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כׇּל הַשִּׁיעוּרִין כּוּלָּן בִּכְזַיִת, חוּץ מִטּוּמְאַת אוֹכָלִין, שֶׁשִּׁינָּה הַכָּתוּב בְּמַשְׁמָעָן, וְשִׁינּוּ חֲכָמִים בְּשִׁיעוּרָן. וּרְאָיָה לַדָּבָר — יוֹם הַכִּפּוּרִים. מַאי שִׁינָּה הַכָּתוּב בְּמַשְׁמָעוֹ — מִ״לֹּא תְעוּנֶּה״, וּמַאי שִׁינּוּ חֲכָמִים בְּשִׁיעוּרֵיהּ — כְּכוֹתֶבֶת.
Toutes les mesures dans la Torah liées au fait de manger sont le volume d'une olive, sauf la quantité de nourriture qui rend des objets impurs, parce que le verset a changé son expression dans ce cas, et les Sages ont modifié la mesure en conséquence. La preuve de cela, à savoir que les Sages lui ont donné une mesure différente parce que le verset a employé un langage différent à ce sujet, vient de Yom Kippour. Dans le cas de Yom Kippour également, les Sages ont attribué une mesure différente parce que le verset a employé une expression différente. La Guemara demande : Comment les Sages ont-ils appris que le verset a changé son expression ? Ils l'ont appris de : « Toute âme qui ne s'affligera pas » (Lévitique 23:29). Le verset ne dit pas : Toute âme qui mangera, mais plutôt : « Toute âme qui ne s'affligera pas. » Comment les Sages ont-ils modifié sa mesure ? On ne transgresse l'interdit que s'il a mangé le volume d'une grosse datte, par opposition au volume habituel d'une olive.
וּמַאי רְאָיָה לַדָּבָר יוֹם הַכִּפּוּרִים? דְּאִי מֵהָתָם, הֲוָה אָמֵינָא: אוֹרְחָא דִקְרָא הוּא.
La Guemara demande : Et que signifie ce que dit la baraita lorsqu’elle affirme : Une preuve de cela vient de Yom Kippour ? Pourquoi le verset relatif à l’impureté rituelle ne suffit-il pas à montrer que les Sages ont modifié la mesure en se fondant sur les différents mots du verset ? La Guemara répond : Si nous n’avions appris cela que de là-bas, du cas de l’impureté, j’aurais dit que c’est le style du verset, et qu’aucune halakha ne peut en être déduite. Par conséquent, le verset relatif à Yom Kippour enseigne que, chaque fois qu’un verset s’écarte du langage habituel, cela implique également un changement dans la halakha.
טוּמְאַת אוֹכָלִין כְּבֵיצָה מְנָלַן? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: דְּאָמַר קְרָא: ״מִכׇּל הָאוֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל״, אוֹכֶל הַבָּא מֵחֲמַת אוֹכֶל, וְאֵיזֶה — זֶה בֵּיצַת תַּרְנְגוֹלֶת. וְאֵימָא גְּדִי! מְחוּסָּר שְׁחִיטָה. וְאֵימָא בֶּן פְּקוּעָה! טָעוּן קְרִיעָה.
§ La Guemara demande : D’où dérivons-nous que la mesure pour les aliments impurs est le volume d’un œuf ? Rabbi Abbahou a dit que Rabbi Elazar a dit que le verset déclare : “De toute nourriture [okhel] qui peut être mangée [ye’akhel], sur laquelle de l’eau vient, elle deviendra rituellement impure” (Lévitique 11:34). Le double emploi de la racine akhal enseigne que l’impureté rituelle des aliments s’applique même à la quantité qui peut être décrite comme une nourriture qui vient du fait d’une nourriture, c’est-à-dire une nourriture qui provient d’une autre nourriture. Et quelle nourriture est-ce ? Un œuf de poule. La Guemara demande : Et dis qu’il s’agit d’un chevreau, qui provient d’une chèvre mère et qui est donc lui aussi une nourriture provenant d’une autre nourriture. La Guemara répond : Il lui manque l’abattage rituel. Le chevreau n’est pas encore une nourriture, puisqu’il n’est pas comestible tant qu’il n’a pas été abattu. La Guemara demande encore : Et dis qu’il s’agit d’un ben pekua. Puisque l’abattage de sa mère l’a rendu propre à la consommation, le fœtus lui-même n’a pas besoin d’être abattu, même s’il survit et continue à vivre indépendamment de sa mère. La Guemara répond : le veau nécessite encore une découpe, puisqu’il ne peut pas être mangé vivant, mais il ne nécessite pas d’abattage rituel.
וְאֵימָא בֵּיצַת בַּר יוֹכָנִי! תָּפַסְתָּ מְרוּבֶּה לֹא תָּפַסְתָּ, תָּפַסְתָּ מוּעָט תָּפַסְתָּ. וְאֵימָא בֵּיעֲתָא דְּצִיפַּורְתָּא דְּזוּטַר טוּבָא!
La Guemara demande : Même si nous affirmons que la mesure pour les aliments impurs est le volume d’un œuf, on pourrait dire qu’il s’agit du gigantesque volume d’œuf de l’oiseau appelé bar yokhani. La Guemara répond : Si tu as saisi beaucoup, tu n’as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi quelque chose. Cela signifie qu’en cas de doute, il faut retenir le plus petit nombre, puisqu’il est inclus dans le plus grand. Par conséquent, la mesure correcte est le volume d’un œuf de poule. La Guemara objecte : Si c’est le cas, dis qu’il s’agit d’un œuf d’un très petit oiseau. Par conséquent, aucune preuve ne peut être apportée à partir du verset que le volume d’un œuf de poule est la mesure de l’impureté rituelle.
רַבִּי אֲבָהוּ דִּידֵיהּ, אָמַר: ״מִכׇּל הָאוֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל״, אוֹכֶל שֶׁאַתָּה אוֹכְלוֹ בְּבַת אַחַת. וְשִׁיעֲרוּ חֲכָמִים: אֵין בֵּית הַבְּלִיעָה מַחֲזִיק יוֹתֵר מִבֵּיצַת תַּרְנְגוֹלֶת.
Rabbi Abbahu lui-même a dit : Le verset déclare : « De toute nourriture qui peut être mangée. » Cela fait référence à une nourriture que tu peux manger en une seule fois. Les Sages ont estimé : l’œsophage ne peut contenir plus que le volume d’un œuf de poule, et c’est donc la mesure utilisée pour l’impureté rituelle des aliments.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הָאוֹכֵל חֵלֶב בִּזְמַן הַזֶּה צָרִיךְ שֶׁיִּכְתּוֹב לוֹ שִׁיעוּר, שֶׁמָּא יָבֹא בֵּית דִּין אַחֵר וְיַרְבֶּה בְּשִׁיעוּרִין.
Incidemment à la discussion sur les mesures de la Torah, Rabbi Elazar a dit : Celui qui mange involontairement de la graisse interdite, même aujourd’hui, doit noter la mesure exacte qu’il a mangée, de peur qu’un autre tribunal ne vienne à l’avenir et n’augmente la mesure.
מַאי יַרְבֶּה בְּשִׁיעוּרִין? אִי נֵימָא דִּמְחַיְּיבִי קׇרְבָּן אַכַּזַּיִת קָטָן, וְהָתַנְיָא: ״אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה בִּשְׁגָגָה וְאָשֵׁם״, הַשָּׁב מִידִיעָתוֹ — מֵבִיא קׇרְבָּן עַל שִׁגְגָתוֹ.
La Guemara demande : Que signifie augmenter la mesure ? Si nous disons qu’un futur tribunal l’obligera à apporter une offrande même pour le volume d’une petite olive, qui est inférieur à ce qui est aujourd’hui considéré comme le volume d’une olive, il ne serait pas tenu d’apporter une offrande de culpabilité-en suspens. N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Il a été dit au sujet des offrandes de culpabilité : « Si quelqu’un du peuple ordinaire pèche par erreur, en faisant l’une des choses que le Seigneur a commandé de ne pas faire, et devient coupable » (Lévitique 4:27) ? Cela enseigne que celui qui se repent en raison de sa prise de conscience, c’est-à-dire celui qui se repent après avoir appris qu’il a commis une transgression, apporte une offrande pour sa transgression involontaire.
לֹא שָׁב מִידִיעָתוֹ — אֵין מֵבִיא קׇרְבָּן עַל שִׁגְגָתוֹ.
Cependant, celui qui ne se repent pas en raison de sa conscience d’avoir péché n’apporte pas d’offrande pour son acte involontaire. De même, si quelqu’un mange moins que le volume d’une olive, selon les mesures actuelles, il ne sera pas tenu d’apporter une offrande de culpabilité à l’avenir si les mesures changent, même si la quantité qu’il a mangée est égale au volume d’une olive selon une mesure révisée. Cela s’explique par le fait que la personne n’apporterait pas son offrande parce qu’elle a pris conscience qu’elle avait péché, mais parce que les mesures de la Torah auraient été modifiées.
אֶלָּא: דְּלָא מְחַיְּיבִי קׇרְבָּן עַד דְּאִיכָּא כְּזַיִת גָּדוֹל.
Au contraire, il faut l’expliquer ainsi : Il est possible qu’à l’avenir un tribunal n’oblige pas quelqu’un à apporter une offrande avant qu’il n’ait mangé la majeure partie d’une grosse olive, ce qui est plus que la mesure d’aujourd’hui. Il faut noter combien il a mangé, car à l’avenir un tribunal pourrait statuer que la quantité qu’il a mangée est inférieure à la taille d’une olive, et par conséquent il ne sera pas obligé d’apporter une offrande.
וּלְמַאי דִּסְלֵיק אַדַּעְתִּין מֵעִיקָּרָא דִּמְחַיְּיבִי קׇרְבָּן אַכַּזַּיִת קָטָן, מַאי ״יַרְבֶּה בְּשִׁיעוּרִין״? שֶׁמָּא יַרְבֶּה בְּקׇרְבָּנוֹת מֵחֲמַת שִׁיעוּרִין.
La Guemara revient à sa première suggestion : Selon ce qui lui est venu à l’esprit au départ, qu’à l’avenir un tribunal pourrait l’obliger à apporter une offrande pour la majeure partie d’une petite olive, quel est le sens de augmenter la mesure ? Rabbi Elazar aurait dû dire diminuer la mesure. La Guemara répond : La déclaration voulait peut-être dire que peut-être y aura-t-il une augmentation des offrandes apportées en raison de la plus petite mesure de responsabilité.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שִׁיעוּרִין וָעוֹנָשִׁין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. עוֹנָשִׁין מִכְתָּב כְּתִיבִי! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: (אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן:) שִׁיעוּרִים שֶׁל עוֹנָשִׁין — הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
À ce sujet, Rabbi Yoḥanan a dit : Les mesures et les châtiments sont une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï. La Guemara exprime son étonnement à ce propos : Les châtiments pour toutes les transgressions sont écrits explicitement dans la Torah et, par conséquent, ne font pas partie d’une transmission orale de Moïse. Au contraire, voici ce qui a été dit : Rabbi Yoḥanan a dit : Les mesures qui déterminent la responsabilité des châtiments sont une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: שִׁיעוּרִין שֶׁל עוֹנָשִׁין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: בֵּית דִּינוֹ שֶׁל יַעְבֵּץ תִּיקְּנוּם. וְהָכְתִיב: ״אֵלֶּה הַמִּצְוֹת״, שֶׁאֵין נָבִיא רַשַּׁאי לְחַדֵּשׁ דָּבָר מֵעַתָּה! אֶלָּא, שְׁכָחוּם וְחָזְרוּ וְיִסְּדוּם.
La Guemara commente : Cela aussi a été enseigné dans une baraita : Les mesures des châtiments sont une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï. D’autres disent : Ces mesures ont été instituées par le tribunal de Yabets. La Guemara s’interroge à ce sujet : Comment cela est-il possible ? N’est-il pas écrit : « Voici les commandements que le Seigneur ordonna à Moïse pour les enfants d’Israël au mont Sinaï » (Lévitique 27:34). Le mot « voici » souligne qu’un prophète n’est pas autorisé à introduire un nouvel élément quelconque lié à la Torah et à ses mitsvot à partir de ce moment. Au contraire, avec le temps, le peuple oublia les mesures ; par la suite, les prophètes les rétablirent et les enseignèrent aux masses.
הַשּׁוֹתֶה מְלֹא לוּגְמָיו. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא מְלֹא לוּגְמָיו מַמָּשׁ, אֶלָּא כׇּל שֶׁאִילּוּ יְסַלְּקֶנּוּ לְצַד אֶחָד וְיֵרָאֶה כִּמְלֹא לוּגְמָיו. וְהָא אֲנַן תְּנַן ״מְלֹא לוּגְמָיו״! אֵימָא: ״כִּמְלֹא לוּגְמָיו״.
§ Nous avons appris dans la michna que celui qui boit une pleine joue à Yom Kippour est passible. Rabbi Yehouda a dit que Shmuel a dit : Cela ne signifie pas deux joues réellement pleines. Au contraire, la mesure qui détermine la responsabilité est le volume de liquide si l’on pousse la boisson d’un côté de sa bouche, et qu’il paraît alors que sa joue est pleine. La Guemara objecte : N’avons-nous pas appris dans la michna : une pleine joue, au pluriel, ce qui signifie deux joues pleines ? La Guemara répond : Dis : Comme deux joues pleines en apparence. Vu d’un seul côté, celui dont la joue est pleine paraît comme si toute sa bouche était pleine.
מֵיתִיבִי: כַּמָּה יִשְׁתֶּה וִיהֵא חַיָּיב? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: רְבִיעִית, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מְלֹא לוּגְמָיו. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כִּמְלֹא לוּגְמָיו. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: כְּדֵי גְמִיעָה.
La Guemara soulève une objection à cela à partir d’une baraita : Combien faut-il boire à Yom Kippour pour être passible de responsabilité ? Beit Shammaï disent : un quart de log, et Beit Hillel disent : deux joues pleines. Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : Comme deux joues pleines en apparence de côté, c’est-à-dire une seule joue pleine. Rabbi Yehouda ben Beteira dit : La quantité que l’on peut avaler en une seule gorgée. Dans cette baraita, l’opinion de Beit Hillel est que la mesure pour boire à Yom Kippour est une joue pleine. Cela implique qu’une joue pleine signifie une joue pleine au sens littéral.
מִי עֲדִיפָא מִמַּתְנִיתִין דְּאוֹקֵימְנָא כְּדֵי שֶׁיֵּרָאֶה, הָכִי נָמֵי כְּדֵי שֶׁיֵּרָאֶה! אִי הָכִי, הַיְינוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר! אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ מְלֹא לוּגְמָיו דָּחוּק.
La Guemara exprime son étonnement : La baraita est-elle préférable à la michna ? Puisqu’il a été établi que la mesure dans la michna est de sorte qu’elle paraisse comme une joue pleine, de même, la baraita peut être expliquée comme signifiant une quantité qui ressemble à deux joues pleines. La Guemara poursuit sa question : Si tel est le cas, Beit Hillel exige une quantité qui paraît comme deux joues pleines ; cela est identique à l’opinion de Rabbi Eliezer, qui dit : comme deux joues pleines. La Guemara répond : On pourrait dire que la différence pratique entre eux apparaît dans le cas de la pleine joue réduite, qui n’est pas une pleine bouchée complète mais légèrement moins. Selon Beit Hillel, on n’est pas passible à moins d’avoir bu une pleine joue complète ; mais selon Rabbi Eliezer, on est passible même pour une pleine bouchée réduite.
מַתְקֵיף לַהּ רַב הוֹשַׁעְיָא: אִם כֵּן, הָוֵה לֵיהּ מִקּוּלֵּי בֵּית שַׁמַּאי וּמֵחוּמְרֵי בֵּית הִלֵּל! אֲמַר לֵיהּ:
Rav Hoshaya s’oppose fermement à cette compréhension : Si tel est le cas, si la mesure de Beit Hillel est une pleine joue, alors c’est un cas des indulgences de Beit Shammai et des rigueurs de Beit Hillel, puisque la mesure d’un quart de log est plus grande qu’une pleine joue. Si tel est le cas, pourquoi ce débat n’est-il pas mentionné dans le traité Eduyyot, qui énumère tous les cas où Beit Shammai sont plus indulgents que Beit Hillel ? Il lui dit :

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