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אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, וְהָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּי מַגְּעַתְּ לְהוּ רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יוֹסֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי, לָא פְּלִיגִי!
Abaye dit à Rav Dimi : Mais Rabba bar bar Ḥana ne dit-il pas que Rabbi Yoḥanan dit : Lorsque tu considères leurs opinions, Rabbi Meir et Rabbi Yosei ne sont pas en désaccord l’un avec l’autre, c’est-à-dire qu’aucun des deux ne soutient qu’on ne tient compte que de la première déclaration ?
וְלָא פְּלִיגִי?! וְהָא מִיפְלָג פְּלִיגִי! אֲמַר לֵיהּ: פְּלִיגִי בְּמַאי דִּפְלִיגִי, וְלָא פְּלִיגִי בְּמַאי דְּלָא פְּלִיגִי.
Rav Dimi objecta : Et est-il vrai que ils ne sont pas en désaccord ? Mais ne sont-ils pas en désaccord explicitement dans la michna citée plus haut ? Abaye lui dit : Ils sont en désaccord là où ils sont en désaccord, c’est-à-dire dans ce cas précis, mais ils ne sont pas en désaccord là où ils ne sont pas en désaccord, c’est-à-dire sur le principe sous-jacent. En conséquence, il faut comprendre le fondement de leur différend d’une autre manière.
דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים הֵיכָא דְּאָמַר ״תָּחוּל זוֹ וְאַחַר כָּךְ (אָמַר) תָּחוּל זוֹ״ – דִּבְרֵי הַכֹּל לָא חָיְילָא; ״לֹא תָּחוּל זוֹ אֶלָּא אִם כֵּן חָלָה זוֹ״ – דִּבְרֵי הַכֹּל חָיְילָא;
C’est comme le dit Rav Yitzḥak bar Yosef que Rabbi Yoḥanan dit : Tous, c’est-à-dire Rabbi Meir et Rabbi Yosei, conviennent que dans un cas où l’on dit : Que cette sainteté d’un holocauste prenne effet et ensuite que cette autre sainteté d’un sacrifice de paix prenne effet, tous conviennent que la sainteté d’un sacrifice de paix ne prend pas effet, parce que la sainteté de l’holocauste a pris effet en premier. De même, si l’on a dit : Cette sainteté ne prendra pas effet à moins que cette autre sainteté ne s’applique, tous conviennent que la sainteté d’un sacrifice de paix prend effet également.
כִּי פְּלִיגִי, דְּאָמַר: ״תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים״. רַבִּי מֵאִיר סָבַר: מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים״ וַאֲמַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ – שְׁמַע מִינַּהּ מִיהְדָּר קָא הָדַר בֵּיהּ.
Ils sont en désaccord au sujet d’un cas où l’un dit : Cet animal est désormais un substitut pour un holocauste, un substitut pour une offrande de paix. Rabbi Meïr soutient : Puisque s’il avait voulu que les deux saintetés prennent effet, il aurait dû dire : Un substitut pour un holocauste et une offrande de paix, mais il a dit à la place : Un substitut pour un holocauste, un substitut pour une offrande de paix ; apprends de son langage qu’à l’origine il avait l’intention que ce soit un holocauste, puis il s’est rétracté de sa première intention.
וְרַבִּי יוֹסֵי – אִי אֲמַר: ״תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים״ – הֲוָה אָמֵינָא פַּלְגָא תְּמוּרַת עוֹלָה וּפַלְגָא תְּמוּרַת שְׁלָמִים; לְהָכִי אֲמַר: ״תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ – לְמֵימְרָא דְּכוּלַּהּ עוֹלָה וְכוּלַּהּ שְׁלָמִים הָוְיָא.
Et Rabbi Yosei soutient que s’il avait dit : Un substitut pour un holocauste et une offrande de paix, je dirais qu’il veut dire que la moitié de l’animal devrait être un substitut pour un holocauste et l’autre moitié un substitut pour une offrande de paix. Il dit donc : Un substitut pour un holocauste, un substitut pour une offrande de paix ; c’est-à-dire que la totalité est un holocauste et la totalité est une offrande de paix. En tout état de cause, selon cette explication, Rabbi Meir ne soutient pas nécessairement qu’on ne tient compte que de la première déclaration.
אֲמַר לֵיהּ: הוּא אָמַר לָא פְּלִיגִי, וַאֲנָא אָמֵינָא פְּלִיגִי.
Rav Dimi dit à Abaye : Lui, Rabba bar bar Ḥana, dit qu'ils ne sont pas en désaccord, mais moi je dis qu'ils sont en désaccord, et Rabbi Meir soutient qu'on ne tient compte que de la première déclaration, conformément à l'opinion de Rabbi Yehuda dans la michna.
אָמַר עוּלָּא וְאִיתֵּימָא רַב אוֹשַׁעְיָא: אֶפְשָׁר יָדְעִין חַבְרִין בַּבְלָאָה – ״כְּזַיִת״ ״כְּזַיִת״ תְּנַן, אוֹ ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ תְּנַן?
§ La Guemara revient pour discuter de la michna elle-même : Ulla a dit, et certains disent que c’était Rav Oshaya qui a dit : Peut-être que nos collègues, les Babyloniens, savent si nous apprenons le langage de l’intention impropre dans la michna ainsi : Par la présente, j’abats l’animal avec l’intention de consommer un volume d’olive au-delà du temps qui lui est désigné, un volume d’olive en dehors de la zone qui lui est désignée, ou apprenons-nous : Un volume d’olive au-delà du temps qui lui est désigné et un volume d’olive en dehors de la zone qui lui est désignée ?
״כְּזַיִת״ ״כְּזַיִת״ תְּנַן – אֲבָל ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ דִּבְרֵי הַכֹּל עֵירוּב מַחְשָׁבוֹת הָוֵי; אוֹ דִלְמָא ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ תְּנַן, דִּלְרַבִּי יְהוּדָה פְּרָטָא הָוֵי – וְכׇל שֶׁכֵּן ״כְּזַיִת״ ״כְּזַיִת״?
La Guemara développe : Peut-être apprenons-nous : Un volume d’olive, un volume d’olive, et ce n’est que dans ce cas que Rabbi Yehouda est en désaccord avec les Sages. Mais si quelqu’un a dit : Un volume d’olive et un volume d’olive, tout le monde est d’accord pour dire que cela constitue une combinaison d’intentions, et l’animal ne devient pas piggul. Ou peut-être apprenons-nous : Un volume d’olive et un volume d’olive, où selon Rabbi Yehouda chaque expression constitue une expression distincte malgré l’emploi de la conjonction : et, et il soutient qu’on ne tient compte que de la première déclaration, et à plus forte raison si quelqu’un a dit : Un volume d’olive, un volume d’olive.
תָּא שְׁמַע, דִּבְעָא מִינֵּיהּ לֵוִי מֵרַבִּי: חִישֵּׁב לֶאֱכוֹל כְּזַיִת לְמָחָר בַּחוּץ, מַהוּ? אָמַר לוֹ: זוֹ שְׁאֵילָה! עֵירוּב מַחְשָׁבוֹת הָוֵי.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de ce dilemme que Lévi souleva devant Rabbi Yehouda HaNassi : si quelqu’un avait l’intention de consommer un volume d’olive le lendemain en dehors de sa zone désignée, quelle est la halakha ? Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : C’est une excellente question. La réponse est que même Rabbi Yehouda concède que cela constitue une combinaison d’intentions et que l’animal ne devient pas piggoul.
אָמַר לְפָנָיו רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי: לֹא מִשְׁנָתֵינוּ הִיא?! לֶאֱכוֹל כְּזַיִת בַּחוּץ כְּזַיִת לְמָחָר; כְּזַיִת לְמָחָר כְּזַיִת בַּחוּץ; כַּחֲצִי זַיִת בַּחוּץ כַּחֲצִי זַיִת לְמָחָר; כַּחֲצִי זַיִת לְמָחָר כַּחֲצִי זַיִת בַּחוּץ – פָּסוּל, וְאֵין בּוֹ כָּרֵת. הָא אִידַּךְ – עֵירוּב מַחְשָׁבוֹת הָוֵי!
Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, lui dit : En quoi est-ce une excellente question ; n’est-ce pas notre michna ? Comme nous l’avons appris dans la michna : Si quelqu’un a exprimé l’intention de manger un volume d’olive en dehors de l’endroit qui lui est désigné et un volume d’olive le lendemain, ou un volume d’olive le lendemain et un volume d’olive en dehors de l’endroit qui lui est désigné, ou un demi-volume d’olive en dehors de l’endroit qui lui est désigné et un demi-volume d’olive le lendemain, ou un demi-volume d’olive le lendemain et un demi-volume d’olive en dehors de l’endroit qui lui est désigné, l’offrande est disqualifiée et il n’y a pas de responsabilité de karet pour l’avoir brûlée ou en avoir mangé . Rabbi Yehouda n’est en désaccord qu’à l’égard de ces cas ; mais dans un autre cas, on pourrait facilement déduire qu’il concède que cela constitue une combinaison d’intentions.
אֲמַר לֵיהּ: הוּא שָׁאַל בִּי דְּבַר חָכְמָה, וְאַתְּ אָמַרְתָּ מִשְׁנָתֵינוּ?! לְדִידָךְ דְּאַתְנִיתָךְ תַּרְתֵּי – לָא קַשְׁיָא לָךְ;
Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Lévi m’a posé une question de sagesse, et toi, tu cites notre michna. Pour toi, à qui j’ai enseigné deux formulations de la michna, les deux : un volume d’olive, un volume d’olive, et : un volume d’olive et un volume d’olive, la question n’est pas difficile, puisque mon omission de cet autre cas te permet d’en déduire sa halakha.
לְדִידֵיהּ דְּלָא אַתְנִיתֵיהּ אֶלָּא חֲדָא, וְשַׁמְעִינְהוּ לְרַבָּנַן דְּקָא גָרְסִי תַּרְתֵּי – וְסָבַר: דִּידִי דַּוְוקָא, וְדִידְהוּ עֵירוּב מַחְשָׁבוֹת הָוֵי? אוֹ דִלְמָא דִּידְהוּ דַּוְוקָא, וּלְדִידִי שַׁיּוֹרֵי שַׁיַּיר לִי; וּמִדְּשַׁיַּיר לִי לְדִידִי הָא – שַׁיַּיר לְהוּ לְדִידְהוּ נָמֵי בְּהָךְ?
Pour celui à qui je n’ai enseigné qu’une seule formulation, et qui a entendu les Rabbins en réciter deux, la question est excellente, puisque Lévi a pensé : Peut-être que ma formulation est exacte, et que leur formulation supplémentaire constitue une combinaison d’intentions selon tous les avis. Ou peut-être que leur formulation est exacte, et que ma formulation a omis ce cas. Et si ma formulation a omis ce cas, peut-être que leur formulation a également omis cet autre cas, bien qu’il fasse l’objet d’un désaccord.
וְהֵי אַתְנְיֵיהּ? אִילֵּימָא ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ אַתְנְיֵיהּ – הַאי לָאו שִׁיּוּרָא הוּא! אֶלָּא ״כְּזַיִת״ ״כְּזַיִת״ אַתְנְיֵיהּ.
La Guemara demande : Et quelle formulation Rabbi Yehouda HaNassi a-t-il enseignée à Lévi ? Si l’on dit qu’il lui a enseigné : un volume d’olive et un volume d’olive, c’est-à-dire que Rabbi Yehouda maintient encore que les termes sont distincts malgré la conjonction, ce n’est pas une omission, puisqu’on peut déduire a fortiori que la même chose s’applique à : un volume d’olive, un volume d’olive. Au contraire, il faut dire qu’il lui a enseigné : un volume d’olive, un volume d’olive, de sorte qu’il n’était pas clair pour Lévi quelle serait la halakha si l’on utilisait la conjonction : Et.
וְתִיבְּעֵי לֵיהּ ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״!
La Guemara demande : Si c’est ainsi, pourquoi Lévi a-t-il soulevé le dilemme au sujet de la formulation : Le lendemain dehors ? Qu’il soulève le dilemme au sujet de la formulation : Un volume d’olive et un volume d’olive.
סְבַר: אִיבְעֵי מִינֵּיהּ חֲדָא – דְּשָׁמַעְנָא תַּרְתֵּי. דְּאִי בָּעֵינָא ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ – הָא נִיחָא אִי אָמַר לִי כְּלָלָא, כׇּל שֶׁכֵּן ״כְּזַיִת לְמָחָר בַּחוּץ״; אֶלָּא אִי אָמַר לִי פְּרָטָא – אַכַּתִּי ״כְּזַיִת לְמָחָר בַּחוּץ״ קָא מִיבַּעְיָא לִי.
La Guemara répond : Lévi pensa : je lui soumettrai un dilemme afin d’apprendre deux halakhot. Car, si je demande seulement au sujet de : un volume d’olive et un volume d’olive, cela ira bien s’il me dit que Rabbi Yehouda concède qu’ils constituent un terme général, car cela s’appliquerait à plus forte raison si l’on disait : un volume d’olive le lendemain à l’extérieur, ce qui est encore plus unifié. Mais s’il me dit que chaque terme constitue un terme distinct selon Rabbi Yehouda, alors je devrai encore soulever le dilemme au sujet du cas de : un volume d’olive le lendemain à l’extérieur. Je m’enquerrai donc de ce dernier cas.
אִי הָכִי, הַשְׁתָּא נָמֵי – הָתִינַח אִי אָמַר לֵיהּ ״כְּזַיִת לְמָחָר בַּחוּץ״ פְּרָטָא, כׇּל שֶׁכֵּן ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״; אֶלָּא אִי אָמַר לֵיהּ כְּלָלָא, אַכַּתִּי ״כְּזַיִת״ ״וּכְזַיִת״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
La Guemara objecte : Si tel est le cas, même maintenant, cela s’explique bien s’il lui dit que Rabbi Yehuda soutient que la formulation : Un volume d’olive le lendemain à l’extérieur, est constituée de termes séparés, car cela s’appliquerait à plus forte raison si l’on disait : Un volume d’olive et un volume d’olive, ce qui est moins unifié. Mais s’il lui dit que c’est un terme général unique selon Rabbi Yehuda, alors il devra encore soulever le dilemme concernant le cas de : Un volume d’olive et un volume d’olive.
אִם כֵּן מִרְתָּח רָתַח:
La Guemara répond : Si Rabbi Yehuda HaNasi répondait de cette manière, c’est-à-dire que Rabbi Yehuda concède que : un volume d’olive le lendemain à l’extérieur est considéré comme une seule expression, il fournirait sans le vouloir aussi la réponse à l’autre question. Car, si Rabbi Yehuda avait également concédé au sujet de : un volume d’olive et un volume d’olive, Rabbi Yehuda HaNasi se mettrait en colère contre Lévi pour avoir posé la mauvaise question et dirait :

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