בִּצְבוּ נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ אָזֵיל, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה. וְכִי הָוֵי חָזֵי אַמְבּוּהָא אַבָּתְרֵיהּ, אָמַר: ״אִם יַעֲלֶה לַשָּׁמַיִם שִׂיאוֹ וְרֹאשׁוֹ לָעָב יַגִּיעַ. כְּגֶלֲלוֹ לָנֶצַח יֹאבֵד רוֹאָיו יֹאמְרוּ אַיּוֹ״. רַב זוּטְרָא, כִּי הֲווֹ מְכַתְּפִי לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא דְרִיגְלָא, הֲוָה אָמַר: ״כִּי לֹא לְעוֹלָם חֹסֶן וְאִם נֵזֶר לְדוֹר וָדוֹר״.
De son plein gré, il va mourir ; et il n’accomplit pas la volonté de sa maison, et il va vers sa maison les mains vides ; et si seulement son entrée pouvait être comme sa sortie. Et lorsqu’il vit une rangée de personnes [ambuha] le suivant derrière lui par respect pour lui, il dit : « Même si son excellence monte jusqu’aux cieux, et que sa tête atteigne les nuages, pourtant il périra à jamais comme sa propre fiente ; ceux qui l’ont vu diront : Où est-il ? » (Job 20:6–7). Cela enseigne que lorsqu’une personne accède au pouvoir, cela peut conduire à sa chute. Lorsqu’on portait Rav Zutra sur les épaules pendant le Shabbat de la fête lorsqu’il enseignait, il récitait ce qui suit afin d’éviter de devenir arrogant : « Car le pouvoir n’est pas éternel, et la couronne dure-t-elle pour toutes les générations ? » (Proverbes 27:24).
״שְׂאֵת פְּנֵי רָשָׁע לֹא טוֹב״ — לֹא טוֹב לָהֶם לָרְשָׁעִים שֶׁנּוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. לֹא טוֹב לוֹ לְאַחְאָב שֶׁנָּשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן כִּי נִכְנַע (אַחְאָב מִלְּפָנָי) לֹא אָבִיא הָרָעָה בְּיָמָיו״.
§ Il a en outre été enseigné : « Il n’est pas bon d’avoir égard à la personne du méchant » (Proverbes 18:5), c’est-à-dire que ce n’est pas bon pour les méchants lorsqu’ils sont respectés dans ce monde et ne sont pas punis pour leurs péchés. Par exemple, ce ne fut pas bon pour Achab d’être respecté dans ce monde, comme il est dit : « Parce qu’il s’est humilié devant Moi, Je ne ferai pas venir le malheur de son vivant » (I Rois 21:29), et Achab perdit ainsi sa part dans le Monde à venir.
״לְהַטּוֹת צַדִּיק בַּמִּשְׁפָּט״ — טוֹב לָהֶם לַצַּדִּיקִים שֶׁאֵין נוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. טוֹב לוֹ לְמֹשֶׁה שֶׁלֹּא נָשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי לְהַקְדִּישֵׁנִי״, הָא אִילּוּ הֶאֱמַנְתֶּם בִּי — עֲדַיִין לֹא הִגִּיעַ זְמַנָּם לִיפָּטֵר מִן הָעוֹלָם.
L’inverse est également vrai. Le verset complet déclare : « Il n’est pas bon de favoriser la personne du méchant, pour faire dévier le juste dans le jugement » (Proverbes 18:5), ce qui signifie : Il est bon pour les justes de ne pas être respectés dans ce monde et d’être punis dans ce monde pour leurs péchés. Par exemple, ce fut bon pour Moïse de ne pas être respecté dans ce monde, comme il est dit : « Parce que vous n’avez pas cru en Moi, pour Me sanctifier » (Nombres 20:12). La Guemara analyse cela : Si vous aviez cru en Moi, le moment de quitter le monde ne serait pas encore venu pour vous.
אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים, לֹא דַּיָּין שֶׁהֵן זוֹכִין, אֶלָּא שֶׁמְּזַכִּין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. שֶׁכַּמָּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לְאַהֲרֹן שֶׁרְאוּיִין לִישָּׂרֵף כְּנָדָב וַאֲבִיהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנּוֹתָרִים״, אֶלָּא שֶׁעָמַד לָהֶם זְכוּת אֲבִיהֶם.
Ils ont dit : Heureux sont les justes parce que non seulement ils accumulent du mérite pour eux-mêmes, mais ils accumulent aussi du mérite pour leurs enfants et les enfants de leurs enfants jusqu’à la fin de toutes les générations ; comme il y eut plusieurs fils d’Aaron qui méritaient essentiellement d’être brûlés comme Nadav et Avihu, comme il est dit : « Les fils d’Aaron qui restaient » (Lévitique 10:16), ce qui implique que d’autres aussi restaient bien qu’ils méritassent d’être brûlés avec leurs frères. Mais le mérite de leur père les protégea, et eux ainsi que leurs descendants furent prêtres pour toujours.
אוֹי לָהֶם לָרְשָׁעִים, לֹא דַּיָּין שֶׁמְּחַיְּיבִין עַצְמָן, אֶלָּא שֶׁמְּחַיְּיבִין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. הַרְבֵּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לִכְנַעַן שֶׁרְאוּיִין לִיסָּמֵךְ כְּטָבִי עַבְדּוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֶלָּא שֶׁחוֹבַת אֲבִיהֶם גָּרְמָה לָהֶן.
D’un autre côté : Malheur au méchant, car non seulement il se rend lui-même coupable, mais il rend aussi ses enfants et les enfants de ses enfants coupables jusqu’à la fin de toutes les générations. Par exemple, Canaan eut de nombreux enfants qui méritaient d’être ordonnés comme rabbins et instructeurs du public en raison de leur grande stature dans l’étude de la Torah, comme Tavi, le serviteur de Rabban Gamliel, qui était célèbre pour sa sagesse ; mais la culpabilité de leur père les a amenés à rester esclaves.
כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — כִּמְעַט אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה. כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, מַאי טַעְמָא? כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגֵיהִנָּם וְתַלְמִידָיו בְּגַן עֵדֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא תַעֲזוֹב נַפְשִׁי לִשְׁאוֹל לֹא תִתֵּן חֲסִידְךָ לִרְאוֹת שָׁחַת״. וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה, שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגַן עֵדֶן וְתַלְמִידָיו בְּגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָדָם עָשׁוּק בְּדַם נָפֶשׁ עַד בּוֹר יָנוּס אַל יִתְמְכוּ בוֹ״.
De plus : quiconque procure du mérite au public n’aura pas de péché venant par sa main, et Dieu le protège de faillir ; mais quiconque fait fauter le public n’a presque aucune possibilité de se repentir. La Guemara explique : quelle est la raison pour laquelle quiconque procure du mérite au public n’aura pas de péché venant par sa main ? C’est afin qu’il ne soit pas dans le Guehinom tandis que ses élèves sont dans le Jardin d’Éden, comme il est dit : “Car Tu n’abandonneras pas mon âme au monde souterrain ; et Tu ne permettras pas à Ton pieux de voir la fosse” (Psaumes 16:10). D’autre part, quiconque fait fauter le public n’a presque aucune possibilité de se repentir, afin qu’il ne soit pas dans le Jardin d’Éden tandis que ses élèves sont dans le Guehinom, comme il est dit : “L’homme chargé du sang de quelque personne que ce soit hâtera ses pas vers la fosse ; que nul ne le soutienne” (Proverbes 28:17). Puisqu’il a opprimé les autres et les a fait fauter, il n’aura aucune échappatoire.
הָאוֹמֵר אֶחֱטָא וְאָשׁוּב אֶחֱטָא וְאָשׁוּב. לְמָה לִי לְמֵימַר ״אֶחֱטָא וְאָשׁוּב, אֶחֱטָא וְאָשׁוּב״ תְּרֵי זִימְנֵי? כִּדְרַב הוּנָא אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁעָבַר אָדָם עֲבֵירָה וְשָׁנָה בָּהּ — הוּתְּרָה לוֹ. הוּתְּרָה לוֹ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא: נַעֲשֵׂית לוֹ כְּהֶיתֵּר.
§ La Guemara revient à l’interprétation de la michna. Il y est dit que celui qui dit : je pécherai et je me repentirai, je pécherai et je me repentirai, ne reçoit pas l’occasion de se repentir. La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que la michna dise deux fois : je pécherai et je me repentirai, je pécherai et je me repentirai ? La Guemara explique que cela est conforme à ce que Rav Houna a dit que Rav a dit, car Rav Houna a dit que Rav a dit : Une fois qu’une personne commet une transgression et la répète, elle lui devient permise. La Guemara s’en étonne : Peut-il te venir à l’esprit qu’elle lui devient permise ? Plutôt, dis qu’elle lui devient comme si elle était permise. Par conséquent, le pécheur qui répète son péché a du mal à abandonner son péché, et la répétition de son péché se reflète dans la répétition de l’expression.
אֶחֱטָא וְיוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר — אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עַל כׇּל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה, בֵּין עָשָׂה תְּשׁוּבָה בֵּין לֹא עָשָׂה תְּשׁוּבָה — יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר! אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, אַגַּב שָׁאנֵי.
Il est énoncé dans la michna que si quelqu’un dit : Je pécherai et Yom Kippour expi era mes fautes, Yom Kippour n’expie pas ses fautes. La Guemara commente : Disons que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, comme cela a été enseigné dans une baraita où Rabbi Yehouda HaNassi dit : Yom Kippour expie toutes les transgressions de la Torah, que l’on se soit repenti ou non. La Guemara répond : Même si vous dites que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, c’est différent lorsque c’est sur la base de la permission de pécher. Même Rabbi Yehouda HaNassi reconnaît que Yom Kippour n’expie pas les transgressions que l’on commet uniquement parce que l’on sait que Yom Kippour les expiera.
עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם וְכוּ׳. רָמֵי לֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר חָבוּ לְרַבִּי אֲבָהוּ: עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר? וְהָא כְּתִיב: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״! מַאן אֱלֹהִים — דַּיָּינָא.
§ Il a été enseigné dans la michna : Yom Kippour expie les péchés commis contre Dieu mais n’expie pas les péchés commis contre une autre personne. Rav Yosef bar Ḥavu souleva une contradiction devant Rabbi Abbahu : La michna déclare que Yom Kippour n’expie pas les péchés commis contre le prochain, mais n’est-il pas écrit : « Si un homme pèche contre un autre, Dieu [Elohim] le jugera [ufilelo] » (I Samuel 2:25). Le mot ufilelo, qui peut aussi renvoyer à la prière, implique que s’il prie, Dieu accordera au pécheur le pardon. Il lui répondit : Qui est Elohim mentionné dans le verset ? Il s’agit d’un juge [elohim] et non de Dieu, et le mot ufilelo dans le verset indique un jugement. L’expiation n’a lieu qu’après que justice a été rendue envers la partie lésée au moyen d’une décision du tribunal.
אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל לוֹ״! הָכִי קָאָמַר: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״ — יִמְחוֹל לוֹ. ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל בַּעֲדוֹ״ — תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים.
Rav Yosef bar Ḥavu lui dit : Si tel est le cas, dis ce qui suit au sujet de la dernière proposition du verset : « Mais si un homme pèche contre le Seigneur, qui intercédera [yitpallel] pour lui ? » (I Samuel 2:25). Cela est difficile, puisqu’il a été établi que la racine pll est interprétée dans ce verset comme indiquant le jugement, et donc la dernière proposition du verset implique que si quelqu’un pèche envers Dieu, il n’y a personne pour le juger. Rabbi Abbahu lui répondit : Voici ce que le verset dit : Si un homme pèche contre un autre, Dieu [Elohim] lui pardonnera [ufilelo] ; si le pécheur apaise la personne contre laquelle il a péché, il lui sera pardonné. Mais si un homme pèche contre le Seigneur, qui intercédera [yitpallel] pour lui ? Le repentir et les bonnes actions. La racine pll doit être interprétée comme indiquant le pardon plutôt que le jugement.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַמַּקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ בִּדְבָרִים — צָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּנִי אִם עָרַבְתָּ לְרֵעֶךָ תָּקַעְתָּ לַזָּר כַּפֶּיךָ נוֹקַשְׁתָּ בְאִמְרֵי פִיךָ עֲשֵׂה זֹאת אֵפוֹא בְּנִי וְהִנָּצֵל כִּי בָאתָ בְכַף רֵעֶךָ לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״. אִם מָמוֹן יֵשׁ בְּיָדְךָ — הַתֵּר לוֹ פִּסַּת יָד, וְאִם לָאו — הַרְבֵּה עָלָיו רֵיעִים.
§ Rabbi Yitzḥak a dit : Celui qui met son prochain en colère, ne serait-ce que verbalement, doit l’apaiser, comme il est dit : « Mon fils, si tu t’es porté garant pour ton prochain, si tu as serré la main à un étranger, tu es pris au piège par les paroles de ta bouche… Fais donc ceci maintenant, mon fils, et délivre-toi, puisque tu es tombé au pouvoir de ton prochain. Va, humilie-toi [hitrapes] et presse [rehav] ton prochain » (Proverbes 6:1–3). Il faut comprendre cela ainsi : Si tu as de l’argent que tu lui dois, ouvre la paume de [hater pisat] ta main à ton prochain et paie l’argent que tu dois ; et sinon, si tu as péché contre lui verbalement, multiplie [harbe] pour lui des amis, c’est-à-dire envoie beaucoup de personnes comme tes messagers pour lui demander pardon.
(וְאָמַר) רַב חִסְדָּא: וְצָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ בְּשָׁלֹשׁ שׁוּרוֹת שֶׁל שְׁלֹשָׁה בְּנֵי אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָשׁוֹר עַל אֲנָשִׁים וַיֹּאמֶר חָטָאתִי וְיָשָׁר הֶעֱוֵיתִי וְלֹא שָׁוָה לִי״.
Rav Ḥisda a dit : Et il faut apaiser la personne qu’il a insultée avec trois rangées de trois personnes, comme il est dit : « Il vient [yashor] devant les hommes, et dit : J’ai péché, et j’ai perverti ce qui était droit, et cela ne m’a servi à rien » (Job 33:27). Rav Ḥisda interprète le mot yashor comme lié au mot shura, rangée. Le verset mentionne le péché trois fois : j’ai péché, j’ai perverti, et cela ne m’a servi à rien. Cela implique qu’il faut faire trois rangées devant la personne à qui l’on demande pardon.
(וְאָמַר) רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: כׇּל הַמְבַקֵּשׁ מָטוּ מֵחֲבֵירוֹ, אַל יְבַקֵּשׁ מִמֶּנּוּ יוֹתֵר מִשָּׁלֹשׁ פְּעָמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָנָּא שָׂא נָא וְעַתָּה שָׂא נָא״. וְאִם מֵת — מֵבִיא עֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם וּמַעֲמִידָן עַל קִבְרוֹ, וְאוֹמֵר: חָטָאתִי לַה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל וְלִפְלוֹנִי שֶׁחָבַלְתִּי בּוֹ.
Rabbi Yosei bar Ḥanina a dit : Quiconque demande pardon à son ami ne doit pas le demander plus de trois fois, comme il est dit : « S’il te plaît, s’il te plaît, pardonne la transgression de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal. Et maintenant, s’il te plaît, pardonne » (Genèse 50:17). Le verset emploie l’expression s’il te plaît trois fois, ce qui montre qu’il n’est pas nécessaire de demander plus de trois fois, après quoi l’ami offensé doit être apaisé et pardonner. Et si l’ami offensé meurt avant d’avoir pu être apaisé, on amène dix personnes, et on les fait se tenir près de la tombe de l’ami offensé, et on dit devant elles : J’ai péché contre le Seigneur, le Dieu d’Israël, et contre untel que j’ai blessé.
רַבִּי יִרְמְיָה הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא לְרַבִּי אַבָּא בַּהֲדֵיהּ, אֲזַל אִיתִּיב אַדַּשָּׁא דְּרַבִּי אַבָּא בַּהֲדֵי דְּשָׁדְיָא אַמְּתֵיהּ מַיָּא, מְטָא זַרְזִיפֵי דְמַיָּא אַרֵישָׁא. אָמַר: עֲשָׂאוּנִי כְּאַשְׁפָּה. קְרָא אַנַּפְשֵׁיהּ: ״מֵאַשְׁפּוֹת יָרִים אֶבְיוֹן״. שְׁמַע רַבִּי אַבָּא וּנְפֵיק לְאַפֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא צְרִיכְנָא לְמִיפַּק אַדַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״.
La Guemara raconte que Rabbi Yirmeya a insulté Rabbi Abba, ce qui a amené ce dernier à avoir un grief contre lui. Rabbi Yirmeya alla s’asseoir sur le seuil de la maison de Rabbi Abba pour lui demander pardon. Lorsque la servante de Rabbi Abba versa l’eau sale de la maison, le flot d’eau tomba sur la tête de Rabbi Yirmeya. Il dit à son propre sujet : Ils ont fait de moi un tas d’ordures, puisqu’ils versent sur moi de l’eau sale. Il récita ce verset à son propre sujet : « Qui relève le pauvre du tas d’ordures » (Psaumes 113:7). Rabbi Abba entendit ce qui s’était passé et sortit à sa rencontre. Rabbi Abba lui dit : Maintenant, je dois sortir pour t’apaiser pour cette insulte, comme il est écrit : « Va, humilie-toi [hitrapes] et presse ton prochain » (Proverbes 6:3).
רַבִּי זֵירָא כִּי הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא בַּהֲדֵי אִינִישׁ, הֲוָה חָלֵיף וְתָנֵי לְקַמֵּיהּ וּמַמְצֵי לֵיהּ, כִּי הֵיכִי דְּנֵיתֵי וְנִיפּוֹק לֵיהּ מִדַּעְתֵּיהּ.
Il est rapporté que lorsque Rabbi Zeira avait un grief contre une personne qui l’avait insulté, il faisait les cent pas devant elle et se montrait, afin que la personne puisse venir l’apaiser. Rabbi Zeira se rendait disponible afin qu’il soit facile pour l’autre personne de lui présenter ses excuses.
רַב הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא בַּהֲדֵי הָהוּא טַבָּחָא, לָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ. בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְכִפּוּרֵי אֲמַר אִיהוּ: אֵיזִיל אֲנָא לְפַיּוֹסֵי לֵיהּ. פְּגַע בֵּיהּ רַב הוּנָא, אֲמַר לֵיהּ: לְהֵיכָא קָא אָזֵיל מָר, אֲמַר לֵיהּ: לְפַיּוֹסֵי לִפְלָנְיָא. אָמַר: אָזֵיל אַבָּא לְמִיקְטַל נַפְשָׁא. אֲזַל וְקָם עִילָּוֵיהּ. הֲוָה יָתֵיב וְקָא פָלֵי רֵישָׁא, דַּלִּי עֵינֵיהּ וְחַזְיֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא אַתְּ? זִיל, לֵית לִי מִילְּתָא בַּהֲדָךְ. בַּהֲדֵי דְּקָא פָלֵי רֵישָׁא, אִישְׁתְּמִיט גַּרְמָא וּמַחְיֵיהּ בְּקוֹעֵיהּ וְקַטְלֵיהּ.
Il est en outre rapporté que Rav avait un grief contre un certain boucher qui l’avait insulté. Le boucher ne vint pas devant lui pour s’excuser. La veille de Yom Kippour, Rav dit : J’irai et l’apaiserai. Il rencontra son élève Rav Houna, qui lui dit : Où mon Maître va-t-il ? Il lui dit : Je vais apaiser untel. Rav Houna appela Rav par son nom et dit : Abba va tuer un homme, car assurément la fin de cette personne ne sera pas bonne. Rav alla et se tint près de lui. Il trouva le boucher assis en train de fendre la tête d’un animal. Le boucher leva les yeux et le vit. Il lui dit : Es-tu Abba ? Va-t’en, je n’ai rien à te dire . Tandis qu’il fendait la tête, un des os de la tête jaillit, le frappa à la gorge et le tua, accomplissant ainsi la prédiction de Rav Houna.
רַב הֲוָה פָּסֵיק סִידְרָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי. עֲיַיל
La Guemara rapporte en outre : Rav récitait la portion de la Torah devant Rabbi Yehouda HaNassi.