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הוּא גּוּפֵיהּ שַׁבָּת אִיקְּרִי, דִּכְתִיב: ״תִּשְׁבְּתוּ שַׁבַּתְּכֶם״. בִּשְׁלָמָא רַב פָּפָּא לָא אָמַר כְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב — דִּקְרָא דִּכְתִיב בְּגוּפֵיהּ עֲדִיף. אֶלָּא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַב פָּפָּא?
Yom Kippour lui-même est appelé « Shabbat », comme il est écrit : « Du soir au soir, vous observerez votre Shabbat » (Lévitique 23:32). La Guemara compare les différents avis. Certes, Rav Pappa n’a pas dit comme Rav Aḥa bar Ya’akov parce qu’un verset écrit au sujet de la question elle-même est préférable à une analogie verbale. Mais quelle est la raison pour laquelle Rav Aḥa bar Ya’akov n’a pas énoncé son avis conformément à l’avis de Rav Pappa ?
מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״וְעִנִּיתֶם אֶת נַפְשׁוֹתֵיכֶם בְּתִשְׁעָה לַחוֹדֶשׁ״. יָכוֹל יַתְחִיל וְיִתְעַנֶּה בְּתִשְׁעָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בָּעֶרֶב״. אִי בָּעֶרֶב — יָכוֹל מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּתִשְׁעָה״. הָא כֵּיצַד? מַתְחִיל וּמִתְעַנֶּה מִבְּעוֹד יוֹם, מִכָּאן שֶׁמּוֹסִיפִין מֵחוֹל עַל הַקּוֹדֶשׁ.
La Guemara répond : Il a besoin de ce verset de « gardez votre Shabbat » pour ce qui a été enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et vous affligerez vos âmes le neuvième jour du mois au soir, d’un soir à l’autre, vous observerez votre Shabbat » (Lévitique 23:32). On pourrait penser qu’il faut commencer à s’affliger le neuvième de Tichri ; c’est pourquoi le verset déclare « au soir ». Si la Torah n’avait déclaré que « au soir », on pourrait penser que le jeûne ne commence que lorsque l’obscurité tombe ; c’est pourquoi le verset déclare « le neuvième », impliquant qu’on commence à jeûner le neuvième de Tichri. Comment ces versets peuvent-ils être conciliés ? On commence à jeûner alors qu’il fait encore jour ; de là on déduit que l’on sanctifie et prolonge du non-sacré jour ordinaire vers le sacré jour de Yom Kippour.
וְאֵין לִי אֶלָּא בִּכְנִיסָתוֹ, בִּיצִיאָתוֹ מִנַּיִן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵעֶרֶב עַד עֶרֶב״. וְאֵין לִי אֶלָּא יוֹם הַכִּפּוּרִים, (יָמִים טוֹבִים) מִנַּיִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּשְׁבְּתוּ״. אֵין לִי אֶלָּא (יָמִים טוֹבִים, שַׁבָּתוֹת) מִנַּיִן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שַׁבַּתְּכֶם״. הָא כֵּיצַד? כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר שְׁבוּת, (מִכָּאן שֶׁ)מוֹסִיפִין מֵחוֹל עַל הַקּוֹדֶשׁ.
J’ai déduit seulement qu’il faut ajouter du temps au début de Yom Kippour. D’où puis-je déduire qu’on ajoute aussi du temps à la conclusion de Yom Kippour ? Le verset déclare : « Du soir au soir » (Lévitique 23:32), impliquant qu’on ajoute aussi à la fin, tout comme on le fait au début. Et moi, je n’ai déduit que la mitsva d’ajouter à Yom Kippour ; d’où est-il déduit qu’il faut aussi sanctifier et ajouter du temps avant et après les Fêtes ? Le verset déclare : « Vous vous reposerez » (Lévitique 23:32), pour enseigner que cette règle s’applique même aux Fêtes, pour lesquelles il est ordonné de se reposer. J’ai déduit seulement qu’on ajoute une extension aux Fêtes ; d’où puis-je déduire qu’il faut aussi sanctifier et ajouter aux Shabbatot ? Le verset déclare : « Votre Shabbat » (Lévitique 23:32). Comment cela ? Partout où le terme : Repos [shevut] est énoncé, cela enseigne d’ici que l’on sanctifie et ajoute du profane du jour ordinaire au sacré.
וְתַנָּא דְּ״עֶצֶם״ ״עֶצֶם״, הַאי ״בְּתִשְׁעָה לַחוֹדֶשׁ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתָנֵי חִיָּיא בַּר רַב מִדִּיפְתִּי. דְּתָנֵי חִיָּיא בַּר רַב מִדִּיפְתִּי: ״וְעִנִּיתֶם אֶת נַפְשׁוֹתֵיכֶם בְּתִשְׁעָה״, וְכִי בְּתִשְׁעָה מִתְעַנִּין? וַהֲלֹא בֶּעָשׂוֹר מִתְעַנִּין! אֶלָּא לוֹמַר לְךָ: כָּל הָאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה בִּתְשִׁיעִי, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הִתְעַנָּה תְּשִׁיעִי וַעֲשִׂירִי.
La Guemara demande : Et le tanna qui apprend une analogie verbale à partir des mots « ce même jour », « ce même jour », que fait-il de l’expression : « Le neuvième jour du mois » ? La Guemara répond : Il en a besoin, conformément à ce qu’a enseigné Ḥiyya bar Rav de Difti. Comme Ḥiyya bar Rav de Difti l’a enseigné : Il est dit : « Et vous affligerez vos âmes le neuvième jour du mois » (Lévitique 23:32). Mais s’afflige-t-on le neuvième de Tichri ? N’est-ce pas en réalité le dixième de Tichri que l’on s’afflige ? Au contraire, le verset vient te dire : quiconque mange et boit le neuvième de Tichri puis jeûne le dixième, le verset lui attribue du mérite comme s’il avait jeûné le neuvième et le dixième. Le verset y fait allusion lorsqu’il dit que le jeûne est le neuvième.
אָכַל אוֹכָלִין שֶׁאֵין רְאוּיִן לַאֲכִילָה. אָמַר רָבָא: כַּס פִּלְפְּלֵי בְּיוֹמָא דְכִפּוּרֵי — פָּטוּר. כַּס זַנְגְּבִילָא בְּיוֹמָא דְכִפּוּרֵי — פָּטוּר.
§ Il a été enseigné dans la michna : si quelqu’un a mangé un aliment qui n’est pas propre à la consommation, il est exempté. Rava a dit : si quelqu’un mâche du poivre cru à Yom Kippour, il est exempté, car cela n’est pas considéré comme le fait de manger. De même, si quelqu’un mâche du gingembre [zangvila] à Yom Kippour, il est exempté.
מֵיתִיבִי, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲרַלְתֶּם עׇרְלָתוֹ אֶת פִּרְיוֹ״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁעֵץ מַאֲכָל הוּא! אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״עֵץ מַאֲכָל״? עֵץ שֶׁטַּעַם עֵצוֹ וּפִרְיוֹ שָׁוֶה, הֱוֵי אוֹמֵר זֶה פִּלְפְּלִין, לְלַמֶּדְךָ שֶׁהַפִּלְפְּלִין חַיָּיבִין בְּעׇרְלָה. וְאֵין אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל חֲסֵרָה כְּלוּם, שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא תֶחְסַר כֹּל בָּהּ״!
La Guemara soulève une objection à cela. Rabbi Meir dirait au sujet du verset : « Lorsque vous entrerez dans le pays et que vous aurez planté toutes sortes d’arbres pour la nourriture, alors vous considérerez leur fruit comme interdit [orla] ; pendant trois ans, il vous sera interdit, il ne sera pas mangé » (Lévitique 19:23). De l’implication de ce qui est dit : « alors vous considérerez leur fruit comme interdit », ne sais-je pas que le verset parle d’« arbres pour la nourriture », puisqu’il emploie le mot « fruit » ? Plutôt, que signifie ce que le verset dit : « arbres pour la nourriture » ? Cela inclut un arbre dont le bois et le fruit ont le même goût, c’est-à-dire un arbre qui est lui-même mangé en plus de son fruit. Il faut dire que cela fait référence au poivre qui pousse sur un arbre, pour t’enseigner que même le poivre est soumis à la halakhade orla. Et cela enseigne aussi qu’Eretz Yisrael ne manque de rien, puisque même le poivre peut y pousser, comme il est dit parmi les louanges énumérées d’Eretz Yisrael : « Tu n’y manqueras de rien » (Deutéronome 8:9). En tout état de cause, il a été déduit que le poivre est appelé nourriture, ce qui contredit la déclaration de Rava.
לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּרַטִּיבְתָּא, וְהָא — בְּיַבִּישְׁתָּא.
La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette déclaration au sujet du poivre comestible fait référence au poivre frais, qui est humide ; tandis que cette halakha relative à Yom Kippour fait référence au poivre sec, qui n’est pas considéré comme de la nourriture.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְמָרִימָר: וְהָאָמַר רַב נַחְמָן, הַאי הִימְלְתָא דְּאָתֵי מִבֵּי הִנְדּוּאֵי — שַׁרְיָא, וּמְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַטִּיבְתָּא, וְהָא בְּיַבִּישְׁתָּא.
Ravina dit à Mareimar : Mais Rav Naḥman n’a-t-il pas dit qu’il est permis de manger ce gingembre cuit [himalta] qui vient d’Inde, et qu’il n’y a pas lieu de craindre que des non-Juifs l’aient cuit ? Et nous récitons sur lui la bénédiction : Qui crée le fruit de la terre. Apparemment, le gingembre est comestible. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile : Cela se rapporte au gingembre frais, qui est considéré comme un aliment ; et cela, l’affirmation antérieure concernant Yom Kippour, selon laquelle le gingembre n’est pas un aliment, se rapporte au gingembre sec.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָכַל עֲלֵי קָנִים — פָּטוּר. לוּלְבֵי גְפָנִים — חַיָּיב. אֵלּוּ הֵן לוּלְבֵי גְפָנִים? אָמַר רַבִּי יִצְחָק מִגְדְּלָאָה: כׇּל שֶׁלִּבְלְבוּ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים. וְרַב כָּהֲנָא אָמַר: כׇּל שְׁלֹשִׁים יוֹם. תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק מִגְדְּלָאָה: אָכַל עֲלֵי קָנִים — פָּטוּר, וְלוּלְבֵי גְפָנִים — חַיָּיב. אֵלּוּ הֵן לוּלְבֵי גְפָנִים — כׇּל שֶׁלִּבְלְבוּ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a mangé des feuilles de roseaux à Yom Kippour, il est exempté, mais si quelqu’un a mangé des pousses de vigne, il est passible. La Guemara précise : Que sont ces pousses de vigne ? Rabbi Yitzḥak de la ville de Migdal a dit : Toutes les pousses qui ont poussé entre Roch Hachana et Yom Kippour et qui sont encore très tendres sont considérées comme de la nourriture. Et Rav Kahana a dit : Toutes les pousses qui ont poussé jusqu’à trente jours avant Yom Kippour sont considérées comme de la nourriture. La Guemara commente : Il a été enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rabbi Yitzḥak de Migdal : Si quelqu’un a mangé des feuilles de roseaux, il est exempté, mais si quelqu’un a mangé des pousses de vigne, il est passible. Que sont ces pousses de vigne ? Ce sont toutes celles qui ont poussé entre Roch Hachana et Yom Kippour.
שָׁתָה צִיר אוֹ מוּרְיָיס — פָּטוּר. הָא חוֹמֶץ — חַיָּיב. מַתְנִיתִין מַנִּי? רַבִּי הִיא. דְּתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: חוֹמֶץ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ.
Il a été enseigné dans la michna que si, à Yom Kippour, quelqu’un a bu de la saumure de poisson ou le liquide salé dans lequel les poissons sont marinés, il est exempté. La Guemara commente : Du langage de la michna, on peut déduire que si quelqu’un a bu du vinaigre, il est coupable. Qui est le tanna de la michna ? C’est Rabbi Yehouda HaNassi, comme cela a été enseigné dans une baraita selon laquelle Rabbi Yehouda HaNassi dit : Le vinaigre ranime l’esprit et est donc considéré comme une boisson.
דָּרֵשׁ רַב גִּידֵּל בַּר מְנַשֶּׁה מִבֵּירֵי דְנַרֶשׁ: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי. לְשָׁנָה נָפְקִי כּוּלֵּי עָלְמָא מָזְגוּ וְשָׁתוּ חַלָּא. שְׁמַע רַב גִּידֵּל וְאִיקְּפַד. אֲמַר: אֵימַר דַּאֲמַרִי אֲנָא — דִּיעֲבַד, לְכַתְּחִלָּה מִי אֲמַרִי? אֵימַר דַּאֲמַרִי אֲנָא — פּוּרְתָּא, טוּבָא מִי אֲמַרִי? אֵימַר דַּאֲמַרִי אֲנָא — חַי, מָזוּג מִי אֲמַרִי?
La Guemara rapporte : Rav Giddel bar Menashe de la ville de Birei DeNeresh enseigna dans un cours public que la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, et le vinaigre n’est pas considéré comme une boisson. L’année suivante, tout le monde sortit et mélangea du vinaigre avec de l’eau et but du vinaigre à Yom Kippour. Rav Giddel entendit cela et se mit en colère contre eux pour leurs actes. Il dit : Dites que j’ai dit qu’on n’est pas passible pour avoir bu du vinaigre seulement après coup ; cependant, ai-je dit qu’il est permis d’en boire a priori ? En outre : Dites que j’ai dit ma déclaration au sujet de celui qui boit un peu, mais ai-je dit qu’il est permis d’en boire beaucoup ? En outre : Dites que j’ai dit ma déclaration à propos de vinaigre pur, qui est très fort, mais ai-je dit quoi que ce soit au sujet de vinaigre dilué ? Cela est certainement interdit.

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