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אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא לְרַבִּי אַמֵּי: ״וְהוֹצִיא אֶת כׇּל הַפָּר״! שֶׁיּוֹצִיא אֶת כּוּלּוֹ.
§ Rabbi Yitzḥak Nappaḥa souleva une objection à Rabbi Ami : « Et il emportera tout le taureau hors du camp » (Lévitique 4:12). Ce verset parle d’un taureau qui a déjà été abattu et dont les graisses et les parties sacrificielles ont été brûlées, ce qui prouve que même après avoir été abattu, il est encore appelé taureau. Rabbi Ami répondit : L’animal lui-même n’est pas appelé taureau à ce stade ; cela signifie plutôt qu’il doit emporter la totalité de la carcasse, tout ce qui reste du taureau.
״וְאֵת פַּר הַחַטָּאת וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת״, אָמַר רַב פָּפָּא: בְּעוֹר וּבָשָׂר וָפֶרֶשׁ דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי. כִּי פְּלִיגִי בְּדָם. מָר סָבַר: דָּם אִיקְּרִי פַּר, וּמָר סָבַר: דָּם לָא אִיקְּרִי פַּר.
La Guemara soulève une autre difficulté en citant un verset : « Et le taureau de l’offrande expiatoire et le bouc de l’offrande expiatoire, dont le sang a été apporté pour faire expiation dans le Sanctuaire, seront emportés hors du camp » (Lévitique 16:27). Une fois encore, le verset prouve que même après avoir été abattu et que son sang a été apporté dans le Saint des Saints, l’animal est encore appelé un taureau. Rav Pappa a dit : Tous conviennent que lorsqu’il est intact, avec sa peau, sa chair et ses excréments, il est appelé un taureau. Là où ils sont en désaccord, c’est au sujet du sang. Un Sage soutient que son sang est appelé un taureau, et un Sage soutient que le sang seul n’est pas appelé un taureau.
אָמַר רַב אָשֵׁי: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר דָּם אִיקְּרִי פַּר, דִּכְתִיב: ״בְּזֹאת יָבֹא אַהֲרֹן אֶל הַקֹּדֶשׁ בְּפַר בֶּן בָּקָר״, אַטּוּ בְּקַרְנֵיהּ מְעַיֵּיל לֵיהּ?! אֶלָּא בְּדָמוֹ, וְקָרֵי לֵיהּ ״פַּר״.
Rav Ashi a dit : Il est raisonnable de dire conformément à celui qui a dit que le sang est appelé une partie du taureau, comme il est écrit : « Avec ceci Aaron entrera dans le lieu sacré, avec un taureau » (Lévitique 16:3). Cela veut-il dire qu’il l’apporte à l’intérieur, dans le Saint des Saints, avec ses cornes ? Plutôt, il entre avec son sang, et pourtant la Torah appelle cela « un taureau ». Cela prouve que le sang lui-même est appelé taureau.
וְאִידַּךְ? בַּמָּה הוּכְשַׁר אַהֲרֹן לָבֹא אֶל הַקֹּדֶשׁ — בְּפַר בֶּן בָּקָר לְחַטָּאת.
La Guemara demande : Et l'autre, qui soutient que le sang n'est pas appelé taureau, comment interprète-t-il ce verset ? La Guemara répond qu'il peut expliquer le verset ainsi : Par quoi Aaron est-il devenu apte à entrer dans le lieu sacré ? Par le fait d'apporter un jeune taureau en offrande expiatoire. Cependant, le sang lui-même, qu'il apporte à l'intérieur, n'est pas appelé taureau.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּחַטָּאת שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ הִיא, וְחַטָּאת שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ לְמִיתָה אָזְלָא! אֲמַר לֵיהּ רָבִין בַּר רַב אַדָּא לְרָבָא: אָמְרִי תַּלְמִידָיךָ, אָמַר רַב עַמְרָם: חַטַּאת צִבּוּר הִיא, וְלָא לְמִיתָה אָזְלָא.
§ La Guemara revient sur la question de l’entrée d’un Grand Prêtre remplaçant avec le sang du premier taureau : Qu’il déduise donc la réponse à ce problème du fait qu’il s’agit d’un sacrifice expiatoire dont les propriétaires sont morts. Après tout, le taureau du premier Grand Prêtre est un sacrifice expiatoire et son propriétaire est mort. Puisqu’il existe un principe selon lequel un sacrifice expiatoire dont les propriétaires sont morts est laissé à mourir, cela devrait résoudre le dilemme. Ravin bar Rav Adda dit à Rava : Tes élèves disent que Rav Amram a dit que le taureau du sacrifice expiatoire du Grand Prêtre est un sacrifice expiatoire communautaire, car le Grand Prêtre l’apporte à la fois pour lui-même et pour ses confrères prêtres, et un sacrifice expiatoire communautaire n’est pas laissé à mourir.
דִּתְנַן, אָמַר לוֹ רַבִּי מֵאִיר: וַהֲלֹא פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים, וַחֲבִיתֵּי כֹּהֵן גָּדוֹל, וּפֶסַח — דְּקָרְבַּן יָחִיד הוּא, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה. לָאו מִכְּלָל דְּאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר דְּצִבּוּר?
Comme nous l’avons appris dans une michna du traité Temoura, les tannaïm débattent des offrandes qui prévalent sur le Chabbat et l’impureté rituelle. Rabbi Meïr lui dit : Mais considère le taureau de Yom Kippour, et l’offrande de farine semblable à une hostie apportée spécialement par le Grand Prêtre, et l’offrande pascale, dont chacune est une offrande individuelle et prévaut sur le Chabbat et l’impureté rituelle. Puisque Rabbi Meïr dit que ce sont des offrandes individuelles, n’est-il pas correct de dire par inférence qu’il y en a un qui dit que ces offrandes sont communautaires ?
וּלְטַעְמָיךְ, דְּקָתָנֵי: אָמַר לוֹ רַבִּי יַעֲקֹב: וַהֲלֹא פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר, וּשְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה, וַחֲגִיגָה — דְּקָרְבַּן צִבּוּר, וְאֵין דּוֹחִין לֹא אֶת הַשַּׁבָּת וְלֹא אֶת הַטּוּמְאָה! מִכְּלָל דְּאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר דְּיָחִיד!
La Guemara rejette cette preuve. Et selon ton raisonnement, considère ce qui a été enseigné là-bas : Rabbi Ya’akov lui a dit : Mais il y a les cas du taureau pour une faute communautaire involontaire, et des boucs pour une faute d’idolâtrie, ainsi que le sacrifice de paix de Festival, qui sont tous des offrandes communautaires et ne prévalent ni sur le Chabbat ni sur l’impureté rituelle. Selon le raisonnement ci-dessus, on peut soutenir par inférence qu’il y a quelqu’un qui dit que ce sont des offrandes individuelles, ce qui est incorrect.
אֶלָּא: לְתַנָּא קַמָּא קָא מַהְדַּר לֵיהּ, דְּשַׁמְעֵיהּ דְּקָאָמַר: קׇרְבַּן צִבּוּר דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה, וְקָרְבַּן יָחִיד אֵינוֹ דּוֹחֶה לֹא אֶת הַשַּׁבָּת וְלֹא אֶת הַטּוּמְאָה. אָמַר לוֹ רַבִּי מֵאִיר: קׇרְבַּן יָחִיד כְּלָלָא הוּא? וַהֲלֹא פַּר יוֹם הַכִּפּוּרִים, וַחֲבִיתֵּי כֹּהֵן גָּדוֹל, וּפֶסַח — דְּקָרְבַּן יָחִיד הוּא, וְדוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה!
Au contraire, Rabbi Meir répondit au premier tanna, car il l’avait entendu dire sous la forme d’un principe général : Les sacrifices communautaires l’emportent sur le Chabbat et l’impureté rituelle, mais les sacrifices individuels ne l’emportent ni sur le Chabbat ni sur l’impureté rituelle. En réponse à cette affirmation, Rabbi Meir lui dit : Cette déclaration concernant une offrande individuelle est-elle un principe général ? Mais considère le taureau de Yom Kippour, et l’offrande de farine semblable à une galette du Grand Prêtre, et l’offrande pascale, dont chacune est une offrande individuelle et l’emporte sur le Chabbat et l’impureté rituelle.
וְאָמַר לוֹ רַבִּי יַעֲקֹב: קׇרְבַּן צִבּוּר כְּלָלָא הוּא? וַהֲלֹא פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר, וּשְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה, וַחֲגִיגָה — דְּקָרְבַּן צִבּוּר הוּא, וְאֵין דּוֹחִין לֹא אֶת הַשַּׁבָּת וְלֹא אֶת הַטּוּמְאָה!
Et Rabbi Ya’akov répondit au premier tanna d’un point de vue différent : Cette affirmation concernant une offrande communautaire est-elle un principe général, qui l’emporte sur l’impureté rituelle ? Mais il y a les cas du taureau pour un péché communautaire involontaire, et des boucs pour un péché d’idolâtrie, ainsi que de l’offrande de paix de Festival, qui sont toutes des offrandes communautaires et ne l’emportent ni sur le Shabbat ni sur l’impureté rituelle.
אֶלָּא, נְקוֹט הַאי כְּלָלָא בִּידָךְ: כֹּל שֶׁזְּמַנּוֹ קָבוּעַ — דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְאֶת הַטּוּמְאָה אֲפִילּוּ בְּיָחִיד, וְכֹל שֶׁאֵין זְמַנּוֹ קָבוּעַ — אֵינוֹ דּוֹחֶה לֹא אֶת הַשַּׁבָּת וְלֹא אֶת הַטּוּמְאָה וַאֲפִילּוּ בְּצִבּוּר.
Au contraire, saisis ce principe : Toute offrande qui a un temps fixé pour son sacrifice prime sur le Shabbat et l’impureté rituelle même si c’est une offrande individuelle ; et toute offrande sans temps fixé ne prime ni sur le Shabbat ni sur l’impureté rituelle, et cela est vrai même si c’est une offrande communautaire. En ce qui concerne la question en discussion, puisque l’accent, tant dans les déclarations de Rabbi Meir que dans celles de Rabbi Ya’akov, porte sur le fait de savoir si les offrandes auxquelles ils faisaient référence priment sur le Shabbat et l’impureté rituelle, et non sur leur classification comme offrandes individuelles ou communautaires, on ne peut rien déduire de leurs remarques à cet égard. Par conséquent, il reste possible que le taureau du Grand Prêtre soit une offrande individuelle.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: פַּר וְשָׂעִיר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁאָבְדוּ, וְהִפְרִישׁ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶן — כּוּלָּם יָמוּתוּ. וְכֵן שְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁאָבְדוּ, וְהִפְרִישׁ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶן — כּוּלָּם יָמוּתוּ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ וְיִמָּכְרוּ וְיִפְּלוּ דְּמֵיהֶן לִנְדָבָה, שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה.
§ Abaye souleva une objection à Rava : le taureau du Grand Prêtre est-il une offrande individuelle ? Pourtant, nous avons appris dans une baraita : En ce qui concerne le taureau et le bouc de Yom Kippour qui ont été perdus, et il en a désigné d'autres à leur place, puis les premiers animaux ont ensuite été retrouvés, tous ceux du second groupe seront laissés pour mourir. Et de même, des boucs pour un péché d'idolâtrie qui ont été perdus et il en a désigné d'autres à leur place, tous seront laissés pour mourir. Telle est la déclaration de Rabbi Yehuda. Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : Ils seront laissés à paître jusqu'à ce qu'ils deviennent impropres, après quoi ils sont vendus et leur produit va à une offrande volontaire, car une offrande communautaire pour le péché n'est pas laissée pour mourir. Cela prouve que le taureau de Yom Kippour est appelé une offrande communautaire pour le péché.
אֲמַר לֵיהּ: מַאי פַּר — פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר. וְהָא ״שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים״ קָתָנֵי! כִּי קָתָנֵי — אַדְּשָׂעִיר.
Rava dit à Abaye : De quel taureau parle-t-on ici ? D’un taureau pour un péché communautaire involontaire. Abaye rétorqua : Mais la baraita a enseigné : de Yom Kippour, ce qui indique clairement qu’il s’agit du taureau de Yom Kippour. Rava répondit : Lorsque le tanna de cette baraita a enseigné : de Yom Kippour, il faisait référence seulement au bouc. Autrement dit, la baraita doit être lue ainsi : Le taureau communautaire et le bouc de Yom Kippour, qui est lui aussi une offrande communautaire.
וְהָתַנְיָא: פַּר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים וְשָׂעִיר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁאָבְדוּ וְהִפְרִישׁ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶן — כּוּלָּם יָמוּתוּ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ וְיִמָּכְרוּ וְיִפְּלוּ דְּמֵיהֶן לִנְדָבָה, שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה.
Abaye demande en outre : Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne le taureau de Yom Kippour et le bouc de Yom Kippour qui ont été perdus et il en a désigné d’autres à leur place, puis les premiers animaux ont ensuite été retrouvés, tous ceux du second groupe seront laissés à mourir. Telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : Ils seront laissés à paître jusqu’à ce qu’ils deviennent inaptes, après quoi ils sont vendus et leur produit va à une offrande volontaire, car une offrande expiatoire communautaire n’est pas laissée à mourir. Cette baraita affirme explicitement que le taureau de Yom Kippour est considéré comme une offrande communautaire.
לָא תֵּימָא: ״שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה״, אֶלָּא אֵימָא: ״שֶׁאֵין חַטַּאת הַשּׁוּתָּפִין מֵתָה״. וּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ?
Rava lui répondit : Ne dis pas : De même qu’un sacrifice expiatoire communautaire n’est pas laissé à mourir. Dis plutôt : De même qu’un sacrifice expiatoire de partenaires n’est pas laissé à mourir. Puisque certains des partenaires sont encore en vie, le sacrifice expiatoire n’est pas laissé à mourir. Le taureau du Grand Prêtre à Yom Kippour est considéré comme un sacrifice expiatoire de partenaires, car il fait expiation non seulement pour le Grand Prêtre, mais aussi pour ses confrères prêtres. La Guemara demande : Et si, en fin de compte, le taureau n’est pas laissé à mourir, quelle est la différence pratique entre considérer le taureau du Grand Prêtre comme un sacrifice expiatoire communautaire ou comme un sacrifice expiatoire de partenaires ? Pourquoi Rava a-t-il insisté pour l’appeler un sacrifice expiatoire de partenaires ?
דְּלָא מַיְיתוּ כֹּהֲנִים פַּר בְּהוֹרָאָה.
La Guemara répond qu'il existe une différence entre ces deux catégories en ce qui concerne un tribunal qui rend une décision erronée pour toute une communauté, par exemple une tribu d’Israël, et que le peuple agit conformément à cette décision. La halakha dans ce cas est que le tribunal doit apporter un taureau pour un péché communautaire involontaire. Rava a insisté pour désigner le taureau qui expie pour tous les prêtres à Yom Kippour comme une offrande expiatoire de partenaires, et non comme une offrande expiatoire communautaire, pour la raison suivante : Si un tribunal composé de prêtres rendait une décision erronée, et que les prêtres agissaient conformément à cet enseignement, les prêtres n’apportent pas de taureau pour cette décision, car ils ne sont pas considérés comme une communauté mais comme un grand partenariat.
תָּא שְׁמַע, דְּבָעֵי רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר):
La Guemara propose une autre solution à la question. Viens et écoute, car le rabbin Elazar a soulevé le dilemme suivant :

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