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רָבָא אָמַר: כְּגוֹן שֶׁהָיָה לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וְשָׁחַט אִמּוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים.
La Guemara présente une autre explication quant à la raison pour laquelle un verset est nécessaire pour indiquer que le bouc émissaire ne peut pas manquer du temps requis. Rava a dit : Il s’agit d’un cas celui qui a vendu les deux boucs avait chez lui une personne gravement malade, et il a abattu la mère du bouc émissaire afin de sauver la vie du malade à Yom Kippour. Bien que le bouc émissaire ait plus de huit jours, il est considéré comme manquant du temps requis, car il est interdit d’abattre une mère et sa progéniture le même jour.
וְכִי הַאי גַּוְונָא מִי אֲסִיר? ״לֹא תִשְׁחֲטוּ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָא לָאו שְׁחִיטָה הִיא! הָא אָמְרִי בְּמַעְרְבָא דְּחִיָּיתוֹ לַצּוּק זוֹ הִיא שְׁחִיטָתוֹ.
La Guemara demande : Est-ce interdit dans un cas comme celui-ci ? Le Miséricordieux a déclaré dans la Torah : « Qu’il s’agisse d’une vache ou d’une brebis, vous ne l’abattrez pas, elle et son petit, en un seul jour » (Lévitique 22:28), et cet acte consistant à pousser le bouc émissaire du haut de la falaise n’est pas un abattage rituel. Par conséquent, l’interdiction d’abattre une mère et son petit le même jour ne devrait pas s’appliquer. La Guemara répond : Ils disent en Occident, c’est-à-dire en Eretz Yisrael, que le pousser du haut de la falaise, ce qui est la manière dont le bouc émissaire est censé être mis à mort, est considéré comme son abattage.
אִם שֶׁל שֵׁם מֵת, זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו וְכוּ׳.
§ Il a été enseigné dans la mishna que, si l’un des boucs meurt après le tirage au sort, on cherche une seconde paire de boucs et l’on procède à un nouveau tirage au sort. Après ce tirage, le prêtre énonce une stipulation : Si celui qui devait être sacrifié à Dieu est mort, ce bouc sur lequel le sort pour Dieu est tombé prendra sa place ; et si celui qui devait être envoyé à Azazel est mort, ce bouc sur lequel le sort pour Azazel est tombé prendra sa place. Le second bouc, superflu, doit paître jusqu’à ce qu’il devienne blemished, moment auquel il sera vendu et l’argent reçu de sa vente servira à l’achat d’une offrande publique volontaire. La Guemara examine quel bouc est mis au pâturage : celui qui reste du premier tirage au sort ou celui qui reste du second tirage au sort ?
אָמַר רַב: שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג רִאשׁוֹן — יִקְרַב, שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג שֵׁנִי — יִרְעֶה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: שֵׁנִי שֶׁבְּזוּג רִאשׁוֹן — יִרְעֶה, שֵׁנִי שֶׁבַּזּוּג שֵׁנִי — יִקְרַב.
Rav a dit : Si le bouc destiné à être envoyé à Azazel est mort, il doit sacrifier le second bouc de la première paire à Dieu, et le second bouc de la seconde paire doit paître jusqu’à ce qu’il devienne impropre. Rabbi Yoḥanan a dit : Le second bouc de la première paire est celui qui doit paître, tandis que il doit sacrifier le second bouc de la seconde paire.
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? רַב סָבַר: בַּעֲלֵי חַיִּים אֵינָן נִידְחִין, וְרַבִּי יוֹחָנָן סָבַר: בַּעֲלֵי חַיִּים נִידְחִין.
La Guemara demande : À propos de quel principe sont-ils en désaccord ? La Guemara explique : Rav soutient que les animaux ne sont pas rejetés. Un animal qui a été consacré comme offrande mais qui est ensuite devenu impropre au sacrifice n’est pas considéré comme disqualifié pour toujours. Par conséquent, bien que le bouc restant n’ait pas été apte à être sacrifié lorsque son pendant est mort, une fois qu’un autre bouc lui a été associé après un nouveau tirage au sort, il n’est plus rejeté et doit être sacrifié. Et Rabbi Yoḥanan soutient que les animaux sont rejetés. Par conséquent, une fois que le bouc restant du premier couple est devenu disqualifié, il demeure disqualifié pour toujours.
מַאי טַעְמָא דְּרַב? דְּיָלֵיף מִמְּחוּסַּר זְמַן. מְחוּסַּר זְמַן, לָאו אַף עַל גַּב דְּהַשְׁתָּא לָא חֲזֵי, כִּי הָדַר מִיחֲזֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי, הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא. מִי דָּמֵי? הָתָם לָא אִיתְחֲזִי כְּלָל. הָכָא נִרְאָה וְנִדְחָה!
La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion de Rav ? La Guemara répond : Il l’apprend de la halakha applicable à un animal auquel il manque du temps. Dans le cas d’un animal auquel il manque du temps, n’est-il pas vrai que, bien qu’il soit inapte maintenant, lorsqu’il redevient apte, il paraît convenable, c’est-à-dire qu’il peut être offert en sacrifice ? Ici aussi, ce n’est pas différent. La Guemara rejette cette réponse : Est-ce comparable ? Là-bas, lorsque l’animal manque de temps, il n’a jamais été apte à être offert. Ici, l’animal était apte comme offrande et est ensuite devenu inapte et a donc été rejeté. Peut-être que, dans ce cas, il est disqualifié de façon permanente.
אֶלָּא: הַיְינוּ טַעְמָא דְּרַב, דְּיָלֵיף מִבַּעַל מוּם עוֹבֵר. בַּעַל מוּם עוֹבֵר, לָאו אַף עַל גַּב דְּלָא חֲזֵי הַשְׁתָּא, כִּי הָדַר מִיחֲזֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי, הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא.
Au contraire, la Guemara se rétracte de la première explication et dit que tel est le raisonnement de Rav : il le déduit du cas d'un animal ayant un défaut temporaire. L'animal est disqualifié comme offrande tant que le défaut demeure, mais il est apte au sacrifice une fois que le défaut a guéri. Dans le cas d'un animal ayant un défaut temporaire, n'est-il pas vrai que, bien qu'il soit inapte maintenant, lorsqu'il redevient apte, il paraît convenable, c'est-à-dire qu'il peut être sacrifié comme offrande ? Ici aussi, ce n'est pas différent.
וְהָתָם מְנָא לַן? דִּכְתִיב: ״כִּי מׇשְׁחָתָם בָּהֶם מוּם בָּם״, מוּם בָּם — הוּא דְּלֹא יֵרָצוּ, הָא עָבַר מוּמָן — יֵרָצוּ.
La Guemara demande : Là-bas, dans le cas d’un animal ayant un défaut temporaire, d’où dérivons-nous cette halakha ? Comme il est écrit : « Car leur corruption est en eux, il y a en eux un défaut ; ils ne seront pas agréés pour vous » (Torah 22:25), ce qui nous enseigne : C’est lorsque le défaut est en eux qu’ils ne seront pas agréés ; mais si leur défaut disparaît, ils seront agréés.
וְרַבִּי יוֹחָנָן? מִיעֵט רַחֲמָנָא ״בָּהֶם״, הֵם הוּא דְּכִי עָבַר מוּמָן יֵרָצוּ, הָא כׇּל דְּחוּיִין, הוֹאִיל וְנִדְחוּ — נִדְחוּ.
La Guemara demande : Et que répond Rabbi Yoḥanan à cette preuve ? Le Miséricordieux a limité cette halakha en employant le terme : En eux, ce qui indique que ce sont eux, les animaux ayant des défauts temporaires, qui sont acceptés lorsque leurs défauts disparaissent, mais en ce qui concerne tous les autres animaux qui deviennent disqualifiés, une fois qu'ils sont rejetés, ils demeurent rejetés.
וְרַב? הָהוּא ״בָּהֶם״ בְּעֵינַיְיהוּ הוּא דְּלָא מִירְצוּ, הָא עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת — מִירְצוּ.
La Guemara demande : Et comment Rav répond-il à Rabbi Yoḥanan ? Cette expression : en eux, doit être comprise ainsi : Pris en eux-mêmes, ils ne sont pas acceptés ; mais dans des mélanges avec des animaux aptes à être sacrifiés, les animaux ayant un défaut temporaire sont acceptés.
כְּדִתְנַן: אֵיבָרִים תְּמִימִים בְּאֵיבָרִים בַּעֲלֵי מוּמִין. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם קָרַב הָרֹאשׁ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן — יַקְרִיבוּ כׇּל הָרָאשִׁין כּוּלָּן, כְּרָעָיו שֶׁל אֶחָד מֵהֶן — יַקְרִיבוּ כָּל הַכְּרָעַיִים כּוּלָּן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ קָרְבוּ כּוּלָּן חוּץ מֵאֶחָד מֵהֶן — יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.
Comme nous l’avons appris dans une michna : Si des membres de holocaustes sans défaut se sont mélangés à des membres de holocaustes avec défaut, qui sont disqualifiés, Rabbi Eliezer dit : Si la tête de l’un d’eux est sacrifiée sur l’autel avant qu’ils n’aient eu connaissance du défaut, ils doivent sacrifier toutes les têtes, car on suppose que la tête de l’animal disqualifié est celle qui a déjà été sacrifiée sur l’autel. De même, si les pattes de l’un d’eux ont été sacrifiées, ils doivent sacrifier toutes les pattes. Et les Sages disent : Même si tous ont été sacrifiés sauf un, celui-ci doit être emporté à l’endroit désigné pour la combustion des offrandes disqualifiées, car on ne suppose pas que les membres de l’animal disqualifié ont déjà été offerts.
וְאִידַּךְ? נָפְקָא לֵיהּ מִ״בָּם״ ״בָּהֶם״. וְאִידַּךְ? ״בָּם״ ״בָּהֶם״ לָא דָּרֵישׁ.
La Guemara demande : Et comment l’autre Sage, Rabbi Yoḥanan, déduit-il la halakha selon laquelle les membres sont recevables s’ils se trouvent dans un mélange ? La Guemara répond : Il la déduit du choix de terminologie de la Torah : on aurait pu écrire : « En eux », comme bam, mais à la place, le texte emploie le terme bahem, avec la lettre supplémentaire heh, et par conséquent, une halakha supplémentaire peut être déduite de ce mot. La Guemara commente : Et l’autre Sage, Rav, n’interprète pas la différence de terminologie entre les mots bam et bahem, car il ne considère pas cette distinction comme suffisamment significative pour enseigner une halakha.
וּלְרַב, נְהִי נָמֵי דְּבַעֲלֵי חַיִּים אֵינָן נִדְחִין, אִי בָּעֵי הַאי נַקְרֵיב אִי בָּעֵי הַאי נַקְרֵיב!
La Guemara demande : Selon Rav, bien que les êtres vivants ne soient pas définitivement rejetés, cela explique seulement pourquoi le bouc restant de la première paire est acceptable pour le sacrifice, mais pourquoi doit-ce être précisément lui qui soit sacrifié ? S'il veut celui-ci de la première paire, qu'il le sacrifie, et s'il veut celui-là de la seconde paire, qu'il sacrifie celui-là.
אָמַר רָבָא: רַב סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן. הֵי רַבִּי יוֹסֵי? אִי נֵימָא רַבִּי יוֹסֵי דְּקוּפּוֹת, דִּתְנַן: שָׁלֹשׁ קוּפּוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ סְאִין, שֶׁבָּהֶן תּוֹרְמִין אֶת הַלִּשְׁכָּה, וְכָתוּב עֲלֵיהֶן: אָלֶף בֵּית גִּימֶל. וְתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: לָמָּה כָּתוּב עֲלֵיהֶן אָלֶף בֵּית גִּימֶל — לֵידַע אֵיזֶה מֵהֶן נִתְרְמָה רִאשׁוֹן, לְהָבִיא הֵימֶנָּה רִאשׁוֹן, שֶׁמִּצְוָה בָּרִאשׁוֹן.
Rava a dit : Rav soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yossei, qui a dit : La mitsva doit être accomplie avec le bouc du premier couple. La Guemara demande : Quelle déclaration de Rabbi Yossei indique que telle est son opinion ? Si nous disons qu’il s’agit de la déclaration de Rabbi Yossei au sujet des récipients, comme nous l’avons appris dans une michna : Il y avait trois récipients, chacun desquels contenait trois séa, avec lesquels on recueillait des pièces de la chambre. Et les lettres alef, beit, et gimmel y étaient inscrites. Et il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei a dit : Pourquoi alef, beit, et gimmel y étaient-ils inscrits ? Afin de savoir lequel d’entre eux avait été prélevé de la chambre en premier, afin d’apporter une offrande à partir de celui-ci en premier, car la mitsva s’accomplit avec le premier.
דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דִּבְעִידָּנָא דְּאִתְחֲזַי קַמַּיְיתָא לָא אִתְחֲזַי בָּתְרָיְיתָא.
Cette déclaration de Rabbi Yossei ne peut pas servir de source à l’opinion de Rav. Peut-être que c’est différent là-bas, dans le cas des récipients, parce qu’au moment où le premier récipient de pièces était apte à l’usage, les récipients utilisés plus tard n’étaient pas encore aptes à l’usage. Par conséquent, cela ne peut pas servir de précédent concernant un cas où les deux sont devenus aptes à l’usage en même temps. Dans le cas des boucs de Yom Kippour, aucun des boucs n’est en réalité apte au sacrifice jusqu’au moment du service du Temple où ils sont censés être sacrifiés. À ce moment-là, les sorts ont déjà été tirés pour la deuxième paire de boucs.
אֶלָּא רַבִּי יוֹסֵי דְּפֶסַח, (דִּתְנַן:) הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וְאָבַד, וְהִפְרִישׁ אַחֵר תַּחְתָּיו, וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הָרִאשׁוֹן, וַהֲרֵי שְׁנֵיהֶן עוֹמְדִין — אֵיזֶה מֵהֶן שֶׁיִּרְצֶה יִקְרַב, דִּבְרֵי חֲכָמִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן.
Au contraire, la source de l’opinion de Rav est la déclaration de Rabbi Yossei au sujet de l’agneau pascal. Comme nous l’avons appris dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un qui a désigné un animal comme son agneau pascal et qu’il s’est perdu, puis il en a désigné un autre à sa place, et ensuite, mais avant midi la veille de Pessa'h, le premier est retrouvé, et ils se tiennent tous les deux devant lui, le propriétaire peut offrir celui des deux qu’il souhaite. Telle est la déclaration des Sages. Rabbi Yossei dit : La mitsva doit être accomplie avec le premier.

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