וְאִם הָיָה הַשֵּׁנִי מוּבְחָר מִמֶּנּוּ — יְבִיאֶנּוּ.
Et si le second lui était supérieur, il apporte celui-là. Cela démontre que, selon le rabbin Yossei, lorsque les deux animaux deviennent aptes au sacrifice en même temps, la préférence doit être donnée au premier, à moins que le second ne soit supérieur.
אָמַר רָבָא: דַּיְקָא מַתְנִיתִין כְּווֹתֵיהּ דְּרַב, וּבָרַיְיתָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן. מַתְנִיתִין כְּווֹתֵיהּ דְּרַב, דְּקָתָנֵי: אִם שֶׁל שֵׁם מֵת — זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַשֵּׁם יִתְקַיֵּים תַּחְתָּיו, וְאִידַּךְ כִּדְקָאֵי קָאֵי.
Rava a dit : Le langage de la michna est précis conformément à l’opinion de Rav, et le langage de la baraita est précis conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan. La Guemara explique : Le langage de la michna est précis conformément à l’opinion de Rav, car elle enseigne : Si celui qui doit être sacrifié à Dieu est mort, ce bouc sur lequel le sort pour Dieu est tombé se tiendra à sa place. Et l’autre bouc reste comme il était auparavant, c’est-à-dire que son statut ne change pas, conformément à l’opinion de Rav.
בָּרַיְיתָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, דְּקָתָנֵי: ״שֵׁנִי״, אֵינִי יוֹדֵעַ אִם שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג רִאשׁוֹן אִם שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג שֵׁנִי, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״יׇעֳמַד חַי״, וְלֹא שֶׁחֲבֵירוֹ מֵת. מַאי מַשְׁמַע? ״יׇעֳמַד חַי״, וְלֹא שֶׁכְּבָר עָמַד.
Le langage de la baraita est précis conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan, comme elle l’enseigne : Lorsque la michna dit que le bouc second est laissé paître, je ne sais pas si elle fait référence au second bouc du premier couple, ou au second bouc du second couple. Lorsque le verset déclare : « Il sera maintenu vivant devant le Seigneur, afin de faire expiation sur lui, pour l’envoyer à Azazel dans le désert » (Torah 16:10), il ne fait pas référence au bouc dont le pendant est mort. La Guemara demande : D’où peut-on déduire, c’est-à-dire comment le verset indique-t-il ce point ? La Guemara répond qu’il est dit : « Il sera maintenu vivant », au futur, ce qui indique qu’il ne s’agit pas de celui qui a déjà été maintenu avec son pendant qui est mort.
תְּנַן, וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: נִשְׁפַּךְ הַדָּם — יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, מֵת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ — יִשָּׁפֵךְ הַדָּם. בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר בַּעֲלֵי חַיִּים נִדְחִין — מִשּׁוּם הָכִי יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. אֶלָּא לְרַב, דְּאָמַר בַּעֲלֵי חַיִּים אֵינָן נִדְחִין — אַמַּאי יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ?
Nous avons appris dans la michna : Et de plus, Rabbi Yehouda a dit : Si le sang du bouc sacrifié à Dieu s’est répandu avant d’avoir été aspergé, le bouc émissaire est laissé mourir. De même, si le bouc émissaire meurt, le sang du bouc sacrifié à Dieu doit être répandu, et deux autres boucs sont amenés et l’on tire au sort. Soit, selon Rabbi Yoḥanan, qui a dit que les animaux devenus disqualifiés sont définitivement rejetés, même après que la source de leur disqualification initiale n’est plus présente, pour cette raison le bouc émissaire est laissé mourir. Cependant, selon Rav, qui a dit que les animaux ne sont pas définitivement rejetés, pourquoi le bouc émissaire est-il laissé mourir ?
אָמַר לְךָ רַב: אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קָא אָמֵינָא. כִּי אָמֵינָא, אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן.
Rav aurait pu te dire : Je n’ai pas énoncé mon opinion conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda. J’ai énoncé mon opinion conformément à l’opinion des Sages. Rabbi Yehouda soutient que les animaux disqualifiés sont rejetés de façon permanente et que les sacrifices expiatoires communautaires peuvent être laissés à mourir. Les Sages sont en désaccord sur ces deux points et soutiennent que les animaux disqualifiés ne sont pas disqualifiés de façon permanente, et que les sacrifices expiatoires communautaires disqualifiés ne sont pas laissés à mourir, mais paissent plutôt jusqu’à ce qu’ils développent un défaut, puis sont vendus. Rav, qui soutient que le bouc restant du premier couple est sacrifié, énonce son opinion conformément à l’opinion des Sages, c’est-à-dire que les animaux disqualifiés ne sont pas rejetés de façon permanente.
בִּשְׁלָמָא לְרַב, בְּהָא פְּלִיגִי רַבִּי יְהוּדָה וְרַבָּנַן. אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן, בְּמַאי פְּלִיגִי? אָמַר רָבָא: הָא אָמְרִינַן דַּיְיקָא מַתְנִיתִין כְּווֹתֵיהּ דְּרַב.
La Guemara commente : Soit, selon l’opinion de Rav, Rabbi Yehuda et les Sages sont en désaccord au sujet de la question de savoir si les animaux disqualifiés sont rejetés de façon permanente. Cependant, selon l’opinion de Rabbi Yoḥanan, qui soutient que même selon les Sages le bouc restant de la première paire est laissé paître, au sujet de quel principe sont en désaccord Rabbi Yehuda et les Sages ? Rava a dit : N’avons-nous pas dit que le langage de la michna est précis conformément à l’opinion de Rav, et qu’il est difficile d’expliquer le langage de la michna conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan ?
תְּנַן: שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה. הָא דְּיָחִיד כִּי הַאי גַוְונָא — מֵתָה. בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יוֹחָנָן, כִּדְרַבִּי אַבָּא אָמַר רַב. דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב:
Nous avons appris dans la michna qu’une offrande expiatoire communautaire n’est pas laissée mourir. Cela indique que l’offrande expiatoire d’un particulier dans un cas comme celui-ci est laissée mourir. Certes, selon l’opinion de Rabbi Yoḥanan, qui soutient que le bouc restant de la première paire est laissé paître jusqu’à ce qu’il développe un défaut, on peut expliquer que l’offrande expiatoire d’un particulier dans un cas comparable est mise à mort, conformément à l’opinion que Rabbi Abba a dit que Rav a dite. Comme Rabbi Abba a dit que Rav a dit :