בְּאַחוֹלֵי עֲבוֹדָה קָא מִיפַּלְגִי. לְבֶן זוֹמָא, מַחֵיל עֲבוֹדָה. לְרַבִּי יְהוּדָה לָא מַחֵיל עֲבוֹדָה.
C’est au sujet de la question de savoir si le service du Temple est profané et invalidé si le prêtre ne s’est pas immergé avant de l’accomplir qu’ils sont en désaccord. Selon l’opinion de ben Zoma, cette immersion a pour but la sanctification et constitue une partie intégrante du service ; par conséquent, si le prêtre ne s’est pas immergé, il profane le service. Selon l’opinion de Rabbi Yehuda, il ne profane pas le service, car l’immersion n’est qu’une mesure de précaution.
וּלְבֶן זוֹמָא מִי מַחֵיל? וְהָתַנְיָא: כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁלֹּא טָבַל וְלֹא קִידֵּשׁ בֵּין בֶּגֶד לְבֶגֶד וּבֵין עֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה — עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה. אֶחָד כֹּהֵן גָּדוֹל וְאֶחָד כֹּהֵן הֶדְיוֹט שֶׁלֹּא קִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו שַׁחֲרִית וְעָבַד עֲבוֹדָה — עֲבוֹדָתוֹ פְּסוּלָה.
La Guemara s’interroge : Et selon ben Zoma, le service est-il profané ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un Grand Prêtre qui ne s’est pas immergé au mikvé et n’a pas sanctifié ses mains et ses pieds entre l’enfilage des vêtements d’or et des vêtements blancs de lin, et de même, en ce qui concerne un Grand Prêtre qui ne s’est pas immergé au mikvé entre l’accomplissement d’un service et d’un autre service, son service est valide. Cependant, qu’il s’agisse d’un Grand Prêtre ou d’un prêtre ordinaire qui n’ont pas sanctifié leurs mains et leurs pieds du tout le matin et ont accompli le service, leur service est invalide. Si le fait que le Grand Prêtre ne s’immerge pas entre les services ne profane pas le service, à plus forte raison le fait de ne pas accomplir la première immersion ne profanerait pas le service, puisque ben Zoma déduit la première immersion de l’immersion du Grand Prêtre. Apparemment, ce n’est pas là le fondement de leur divergence.
אֶלָּא: לְמֵיקַם בַּעֲשֵׂה קָא מִיפַּלְגִי. לְבֶן זוֹמָא קָאֵי בַּעֲשֵׂה, לְרַבִּי יְהוּדָה לָא קָאֵי בַּעֲשֵׂה.
Au contraire, leur désaccord porte sur la question de savoir si celui qui ne s’immerge pas avant le service est en violation d’une mitsva positive, et c’est sur ce point qu’ils divergent. Selon ben Zoma, il est en violation d’une mitsva positive, car il existe une exigence particulière d’accomplir cette immersion à des fins de sanctification. Selon Rabbi Yehuda, il n’est pas en violation d’une mitsva positive.
וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הַאי סְבָרָא? וְהָתַנְיָא: מְצוֹרָע — טוֹבֵל וְעוֹמֵד בְּשַׁעַר נִיקָנוֹר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ טְבִילָה, שֶׁכְּבָר טָבַל מִבָּעֶרֶב.
La Guemara s’interroge : Et Rabbi Yehuda soutient-il ce mode de raisonnement ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Un lépreux, le huitième jour de sa purification, après s’être déjà immergé à la fin du septième jour, s’immerge de nouveau et se tient à la Porte de Nicanor dans le Temple afin d’apporter ses offrandes de purification et pour que le prêtre asperge le sang de l’offrande de culpabilité et l’huile qui accompagne ses offrandes de purification sur ses pouces et ses gros orteils afin d’achever le processus de purification. Rabbi Yehuda dit : Il n’a pas besoin d’une immersion supplémentaire, puisqu’il s’est déjà immergé le soir précédent. Apparemment, Rabbi Yehuda n’exige pas d’immersion spéciale le matin pour rappeler au lépreux une ancienne impureté.
הָהוּא, כִּדְתָנֵי טַעְמָא: שֶׁכְּבָר טָבַל מִבָּעֶרֶב.
La Guemara répond : Dans ce cas du lépreux, la raison pour laquelle aucune immersion n’est requise le matin est comme la raison a été enseignée dans la baraita : Comme il s’était déjà immergé le soir précédent. Cette immersion l’a purifié et lui a rappelé toute ancienne impureté qu’il pourrait avoir. Cela n’est en aucune façon lié à la question de l’immersion accessoire.
וּדְקָאָרֵי לַהּ מַאי קָאָרֵי לַהּ? מִשּׁוּם דְּקָא בָּעֵי לְמִרְמֵא אַחֲרִיתִי עֲלַיהּ: לִשְׁכַּת הַמְצוֹרָעִין שֶׁשָּׁם מְצוֹרָעִין טוֹבְלִין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא מְצוֹרָעִין בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם.
La Guemara demande : Et celui qui considère cette baraita comme une contradiction à l’opinion de Rabbi Yehouda, de quelle manière la considère-t-il ? La justification de la halakha est explicite. La Guemara répond : Parce que la Guemara veut soulever une contradiction entre une autre baraita et cette baraita, et la question sera clarifiée par la combinaison des sources. Comme il a été enseigné : Pourquoi la chambre était-elle appelée la Chambre des Lépreux ? C’est parce que les lépreux s’y immergent. Rabbi Yehouda dit : Ce ne sont pas seulement les lépreux dont ils ont dit qu’ils s’y immergeaient ; mais plutôt, tout le monde s’y immergeait. Rabbi Yehouda affirme que les lépreux et d’autres s’immergeaient dans cette chambre du Temple, ce qui contredit sa déclaration dans la première baraita selon laquelle un lépreux n’a pas besoin d’immersion dans le Temple, puisqu’il s’est immergé la veille au soir.
לָא קַשְׁיָא: הָא דִּטְבֵיל, הָא דְּלָא טְבֵיל. אִי דְּלָא טְבֵיל — הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ בָּעֵי! אֶלָּא: אִידֵּי וְאִידֵּי דִּטְבֵיל. הָא דְּאַסַּח דַּעְתֵּיהּ, הָא דְּלָא אַסַּח דַּעְתֵּיהּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; cettebaraita fait référence à un cas où le lépreux s’est immergé la veille au soir et n’a pas besoin de s’immerger de nouveau ; cette autrebaraita fait référence à un cas où le lépreux ne s’est pas immergé. Dans ce cas, il y avait une chambre spéciale où les lépreux pouvaient s’immerger. La Guemara demande : Si c’est un cas où le lépreux ne s’est pas immergé du tout la veille au soir, il a besoin du coucher du soleil après son immersion pour être suffisamment purifié afin d’entrer dans le Temple. Au contraire, cettebaraita comme cette autrebaraita se réfèrent à un cas où le lépreux s’est immergé, mais cettebaraita qui exige une seconde immersion concerne un cas où il a relâché son attention dans ses efforts pour éviter l’impureté transmise par un cadavre ; cette autrebaraita qui n’exige pas de seconde immersion concerne un cas où il n’a pas relâché son attention.
אִי אַסַּח דַּעְתֵּיהּ, הַזָּאַת שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי בָּעֵי. דְּאָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר מָתוּן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֶסַּח הַדַּעַת צָרִיךְ הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי!
La Guemara demande : S’il a été distrait de ses efforts pour éviter l’impureté transmise par un cadavre, c’est l’aspersion des eaux de purification aux troisième et septième jours qu’il lui faut, et non une simple immersion. Comme l’a dit Rabbi Dostaï bar Matoun que Rabbi Yoḥanan a dit : La distraction des efforts pour éviter l’impureté requiert une aspersion des eaux de purification aux troisième et septième jours.
אֶלָּא אִידֵּי וְאִידֵּי דְּלָא אַסַּח דַּעְתֵּיהּ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דִּטְבֵיל עַל דַּעַת בִּיאַת מִקְדָּשׁ, הָא דְּלָא טְבֵיל עַל דַּעַת בִּיאַת מִקְדָּשׁ. וְאִי בָּעֵית אֵימָא תָּנֵי: לֹא מְצוֹרָעִין אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם.
Au contraire, cettebaraita comme celle-làbaraita se rapportent à un cas où le lépreux n’a pas été distrait, et cela ne pose pas de difficulté ; cettebaraita se rapporte à un cas où le lépreux s’est immergé la veille au soir avec l’intention d’entrer dans le Temple ; cette autrebaraita se rapporte à un cas où le lépreux ne s’est pas immergé le soir avec l’intention d’entrer dans le Temple. Dans ce cas, il a besoin d’une seconde immersion pour sa purification, même pour entrer dans la zone sacrée. Et si tu veux, dis plutôt : Enseigne la baraita avec une légère correction : ce n’est pas des lépreux qu’ils ont dit qu’ils s’y immergeaient ; au contraire, tout le monde s’y immergeait. Rabbi Yehouda ne nuance pas la déclaration des Sages, il la conteste. Selon lui, les lépreux n’ont absolument pas besoin d’immersion le matin.
רָבִינָא אָמַר: רַבִּי יְהוּדָה לְדִבְרֵיהֶם דְּרַבָּנַן קָאָמַר לְהוּ: לְדִידִי — מְצוֹרָע אֵין צָרִיךְ טְבִילָה, לְדִידְכוּ — אוֹדוֹ לִי אִיזִי מִיהַת דְּלֹא מְצוֹרָעִין בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם. וְרַבָּנַן: מְצוֹרָע דָּיֵישׁ בְּטוּמְאָה, כׇּל אָדָם לָא דָּיְישִׁי בְּטוּמְאָה.
Dans une résolution alternative de la contradiction entre les déclarations de Rabbi Yehuda, Ravina a dit : Dans la seconde baraita, Rabbi Yehuda énonce son opinion à leur intention selon la déclaration des Sages. Sa déclaration ne reflète pas sa propre opinion. Il s’agit plutôt d’un argument qu’il a avancé dans le cadre de son différend avec les Sages. Selon mon opinion, un lépreux n’a pas besoin d’une seconde immersion pour entrer dans le Temple. Cependant, selon votre opinion, accordez-moi donc [izi] que ce n’est pas seulement les lépreux qu’ils ont dit d’immerger là-bas ; au contraire, tout le monde s’y immergeait. La Guemara demande : Et comment les Sages expliquent-ils leur opinion ? Elle répond qu’il n’y a pas de comparaison : Un lépreux est habitué à l’impureté ; par conséquent, il pourrait négliger d’autres impuretés qu’il aurait pu contracter. L’immersion lui rappelle de se purifier de celles-ci également. Cependant, toutes les autres personnes, qui ne sont pas habituées à l’impureté, seront certainement sensibles et conscientes de toute impureté qu’elles auraient pu rencontrer et n’ont pas besoin d’une immersion spéciale.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: נֵימָא רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה — כְּבֶן זוֹמָא סְבִירָא לְהוּ, וְהַאי דְּקָתָנֵי מְצוֹרָע, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יְהוּדָה. אוֹ דִילְמָא, שָׁאנֵי מְצוֹרָע דְּדָיֵישׁ בְּטוּמְאָה. אָמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי מְצוֹרָע דְּדָיֵישׁ בְּטוּמְאָה.
Abaye dit à Rav Yosef : Disons que les Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Yehouda au sujet des immersions, soutiennent conformément à l’opinion de ben Zoma, qui maintient que cette immersion est une obligation selon la loi de la Torah pour quiconque entre dans la cour. Et le fait que la dispute dans la baraita soit enseignée au sujet d’un lépreux, contrairement à l’opinion de ben Zoma, vient mettre en évidence la portée extrême de l’opinion de Rabbi Yehouda, selon laquelle même un lépreux n’a pas besoin d’immersion. Ou peut-être qu’au fond les Sages sont d’accord avec Rabbi Yehouda ; cependant, la halakha d’un lépreux est différente parce qu’il est habitué à l’impureté, et c’est pourquoi une seconde immersion a été instituée pour lui. Rav Yosef lui dit : Un lépreux est différent parce qu’il est habitué à l’impureté.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף (לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: סֶרֶךְ) טְבִילָה (הִיא) זוֹ,
Abaye dit à Rav Yosef : Selon Rabbi Yehouda, qui a dit que l’immersion n’est pas une obligation réelle, mais c’est une immersion accessoire pour rappeler à la personne une ancienne impureté,