הֲרֵי לוֹג [הַבָּא] בִּפְנֵי עַצְמוֹ – דִּלְכוּלֵּי עָלְמָא מַתְּנוֹתָיו שָׁרוּ לֵיהּ, וְלָא מְפַגְּלִין לֵיהּ! דְּתַנְיָא: לוֹג שֶׁמֶן שֶׁל מְצוֹרָע – חַיָּיבִין עָלָיו מִשּׁוּם פִּיגּוּל, מִפְּנֵי שֶׁדָּם מַתִּירוֹ לַבְּהוֹנוֹת. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Mais il y a le cas du log d’huile apporté à lui seul, c’est-à-dire lorsque le lépreux l’apporte après avoir sacrifié ses offrandes. Là, tout le monde s’accorde à dire que ses applications rendent le reste de l’huile permis aux prêtres, et pourtant elles ne rendent pas l’huile piggul, comme cela est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne le log d’huile d’un lépreux, on est passible pour sa consommation en raison de la violation de l’interdiction de piggul, car le sang de l’offrande le rend permis pour être placé sur le pouce de la main et le gros orteil du lépreux. Telle est la déclaration de Rabbi Meïr.
אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי מֵאִיר: וַהֲלֹא אָדָם מֵבִיא אֲשָׁמוֹ עַכְשָׁיו, וְלוֹג מִיכָּן וְעַד עֲשָׂרָה יָמִים! אָמַר לָהֶן: אַף אֲנִי לֹא אָמַרְתִּי, אֶלָּא בְּבָא עִם הָאָשָׁם.
Les rabbins dirent à Rabbi Meir : Mais une personne peut apporter aujourd’hui son offrande de culpabilité ainsi que le log d’huile qui l’accompagne à partir de maintenant et jusqu’à même dix jours plus tard. Rabbi Meir leur dit : Moi aussi, je n’ai parlé que d’un log d’huile qui vient avec l’offrande de culpabilité. Cela indique que, même selon l’opinion de Rabbi Meir, c’est le sang de l’offrande qui rend l’huile piggul.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לְעוֹלָם רַבִּי מֵאִיר הִיא, וּסְמִי מִיכָּן נְסָכִים. אָמַר אַבָּיֵי: לְעוֹלָם לָא תִּסְמֵי; וְתָנָא לוֹג הַבָּא עִם הָאָשָׁם – וְהוּא הַדִּין לִנְסָכִים הַבָּאִין עִם הַזֶּבַח, וַהֲדַר תָּנָא נְסָכִים הַבָּאִין בִּפְנֵי עַצְמָן – וְהוּא הַדִּין לְלוֹג הַבָּא לִפְנֵי עַצְמוֹ.
Au contraire, Rabbi Yirmeya dit : En réalité, la baraita susmentionnée est conforme à l’opinion de Rabbi Meir, et omets le cas de l’offrande de farine apportée avec les libations qui accompagnent les offrandes animales de la liste des éléments qui ne sont pas soumis à la halakha de piggul. Abaye dit : En réalité, n’omets pas cet élément de la liste, et la baraita peut être expliquée conformément à l’opinion de Rabbi Meir comme suit : Le tanna a d’abord enseigné la halakha concernant le log d’huile qui accompagne l’offrande de culpabilité du lépreux, et il en va de même des libations qui accompagnent une offrande animale, car selon Rabbi Meir, le statut de piggul s’applique aux deux. Puis le tanna a enseigné que piggul ne s’applique pas aux libations qui viennent d’elles-mêmes, et il en va de même d’un log d’huile qui vient de lui-même.
חַטַּאת הָעוֹף – דָּמָהּ מַתִּיר אֶת בְּשָׂרָהּ לַכֹּהֲנִים. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנֵי לֵוִי:
§ La michna enseigne : En ce qui concerne l’holocauste d’oiseau, son sang rend sa chair et sa peau permises à être mangées par les prêtres. La Guemara demande : D’où cela est-il dérivé, à savoir que la chair d’un holocauste d’oiseau est mangée par les prêtres ? La Guemara cite une baraita qu’enseigne Lévi, au sujet d’un verset qui traite des dons devant être présentés aux prêtres : « Ceci sera à toi parmi les choses très saintes, provenant du feu : toute leur offrande, toute leur offrande de farine, toute leur offrande expiatoire et toute leur offrande de culpabilité, qu’ils Me rendront, sera une chose très sainte pour toi et pour tes fils » (Nombres 18:9).
״כׇּל קׇרְבָּנָם״ – לְרַבּוֹת לוֹג שֶׁמֶן שֶׁל מְצוֹרָע. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״מִן הָאֵשׁ״ כְּתַב רַחֲמָנָא, וְהַאי לָאו מוֹתָר מִן הָאֵשׁ הוּא; קָא מַשְׁמַע לַן.
La baraita clarifie ce qui est inclus par le terme « toute » dans chacune de ces clauses. Le verset déclare : « Toute leur offrande, » ce qui sert à inclure le log d’huile d’un lépreux ; lui aussi est donné aux prêtres. La Guemara explique pourquoi il est nécessaire de déduire du verset que l’huile est un don à la prêtrise : On pourrait penser dire que l’huile ne devrait pas être incluse, car le Miséricordieux écrit dans ce même verset : « Du feu », et ce log d’huile, malgré son statut d’offrande, n’est pas réservé du feu. Seul un élément dont une partie est apportée sur l’autel peut être dit réservé du feu, et aucune partie de l’huile n’est apportée sur l’autel. Par conséquent, le verset nous enseigne par l’expression : « Toute leur offrande », que l’huile va aux prêtres.
״לְכׇל מִנְחָתָם״ – לְרַבּוֹת מִנְחַת עוֹמֶר וּמִנְחַת הַקְּנָאוֹת. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״וְאָכְלוּ אוֹתָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם״ – וּמִנְחַת הָעוֹמֶר לְהַתִּיר אָתְיָא, וּמִנְחַת קְנָאוֹת לְבָרֵר עָוֹן קָאָתְיָא; קָא מַשְׁמַע לַן.
L’expression : « Toute leur offrande de farine, » sert à inclure l’offrande de farine du omer, apportée comme offrande communautaire le seizième jour de nissan, ainsi que l’offrande de farine de jalousie, apportée par une sota. La Guemara développe : On pourrait penser que, comme le verset l’énonce au sujet de la consommation des aliments sacrificiels par les prêtres : « Et ils mangeront ces choses par lesquelles l’expiation est accomplie » (Exode 29:33), seuls les aliments qui permettent l’expiation sont donnés aux prêtres. Et cela exclurait l’offrande de farine du omer et l’offrande de farine de jalousie, car l’offrande de farine du omer vient permettre la consommation de la nouvelle récolte, et l’offrande de farine de jalousie vient clarifier la transgression de la sota, dans le cadre de l’épreuve subie par la femme. Par conséquent, le verset nous enseigne par l’expression : « Toute leur offrande de farine, » que même ces offrandes de farine sont mangées par les prêtres.
״וּלְכׇל חַטָּאתָם״ – לְרַבּוֹת חַטַּאת הָעוֹף. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: נְבֵילָה הִיא.
L’expression : « Et toute leur offrande expiatoire, » sert à inclure l’offrande expiatoire d’oiseau ; sa viande aussi est donnée aux prêtres. La Guemara explique : On pourrait penser dire que cette viande ne devrait pas être consommée du tout, car elle est une carcasse d’animal non abattu, puisque l’oiseau est mis à mort en lui pinçant la nuque (voir Lévitique 5:8) plutôt que par abattage, qui est la manière d’abattage rituel des oiseaux non sacrés. Par conséquent, l’expression : « Et toute leur offrande expiatoire, » enseigne que l’offrande expiatoire d’oiseau est mangée par les prêtres.
״לְכׇל אֲשָׁמָם״ – לְרַבּוֹת אֲשַׁם נָזִיר וַאֲשַׁם מְצוֹרָע. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: לְהַכְשִׁיר קָאָתוּ; קָא מַשְׁמַע לַן.
L’expression : « Toute leur offrande de culpabilité, » sert à inclure l’offrande de culpabilité d’un nazir qui a contracté une impureté rituelle, ainsi que l’offrande de culpabilité d’un lépreux. La Guemara développe : On pourrait penser que celles-ci ne devraient pas être données aux prêtres pour être mangées, car elles viennent rendre aptes ces personnes, plutôt que d’expier. L’offrande de culpabilité d’un nazir le rend apte à recommencer sa période de naziréat, et l’offrande de culpabilité d’un lépreux le rend apte à manger de la nourriture sacrificielle, tandis que le verset déclare : « Ils mangeront ces choses par lesquelles l’expiation est accomplie » (Exode 29:33). Par conséquent, le verset nous enseigne par l’expression : « Toute leur offrande de culpabilité, » que ces offrandes aussi sont mangées par les prêtres.
אֲשַׁם מְצוֹרָע – בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ! אֶלָּא לְרַבּוֹת אֲשַׁם נָזִיר כַּאֲשַׁם מְצוֹרָע.
La Guemara objecte : Il est explicitement écrit au sujet de l’offrande de culpabilité d’un lépreux qu’elle est consommée par les prêtres : « Car, comme l’offrande expiatoire appartient au prêtre, ainsi en est-il de l’offrande de culpabilité » (Lévitique 14:13). Pourquoi, dès lors, cette dérivation est-elle nécessaire ? Au contraire, la baraita veut dire que l’expression : « Toute leur offrande de culpabilité » sert à inclure l’offrande de culpabilité d’un nazir, enseignant qu’elle est comme l’offrande de culpabilité d’un lépreux, en ce que toutes deux sont mangées par les prêtres.
״אֲשֶׁר יָשִׁיבוּ״ – זֶה גֶּזֶל הַגֵּר. ״לְךָ הוּא״ – שֶׁלְּךָ יִהְיֶה, אֲפִילּוּ לְקַדֵּשׁ בּוֹ אֶת הָאִשָּׁה.
La baraita continue : En ce qui concerne l’expression « qu’ils restitueront à Moi », cela fait référence à un objet volé à un converti. Celui qui vole un converti qui meurt ensuite sans héritiers doit donner l’objet volé ainsi qu’un cinquième supplémentaire aux prêtres. Enfin, le terme « pour toi » enseigne que cela sera à toi, même pour fiancer une femme avec cela, c’est-à-dire que ces dons sont considérés comme la propriété du prêtre à tous égards.
תַּנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי: פִּיגֵּל בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ – פִּיגֵּל. בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בִּפְנִים – לֹא פִּיגֵּל.
§ Selon le premier tanna de la michna, les taureaux qui sont brûlés et les boucs qui sont brûlés, dont le sang est présenté sur l’autel intérieur, sont soumis au piggul, tandis que Rabbi Shimon soutient qu’ils n’y sont pas soumis. Il est enseigné dans une baraita qu’il existe un troisième avis à ce sujet : Rabbi Elazar dit au nom de Rabbi Yosei HaGelili : Si, dans son service des taureaux qui sont brûlés ou des boucs qui sont brûlés, le prêtre a eu une intention pouvant rendre l’offrande piggul à l’égard d’un acte accompli à l’extérieur du Sanctuaire, c’est-à-dire dans la cour du Temple, il a rendu l’offrande piggul. Si son intention portait sur un acte accompli à l’intérieur du Sanctuaire ou du Saint des Saints, il n’a pas rendu l’offrande piggul.
כֵּיצַד? הָיָה עוֹמֵד בַּחוּץ, וְאָמַר: ״הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לְהַזּוֹת מִדָּמוֹ לְמָחָר״ – לֹא פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בַּחוּץ בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בִּפְנִים לֹא פִּיגֵּל. הָיָה עוֹמֵד בִּפְנִים, וְאָמַר: ״הֲרֵינִי מַזֶּה עַל מְנָת לְהַקְטִיר אֵימוּרִים וְלִשְׁפּוֹךְ שִׁירַיִם לְמָחָר״ – לֹא פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בִּפְנִים בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ.
La baraita développe : Comment cela ? Si il se tenait à l’extérieur au moment d’abattre l’animal, et disait : Par la présente, j’abats l’animal avec l’intention de asperger son sang demain à l’intérieur du Sanctuaire, il n’a pas rendu l’offrande piggul. La raison est que, dans le cas d’une intention à l’extérieur concernant une chose qui est accomplie à l’intérieur, il n’a pas rendu l’offrande piggul. De même, s’il se tenait à l’intérieur au moment de l’aspersion, et disait : Par la présente, j’asperge le sang de l’offrande expiatoire afin de brûler ses portions sacrificielles sur l’autel extérieur et de verser son reste sur la base de l’autel demain, il n’a pas rendu l’offrande piggul, car il s’agit d’une intention à l’intérieur concernant une chose qui est accomplie à l’extérieur.
אֲבָל הָיָה עוֹמֵד בַּחוּץ, וְאָמַר: ״הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לִשְׁפּוֹךְ שִׁירַיִם לְמָחָר״, אוֹ ״לְהַקְטִיר אֵימוּרִים לְמָחָר״ – פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בַּחוּץ בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ.
Mais, si il se tenait dehors et disait : Par la présente, j’abats l’animal avec l’intention de verser le reste de son sang demain, ou de brûler ses portions sacrificielles demain, il a rendu l’offrande piggul, car il s’agit d’une intention extérieure concernant une chose qui est accomplie à l’extérieur.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי קְרָא? ״כַּאֲשֶׁר יוּרַם מִשּׁוֹר זֶבַח הַשְּׁלָמִים״ – וְכִי מָה לָמַדְנוּ מִשּׁוֹר זֶבַח הַשְּׁלָמִים מֵעַתָּה?
Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Quel est le verset d’où cela est dérivé ? Le verset énonce au sujet des portions sacrificielles d’un taureau pour un péché involontaire du prêtre oint, qui est l’un des taureaux brûlés : « Comme on l’enlève du taureau du sacrifice de paix » (Lévitique 4:10). Mais alors, qu’apprenons-nous du taureau d’un sacrifice de paix ? Tout ce qui est spécifié au sujet d’un sacrifice de paix est également énoncé au sujet de ce taureau.
אֶלָּא מַקִּישׁ פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ לְשׁוֹר זֶבַח הַשְּׁלָמִים; מָה שׁוֹר זֶבַח הַשְּׁלָמִים – עַד שֶׁיְּהוּ מַעֲשָׂיו וּמַחְשְׁבוֹתָיו עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, אַף פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ – עַד שֶׁיְּהוּ מַחְשְׁבוֹתָיו וּמַעֲשָׂיו עַל הַמִּזְבֵּחַ הַחִיצוֹן.
Au contraire, le verset juxtapose le taureau pour un péché involontaire du prêtre oint avec le taureau de l’offrande de paix : De même que le taureau de l’offrande de paix n’est pas rendu piggoulà moins que les actions et les intentions du prêtre ne se rapportent au service accompli sur l’autel extérieur, puisque c’est là qu’il est offert, de même, le taureau pour un péché involontaire du prêtre oint n’est pas rendu piggoulà moins que les intentions et les actions du prêtre ne se rapportent au service accompli sur l’autel extérieur.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי.
Rav Naḥman dit que Rabba bar Avuh dit que Rav dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Elazar, qui énonce sa décision au nom de Rabbi Yosei.