וְאֵימָא, ״צִוָּה״ [״צִוָּה״] דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דִּכְתִיב: ״וַיַּעַשׂ כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה״? דָּנִין ״צִוָּה״ דְּלִפְנֵי עֲשִׂיָּה מִ״צִּוָּה״ דְּלִפְנֵי עֲשִׂיָּה, וְאֵין דָּנִין ״צִוָּה״ דִּלְאַחַר עֲשִׂיָּה מִ״צִּוָּה״ דְּלִפְנֵי עֲשִׂיָּה.
La Guemara demande : Et dis qu’il existe effectivement une analogie verbale ; cependant, elle n’est pas entre la vache rousse et l’inauguration des prêtres, mais entre le terme ordonna dans le contexte de l’inauguration et le terme ordonna dans le contexte de Yom Kippour, comme il est écrit : « Et ce sera pour vous une loi perpétuelle, afin de faire expiation pour les enfants d’Israël pour tous leurs péchés une fois par an ; et il fit comme le Seigneur l’ordonna à Moïse » (Lévitique 16:34). Dans ce cas, seul l’isolement préalable à Yom Kippour peut être dérivé. La Guemara rejette cela, car une analogie verbale n’est dérivée qu’entre des expressions fonctionnellement similaires. On dérive ordonna qui est dit avant l’exécution, comme dans la section de la vache, de ordonna qui est dit avant l’exécution dans la section de l’inauguration ; et on ne dérive pas ordonna qui est dit après l’exécution dans la section de Yom Kippour de ordonna qui est dit avant l’exécution.
וְאֵימָא ״צִוָּה״ דְּקׇרְבָּנוֹת, דִּכְתִיב: ״בְּיוֹם צַוֹּתוֹ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״? דָּנִין ״צִוָּה״ מִ״צִּוָּה״ וְאֵין דָּנִין ״צַוֹּתוֹ״ מִ״צִּוָּה״.
La Guemara demande de nouveau : Et dis qu’il existe une analogie verbale entre le terme ordonna dans le contexte de l’inauguration et le terme ordonna au sujet des offrandes, comme il est écrit : « Le jour où Il ordonna [tzavoto] aux enfants d’Israël d’offrir leurs offrandes » (Lévitique 7:38). Il en résulterait que tout prêtre offrant une offrande communautaire devrait être mis à l’écart pendant sept jours. La Guemara rejette cela : On dérive le terme ordonna de le terme identique ordonna, et l’on ne dérive pas le terme qu’Il ordonna [tzavoto] de le terme ordonna [tziva].
וּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? וְהָתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְשָׁב הַכֹּהֵן״ ״וּבָא הַכֹּהֵן״, זוֹ הִיא ״שִׁיבָה״, זוֹ הִיא ״בִּיאָה״!
La Guemara soulève une difficulté : Quelle est la différence pratique entre les deux termes ? L’école de Rabbi Yishmael n’a-t-elle pas enseigné une analogie verbale concernant la lèpre des maisons entre le verset : « Et le prêtre reviendra [veshav] » (Lévitique 14:39) et le verset : « Et le prêtre viendra [uva] » (Lévitique 14:44) ? De cette analogie verbale, on déduit que telle est la halakha concernant le retour, c’est-à-dire après sept jours ; et telle est la même halakha concernant la venue, c’est-à-dire également après sept jours. De toute évidence, la différence moins marquée dans les formes grammaticales entre tziva et tzavoto ne devrait pas empêcher l’enseignement d’une analogie verbale.
הָנֵי מִילֵּי, הֵיכָא דְּלֵיכָּא דְּדָמֵי לֵיהּ. אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא דְּדָמֵי לֵיהּ — מִדְּדָמֵי לֵיהּ יָלְפִינַן.
La Guemara rejette cet argument : Cela s’applique seulement là où il n’y a pas de termes identiques à lui ; cependant, là où il y a des termes identiques à lui, nous dérivons l’analogie verbale à partir de termes identiques à lui, plutôt qu’à partir de termes qui ne sont que similaires.
״לְכַפֵּר״ אֵלּוּ מַעֲשֵׂה יוֹם הַכִּפּוּרִים. וְאֵימָא כַּפָּרָה דְּקׇרְבָּנוֹת!
§ La Guemara analyse l’analogie verbale d’où est dérivée la mise à l’écart du Grand Prêtre. La Guemara déclare au sujet de l’expression « pour faire expiation », écrite dans le contexte de l’inauguration : Ce sont les actions accomplies à Yom Kippour. La Guemara suggère : Et dis que cela se rapporte à l’expiation des offrandes en général, de sorte que tout prêtre occupé à offrir des sacrifices expiatoires doit être mis à l’écart sept jours à l’avance.
מִי יָדְעִינַן הֵי כֹּהֵן מִתְרְמֵי, דְּבָעֵי לֵיהּ פְּרִישָׁה? אָמְרִי, אַלְּמָה לָא?! נִיבְעֵי לֵיהּ פְּרִישָׁה לְכוּלֵּיהּ מִשְׁמֶרֶת בֵּית אָב! דָּנִין דָּבָר שֶׁקָּבוּעַ לוֹ זְמַן מִדָּבָר שֶׁקָּבוּעַ לוֹ זְמַן, לְאַפּוֹקֵי קׇרְבָּנוֹת, דְּכׇל יוֹמָא אִיתַנְהוּ.
La Guemara cherche à rejeter cette suggestion d’un point de vue pratique. Savons-nous à l’avance quel prêtre se trouvera offrir un sacrifice donné, et qui, par conséquent, aurait besoin d’être mis à l’écart ? Les Sages disent : Pourquoi pas ? Il existe certainement des moyens de le faire. Chacune des vingt-quatre gardes sacerdotales a des semaines fixes pendant lesquelles elle sert dans le Temple, et les familles patrilinéaires qui composent cette garde ont des jours fixes durant cette semaine où chacune sert dans le Temple. Nous pourrions exiger la mise à l’écart de toute la famille patrilinéaire de la garde sacerdotale désignée pour servir ce jour-là la semaine suivante. La Guemara rejette la suggestion selon laquelle tous les prêtres devraient être mis à l’écart avant d’offrir un sacrifice expiatoire. Nous déduisons une question qui a un temps fixe dans l’année, Yom Kippour, d’une question qui a elle aussi un temps fixe, l’inauguration des prêtres pour le service dans le Tabernacle, à l’exclusion des offrandes qui sont sacrifiées chaque jour.
וְאֵימָא רְגָלִים! דָּנִין דָּבָר שֶׁנּוֹהֵג פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה מִדָּבָר הַנּוֹהֵג פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה, לְאַפּוֹקֵי רְגָלִים, דְּלָאו פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה נִינְהוּ.
La Guemara demande de nouveau : Et dis que l’on dérive de l’expression « faire expiation » le principe de la mise à l’écart avant d’offrir des sacrifices expiatoires lors des Fêtes, qui ont des temps fixes. La Guemara rejette cela : Nous dérivons une chose qui est accomplie une fois par an, le service de Yom Kippour, d’une chose qui est accomplie une fois par an, comme l’inauguration, qui fut un événement unique, à l’exclusion du service des Fêtes, qui n’est pas accompli une fois par an ; au contraire, il est accompli trois fois par an.
וְאֵימָא רֶגֶל אֶחָד! וְכִי תֵּימָא: לָא יָדְעִינַן הֵי מִינַּיְיהוּ, אִי חַג הַמַּצּוֹת, הוֹאִיל וּפָתַח בּוֹ הַכָּתוּב תְּחִלָּה, אִי חַג הַסּוּכּוֹת, הוֹאִיל וּמְרוּבָּה מִצְוָתוֹ!
La Guemara demande : Et dis que le service accompli lors d’une Fête parmi les trois, effectué une fois par an, devrait nécessiter une réclusion. Et si tu dis : Nous ne savons pas laquelle d’entre elles est la plus importante et nécessite une réclusion, car on pourrait suggérer qu’il s’agit de Pessa'h, par lequel le verset s’est ouvert, puisque la Torah l’énumère toujours en premier parmi les Fêtes ; ou on pourrait suggérer qu’il s’agit de Souccot, puisque sa mitsva est d’apporter de nombreuses offrandes, bien plus que le nombre apporté lors des autres Fêtes.
אֶלָּא: דָּנִין פְּרִישַׁת שִׁבְעָה לְיוֹם אֶחָד, מִפְּרִישַׁת שִׁבְעָה לְיוֹם אֶחָד. וְאֵין דָּנִין פְּרִישַׁת שִׁבְעָה לְשִׁבְעָה, מִפְּרִישַׁת שִׁבְעָה לְיוֹם אֶחָד.
Au contraire, la Guemara rejette cette possibilité et explique : on déduit la réclusion de sept jours avant d’accomplir un service d’un jour, Yom Kippour, de la réclusion de sept jours avant d’accomplir un service d’un jour, l’inauguration. Et l’on ne déduit pas la réclusion de sept jours avant d’accomplir un service de sept jours, une fête, de la réclusion de sept jours avant d’accomplir un service d’un jour, l’inauguration. Par conséquent, les offrandes d’expiation des fêtes ne sont pas déduites de l’inauguration.
וְאֵימָא שְׁמִינִי, דִּפְרִישַׁת שִׁבְעָה לְיוֹם אֶחָד הוּא! דָּנִין דָּבָר שֶׁאֵין קְדוּשָּׁה לְפָנָיו מִדָּבָר שֶׁאֵין קְדוּשָּׁה לְפָנָיו, וְאֵין דָּנִין דָּבָר שֶׁיֵּשׁ קְדוּשָּׁה לְפָנָיו מִדָּבָר שֶׁאֵין קְדוּשָּׁה לְפָנָיו.
La Guemara demande : Et dis que la mise à l’écart pendant sept jours a lieu avant la fête du Huitième Jour d’Assemblée, car cela aussi serait une mise à l’écart pendant sept jours avant d’accomplir un service pour un seul jour. La Guemara rejette cela : On déduit une chose précédée d’une absence de sainteté, Yom Kippour, qui est précédé de jours ordinaires, d’une chose précédée d’une absence de sainteté, le jour de l’inauguration, qui était lui aussi précédé de jours ordinaires. Et nous ne déduisons pas une chose précédée de sainteté, le Huitième Jour d’Assemblée, qui est précédé des sept jours de Souccot, d’une chose précédée d’une absence de sainteté.
וְלָאו קַל וָחוֹמֶר הוּא? הַשְׁתָּא דָּבָר שֶׁאֵין קְדוּשָּׁה לְפָנָיו בָּעֵי פְּרִישָׁה, דָּבָר שֶׁיֵּשׁ קְדוּשָּׁה לְפָנָיו — לָא כׇּל שֶׁכֵּן! אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא: לָא, ״הַזֶּה״ כְּתִיב: כָּזֶה.
La Guemara objecte à cela : Et n’est-ce pas un raisonnement a fortiori ? Or, si une chose devant laquelle il n’y a pas de sainteté requiert une mise à l’écart, en raison de sa sainteté, alors en ce qui concerne une chose devant laquelle il y a de la sainteté, à plus forte raison n’est-il pas clair qu’elle devrait requérir une mise à l’écart ? Rav Mesharshiyya dit pour rejeter cette objection : Non, il n’y a pas ici de raisonnement a fortiori, car le verset : « Comme cela a été fait en ce jour, ainsi le Seigneur a ordonné de faire, pour faire expiation pour vous » (Lévitique 8:34), est écrit pour souligner spécifiquement un jour comme ce jour ; précisément comme ce fut le cas pour l’inauguration, et non dans toute autre situation.
רַב אָשֵׁי אָמַר: מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּעִיקַּר רֶגֶל לָא בָּעֵי פְּרִישָׁה, טָפֵל דִּידֵיהּ בָּעֵי פְּרִישָׁה? וַאֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר שְׁמִינִי רֶגֶל בִּפְנֵי עַצְמוֹ הוּא, הָנֵי מִילֵּי לְעִנְיַן
Rav Ashi a dit : Il y a une autre raison pour laquelle il ne pourrait pas être que la réclusion soit requise avant le Huitième Jour d’Assemblée. Y a-t-il une question où la Fête principale, le premier jour de Souccot, ne requiert pas de réclusion, comme cela a déjà été prouvé, tandis que ce qui lui est secondaire requiert une réclusion ? Puisque le Huitième Jour d’Assemblée est un ajout à Souccot, sa sainteté et sa rigueur pourraient-elles être plus grandes que celles associées à la Fête principale ? Et même selon celui qui a dit : Le Huitième Jour d’Assemblée est une Fête en soi et ne fait pas partie de la fête de Souccot, cela ne s’applique qu’à la question de