״שְׂאֵת״.
Le premier exemple est le terme : “Se’et” (Genèse 4:7). Il n’est pas clair si le verset doit être lu ainsi : « Si tu fais bien, n’y aura-t-il pas élévation [se’et] ? » auquel cas se’et implique le pardon et la rémission ; ou : « Si tu fais bien, mais tu porteras [se’et] ton péché si tu ne fais pas bien. » Selon cette interprétation, se’et renvoie au souvenir : Si tu ne fais pas bien, ton péché sera rappelé.
״מְשׁוּקָּדִים״.
Le deuxième cas incertain est le terme : “Meshukkadim” (Exode 25:34). Ce verset peut se lire ainsi : « Et dans le candélabre, quatre coupes faites comme des fleurs d’amandier [meshukkadim] » ; ou ainsi : « Ses boutons et ses fleurs faits comme des fleurs d’amandier [meshukkadim]. » En d’autres termes, le terme meshukkadim peut être rattaché soit à la première partie, soit à la dernière partie du verset.
״מָחָר״.
De même, le terme : “Maḥar” (Exode 17:9) peut se lire ainsi : « Va, combats Amalek demain [maḥar] ». Alternativement, cela peut signifier que Josué doit partir immédiatement faire la guerre contre Amalek, et Moïse a ajouté : « Demain [maḥar] je me tiendrai au sommet de la colline » (Exode 17:9), mais aujourd’hui tu n’as pas besoin de ma prière. Une fois encore, la question est de savoir si ce terme appartient au début ou à la fin du verset.
״אָרוּר״.
Le quatrième cas est le terme : “Arur” (Genèse 49:7). Ce verset peut se lire ainsi : « Maudite [arur] soit leur colère, car elle était violente, et leur fureur, car elle était cruelle », à cause du traitement de Sichem par Lévi et Siméon. Alternativement, ce terme, qui apparaît au début du verset, peut être lu comme le dernier mot du verset précédent : « Et dans leur colère ils ont mutilé des bœufs maudits [arur] » (Genèse 49:6–7). Selon cette interprétation, « bœufs maudits » désigne les bœufs de Sichem, qui descendait du Canaan maudit.
״וְקָם״.
Enfin, le terme : “Vekam” (Deutéronome 31:16) peut se lire ainsi : « Voici, tu es sur le point de dormir avec tes pères et de te lever [vekam] » au temps de la résurrection des morts ; ou : « Et ce peuple se lèvera [vekam] et s’égarera. »
וְהָתַנְיָא: הוּא יוֹסֵף אִישׁ הוּצָל, הוּא יוֹסֵף הַבַּבְלִי, הוּא אִיסִי בֶּן יְהוּדָה, הוּא אִיסִי בֶּן גּוּר אַרְיֵה, הוּא אִיסִי בֶּן גַּמְלִיאֵל, הוּא אִיסִי בֶּן מַהֲלַלְאֵל, וּמָה שְׁמוֹ — אִיסִי בֶּן עֲקִיבָא שְׁמוֹ. בִּדְאוֹרָיְיתָא — לֵיכָּא, בְּדִנְבִיאֵי — אִיכָּא.
La Guemara explique l’objection présentée par cette baraita. N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Yosef de Hutzal est celui qu’on appelle Yosef le Babylonien, puisque Hutzal est une ville de Babylonie ; et il est aussi la personne appelée Isi ben Yehuda, car Isi est une forme abrégée de Yosef ; il est Isi ben Gur Arye, un surnom de Yehuda ; il est Isi ben Gamliel ; il est Isi ben Mahalalel ? Et quel est son véritable nom ? Isi ben Akiva est son nom. S’ils sont bien la même personne, Isi ben Yehuda, qui est Yosef de Hutzal, dit qu’il n’y a que cinq versets dont la ponctuation est incertaine, alors qu’ici il ajoute un verset supplémentaire. La Guemara explique : dans la Torah elle-même, il n’y a effectivement pas plus de cinq versets, mais dans les Prophètes il y a d’autres exemples de ponctuation équivoque, dont l’un est le verset de I Rois.
וּבִדְאוֹרָיְיתָא לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא דְּבָעֵי רַב חִסְדָּא: ״וַיִּשְׁלַח אֶת נַעֲרֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיַּעֲלוּ עוֹלוֹת כְּבָשִׂים וַיִּזְבְּחוּ זְבָחִים שְׁלָמִים פָּרִים״ — אוֹ דִילְמָא אִידֵּי וְאִידֵּי פָּרִים! לְרַב חִסְדָּא מְסַפְּקָא לֵיהּ, לְאִיסִי בֶּן יְהוּדָה פְּשִׁיטָא לֵיהּ.
La Guemara soulève une difficulté : Et dans la Torah elle-même, n’y a-t-il pas d’autres exemples de ponctuation indéterminée ? Mais il y a ce dilemme qu’a soulevé Rav Ḥisda au sujet du verset : « Et il envoya les jeunes hommes des enfants d’Israël, qui offrirent des holocaustes » (Exode 24:5) ; ces holocaustes étaient-ils des moutons, et lorsque le verset poursuit : « et sacrifièrent des sacrifices de paix de taureaux au Seigneur, » seuls ces sacrifices de paix étaient-ils des taureaux ? Ou peut-être ceux-ci comme ceux-là étaient des taureaux, puisque le mot « taureaux » se rapporte à la fois aux holocaustes et aux sacrifices de paix ? C’est un autre verset dont la ponctuation n’est pas claire. La Guemara rejette cette affirmation : Ce n’est pas difficile ; selon Rav Ḥisda il était incertain comment lire le verset, mais l’interprétation était évidente pour Isi ben Yehuda.
מַתְנִי׳ הַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם, וּפְנִימִית מִן הַצָּפוֹן. מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶן, עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן. הִגִּיעַ לַצָּפוֹן — הוֹפֵךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם, מְהַלֵּךְ לִשְׂמֹאלוֹ עִם הַפָּרוֹכֶת עַד שֶׁהוּא מַגִּיעַ לָאָרוֹן,
MICHNA :Le rideau extérieur entre le Sanctuaire et le Saint des Saints était relevé [perufa] légèrement ouvert du côté sud du Sanctuaire, et le rideau intérieur était relevé légèrement ouvert du côté nord du Sanctuaire ; par conséquent, le Grand Prêtre ne pouvait pas entrer directement dans le Saint des Saints. Au contraire, il entre par l’ouverture du sud et marche entre les rideaux jusqu’à ce qu’il atteigne l’ouverture du nord. Lorsqu’il atteint l’ouverture du nord, il entre dans le Saint des Saints par cette ouverture, tourne son visage vers le sud, et marche vers sa gauche le long du rideau jusqu’à ce qu’il atteigne l’endroit devant l’Arche.
הִגִּיעַ לָאָרוֹן — נוֹתֵן אֶת הַמַּחְתָּה בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. צָבַר אֶת הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים, וְנִתְמַלֵּא כָּל הַבַּיִת כּוּלּוֹ עָשָׁן. יָצָא וּבָא לוֹ בְּדֶרֶךְ בֵּית כְּנִיסָתוֹ, וּמִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּבַּיִת הַחִיצוֹן. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ, שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת יִשְׂרָאֵל.
Lorsque il arrive à l’Arche, il place la pelle à braises entre les deux barres. Il met l’encens au-dessus des braises, et toute la chambre dans son intégralité se remplissait de fumée. Puis il sort et vient dehors par le chemin par lequel il est entré. Il ne se retourne pas, mais quitte le Saint des Saints en marchant tout en faisant face à l’Arche. Et il récite une brève prière dans la chambre extérieure, dans le Sanctuaire. Et il ne prolongeait pas sa prière là afin de ne pas alarmer le peuple juif, qui autrement conclurait que quelque chose s’est produit et qu’il est mort dans le Saint des Saints.
גְּמָ׳ בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, מִי הֲווֹ פָּרוֹכֶת? אֶלָּא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, מִי הֲוָה אָרוֹן?
GUEMARA : La Guemara demande : De quoi s’agit-il ici ? À quelle période la michna fait-elle référence ? Si nous disons qu’elle parle du Premier Temple, y avait-il des rideaux alors ? Il n’y avait qu’un seul rideau sur la cloison d’une coudée. Plutôt, si nous disons que la michna traite du Second Temple, y avait-il une Arche là-bas ?
וְהָתַנְיָא: מִשֶּׁנִּגְנַז אָרוֹן — נִגְנְזָה עִמּוֹ צִנְצֶנֶת הַמָּן, וּצְלוֹחִית שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, וּמַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן וּשְׁקֵדֶיהָ וּפְרָחֶיהָ, וְאַרְגַּז שֶׁשִּׁגְּרוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לֵאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּכְלֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הֲשֵׁיבוֹתֶם לוֹ אָשָׁם תָּשִׂימוּ בָאַרְגַּז מִצִּדּוֹ וְשִׁלַּחְתֶּם אוֹתוֹ וְהָלָךְ״.
La Guemara développe : Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita que lorsque l’Arche fut enterrée, avec elle furent enterrés le vase de manne qui se trouvait à côté d’elle, ainsi que la fiole d’huile utilisée pour l’onction, et le bâton d’Aaron avec ses amandes et ses fleurs, et le coffre que les Philistins envoyèrent comme présent [doron] au Dieu d’Israël après avoir capturé l’Arche et avoir été frappés par plusieurs fléaux, comme il est dit : « Et mettez les objets d’or que vous Lui rendez en offrande de culpabilité dans un coffre à son côté, et renvoyez-le afin qu’il s’en aille » (I Samuel 6:8) ?
וּמִי גְּנָזוֹ — יֹאשִׁיָּהוּ גְּנָזוֹ. מָה רָאָה שֶׁגְּנָזוֹ? רָאָה שֶׁכָּתוּב: ״יוֹלֵךְ ה׳ אוֹתְךָ וְאֶת מַלְכְּךָ אֲשֶׁר תָּקִים עָלֶיךָ״, עָמַד וּגְנָזוֹ.
§ Et qui a enterré l’Arche ? Josias, roi de Judée, l’a enterrée. Et qu’a-t-il vu pour décider de l’enterrer ? Il a vu qu’il est écrit : « Le Seigneur t’emmènera, toi et ton roi que tu établiras sur toi, vers une nation que tu n’as pas connue » (Deutéronome 28:36). Puisqu’il savait que le peuple juif finirait par être exilé, il a estimé qu’il valait mieux que l’Arche ne soit pas déshonorée en exil, et c’est pourquoi il se leva et l’enterra.
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר לַלְוִיִּם הַמְּבִינִים לְכׇל יִשְׂרָאֵל הַקְּדוֹשִׁים לַה׳ תְּנוּ אֶת אֲרוֹן הַקּוֹדֶשׁ בַּבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה בֶן דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל אֵין לָכֶם מַשָּׂא בַּכָּתֵף עַתָּה עִבְדוּ אֶת ה׳ אֱלֹהֵיכֶם וְאֵת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״.
La Guemara cite la source de la tradition selon laquelle Josias enterra l’Arche. Comme il est dit : « Et il dit aux Lévites qui enseignaient tout Israël, qui étaient consacrés au Seigneur : Placez l’Arche sacrée dans la Maison que Salomon, fils de David, roi d’Israël, a bâtie. Elle ne sera plus un fardeau sur vos épaules ; maintenant servez le Seigneur votre Dieu et Son peuple Israël » (I Chroniques 35:3). En d’autres termes, désormais les Lévites ne porteront plus l’Arche sur leurs épaules, et ils devront se consacrer à leur service de chant et de fermeture des portes du Temple.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״שָׁמָּה״ ״שָׁמָּה״, וְאָתְיָא ״דּוֹרוֹת״ ״דּוֹרוֹת״.
Et Rabbi Elazar dit : La question est dérivée au moyen d’une analogie verbale, comme il est écrit au sujet de l’Arche : « Qui est près de l’Arche du Témoignage, devant le propitiatoire qui est au-dessus du témoignage, là Je te rencontrerai » (Exode 30:6), et il est écrit : « Prends une jarre et mets-y un omer plein de manne là, et place-la devant le Seigneur pour qu’elle soit conservée à travers vos générations » (Exode 16:33). Et cela est en outre dérivé par analogie verbale du terme « Générations » écrit ici et « générations » écrit au sujet de l’huile utilisée pour l’onction : « Ce sera pour Moi une huile d’onction sacrée à travers vos générations » (Exode 30:31).
וְאָתְיָא ״מִשְׁמֶרֶת״ ״מִשְׁמֶרֶת״.
Rabbi Elazar poursuivit : Et cela est également dérivé par analogie verbale du terme « garde » énoncé ici et « garde » énoncé au sujet du bâton d’Aaron : « Remets la verge d’Aaron devant le témoignage pour garde » (Nombres 17:25). Ces analogies verbales enseignent que tous ces objets furent cachés avec l’Arche. Manifestement, il n’y avait pas d’Arche dans le Saint des Saints même avant la fin de la période du Premier Temple. Comment, dès lors, la michna peut-elle parler de l’Arche durant la période du Second Temple ?
לְעוֹלָם בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, וּמַאי ״הִגִּיעַ לָאָרוֹן״ — מְקוֹם אָרוֹן. וְהָא קָתָנֵי: נָתַן אֶת הַמַּחְתָּה לְבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים! אֵימָא: ״כְּבֵין שְׁנֵי הַבַּדִּים״.
La Guemara répond : En réalité, la michna fait référence au Second Temple, et quel est le sens de l’expression : Atteint l’Arche ? Cela signifie la place de l’Arche. La Guemara soulève une difficulté : Mais il est enseigné qu’il place la pelle à braises entre les deux barres, ce qui indique que les barres de l’Arche étaient présentes. La Guemara répond : Corrige le texte et dis : Comme si c’était entre les deux barres, c’est-à-dire à l’endroit où les barres s’étaient trouvées lorsque l’Arche était là.
צָבַר אֶת הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. תְּנַן כְּמַאן דְּאָמַר צוֹבְרָהּ. תָּנֵי חֲדָא: צוֹבְרָהּ פְּנִימָה שֶׁהִיא חוּצָה לוֹ. וְתַנְיָא אִידַּךְ: צוֹבְרָהּ חוּצָה שֶׁהִיא פְּנִימָה לוֹ.
§ La michna a enseigné : Il entasse l’encens sur les braises. La Guemara commente : Nous avons appris dans la michna conformément à l’opinion de celui qui a dit qu’il entasse l’encens sur les braises et ne l’y disperse pas. Il a été enseigné dans unebaraita : Il entasse l’encens dans la partie de la pelle à braises la plus proche de l’Arche, qui est la plus éloignée du Grand Prêtre, jusqu’à ce qu’il atteigne l’autre côté de la pelle à braises. Et il a été enseigné dans une autrebaraita : Il l’entasse dans la partie de la pelle à braises la plus éloignée de l’Arche, qui est la plus proche de lui.
אָמַר אַבָּיֵי: תַּנָּאֵי הִיא. וְאָמַר אַבָּיֵי: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר פְּנִימָה שֶׁהִיא חוּצָה לוֹ — דִּתְנַן, מְלַמְּדִין אוֹתוֹ: הִזָּהֵר
Abaye a dit que cette question est un différend entre tannaïm. Et Abaye a dit : Il est raisonnable d’expliquer conformément à l’opinion de celui qui a dit qu’il entasse l’encens dans la partie du brasier à charbons la plus proche de l’Arche, qui est la plus éloignée de lui. Comme nous l’avons appris dans une michna, ils enseignaient au prêtre qui brûle l’encens : Prends garde