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אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁדּוֹחָה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵאמֹר הֵן יְשַׁלַּח אִישׁ אֶת אִשְׁתּוֹ וְהָלְכָה מֵאִתּוֹ וְהָיְתָה לְאִישׁ אַחֵר הֲיָשׁוּב אֵלֶיהָ עוֹד הֲלֹא חָנוֹף תֶּחֱנַף הָאָרֶץ הַהִיא וְאַתְּ זָנִית רֵעִים רַבִּים וְשׁוֹב אֵלַי נְאֻם ה׳״.
§ Rabbi Yoḥanan a dit : Grand est le repentir, car il l’emporte sur même un interdit de la Torah. Comment cela ? Comme il est dit que Dieu a dit : « …Disant : Si un homme renvoie sa femme, qu’elle le quitte et devienne la femme d’un autre, pourra-t-il revenir vers elle encore ? Ce pays n’en serait-il pas grandement souillé ? Mais toi, tu t’es prostituée avec de nombreux amants ; et reviendrais-tu encore à Moi ? dit le Seigneur » (Jérémie 3:1). En effet, la Torah déclare : « Son premier mari, qui l’a renvoyée, ne pourra pas la reprendre pour qu’elle soit sa femme après qu’elle a été rendue impure » (Deutéronome 24:4). La relation entre le peuple juif et le Saint, béni soit-Il, est comparée à celle entre un mari et sa femme. De même qu’il est interdit à une femme adultère de retourner vers son mari, il devrait être interdit au peuple juif de revenir à Dieu après ses fautes ; pourtant, le repentir l’emporte sur cet interdit.
אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה (שֶׁמְּקָרֶבֶת) אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל וּלְשָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״, מָה טַעַם ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל״ — מִשּׁוּם דְּ״שָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״.
Rabbi Yonatan a dit : Grande est la repentance, car elle hâte la rédemption, comme il est dit : « Et un rédempteur viendra à Sion, et à ceux qui se repentent de la transgression en Jacob » (Isaïe 59:20). Quelle est la raison pour laquelle un rédempteur viendra à Sion ? C’est parce qu’il y a ceux qui se repentent de la transgression en Jacob.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּשְׁגָגוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּבָה יִשְׂרָאֵל עַד ה׳ אֱלֹהֶיךָ כִּי כָשַׁלְתָּ בַּעֲוֹנֶךָ״, הָא ״עָוֹן״ — מֵזִיד הוּא, וְקָא קָרֵי לֵיהּ מִכְשׁוֹל. אִינִי?! וְהָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּזְכִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ וְעָשָׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה עֲלֵיהֶם (חָיֹה) יִחְיֶה״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן מֵאַהֲבָה, כָּאן מִיִּרְאָה.
Reish Lakish a dit : Grande est la repentance, car les péchés intentionnels du pénitent lui sont comptés comme des transgressions involontaires, comme il est dit : « Reviens, Israël, vers le Seigneur ton Dieu, car tu as trébuché dans ton iniquité » (Osée 14:2). La Guemara analyse cela : « Iniquité » ne signifie-t-il pas un péché intentionnel ? Pourtant, le prophète l’appelle trébuchement, ce qui implique que celui qui se repent est considéré comme s’il n’avait fait que trébucher accidentellement dans sa transgression. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Reish Lakish n’a-t-il pas lui-même dit : Grande est la repentance, car les péchés intentionnels d’une personne lui sont comptés comme des mérites, comme il est dit : « Et lorsque le méchant se détourne de sa méchanceté et fait ce qui est légal et droit, il vivra par cela » (Ézéchiel 33:19), et tous ses actes, même ses transgressions, deviendront dignes de louange ? La Guemara concilie : Ce n’est pas difficile : Ici, lorsque l’on se repent par amour, ses péchés deviennent comme des mérites ; là-bas, lorsque l’on se repent par crainte, ses péchés sont comptés comme des transgressions involontaires.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁמַּאֲרֶכֶת שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ (חָיוֹ) יִחְיֶה״.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : Grande est la repentance, qui prolonge les années de la vie d’une personne, comme il est dit : « Lorsque le méchant se détourne de sa méchanceté qu’il a commise, et fait ce qui est légal et juste, il préservera sa vie » (Ézéchiel 18:27).
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבָּה בַּר מָרִי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם: מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, מַקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ בִּדְבָרִים — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ. וְאִם תֹּאמַר מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים,
§ Rabbi Yitzḥak a dit : On dit en Occident, en Eretz Yisrael, au nom de Rabba bar Mari : Viens et vois que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. Chez les êtres de chair et de sang, si quelqu’un insulte son prochain par des paroles, il n’est pas certain que la victime se laissera apaiser par lui ou ne se laissera pas apaiser par lui. Et si tu dis qu’elle se laissera apaiser, il reste incertain qu’elle se laisse apaiser par des paroles seules ou ne se laisse pas apaiser par des paroles seules, et il faut essayer de l’apaiser par d’autres moyens.
אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה בַּסֵּתֶר — מִתְפַּיֵּיס מִמֶּנּוּ בִּדְבָרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים וְשׁוּבוּ אֶל ה׳״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁמַּחְזִיק לוֹ טוֹבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקַח טוֹב״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הִקְרִיב פָּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּנְשַׁלְּמָה פָּרִים שְׂפָתֵינוּ״. שֶׁמָּא תֹּאמַר פָּרֵי חוֹבָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה״.
Mais, en ce qui concerne le Saint, béni soit-Il, si une personne commet une transgression en privé, Dieu s’apaise par des paroles, comme il est dit : « Prenez avec vous des paroles et retournez à Dieu » (Osée 14:3). Et non seulement cela, mais Dieu considère cela comme s’il avait fait une faveur à Dieu en se repentant, comme il est dit : « Accepte ce qui est bon » (Osée 14:3). Et non seulement cela, mais le verset lui attribue du mérite comme s’il avait sacrifié des taureaux, comme il est dit : « Ainsi nous rendrons pour des taureaux l’offrande de nos lèvres » (Osée 14:3). De peur que tu ne dises qu’il n’est considéré que comme quelqu’un qui offre des taureaux obligatoires, c’est pourquoi le verset déclare : « Je guérirai leur infidélité, je les aimerai librement » (Osée 14:5). Le repentir est considéré comme s’il était le sacrifice d’une offrande volontaire.
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה, שֶׁבִּשְׁבִיל יָחִיד שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה — מוֹחֲלִין לְכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה כִּי שָׁב אַפִּי מִמֶּנּוּ״. ״מֵהֶם״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״מִמֶּנּוּ״.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Meir avait l’habitude de dire : Grande est la repentance, car le monde entier est pardonné à cause d’un individu qui se repent, comme il est dit : « Je guérirai leur infidélité, Je les aimerai généreusement ; car Ma colère s’est détournée de lui » (Osée 14:5). Il ne dit pas : D’eux, c’est-à-dire des pécheurs, mais « de lui », c’est-à-dire de cet individu. Parce qu’il s’est repenti, tous seront guéris.
הֵיכִי דָּמֵי בַּעַל תְּשׁוּבָה? אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּגוֹן שֶׁבָּאת לְיָדוֹ דְּבַר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וְנִיצַּל הֵימֶנָּה. מַחְוֵי רַב יְהוּדָה: בְּאוֹתָהּ אִשָּׁה, בְּאוֹתוֹ פֶּרֶק, בְּאוֹתוֹ מָקוֹם.
§ En ce qui concerne le repentir, la Guemara demande : Quelles sont les circonstances qui démontrent qu’une personne s’est repentie complètement ? Rav Yehouda a dit : Par exemple, la chose interdite s’est présentée à lui une première et une deuxième fois, et il en a été préservé, prouvant ainsi qu’il s’est complètement repenti. Rav Yehouda a illustré ce qu’il voulait dire : Si quelqu’un a l’occasion de fauter avec la même femme avec qui il a fauté auparavant, au même moment et au même endroit, et que tout est réuni comme lors de cette première fois où il a fauté, mais que cette fois il surmonte son inclination, cela prouve que son repentir est complet, et il est pardonné.
אָמַר רַב יְהוּדָה, רַב רָמֵי — כְּתִיב: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״, וּכְתִיב: ״מְכַסֶּה פְשָׁעָיו לֹא יַצְלִיחַ״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּחֵטְא מְפוּרְסָם, הָא בְּחֵטְא שֶׁאֵינוֹ מְפוּרְסָם. רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב נַחְמָן: כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ, כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם.
Rav Yehuda a dit que Rav a soulevé une contradiction : Il est écrit : « Heureux celui dont la transgression est pardonnée, dont le péché est couvert » (Psaumes 32:1), ce qui implique qu’il n’est pas approprié pour une personne de révéler ses péchés, et il est écrit : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera pas » (Proverbes 28:13). Il a résolu la contradiction comme suit : Cela n’est pas difficile. Ici, il s’agit d’un péché rendu public ; puisque son péché est de notoriété publique, il convient qu’il rende également publique sa repentance. Là, il s’agit d’un péché qui n’a pas été rendu public, auquel cas il n’est pas approprié de rendre publique la repentance d’une personne. Rav Zutra bar Toviya a dit que Rav Naḥman a dit : Ici, il s’agit de péchés qu’une personne commet contre une autre ; il doit rendre publique sa repentance afin que ceux qui l’entendent puissent persuader l’autre de lui pardonner. Là, il s’agit de péchés qu’une personne commet contre Dieu, auquel cas il n’a pas besoin de se repentir publiquement.
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁנִיָּה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁלִישִׁית — מוֹחֲלִין לוֹ, רְבִיעִית — אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״, (וְנֶאֱמַר:) ״הֵן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״.
§ Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yosei bar Yehuda dit : Lorsqu’une personne commet une transgression pour la première fois, elle est pardonnée ; une deuxième fois, elle est pardonnée ; une troisième fois, elle est pardonnée ; mais la quatrième fois, elle n’est pas pardonnée, comme il est dit : « Ainsi a dit le Seigneur : Pour trois transgressions d’Israël, mais pour quatre je ne le révoquerai pas » (Amos 2:6). Et il est dit : « Toutes ces choses, Dieu les fait deux ou trois fois avec l’homme » (Job 33:29).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּצִיבּוּר, אֲבָל בְּיָחִיד — לָא, תָּא שְׁמַע: ״הֶן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״. (מִכָּאן וְאֵילָךְ אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״.)
La Guemara demande : Que signifie : Et il dit ? Pourquoi fallait-il apporter une preuve supplémentaire de la Torah alors que le premier verset semble suffire ? La Guemara explique : De peur que tu ne dises que cette affirmation, selon laquelle le Saint, béni soit-Il, pardonne facilement les trois premières fois, s’applique à une communauté mais non à un individu, viens et écoute une preuve tirée d’un autre verset qui déclare : « Toutes ces choses, Dieu les fait deux ou trois fois avec un homme, » ce qui implique qu’il en est ainsi même pour un individu. À partir de ce moment et au-delà, il n’est pas pardonné, comme il est dit : « Pour trois transgressions d’Israël, mais pour quatre Je ne le révoquerai pas. »
תָּנוּ רַבָּנַן: עֲבֵירוֹת שֶׁהִתְוַדָּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים זֶה, לֹא יִתְוַדֶּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם שָׁנָה בָּהֶן — צָרִיךְ לְהִתְוַדּוֹת יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם לֹא שָׁנָה בָּהֶן, וְחָזַר וְהִתְוַדָּה — עֲלֵיהֶן עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״כְּכֶלֶב שָׁב עַל קִיאוֹ כְּסִיל שׁוֹנֶה בְּאִוַּלְתּוֹ״.
§ Les Sages ont enseigné dans la Tosefta : En ce qui concerne les transgressions que l’on a confessées lors de ce Yom Kippour, on ne doit pas les confesser lors d’un autre Yom Kippour, puisqu’on a déjà été pardonné. Mais si l’on a répété ces mêmes transgressions au cours de l’année, on doit les confesser de nouveau lors d’un autre Yom Kippour. Et si l’on ne les a pas répétées mais qu’on les a de nouveau confessées, à son sujet le verset déclare : « Comme un chien qui retourne à ce qu’il a vomi, ainsi est l’insensé qui répète sa folie » (Proverbes 26:11), car il est inapproprié de revenir et de mentionner ses fautes antérieures.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁהוּא מְשׁוּבָּח, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי פְשָׁעַי אֲנִי אֵדָע וְחַטָּאתִי נֶגְדִּי תָמִיד״. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״כְּכֶלֶב שָׁב עַל קִיאוֹ וְגוֹ׳״ — כִּדְרַב הוּנָא. דְּאָמַר רַב הוּנָא, כֵּיוָן שֶׁעָבַר אָדָם עֲבֵירָה וְשָׁנָה בָּהּ — הוּתְּרָה לוֹ. הוּתְּרָה לוֹ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: נַעֲשֵׂית לוֹ כְּהֶיתֵּר.
Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Si quelqu’un se confesse dans les années suivantes, il est d’autant plus digne de louange, car il se souvient de ses fautes antérieures et s’en trouve ainsi humilié, comme il est dit : « Car je connais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi » (Psaumes 51:5). Mais comment établir le sens du verset : « Comme un chien qui retourne à son vomi » ? Cela peut être établi conformément à l’opinion de Rav Houna, car Rav Houna a dit : Lorsqu’une personne commet une transgression et la répète, elle lui devient permise. La Guemara s’en étonne : Peut-il te venir à l’esprit qu’elle lui soit permise parce qu’il a péché deux fois ? Il faut plutôt dire : cela devient pour lui comme si c’était permis.
וְצָרִיךְ לִפְרוֹט אֶת הַחֵטְא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָנָּא חָטָא הָעָם הַזֶּה חֲטָאָה גְדוֹלָה וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם אֱלֹהֵי זָהָב״, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״. אֶלָּא מַהוּ שֶׁאָמַר מֹשֶׁה: ״וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם אֱלֹהֵי זָהָב״? כִּדְרַבִּי יַנַּאי. דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: אָמַר מֹשֶׁה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! כֶּסֶף וְזָהָב שֶׁהִרְבֵּיתָ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל עַד שֶׁאָמְרוּ דַּי — גָּרַם לָהֶם שֶׁיַּעֲשׂוּ אֱלֹהֵי זָהָב.
De plus, pendant la confession, il faut détailler le péché que l’on a commis et ne pas se contenter d’un aveu général du péché, comme il est dit : « Et Moïse retourna vers le Seigneur et dit : De grâce, ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d’or » (Exode 32:31) ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda ben Bava. Rabbi Akiva dit que le verset déclare : « Heureux celui dont la transgression est pardonnée, dont le péché est couvert » (Psaumes 32:1), ce qui enseigne qu’il n’est pas nécessaire de détailler ses péchés. Mais quel est le sens de ce que Moïse a dit : « et ils se sont fait un dieu d’or » (Exode 32:31) ? Il faut le comprendre conformément à la déclaration de Rabbi Yannai, car Rabbi Yannai a dit : Moïse dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’univers, c’est l’argent et l’or que Tu as donnés au peuple juif en abondance, jusqu’à ce qu’ils disent : Assez, qui les a conduits à se faire un dieu d’or. Par conséquent, l’expression : « et ils se sont fait un dieu d’or » n’est pas une description du péché, mais une explication et une justification de celui-ci.
שְׁנֵי פַּרְנָסִים טוֹבִים עָמְדוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: מֹשֶׁה וְדָוִד. מֹשֶׁה אָמַר: יִכָּתֵב סוּרְחָנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי לְהַקְדִּישֵׁנִי״, דָּוִד אָמַר: אַל יִכָּתֵב סוּרְחָנִי. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״.
Il est dit que deux bons dirigeants se sont levés pour le peuple juif : Moïse et David. Moïse a dit : Que ma disgrâce soit écrite, c’est-à-dire que le péché que j’ai commis soit écrit explicitement, comme il est dit : « Parce que vous n’avez pas cru en Moi pour Me sanctifier » (Nombres 20:12). En revanche, David a dit : Que ma disgrâce ne soit pas écrite, comme il est dit : « Heureux celui dont la transgression est pardonnée, dont le péché est couvert » (Psaumes 32:1).
מָשָׁל דְּמֹשֶׁה וְדָוִד לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לִשְׁתֵּי נָשִׁים שֶׁלָּקוּ בְּבֵית דִּין, אַחַת קִלְקְלָה, וְאַחַת אָכְלָה פַּגֵּי שְׁבִיעִית. אָמְרָה לָהֶן אוֹתָהּ שֶׁאָכְלָה פַּגֵּי שְׁבִיעִית: בְּבַקָּשָׁה מִכֶּם, הוֹדִיעוּ עַל מָה הִיא לוֹקָה, שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: עַל מַה שֶּׁזּוֹ לוֹקָה — זוֹ לוֹקָה. הֵבִיאוּ פַּגֵּי שְׁבִיעִית וְתָלוּ בְּצַוָּארָהּ, וְהָיוּ מַכְרִיזִין לְפָנֶיהָ וְאוֹמְרִין: עַל עִסְקֵי שְׁבִיעִית הִיא לוֹקָה.
La Guemara explique : Une parabole au sujet de Moïse et David montre à quoi cela peut être comparé. Cela peut être comparé à deux femmes qui furent flagellées au tribunal pour leurs péchés. L’une d’elles a péché en ayant des relations interdites, et l’une a mangé des figues non mûres de l’Année sabbatique bien qu’elles soient interdites. La femme qui a mangé les figues non mûres de l’Année sabbatique dit au tribunal : S’il vous plaît, rendez public le péché pour lequel je suis flagellée, afin que les gens ne disent pas que ce pour quoi cette femme est flagellée est aussi ce pour quoi cette femme est flagellée. Ils apportèrent des figues non mûres de l’Année sabbatique, les suspendirent autour de son cou et proclamèrent devant elle, en disant : Elle reçoit des coups de fouet à cause de l’Année sabbatique. Moïse demanda que son péché soit rendu public afin que les gens ne pensent pas qu’il avait commis les mêmes péchés que les membres de sa génération, c’est-à-dire le Veau d’or et le rapport des espions.
מְפַרְסְמִין אֶת הַחֲנֵפִין מִפְּנֵי חִילּוּל הַשֵּׁם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב צַדִּיק מִצִּדְקוֹ וְעָשָׂה עָוֶל וְנָתַתִּי מִכְשׁוֹל לְפָנָיו״. תְּשׁוּבַת הַמּוּחְלָטִין מְעַכֶּבֶת הַפּוּרְעָנוּת, וְאַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְתַּם עָלָיו גְּזַר דִּין שֶׁל פּוּרְעָנוּת.
De plus, ils ont dit : On expose les hypocrites à cause de la profanation du nom de Dieu, afin que d’autres ne pensent pas qu’ils sont véritablement justes et que leurs actes méritent d’être imités, comme il est dit : « Lorsqu’un homme juste se détourne de sa justice et commet l’iniquité, je mettrai devant lui une pierre d’achoppement » (Ézéchiel 3:20). C’est-à-dire, lorsque les gens ne savent pas que quelqu’un est méchant jusqu’au fond de lui-même, il fait errer d’autres personnes, et cela profane le nom de Dieu lorsque cela est révélé. Le repentir de personnes totalement méchantes empêche la souffrance de venir sur elles. Et bien que la sentence du jugement ait déjà été scellée contre elles pour la souffrance, leur repentir les empêche d’être punies.
שַׁלְוַת רְשָׁעִים סוֹפָהּ תַּקָּלָה, וְהָרְשׁוּת מְקַבֶּרֶת אֶת בְּעָלֶיהָ, עָרוֹם נִכְנָס לָהּ וְעָרוֹם יֵצֵא מִמֶּנָּה, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא יְצִיאָה כְּבִיאָה. רַב כִּי הֲוָה נָפֵיק לְמֵידַן דִּינָא אָמַר הָכִי: בִּצְבוּ נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ אָזֵיל, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה.
La tranquillité des méchants est en fin de compte leur destruction, car dans leur contentement ils s’assoient et pensent à des choses interdites. Et l’autorité enterre celui qui la possède. Il était nu lorsqu’il est entré au pouvoir, et il sera nu lorsqu’il le quittera, et si seulement sa sortie pouvait être comme son entrée, sans péché ni iniquité ajoutée. La Guemara raconte : Lorsque Rav sortait de sa maison pour aller au tribunal afin de juger des affaires, il disait cela à son sujet : De son plein gré, il va mourir, car un juge qui juge mal une affaire est passible de mort de la main du Ciel ; et il n’accomplit pas la volonté de sa maisonnée et il rentre chez lui les mains vides, parce qu’un juge ne reçoit pas de salaire ; et si seulement son entrée pouvait être comme sa sortie, sans péché ni transgression.
רָבָא כִּי הֲוָה נָפֵיק לְדִינָא אָמַר הָכִי:
Lorsque Rava allait juger, il disait ceci à son sujet :

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