שֶׁלֹּא תַּתְחִיל מִפָּנֶיךָ, שֶׁמָּא תִּכָּוֶה.
ne pas commencer à entasser l’encens devant toi, c’est-à-dire du côté le plus proche de toi, de peur que tu ne te brûles. Si le prêtre plaçait l’encens du côté directement devant lui, puis continuait à l’étendre vers l’Arche, ses mains passeraient au-dessus de l’encens déjà en train de brûler et il pourrait se brûler.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְנָתַן אֶת הַקְּטוֹרֶת עַל הָאֵשׁ לִפְנֵי ה׳״ — שֶׁלֹּא יְתַקֵּן מִבַּחוּץ וְיַכְנִיס. לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִין, שֶׁאוֹמְרִים יְתַקֵּן מִבַּחוּץ וְיַכְנִיס.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : « Et il mettra l’encens sur le feu devant le Seigneur » (Lévitique 16:13) ; cela signifie que lui ne doit pas préparer en plaçant l’encens à l’extérieur, dans le Sanctuaire, et apporter dans le Saint des Saints une pelle à braises contenant l’encens brûlant. Cela a été souligné afin d’exclure l’opinion des sadducéens, qui disent que lui doit préparer l’encens à l’extérieur puis l’apporter à l’intérieur.
מַאי דְּרוּשׁ? ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפּוֹרֶת״ — מְלַמֵּד שֶׁיְּתַקֵּן מִבַּחוּץ וְיַכְנִיס.
La Guemara demande : Qu’interprétaient les sadducéens ; quel verset citent-ils comme fondement de leur opinion ? La Guemara répond que c’était le verset : « Car J’apparaîtrai dans une nuée sur le couvercle de l’Arche » (Lévitique 16:2), que les sadducéens disent enseigner qu’il doit préparer cela à l’extérieur, afin qu’il y ait déjà un nuage d’encens, et ce n’est qu’ensuite qu’il doit l’apporter à l’intérieur du Saint des Saints.
אָמְרוּ לָהֶם חֲכָמִים, וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְנָתַן אֶת הַקְּטוֹרֶת עַל הָאֵשׁ לִפְנֵי ה׳״. אִם כֵּן, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפּוֹרֶת״ —
Les Sages leur dirent : N’était-il pas déjà dit explicitement : « Et il mettra l’encens sur le feu devant le Seigneur » (Lévitique 16:13), ce qui indique que le Grand Prêtre doit présenter l’encens seulement lorsqu’il se tient devant Dieu dans le Saint des Saints ? Si tel est le cas, quel est le sens lorsque le verset déclare : « Car J’apparaîtrai dans une nuée sur le couvercle de l’Arche » (Lévitique 16:2) ? Ce verset ne signifie pas qu’il doit déjà y avoir un nuage d’encens avant qu’il n’entre.
מְלַמֵּד שֶׁנּוֹתֵן בָּהּ מַעֲלֵה עָשָׁן. וּמִנַּיִין שֶׁנּוֹתֵן בָּהּ מַעֲלֵה עָשָׁן? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכִסָּה עֲנַן הַקְּטוֹרֶת אֶת הַכַּפּוֹרֶת״. הָא לֹא נָתַן בָּהּ מַעֲלֵה עָשָׁן, אוֹ שֶׁחִיסַּר אַחַת מִכׇּל סַמָּנֶיהָ — חַיָּיב מִיתָה.
Au contraire, ce verset fait référence à la forme du nuage d’encens, et enseigne qu’il inclut un agent qui fait monter la fumée parmi ses aromates, une plante qui fait monter la fumée tout droit vers le haut comme un bâton. Et d’où est-il déduit qu’il inclut un agent qui fait monter la fumée parmi ses aromates ? Comme il est dit : « Et le nuage d’encens couvrira le couvercle de l’Arche » (Lévitique 16:13). Par conséquent, si il n’a pas inclus un agent qui fait monter la fumée, ou s’il a omis l’un quelconque de ses aromates, il est passible de la peine de mort.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ — דְּקָא מְעַיֵּיל בִּיאָה רֵיקָנִית!
La Guemara analyse cette dernière halakha : Pourquoi encourt-on la peine de mort pour avoir omis l’une des épices ? Et que le tannadéduise le fait qu’il encourt la peine de mort pour une autre action, puisque son entrée dans le Saint des Saints est sans raison. Il est interdit d’entrer dans le Saint des Saints à moins d’accomplir une mitsva. S’il manque un ingrédient à l’encens, le Grand Prêtre n’accomplit pas réellement la mitsva, et il est donc entré dans le Saint des Saints sans raison. Par conséquent, il encourt la peine de mort en raison de son entrée, même sans brûler l’encens.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן שֶׁשָּׁגַג בְּבִיאָה, וְהֵזִיד בְּהַקְטָרָה.
Rav Sheshet dit : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où il a agi sans le vouloir en ce qui concerne l’entrée, c’est-à-dire qu’il ne savait pas qu’entrer sans raison l’expose à une sanction, ou bien il n’avait pas du tout l’intention d’entrer dans le Saint des Saints ; et il a agi intentionnellement en ce qui concerne la combustion, sachant que celui qui brûle un encens auquel il manque un ingrédient encourt la peine de mort. Dans ce cas, il n’est passible de la peine de mort que pour avoir brûlé un encens incomplet.
רַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא הֵזִיד בְּזוֹ וּבָזוֹ, וּכְגוֹן דְּעַיֵּיל שְׁתֵּי הַקְטָרוֹת, אַחַת שְׁלֵימָה וְאַחַת חֲסֵירָה. אַבִּיאָה לָא מִיחַיַּיב — דְּהָא עַיֵּיל לֵיהּ שְׁלֵימָה, אַהַקְטָרָה — מִיחַיַּיב, דְּקָא מַקְטַר קְטוֹרֶת חֲסֵירָה.
Rav Ashi a dit une explication différente : Même si vous dites qu’il a agi intentionnellement en ce qui concerne ceci et cela, c’est-à-dire qu’il savait parfaitement qu’il serait passible de la peine de mort à la fois pour avoir brûlé un encens incomplet et pour être entré dans le Saint des Saints sans raison, il est néanmoins possible qu’il ne soit pas passible de la peine de mort pour son entrée. Et Rav Ashi explique que telle est la halakha dans un cas où il a apporté deux lots d’encens dans le Saint des Saints, l’un complet avec toutes les épices et l’autre incomplet, qu’il a tous deux brûlés. Car pour son entrée dans le Saint des Saints il n’est pas passible de mort, puisqu’il a apporté une pelle à braises avec un encens complet et a ainsi accompli la mitzva. Cependant, pour avoir brûlé il est passible de la peine de mort, car il brûle un encens incomplet.
אָמַר מָר: וּמִנַּיִין שֶׁנּוֹתֵן בָּהּ מַעֲלֵה עָשָׁן, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּה״. קְרָא לִקְרָא?
§ La Guemara analyse la baraita ci-dessus. Le Maître a dit dans la baraita : Et d’où est-il déduit qu’il inclut un agent qui fait monter la fumée parmi ses aromates ? Le verset déclare : « Et elle couvrira » (Lévitique 16:13). La Guemara exprime sa surprise face à cette affirmation : Un verset pour un autre verset ? L’exigence d’un agent qui fait monter la fumée a déjà été prouvée à partir du verset : « Car J’apparaîtrai dans une nuée au-dessus du couvercle de l’Arche » (Lévitique 16:2) ; pourquoi citer un second verset à l’appui du premier ?
אָמַר רַב יוֹסֵף, הָכִי קָאָמַר: אֵין לִי אֶלָּא עֲלֵה מַעֲלֵה עָשָׁן, עִיקַּר מַעֲלֵה עָשָׁן מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּה״.
Rav Yosef a dit : C’est ce que la baraitaa dit ; c’est ainsi qu’il faut comprendre la question : je n’ai rien déduit d’autre que l’obligation d’apporter une feuille d’une plante qui fait monter la fumée. D’où est-il déduit qu’il doit aussi apporter une racine d’un agent qui fait monter la fumée ? Le verset déclare : « Et cela couvrira, » ce qui indique l’exigence d’une plus grande quantité de l’agent qui fait monter la fumée que ce qu’on aurait pu supposer à partir de l’autre verset.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא אִיפְּכָא תַּנְיָא! דְּתַנְיָא: נָתַן בָּהּ עִיקַּר מַעֲלֵה עָשָׁן, הָיָה מִתַּמֵּר וְעוֹלֶה כְּמַקֵּל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לִשְׁמֵי קוֹרָה. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁמֵי קוֹרָה, מְמַשְׁמֵשׁ וְיוֹרֵד בַּכּוֹתָלִים עַד שֶׁנִּתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַבַּיִת יִמָּלֵא עָשָׁן״!
Abaye dit à Rav Yosef : Ton interprétation indique que la feuille de l’élévateur de fumée fait monter la fumée mieux que sa racine, puisque l’exigence d’une racine n’est considérée que comme un ajout. Mais n’a-t-on pas enseigné le contraire dans une baraita ? Comme il a été enseigné dans une baraita : Il mit dans l’encens une racine d’élévateur de fumée, et la fumée montait en colonne comme un bâton jusqu’à atteindre le plafond du Temple. Lorsqu’elle atteignait le plafond, il n’y avait aucun endroit par lequel la fumée pouvait sortir du bâtiment, et par conséquent elle redescendait lentement le long des murs jusqu’à ce que la Maison entière fût remplie de fumée, comme il est dit : « Et la Maison fut remplie de fumée » (Isaïe 6:4). Cette baraita indique que la racine de l’élévateur de fumée fait monter la fumée mieux que sa feuille.
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: אֵין לִי אֶלָּא עִיקַּר מַעֲלֵה עָשָׁן, עֲלֵה מַעֲלֵה עָשָׁן מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּה״.
Au contraire, Abaye a dit que voici ce que la baraitaa dit ; c’est ainsi qu’il faut la comprendre : Je n’ai rien déduit d’autre que l’obligation d’apporter une racine d’une plante qui fait monter la fumée. D’où déduit-on qu’il doit aussi apporter une feuille d’une plante qui fait monter la fumée ? Le verset déclare : « Et cela couvrira ».
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֵין לִי אֶלָּא אֹהֶל מוֹעֵד שֶׁבַּמִּדְבָּר. שִׁילֹה וּבֵית עוֹלָמִים מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּה״.
Rav Sheshet a dit que la baraita signifie ce qui suit : Je n’ai déduit rien d’autre que l’inclusion d’un agent qui fait monter la fumée parmi les autres aromates dans la Tente d’Assignation qui se trouvait dans le désert ; d’où déduit-on que cette obligation s’étend aussi au Tabernacle à Shiloh et au Temple éternel à Jérusalem ? Le verset déclare : « Et il couvrira », ce qui indique que partout où le Grand Prêtre entre dans le Saint des Saints pour brûler l’encens, il doit inclure un agent qui fait monter la fumée parmi ses ingrédients.
הַאי, מִ״וְּכֵן יַעֲשֶׂה לְאֹהֶל מוֹעֵד הַשּׁוֹכֵן אִתָּם״ נָפְקָא!
La Guemara soulève une difficulté concernant cette interprétation : Cettehalakha est dérivée du verset : « Et ainsi fera-t-il pour la Tente d’Assignation qui demeure avec eux » (Lévitique 16:16). Ce verset enseigne que ce rite doit être accompli non seulement cette première fois dans le désert, mais partout où réside la Présence divine.
אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: אֵין לִי אֶלָּא בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּה״.
Au contraire, voici ce que la baraita a dit : je n’ai rien déduit d’autre que l’obligation d’inclure un agent qui fait monter la fumée parmi les aromates de l’encens offert à Yom Kippour dans le Saint des Saints ; d’où est-il déduit que cette obligation s’applique à l’encens offert le reste des jours de l’année dans le Sanctuaire ? Le verset déclare : « Et il couvrira, » pour enseigner que tout encens brûlé dans le Temple doit inclure un agent qui fait monter la fumée.
רַב אָשֵׁי אָמַר: חַד לְמִצְוָה, וְחַד לְעַכֵּב. רָבָא אָמַר: חַד לְעוֹנֶשׁ, וְחַד לְאַזְהָרָה.
Rav Ashi a dit : Un verset nous enseigne la mitsva elle-même, et un verset enseigne que cette exigence est indispensable, c’est-à-dire que le rite est invalide si cet ingrédient est omis. Rava a dit : Un verset enseigne que l’omission de l’agent qui fait monter la fumée rend la personne passible de la punition de mort, et un verset sert d’avertissement qu’il est interdit de l’omettre, car la Torah n’impose pas de punition sans avertissement.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״וְלֹא יָמוּת״ — עוֹנֶשׁ, ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה״ — אַזְהָרָה.
§ Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer dit : « Parle à Aaron, ton frère, afin qu’il n’entre pas à tout moment dans le lieu sacré, à l’intérieur du voile, devant le couvercle de l’Arche qui est sur l’Arche ; de peur qu’il ne meure” (Lévitique 16:2). Ce verset enseigne la punition pour l’omission de l’agent qui fait monter la fumée parmi les aromates de l’encens. Quant au verset : “Car J’apparaîtrai dans une nuée sur le couvercle de l’Arche” (Lévitique 16:2) ; c’est l’avertissement qu’il est interdit d’omettre l’agent qui fait monter la fumée, lequel fait monter la nuée.
יָכוֹל יִהְיוּ שְׁנֵיהֶם אֲמוּרִין קוֹדֶם מִיתַת בְּנֵי אַהֲרֹן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אַחֲרֵי מוֹת שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן״. יָכוֹל יִהְיוּ שְׁנֵיהֶם אֲמוּרִים אַחַר מִיתַת שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפּוֹרֶת״. הָא כֵּיצַד? אַזְהָרָה קוֹדֶם מִיתָה, וְעוֹנֶשׁ אַחַר מִיתָה.
On aurait pu penser que les deux versets ont été dits avant la mort des fils d’Aaron, qui sont morts en entrant dans le lieu sacré. C’est pourquoi le verset déclare : « Après la mort des deux fils d’Aaron » (Lévitique 16:1). On aurait pu penser que tous deux, la punition et l’avertissement, ont été dits après la mort des deux fils d’Aaron. C’est pourquoi le verset déclare : « Car J’apparaîtrai dans une nuée sur le couvercle de l’Arche ». Comment cela; comment faut-il comprendre ces versets ? L’avertissement a été dit avant la mort des fils d’Aaron, et la punition qui y est associée a été énoncée après la mort de ses fils.
מַאי תַּלְמוּדָא? אָמַר רָבָא, אָמַר קְרָא: ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה״ — וַעֲדַיִין לֹא נִרְאָה. וְאֶלָּא מַאי טַעְמָא אִיעֲנוּשׁ?
La Guemara exprime sa perplexité face à la déclaration de Rabbi Eliezer : Quelle est la dérivation biblique de la Torah ? Comment Rabbi Eliezer déduit-il de l’expression « J’apparaîtrai » que l’avertissement a été énoncé plus tôt ? Rava a dit que le verset déclare : « Car J’apparaîtrai dans une nuée » ; le futur indique que la nuée au-dessus du couvercle de l’Arche n’était pas encore apparue, puisque le Tabernacle n’avait pas encore été construit, ce qui signifie que ce commandement a été donné avant que les fils d’Aaron n’entrent et ne meurent. La Guemara demande : Quelle est donc la raison pour laquelle les fils d’Aaron ont été punis de mort, si la peine n’avait pas encore été énoncée ? La Torah ne punit pas quelqu’un qui ignore la peine du péché.
כִּדְתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לֹא מֵתוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶלָּא עַל שֶׁהוֹרוּ הֲלָכָה בִּפְנֵי מֹשֶׁה רַבָּן. מַאי דְּרוּשׁ? ״וְנָתְנוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אֵשׁ עַל הַמִּזְבֵּחַ״ — אַף עַל פִּי שֶׁהָאֵשׁ יוֹרֶדֶת מִן הַשָּׁמַיִם, מִצְוָה לְהָבִיא מִן הַהֶדְיוֹט.
La Guemara répond : ils n’ont pas été punis pour leur entrée dans le lieu sacré, mais pour une autre raison, comme cela a été enseigné dans une baraita selon laquelle Rabbi Eliezer dit : les fils d’Aaron ne sont morts que parce qu’ils ont enseigné une halakha en présence de Moïse, leur maître ; ils auraient dû lui demander sa décision, mais ils ont négligé de le faire. La Guemara demande : Qu’ont-ils interprété du verset qui les a conduits à entrer dans le lieu sacré avec du feu ? Le verset déclare : « Et les fils d’Aaron le prêtre mettront du feu sur l’autel » (Torah 1:7), ce qui indique que bien que le feu descende des cieux, c’est une mitzva d’apporter un feu d’origine humaine. Pour accomplir cette mitzva, les fils d’Aaron sont entrés et ont apporté du feu à l’autel. Bien que leur décision fût conforme à la halakha, ils ont encouru la peine de mort pour ne pas avoir consulté Moïse.
יָצָא וּבָא לוֹ דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן, אָמַר קְרָא: ״וַיָּבֹא שְׁלֹמֹה לַבָּמָה אֲשֶׁר בְּגִבְעוֹן יְרוּשָׁלִַם״, וְכִי מָה עִנְיַן גִּבְעוֹן אֵצֶל יְרוּשָׁלַיִם?
§ La michna enseigne que le Grand Prêtre sort et vient dehors par le chemin par lequel il est entré, c’est-à-dire qu’il ne se retourne pas, mais marche à reculons, le visage tourné vers l’Arche. La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ; quelle est la source dans la Torah pour cette halakha ? Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit que le verset déclare : « Et Salomon vint au haut lieu qui était à Gabaon, Jérusalem » (II Chroniques 1:13). Or, quel rapport y a-t-il entre Gabaon et Jérusalem ? Soit il est venu à Gabaon, soit à Jérusalem ; ce sont deux endroits différents.
אֶלָּא: מַקִּישׁ יְצִיאָתוֹ מִגִּבְעוֹן לִירוּשָׁלַיִם, לְבִיאָתוֹ מִירוּשָׁלַיִם לְגִבְעוֹן: מָה בִּיאָתוֹ מִירוּשָׁלַיִם לְגִבְעוֹן — פָּנָיו כְּלַפֵּי בָמָה, כְּדֶרֶךְ בִּיאָתוֹ, אַף יְצִיאָתוֹ מִגִּבְעוֹן לִירוּשָׁלַיִם — פָּנָיו כְּלַפֵּי בָמָה, כְּדֶרֶךְ בִּיאָתוֹ.
Au contraire, le verset compare son départ de Gabaon vers Jérusalem à son arrivée de Jérusalem à Gabaon. De même que, dans le cas de son arrivée de Jérusalem à Gabaon, son visage était nécessairement tourné vers le haut lieu, selon la manière habituelle de l’arrivée d’une personne, de même, lors de son départ de Gabaon vers Jérusalem, son visage était encore tourné vers le haut lieu, à la manière de son arrivée. Cela enseigne qu’on ne détourne pas son visage d’un lieu sacré ; au contraire, il faut marcher à reculons.
וְכֵן כֹּהֲנִים בַּעֲבוֹדָתָן, וּלְוִיִּם בְּדוּכָנָן, וְיִשְׂרָאֵל בְּמַעֲמָדָן, כְּשֶׁהֵן נִפְטָרִין — לֹא הָיוּ מַחֲזִירִין פְּנֵיהֶן וְהוֹלְכִין, אֶלָּא מְצַדְּדִין פְּנֵיהֶן וְהוֹלְכִין.
Et de même, en ce qui concerne les prêtres dans leur service ; et les Lévites sur leur estrade dans le Temple, où ils récitaient des chants ; et les Israélites à leurs postes de garde, où ils observaient le sacrifice de l’offrande quotidienne : Lorsqu’ils se retiraient du lieu sacré, ils ne tournaient pas leur visage et ne marchaient pas, mais tournaient leur visage de côté et marchaient, afin de ne pas tourner le dos au lieu sacré.
וְכֵן תַּלְמִיד הַנִּפְטָר מֵרַבּוֹ לֹא יַחֲזִיר פָּנָיו וְיֵלֵךְ, אֶלָּא מְצַדֵּד פָּנָיו וְהוֹלֵךְ. כִּי הָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר כַּד הֲוָה מִיפְּטַר מִינֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, כַּד הֲוָה בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן לְסַגּוֹיֵי, הֲוָה גָּחֵין קָאֵי רַבִּי אֶלְעָזָר אַדּוּכְתֵּיהּ עַד דַּהֲוָה מִיכַּסֵּי רַבִּי יוֹחָנָן מִינֵּיהּ.
De même, un élève qui prend congé de son maître ne doit pas détourner son visage et partir, mais tourner son visage de côté et marcher. Cela est conforme à cette pratique de Rabbi Elazar lorsqu’il prenait congé de son maître, Rabbi Yoḥanan. Lorsque Rabbi Yoḥanan voulait partir de devant lui, Rabbi Elazar se courbait et restait à sa place en signe de respect et d’humilité, jusqu’à ce que Rabbi Yoḥanan disparaisse de sa vue ; ce n’est qu’alors que Rabbi Elazar se tournait pour partir.
וְכַד הֲוָה בָּעֵי רַבִּי אֶלְעָזָר לְסַגּוֹיֵי, הֲוָה קָא אָזֵיל לַאֲחוֹרֵיהּ עַד דְּמִכַּסֵּי מִינֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן. רָבָא כַּד הֲוָה מִיפְּטַר מִינֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, הֲוָה אָזֵיל לַאֲחוֹרֵיהּ עַד דְּמִנַּגְּפָן כַּרְעֵיהּ וּמִתַּוְּוסָן אִסְקוּפָּתָא דְּבֵי רַב יוֹסֵף דְּמָא.
Et lorsque Rabbi Elazar voulait prendre congé, il marchait à reculons jusqu’à disparaître de la vue de Rabbi Yoḥanan, et ce n’est qu’alors qu’il marchait normalement, afin de ne pas tourner le dos à son maître. La Guemara rapporte en outre : Lorsque Rava prenait congé de Rav Yosef, il marchait à reculons, sans prêter attention aux obstacles sur son chemin, jusqu’à ce que ses jambes soient meurtries et que le seuil de la maison de Rav Yosef soit ensanglanté par les blessures de Rava.