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לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים קׇרְבַּן יָחִיד, עוֹשֶׂה תְּמוּרָה אוֹ אֵינוֹ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה. לָאו מִכְּלָל דְּאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר דְּצִבּוּר?
Selon Rabbi Meïr, qui dit que le taureau de Yom Kippour est une offrande d’un individu, peut-on effectuer une substitution pour cet animal ou ne peut-on pas effectuer de substitution dans ce cas ? En d’autres termes, si le Grand Prêtre a violé une interdiction et a désigné un substitut en disant que ce taureau devait être remplacé par un autre, la substitution prend-elle effet ou non ? N’est-il pas correct de dire par inférence à partir de la formulation du dilemme de Rabbi Elazar qu’il y en a un qui dit que ces offrandes sont communautaires ?
לָא, מִכְּלָל דְּאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר דְּשׁוּתָּפִין.
La Guemara rejette cette affirmation : Non, ce n’est pas une preuve, car on peut dire par déduction qu’il y en a un qui dit que ces offrandes sont celles d’associés. Il n’existe pas de preuve définitive que le taureau de Yom Kippour soit un sacrifice communautaire. En tout état de cause, la question de savoir pourquoi le taureau n’est pas invalidé à la mort du Grand Prêtre a été résolue, car la raison est soit qu’il s’agit d’un sacrifice communautaire, soit qu’il s’agit d’un sacrifice d’associés.
גּוּפָא. בָּעֵי רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים קׇרְבַּן יָחִיד, עוֹשֶׂה תְּמוּרָה אוֹ אֵינוֹ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה. מַאי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ?
§ Puisque la Guemara a mentionné le dilemme de Rabbi Elazar, la Guemara traite de la question elle-même. Rabbi Elazar a demandé : Selon Rabbi Meir, qui dit que le taureau de Yom Kippour est une offrande individuelle, peut-on effectuer une substitution pour cet animal ou ne peut-on pas effectuer de substitution ? La Guemara demande : Quel est le dilemme qu’il soulève ? Quel est le fondement de sa question ?
אִי בָּתַר מַקְדִּישׁ אָזְלִינַן, אִי בָּתַר מִתְכַּפֵּר אָזְלִינַן.
La Guemara suggère que son dilemme est le suivant : Suivons-nous celui qui consacre l’animal, c’est-à-dire le Grand Prêtre, puisqu’il est celui qui l’a payé, auquel cas il est considéré comme un sacrifice individuel et sa substitution est effective ? Ou suivons-nous celui qui cherche l’expiation par l’offrande, et puisque ce taureau expie à la fois pour le Grand Prêtre et pour toute la communauté de ses confrères prêtres, il est considéré comme un sacrifice communautaire, et par conséquent sa substitution n’est pas effective ? La question est : quelle partie suit-on aux fins de la substitution ?
פְּשִׁיטָא דְּבָתַר מִתְכַּפֵּר אָזְלִינַן, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַמַּקְדִּישׁ — מוֹסִיף חוֹמֶשׁ, וְהַמִּתְכַּפֵּר — עוֹשֶׂה (בָּהּ) תְּמוּרָה.
La Guemara exprime son étonnement face à cette interprétation possible du dilemme de Rabbi Elazar : Il est évident que nous suivons celui qui cherche l’expiation, comme Rabbi Abbahou l’a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : En ce qui concerne celui qui consacre son animal pour une offrande mais l’intend pour l’expiation de quelqu’un d’autre, s’il rachète ensuite l’animal, il ajoute un cinquième à sa valeur. Cela est conforme à la halakha selon laquelle celui qui rachète un animal qu’il a lui-même consacré doit ajouter un cinquième de sa valeur au rachat, tandis que si la personne pour qui il expie le rachète, elle n’ajoute pas un cinquième. Et celui pour qui le sacrifice expie peut effectuer une substitution pour lui, tandis que celui qui a consacré l’animal ne peut pas effectuer de substitution, car il n’est pas considéré comme son propriétaire pour les halakhot de substitution.
וְהַתּוֹרֵם מִשֶּׁלּוֹ עַל שֶׁל חֲבֵירוֹ — טוֹבַת הֲנָאָה שֶׁלּוֹ!
Et, de même, en ce qui concerne celui qui prélève la terouma de son blé pour le blé d’un autre, afin d’épargner à son prochain d’avoir à prélever sa propre terouma, bien que la récolte de son prochain soit désormais exemptée de l’obligation de terouma, le bénéfice du pouvoir discrétionnaire lui appartient, à celui qui a prélevé la terouma. Celui qui a prélevé la terouma a le droit de déterminer quel prêtre recevra la terouma, malgré le fait que la terouma a été prélevée pour la récolte d’un autre. De même, lorsque quelqu’un consacre un animal pour une autre personne, c’est celui qui obtient l’expiation qui peut effectuer une substitution. Si tel est le cas, il n’y a pas de place pour le dilemme de Rabbi Elazar.
לְעוֹלָם פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּבָתַר מִתְכַּפֵּר אָזְלִינַן, וְהָכִי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: אֶחָיו הַכֹּהֲנִים בִּקְבִיעוּתָא מִתְכַּפְּרִי, אוֹ דִילְמָא בְּקוּפְיָא מִתְכַּפְּרִי.
La Guemara rejette cette explication proposée du dilemme de Rabbi Elazar : En réalité, il est évident pour Rabbi Elazar que nous suivons celui qui cherche l’expiation par l’offrande, et voici son dilemme : Est-ce que ses collègues prêtres obtiennent l’expiation par l’essence même de l’offrande, c’est-à-dire qu’une partie de l’offrande est sacrifiée en leur faveur, ce qui signifie qu’ils sont associés dans le taureau ? Ou peut-être obtiennent-ils l’expiation de manière incidente, tandis que l’expiation principale est celle du Grand Prêtre. Si l’expiation des autres prêtres n’est que secondaire, le Grand Prêtre peut effectuer une substitution avec ce taureau.
תָּא שְׁמַע: חוֹמֶר בְּזֶבַח מִבִּתְמוּרָה, וְחוֹמֶר בִּתְמוּרָה מִבְּזֶבַח. חוֹמֶר בְּזֶבַח: שֶׁהַזֶּבַח נוֹהֵג בְּיָחִיד כִּבְצִבּוּר, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה, וְעוֹשֶׂה תְּמוּרָה — מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּתְמוּרָה.
La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution à ce dilemme : Il y a une rigueur qui s’applique au sacrifice initial, au-delà des rigueurs qui s’appliquent au substitut désigné ; et il y a une rigueur qui s’applique à la substitution, au-delà des rigueurs qui s’appliquent au sacrifice. La baraita développe : Il y a une rigueur qui s’applique au sacrifice initial, car la sainteté du sacrifice s’applique à un individu tout comme elle s’applique à une communauté, et le sacrifice l’emporte sur le Chabbat et l’impureté rituelle, et l’on peut effectuer une substitution pour le sacrifice originel, ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne le substitut, auquel ces halakhot ne s’appliquent pas.
חוֹמֶר בִּתְמוּרָה מִבְּזֶבַח: שֶׁהַתְּמוּרָה חָלָה עַל בַּעַל מוּם קָבוּעַ, וְאֵינָהּ יוֹצְאָה לְחוּלִּין לִיגָּזֵז וְלֵיעָבֵד — מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּזֶבַח.
La baraita continue : Il y a une rigueur qui s’applique au substitut au-delà des rigueurs qui s’appliquent au sacrifice initial, car la sainteté de la substitution prend effet même sur un animal porteur d’un défaut permanent. Et le substitut ne peut pas quitter son statut sanctifié pour prendre un statut profane ; c’est-à-dire qu’il ne peut être offert qu’en sacrifice et consommé, mais il ne peut en aucun cas être racheté afin que sa laine soit tondue et qu’il soit utilisé pour le travail, ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne le sacrifice initial, car il peut être racheté dans certaines situations.
הַאי זֶבַח הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דְּיָחִיד — מִי דָּחֵי שַׁבָּת וְטוּמְאָה? אֶלָּא דְּצִבּוּר — מִי עוֹשֶׂה תְּמוּרָה? אֶלָּא לָאו דְּפַר, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה — דִּקְבִיעַ לֵיהּ זְמַן, וְעוֹשֶׂה תְּמוּרָה — דְּקָרְבַּן יָחִיד הוּא.
La Guemara explique : Quelles sont les circonstances de ce sacrifice ? Quel est exactement le sacrifice auquel il est fait référence dans cette baraita ? Si nous disons qu’il s’agit du sacrifice d’un individu, est-ce que le sacrifice d’un individu repousse le Chabbat et l’impureté rituelle ? Plutôt, si vous dites que nous parlons du sacrifice d’une communauté, peut-on effectuer une substitution pour un sacrifice communautaire ? Plutôt, n’est-ce pas le cas que nous parlons ici du taureau de Yom Kippour, qui repousse le Chabbat et l’impureté rituelle, puisqu’il s’agit d’un sacrifice qui a un temps fixe ? Et de même, on peut effectuer une substitution pour cette offrande, puisqu’il s’agit d’une offrande d’un individu. Cette interprétation résout le dilemme de Rabbi Elazar.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לָא, בְּאֵילוֹ שֶׁל אַהֲרֹן.
La Guemara rejette cette affirmation. Rav Sheshet a dit : Non, ce n’est pas une preuve, car on peut soutenir que la baraita fait référence au bélier d’Aaron que le Grand Prêtre offre en holocauste à Yom Kippour, comme le dit le verset : « C’est avec cela qu’Aaron entrera dans le lieu sacré : avec un jeune taureau pour expiatoire et un bélier pour holocauste » (Lévitique 16:3). Cette offrande appartient certainement au seul Grand Prêtre et est donc classée comme l’offrande d’un individu.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּפָרוֹ, תְּמוּרָה דְּפַר שַׁבָּת וְטוּמְאָה הוּא דְּלָא דָּחֲיָא, הָא בְּחוֹל מִיקְרָב קָרְבָה?! הָא תְּמוּרַת חַטָּאת הִיא, וּתְמוּרַת חַטָּאת לְמִיתָה אָזְלָא!
La Guemara commente : Ainsi aussi, il est raisonnable que ce soit l’offrande mentionnée dans la baraita, car si l’on devait envisager de dire que nous traitons du taureau du Grand Prêtre, considère ce qui suit : est-ce seulement le Chabbat et l’impureté rituelle que la substitution du taureau ne repousse pas, ce qui indique que l’on peut sacrifier cette substitution un jour de semaine ? C’est une substitution d’un sacrifice expiatoire, et la halakha est que la substitution d’un sacrifice expiatoire est laissée à mourir. Au contraire, nous devons certainement parler du bélier pour un holocauste, car la substitution d’un holocauste ne peut pas être sacrifiée.
לָא, לְעוֹלָם פָּרוֹ. וּמַאי תְּמוּרָה — שֵׁם תְּמוּרָה.
La Guemara rejette cet argument à l’appui : Non, en réalité il est possible que l’offrande mentionnée dans la baraita soit le taureau du Grand Prêtre de Yom Kippour, et quelle est la substitution qui a été mentionnée ? Il ne s’agit pas d’une substitution du taureau ; au contraire, la baraita traite de la catégorie générale de substitution, c’est-à-dire que le phénomène de la substitution en général comprend des halakhot qui ne s’appliquent pas aux offrandes.
אִי הָכִי, זֶבַח נָמֵי — שֵׁם זֶבַח? שֵׁם זֶבַח לָא קָתָנֵי.
La Guemara demande : Si c’est le cas, on peut aussi dire que le sacrifice mentionné dans la baraita désigne la catégorie générale des sacrifices, plutôt qu’une offrande particulière. La Guemara rejette cette suggestion : La baraita n’enseigne pas une catégorie générale de sacrifices, c’est-à-dire qu’elle ne traite certainement pas du phénomène des offrandes en général.
מִמַּאי — מִדְּקָתָנֵי: חוֹמֶר בִּתְמוּרָה, שֶׁהַתְּמוּרָה חָלָה עַל בַּעַל מוּם קָבוּעַ, וְאֵינָהּ יוֹצְאָה לְחוּלִּין לִיגָּזֵז וְלֵיעָבֵד. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ: מַאי זֶבַח — שֵׁם זֶבַח, וְהָא אִיכָּא
La Guemara continue : D’où sais-je que cela est ainsi ? Du fait qu’il est enseigné : Il y a une rigueur qui s’applique à la substitution au-delà des rigueurs qui s’appliquent à l’offrande initiale, car la sainteté de la substitution prend effet même sur un animal porteur d’un défaut permanent, et la substituée ne peut pas quitter son statut sanctifié et prendre un statut profane afin que sa laine soit tondue et qu’on travaille avec elle. Et s’il te venait à l’esprit de dire : Quel est le sacrifice mentionné ici ? Il s’agit de la catégorie générale des sacrifices ; cela ne peut pas être le cas, car il existe un exemple d’offrande à laquelle ces halakhot s’appliquent également,

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