מְחוּסָּר קְרִיבָה לָאו כִּמְחוּסַּר מַעֲשֶׂה דָּמֵי.
Même si la carcasse d’un oiseau casher n’a pas encore été rapprochée du fait d’être avalée, elle n’est toujours pas considérée comme si une action nécessaire n’avait pas encore été effectuée, et un volume de la taille d’une olive suffit pour transmettre l’impureté aux aliments et aux boissons.
אֵיתִיבֵיהּ: שְׁלֹשָׁה עָשָׂר דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּנִבְלַת עוֹף טָהוֹר, וְזֶה אֶחָד מֵהֶן: צְרִיכָה מַחְשָׁבָה, וְאֵין צְרִיכָה הֶכְשֵׁר, וּמְטַמֵּא טוּמְאַת אֳוכָלִין בִּכְבֵיצָה. מַאי, לָאו רַבִּי מֵאִיר הִיא?
Rabbi Ḥiyya bar Abba souleva une objection à Rabbi Abba bar Shmuel, sur la base d’une michna (Teharot 1:1) : Treize points ont été énoncés au sujet de la carcasse d’un oiseau casher, et celui-ci en fait partie : Pour être susceptible d’impureté en tant qu’aliment, elle requiert l’intention d’une personne qu’elle soit mangée ; et elle n’a pas besoin d’être rendue susceptible à une telle impureté par contact avec un liquide ; et elle transmet l’impureté rituelle des aliments à hauteur d’un volume d’œuf. Selon l’opinion de qui est cette michna ? Quoi, n’est-ce pas l’opinion de Rabbi Meir ? Si tel est le cas, il soutient qu’un volume d’œuf de carcasse d’un oiseau casher est nécessaire pour transmettre l’impureté.
לָא, רַבָּנַן הִיא.
La Guemara répond : Non, la michna est l’opinion des Sages.
וְהָא קָתָנֵי רֵישָׁא: צְרִיכָה מַחְשָׁבָה וְאֵין צְרִיכָה הֶכְשֵׁר; וּמַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ הַאי סְבָרָא – רַבִּי מֵאִיר; וּמִדְּרֵישָׁא רַבִּי מֵאִיר, סֵיפָא נָמֵי רַבִּי מֵאִיר!
La Guemara objecte : Mais la première clause de cette michna enseigne : Pour être susceptible à l’impureté en tant qu’aliment, cela requiert l’intention d’une personne qu’il soit mangé et n’a pas besoin d’être rendu susceptible par contact avec un liquide. Et de qui apprends-tu ce raisonnement ? De Rabbi Meir, comme cela a été enseigné dans la baraita (105a). Et puisque la première clause est l’opinion de Rabbi Meir, il s’ensuit que la clause finale est aussi l’opinion de Rabbi Meir.
מִידֵּי אִירְיָא?! הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
La Guemara répond : Les cas sont-ils comparables ? Les deux clauses doivent-elles être l’opinion du même tanna ? Ce cas est tel qu’il est, et cet autre cas est tel qu’il est.
וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: שְׁחִיטָתָהּ וּמְלִיקָתָהּ מְטַהֶרֶת טְרֵיפָתָהּ מִטּוּמְאָתָהּ; מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ הַאי סְבָרָא – רַבִּי מֵאִיר; רֵישָׁא וְסֵיפָא רַבִּי מֵאִיר, וּמְצִיעֲתָא רַבָּנַן?!
La Guemara objecte : Mais on peut encore déduire cela du fait que la clause finale de cette michna enseigne : L’abattage ou le pincement de la nuque d’une offrande d’oiseau la purifie de son impureté, c’est-à-dire l’empêche d’acquérir le statut impur d’une carcasse, même s’il s’avère qu’elle avait une blessure qui l’aurait fait mourir dans les douze mois [tereifa]. Et de qui as-tu appris ce raisonnement ? De Rabbi Meir (voir 67a). Se pourrait-il que la première clause et la dernière clause représentent l’opinion de Rabbi Meir, et que la clause intermédiaire représente l’opinion des Sages ?
אִין; רֵישָׁא וְסֵיפָא רַבִּי מֵאִיר, וּמְצִיעֲתָא רַבָּנַן.
La Guemara répond : Oui, la première clause et la dernière clause représentent l’opinion de Rabbi Meir, et la clause du milieu représente l’opinion des Sages.
אֲמַר לֵיהּ רַב הַמְנוּנָא לְרַבִּי זֵירָא: לָא תִּיתֵּיב אַכַּרְעָךְ עַד דְּאָמְרַתְּ לִי הָא מִילְּתָא: נִבְלַת עוֹף טָהוֹר – לְרַבִּי מֵאִיר, מוֹנִין לָהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, אוֹ אֵין מוֹנִין רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי?
§ Rav Hamnuna dit à Rabbi Zeira : Ne t’assieds pas avant de me dire la résolution de cette question : En général, lorsqu’un aliment touche une source primaire d’impureté rituelle après avoir été rendu susceptible à l’impureté par contact avec un liquide, il contracte une impureté du premier degré. S’il touche ensuite un autre aliment, il lui transmet une impureté du deuxième degré. La carcasse d’un oiseau kosher, selon l’opinion de Rabbi Meir, transmet l’impureté aux aliments sans avoir été rendue susceptible. Faut-il compter son premier et son deuxième degrés d’impureté lorsqu’elle touche un aliment ou une boisson, en la traitant comme une source primaire d’impureté ? Ou, peut-être, ne compte-t-on pas le premier et le deuxième degrés d’impureté, mais la traite-t-on plutôt comme un aliment ayant une impureté du premier degré, qui transmet une impureté du deuxième degré ?
אֲמַר לֵיהּ: כֹּל הֵיכָא דִּמְטַמֵּא אָדָם בְּמַגָּע – מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, כֹּל הֵיכָא דְּאֵין מְטַמֵּא אָדָם בְּמַגָּע – אֵין מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי.
Rabbi Zeira lui dit : Partout où un objet peut rendre une personne impure par contact, il est considéré comme une source primaire d’impureté, et l’on compte son premier et son second degrés d’impureté. Et partout où il ne peut pas rendre une personne impure par contact, on ne compte pas son premier et son second degrés d’impureté. Puisque la carcasse d’un oiseau casher ne rend pas une personne impure par contact, mais seulement lorsqu’elle est avalée, elle est traitée comme un aliment d’impureté du premier degré.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי זֵירָא מֵרַבִּי אַמֵּי בַּר חִיָּיא, וְאָמְרִי לַהּ מֵרַבִּי אָבִין בַּר כָּהֲנָא, הָא דִּתְנַן: חִיבּוּרֵי אוֹכְלִין עַל יְדֵי מַשְׁקִין – חִיבּוּר לְטוּמְאָה קַלָּה, וְאֵין חִיבּוּר לְטוּמְאָה חֲמוּרָה;
Rabbi Zeira souleva un dilemme à Rabbi Ami bar Ḥiyya, et certains disent à Rabbi Avin bar Kahana au sujet de ce que nous avons appris dans une michna (Teharot 8:8) : Les connexions entre des aliments par un liquide, c’est-à-dire des liquides en contact avec deux aliments, une situation qui fait que l’impureté d’un aliment est transmise à l’autre et que leurs volumes s’additionnent jusqu’à la mesure minimale pour transmettre l’impureté, sont considérées comme une connexion pour l’impureté légère des aliments, mais ne sont pas considérées comme une connexion pour une impureté suffisamment grave pour être transmise à un être humain. Si deux morceaux de carcasse animale sont reliés par un liquide, ils ne se combinent pas pour former la mesure minimale permettant de transmettre leur impureté à une personne, mais ils peuvent transmettre l’impureté à des aliments.
מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, אוֹ אֵין מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי?
Rabbi Zeira demande : Si ces deux morceaux de carcasse animale entrent en contact avec de la nourriture, compte-t-on son premier et son deuxième degrés d’impureté et traite-t-on les morceaux comme une source primaire d’impureté, de sorte que la nourriture transmettra une impureté de second degré à une autre nourriture ? Ou ne compte-t-on pas son premier et son deuxième degrés d’impureté, et traite-t-on la carcasse animale comme de la nourriture avec une impureté de premier degré ?
אֲמַר לֵיהּ: כֹּל הֵיכָא דִּמְטַמֵּא אָדָם – מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, אֵין מְטַמֵּא אָדָם – אֵין מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי.
Rabbi Zeira lui dit : Partout où un objet peut rendre une personne impure, on compte son premier et son second degrés d’impureté. Et partout où il ne peut pas rendre une personne impure, on ne compte pas son premier et son second degrés d’impureté. Puisque les morceaux de carcasse ne peuvent pas transmettre leur impureté à une personne, ils sont traités comme de la nourriture avec une impureté du premier degré.
יָצְאוּ אֵלּוּ וָאֵלּוּ. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: לְהַלָּן הוּא אוֹמֵר – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, כָּאן – לְמַחֲנֶה אַחַת; לוֹמַר לָךְ: כֵּיוָן שֶׁיָּצָא חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת – מְטַמֵּא בְּגָדִים.
§ La michna enseigne : Lorsque ces prêtres et ceux-là prêtres sortaient, tous leurs vêtements devenaient rituellement impurs. La Guemara explique : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? Comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare au sujet du taureau et du bouc qui sont brûlés à Yom Kippour : « Ils seront emportés hors du camp » (Lévitique 16:27). Là-bas, ailleurs, le verset déclare que de tels taureaux et boucs sont brûlés hors de trois camps, ceux du Tabernacle, des Lévites et des Israélites, tandis qu’ici, le verset déclare seulement qu’ils sont emportés hors d’un camp, c’est-à-dire le Tabernacle. Cela vient t’enseigner : Une fois que l’offrande sort au-delà d’un camp, celui qui la porte rend ses vêtements impurs, comme l’énonce le verset suivant : « Et celui qui les brûle lavera ses vêtements » (Lévitique 16:28).
וְהִיא גּוּפַהּ מְנָלַן? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״וְהוֹצִיא אֶת כׇּל הַפָּר אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. אַתָּה אוֹמֵר חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת; אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא מַחֲנֶה אַחַת?
La Guemara explique plus en détail : Et d’où dérivons-nous cettehalakha elle-même, selon laquelle les taureaux et les boucs sont brûlés hors des trois camps ? Comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : Il est dit au sujet du taureau apporté comme offrande expiatoire du Grand Prêtre : « Même le taureau tout entier, il le transportera hors du camp vers un lieu pur, là où l’on déverse les cendres, et il le brûlera » (Lévitique 4:12), ce qui signifie qu’il doit le prendre hors des trois camps. Dis-tu qu’il le prend hors des trois camps, ou est-il tenu de le prendre hors d’un seul camp ?
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר בְּפַר הָעֵדָה: ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – שֶׁאֵין צָרִיךְ לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״כַּאֲשֶׁר שָׂרַף אֵת הַפָּר הָרִאשׁוֹן״; לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁנִיָּה.
Lorsque le verset déclare au sujet du taureau apporté comme offrande communautaire expiatoire : « Il emportera le taureau hors du camp, et le brûlera comme il a brûlé le premier taureau » (Lévitique 4:21), cela nécessite une explication, car il n’est pas nécessaire que le verset déclare « hors du camp », puisque cela est déjà indiqué à la fin de ce même verset : « Et il le brûlera comme il a brûlé le premier taureau », ce qui indique que toutes les halakhot du taureau apporté comme offrande expiatoire d’un Grand Prêtre s’appliquent au taureau apporté comme offrande communautaire expiatoire. Que signifie donc le verset lorsqu’il déclare « hors du camp » ? Pour lui attribuer un second camp, c’est-à-dire pour indiquer qu’il doit être retiré non seulement du camp de la Présence divine, correspondant au Temple, mais aussi du camp lévitique, correspondant au mont du Temple.
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ בַּדֶּשֶׁן – שֶׁאֵין צָרִיךְ לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״עַל שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן יִשָּׂרֵף״; לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה שְׁלִישִׁית.
Et lorsqu'un autre verset déclare au sujet de l’enlèvement de la cendre : « Il ôtera ses vêtements, mettra d’autres vêtements, et emportera la cendre hors du camp dans un lieu pur » (Lévitique 6:4), ce verset aussi nécessite une explication, car il n’est pas nécessaire que le verset déclare cela, puisque cela est déjà déclaré au sujet du taureau apporté comme offrande expiatoire d’un Grand Prêtre : « Il emportera tout le taureau hors du camp dans un lieu pur, là où l’on verse les cendres, et il le brûlera sur du bois avec du feu ; là où l’on verse les cendres, il sera brûlé” (Lévitique 4:12). La répétition de « hors du camp » indique qu’il est tenu de lui attribuer un troisième camp, c’est-à-dire qu’elle enseigne qu’il est brûlé hors du camp d’Israël, correspondant à la zone située hors des murailles de Jérusalem.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן – הַאי ״מִחוּץ לְמַחֲנֶה״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״חוּץ לַמַּחֲנֶה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״חוּץ לַמַּחֲנֶה״; מָה לְהַלָּן – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת, אַף כָּאן – חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. וּמָה לְהַלָּן – לְמִזְרָחָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם,
La Guemara demande : Et que fait Rabbi Shimon de cette expression, dite au sujet du taureau et du bouc de Yom Kippour : « En dehors du camp » (Lévitique 16:27), étant donné qu’il soutient que les vêtements ne deviennent impurs que lorsque l’offrande est en train de brûler ? La Guemara répond : Il en a besoin pour ce qui est enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer dit : Il est dit ici : « En dehors du camp », et il est dit là-bas, au sujet de la vache rousse : « Il la fera sortir en dehors du camp” (Nombres 19:3). De même qu’ici, le taureau et le bouc de Yom Kippour sont brûlés en dehors de trois camps, de même là-bas, la vache rousse est brûlée en dehors de trois camps. Et de même que là-bas, la vache rousse est brûlée à l’est de Jérusalem, puisqu’elle doit être brûlée « devant la face de la Tente d’assignation » (Nombres 19:4), en face de l’entrée du Temple, qui se trouve à son est,