, car nous n’avons pas trouvé qu’il soit écrit explicitement quelque part dans toute la Torah ce qu’il faut faire d’un premier-né avec un défaut.
וְרַבִּי עֲקִיבָא יָלֵיף לֵיהּ מִ״בְּשָׂרָם״ – חַד תָּם וְחַד בַּעַל מוּם. וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, מִ״בְּשָׂרָם״ דְּהָנָךְ בְּכוֹרוֹת קָאָמַר.
La Guemara demande : Et d’où Rabbi Akiva déduit-il qu’une offrande de premier-né présentant un défaut est également donnée en don au prêtre ? Il l’apprend du terme « leur chair », qui est écrit au pluriel. Cela enseigne que tant une offrande de premier-né sans défaut qu’une avec défaut sont données en dons au prêtre. La Guemara demande : Et comment Rabbi Yishmaël comprend-il le terme au pluriel ? La Guemara répond qu’il le comprend comme signifiant que le prêtre reçoit des dons de la chair de tous ces premiers-nés mentionnés dans le verset, c’est-à-dire les premiers-nés de bovins, de moutons et de chèvres.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: הֵימֶנּוּ וְדָבָר אַחֵר – הָוֵי הֶיקֵּשׁ; וּמָר סָבַר: לָא הָוֵי הֶיקֵּשׁ.
La Guemara demande : Puisque Rabbi Akiva et Rabbi Yishmael conviennent tous deux qu’un sujet dérivé au moyen d’une juxtaposition ne peut ensuite enseigner sa halakha au moyen d’une juxtaposition, sur quel principe sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : Un Sage, Rabbi Yishmael, soutient qu’une halakha dérivée à la fois de cette juxtaposition et d’un autre principe est considérée comme une juxtaposition. Dans ce cas, le détail précis selon lequel la poitrine et la cuisse d’une offrande de remerciement sont données à un prêtre est dérivé d’une juxtaposition avec les offrandes de paix. La durée pendant laquelle elle peut être consommée, un jour et une nuit, est écrite explicitement. Puisqu’elle est néanmoins considérée comme une juxtaposition, elle ne peut pas être utilisée pour enseigner la halakha concernant une offrande de premier-né. Et un Sage, Rabbi Akiva, soutient qu’un tel cas n’est pas considéré comme une juxtaposition, et qu’il peut donc être utilisé pour enseigner une autre halakha au moyen d’une juxtaposition.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לָא הָוֵי הֶיקֵּשׁ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְכֵן יַעֲשֶׂה לְאֹהֶל מוֹעֵד״ –
La Guemara commente : Soit, selon celui qui dit qu’un sujet dérivé au moyen d’une juxtaposition et d’un autre principe n’est pas considéré comme une juxtaposition, c’est la raison pour laquelle il est écrit au sujet des rites accomplis par le Grand Prêtre à Yom Kippour : « Ainsi fera-t-il pour la Tente d’Assignation qui demeure avec eux au milieu de leur impureté » (Lévitique 16:16).
כְּשֵׁם שֶׁמַּזֶּה לִפְנַי וְלִפְנִים אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה מִדַּם הַפָּר, כָּךְ מַזֶּה בַּהֵיכָל.
Le Grand Prêtre asperge le sang de deux offrandes, le taureau et le bouc. Il asperge leur sang entre les barres de l’Arche et sur le Rideau qui sépare le Sanctuaire et le Saint des Saints. À chaque endroit, il asperge leur sang une fois en haut et sept fois en bas. Le verset n’écrit pas tous les détails de ces aspersions concernant chaque offrande, et les détails de chacune sont déduits de ce qui est écrit explicitement dans l’autre, comme suit : De même que le Grand Prêtre asperge dans le sanctuaire le plus intérieur, entre les barres de l’Arche, une fois en haut et sept fois en bas, avec le sang du taureau, ainsi il asperge sur le Rideau dans le Sanctuaire.
וּכְשֵׁם שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה מִדַּם הַשָּׂעִיר, כָּךְ מַזֶּה בַּהֵיכָל.
Et de même que dans le sanctuaire le plus intérieur il asperge une fois en haut et sept fois en bas, avec le sang du bouc, ainsi il asperge sur le Rideau dans le Sanctuaire. C’est un cas de halakha dérivée à la fois d’une juxtaposition et d’un autre principe, et la rigueur selon laquelle une matière dérivée par juxtaposition ne peut pas aussi enseigner sa halakha par juxtaposition ne s’applique pas dans ce cas.
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר הָוֵי הֶיקֵּשׁ, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? מְקוֹמוֹת הוּא דְּגָמְרִי מֵהֲדָדֵי.
Mais selon celui qui dit que cela aussi est considéré comme une juxtaposition, que peut-on dire ? Comment ces halakhot peuvent-elles être déduites ? La Guemara répond : Ce sont les endroits où le sang est aspergé qui sont déduits les uns des autres dans la seconde juxtaposition. La première juxtaposition enseigne une halakha, à savoir que le sang du taureau et le sang du bouc doivent être comparés l’un à l’autre. La seconde juxtaposition n’enseigne pas une halakha concernant le sang du taureau et le sang du bouc en eux-mêmes ; elle enseigne plutôt une comparaison entre l’aspersion effectuée dans le Saint des Saints et l’aspersion effectuée dans le Sanctuaire. Ce sont deux juxtapositions sans lien entre elles.