הָא אֵינוֹ נוֹשֵׂא אֶלָּא עֲוֹן טוּמְאָה שֶׁהוּתְּרָה מִכְּלָלָהּ בְּצִיבּוּר. וְקַשְׁיָא לְרַב שֵׁשֶׁת! תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: צִיץ, בֵּין שֶׁיֶּשְׁנוֹ עַל מִצְחוֹ בֵּין שֶׁאֵינוֹ עַל מִצְחוֹ — מְרַצֶּה, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן.
Apparemment, la plaque frontale n’obtient le pardon que pour le péché d’impureté, qui a été exempté de son interdiction générale dans les cas impliquant le public. Cela pose une difficulté pour l’opinion de Rav Sheshet, qui a dit que l’interdiction d’impureté est écartée dans les cas impliquant le public, puisque la baraita affirme clairement que l’impureté est permise. La Guemara répond : Selon Rav Sheshet, la question de savoir si l’interdiction d’impureté est permise ou écartée dans les cas impliquant le public est l’objet d’un différend entre les tanna’im, comme cela a été enseigné dans une baraita : La plaque frontale rend l’offrande agréée qu’elle soit sur le front du Grand Prêtre ou qu’elle ne soit pas sur le front du Grand Prêtre lorsque l’offrande devient impure. Telle est la déclaration de Rabbi Shimon.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עוֹדֵהוּ עַל מִצְחוֹ — מְרַצֶּה. אֵין עוֹדֵהוּ עַל מִצְחוֹ — אֵינוֹ מְרַצֶּה. אָמַר לוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן: כֹּהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים יוֹכִיחַ, שֶׁאֵין עוֹדֵהוּ עַל מִצְחוֹ, וּמְרַצֶּה!
Rabbi Yehouda dit : Tant que cela est sur son front, cela procure l’acceptation ; si ce n’est plus sur son front, cela ne procure pas l’acceptation. Rabbi Shimon dit à Rabbi Yehouda : Le cas du Grand Prêtre à Yom Kippour peut prouver que ton affirmation est incorrecte, car à Yom Kippour, lorsque le Grand Prêtre ne porte que quatre vêtements de lin, la plaque frontale n’est plus sur son front, et pourtant elle procure l’acceptation.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: הַנַּח לְכֹהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁטּוּמְאָה הוּתְּרָה לוֹ בְּצִיבּוּר. מִכְּלָל דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר טוּמְאָה דְּחוּיָה הִיא בְּצִיבּוּר.
Rabbi Yehuda lui dit : Laisse le cas du Grand Prêtre à Yom Kippour, car l’expiation du diadème frontal est inutile, puisque l’interdiction d’accomplir le service du Temple en état d’impureté est permise dans les cas concernant la collectivité. Apprends par déduction que Rabbi Shimon soutient que l’impureté est repoussée dans les cas concernant la collectivité, et c’est pourquoi l’expiation du diadème frontal est nécessaire. La divergence entre Rav Sheshet et Rav Naḥman repose sur une divergence tannaïtique, et la baraita citée ci-dessus est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda.
אָמַר אַבָּיֵי: בְּנִשְׁבַּר הַצִּיץ דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּלָא מְרַצֶּה. כִּי פְּלִיגִי דִּתְלֵי בְּסִיכְּתָא, רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: ״עַל מֵצַח ... וְנָשָׂא״,
La Guemara poursuit l’analyse du différend tannaitique entre Rabbi Shimon et Rabbi Yehuda. Abaye a dit : Dans un cas où le diadème frontal s’est brisé, tous, y compris Rabbi Shimon, s’accordent à dire que le diadème frontal n’opère plus l’acceptation. Leur désaccord porte sur un cas où le diadème frontal n’est pas sur son front mais est suspendu à une cheville. Rabbi Yehuda soutient que le verset : « Et il sera sur le front d’Aaron et Aaron obtiendra le pardon pour la faute commise dans les choses sacrées » (Exode 28:38) signifie que le diadème frontal expie la faute tant qu’il est sur son front.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר ״תָּמִיד לְרָצוֹן לִפְנֵי ה׳״. מַאי ״תָּמִיד״? אִילֵּימָא: תָּמִיד עַל מִצְחוֹ, מִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?! מִי לָא בָּעֵי מֵיעַל לְבֵית הַכִּסֵּא, וּמִי לָא בָּעֵי מֵינַם?! אֶלָּא: תָּמִיד מְרַצֶּה הוּא.
Et Rabbi Shimon soutient que l’accent doit être mis sur la fin de ce verset : « Elle sera toujours sur son front, afin qu’ils soient agréés devant le Seigneur. » De là, Rabbi Shimon a déduit que la plaque frontale opère toujours l’agrément, même lorsqu’elle n’est pas sur le front du Grand Prêtre, car quel est le sens du mot toujours dans le verset ? Si nous disons que cela signifie que la plaque frontale doit toujours être sur le front du Grand Prêtre, trouvez-vous une telle situation dans la réalité ? N’a-t-il pas besoin d’aller aux toilettes, lorsqu’il doit retirer la plaque frontale portant le nom de Dieu ? De même, n’a-t-il pas besoin de dormir, moment où il retire les vêtements sacerdotaux ? Au contraire, cela signifie que la plaque frontale opère toujours l’agrément, qu’elle soit ou non sur son front.
וּלְרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי, הָא כְּתִיב ״תָּמִיד״! הָהוּא תָּמִיד שֶׁלֹּא יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִמֶּנּוּ, כִּדְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא. דְּאָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: חַיָּיב אָדָם לְמַשְׁמֵשׁ בִּתְפִילָּיו בְּכׇל שָׁעָה וְשָׁעָה, קַל וָחוֹמֶר מִצִּיץ:
La Guemara demande : Et même selon Rabbi Yehouda, n’est-il pas écrit : « Toujours » ? Il est clair que cela ne signifie pas que le diadème frontal doit toujours être sur son front. La Guemara répond : Ce terme : « Toujours », enseigne que le Grand Prêtre doit toujours être conscient que le diadème frontal est sur sa tête, et qu’il ne doit pas s’en détourner par la pensée. Cela est conforme à la déclaration de Rabba bar Rav Houna, car Rabba bar Rav Houna a dit : Une personne doit toucher les phylactères sur sa tête et sur son bras à chaque heure, afin de rester consciente de leur présence. Cela est déduit au moyen d’un raisonnement a fortiori à partir du diadème frontal :