שִׁבְעַת יָמִים קוֹדֶם יוֹם הַכִּפּוּרִים מַפְרִישִׁין כֹּהֵן גָּדוֹל מִבֵּיתוֹ לְלִשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין. וּמַתְקִינִין לוֹ כֹּהֵן אַחֵר תַּחְתָּיו שֶׁמָּא יֶאֱרַע בּוֹ פְּסוּל.
MICHNA :Sept jours avant Yom Kippour, les Sages retiraient le Grand Prêtre, qui accomplit tout le service de Yom Kippour, de sa maison vers la Chambre de Parhedrin, une pièce du Temple désignée spécialement pour le Grand Prêtre durant cette période. Et ils désignaient un autre prêtre à sa place pour le remplacer, de peur qu’une disqualification ne survienne en raison d’une impureté ou d’une autre circonstance indépendante de sa volonté, l’empêchant d’entrer dans le Temple à Yom Kippour.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף אִשָּׁה אַחֶרֶת מַתְקִינִין לוֹ, שֶׁמָּא תָּמוּת אִשְׁתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וּבְעַד בֵּיתוֹ״, ״בֵּיתוֹ״ — זוֹ אִשְׁתּוֹ. אָמְרוּ לוֹ: אִם כֵּן, אֵין לַדָּבָר סוֹף.
Rabbi Yehouda dit : Les Sages lui désignaient même une autre épouse de peur que sa femme ne meure, comme il est dit dans la section de la Torah sur le service de Yom Kippour : « Et il fera expiation pour lui et pour sa maison » (Lévitique 16:6) ; les Sages ont interprété le terme : Sa maison, c’est-à-dire sa femme. Le prêtre doit être marié afin d’accomplir ce commandement. En raison de la crainte que sa femme ne meure, une autre épouse lui était désignée pour parer à cette éventualité. Les Rabbins dirent à Rabbi Yehouda : Si tel est le cas, si cela constitue une inquiétude, il n’y a pas de fin à la chose, car que se passerait-il si l’épouse de remplacement désignée mourait ? Cette possibilité ne doit pas être une source d’inquiétude.
גְּמָ׳ תְּנַן הָתָם: שִׁבְעַת יָמִים קוֹדֶם שְׂרֵיפַת הַפָּרָה הָיוּ מַפְרִישִׁין כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה מִבֵּיתוֹ לַלִּשְׁכָּה שֶׁעַל פְּנֵי הַבִּירָה צָפוֹנָה מִזְרָחָה, וְלִשְׁכַּת בֵּית הָאֶבֶן הָיְתָה נִקְרֵאת. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ לִשְׁכַּת בֵּית הָאֶבֶן — שֶׁכׇּל מַעֲשֶׂיהָ בִּכְלֵי גְלָלִים, בִּכְלֵי אֲבָנִים, וּבִכְלֵי אֲדָמָה.
GUEMARA : La halakha consistant à mettre à l’écart le Grand Prêtre avant qu’il n’accomplisse le service du Temple à Yom Kippour est comparable à la mise à l’écart du prêtre désigné pour brûler la génisse rousse. Par conséquent, la Guemara cite ce que nous avons appris dans une michna là-bas, dans le traité Para : Sept jours avant la combustion de la génisse rousse, les Sages retiraient de sa maison le prêtre qui brûlait la génisse pour l’installer dans la chambre qui se trouvait devant la bira à l’angle nord-est de la cour sur le mont du Temple. Et cette chambre était appelée la Chambre de la Maison de Pierre. La Guemara explique : Et pourquoi l’appelait-on la Chambre de la Maison de Pierre ? C’est parce que toutes les actions associées à la génisse rousse étaient effectuées dans des récipients de fumier, des récipients de pierre et des récipients de terre, qui sont des récipients ne pouvant pas devenir rituellement impurs.
מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּטְבוּל יוֹם כָּשֵׁר בַּפָּרָה, דִּתְנַן: מְטַמְּאִין הָיוּ הַכֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה וּמַטְבִּילִין אוֹתוֹ, לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִין, שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: בִּמְעוֹרְבֵי הַשֶּׁמֶשׁ הָיְתָה נַעֲשֵׂית.
La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle ils étaient si rigoureux au sujet de la pureté de la génisse ? La Guemara explique : C’est parce qu’un prêtre qui s’est immergé ce jour-là est apte au service et peut accomplir le rituel de la génisse après l’immersion, même avant le coucher du soleil, comme nous l’avons appris dans une michna : Ils rendaient intentionnellement impur le prêtre qui brûlait la génisse et l’immergeaient immédiatement, afin d’ôter une erreur du cœur des sadducéens au moyen d’une démonstration publique de mépris pour leur décision. Car les sadducéens disaient : Seulement par ceux pour qui le soleil s’était couché était accompli le rituel de la génisse. Les sadducéens croyaient qu’il était interdit aux prêtres qui avaient commencé le processus de purification par immersion ce jour-là de brûler la génisse rousse avant le coucher du soleil, lorsque le processus de purification est achevé.
תַּקִּינוּ לַהּ רַבָּנַן: כְּלֵי גְלָלִים, כְּלֵי אֲבָנִים, וּכְלֵי אֲדָמָה — דְּלָא לִיקַבְּלוּ טוּמְאָה, כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיזַלְזְלוּ בַּהּ.
Cette michna continue : puisqu’ils rendaient intentionnellement rituellement impur le prêtre qui brûlait la génisse, les Sages, à leur tour, instituèrent les rigueurs consistant à utiliser des récipients en bouse, des récipients en pierre et des récipients en terre, qui ne peuvent pas devenir rituellement impurs, de peur que les gens ne viennent à traiter le rituel avec mépris et à l’accomplir en état d’impureté rituelle, après avoir vu que le rituel de la génisse rousse avait été accompli par quelqu’un qui s’était immergé ce jour-là.
מַאי שְׁנָא צָפוֹנָה מִזְרָחָה? כֵּיוָן דְּחַטָּאת הִיא, וְחַטָּאת טְעוּנָה צָפוֹנָה. וּכְתִיב בָּהּ: ״אֶל נֹכַח פְּנֵי אֹהֶל מוֹעֵד״ — תַּקִּינוּ לַהּ רַבָּנַן לִשְׁכָּה צָפוֹנָה מִזְרָחָה, כִּי הֵיכִי דְּלֶהֱוֵי לַהּ הֶיכֵּירָא.
À propos de la michna dans le traité Para, la Guemara demande : Qu’a de particulier la chambre située dans l’angle nord-est de la cour du Temple, qui a conduit les Sages à loger le prêtre accomplissant le rituel de la vache rousse précisément dans cette chambre ? La Guemara répond : Elle est différente car il s’agit d’un sacrifice expiatoire, puisque la vache rousse est appelée sacrifice expiatoire dans la Torah, et l’abattage ainsi que l’aspersion du sang d’un sacrifice expiatoire doivent être effectués au nord de l’autel ; et, puisqu’il est écrit au sujet de la vache rousse : « Et il en fera l’aspersion devant l’entrée de la Tente d’assignation » (Nombres 19:4), et devant la Tente d’assignation signifie sur son côté oriental. Par conséquent, les Sages établirent une chambre au nord-est afin que le rituel de la vache rousse ait un signe distinctif ; cela amènera le prêtre qui l’administre à être vigilant dans son accomplissement.
מַאי ״בִּירָה״? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָקוֹם הָיָה בְּהַר הַבַּיִת וּ״בִירָה״ שְׁמוֹ. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: כׇּל הַמִּקְדָּשׁ כּוּלּוֹ קָרוּי ״בִּירָה״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַבִּירָה אֲשֶׁר הֲכִינוֹתִי״.
La Guemara demande au sujet de la terminologie de la michna : Quel est le sens du terme bira mentionné là-bas ? Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Il y avait un endroit sur le mont du Temple et son nom est bira, et la Chambre de la Maison de Pierre lui était adjacente. Et Reish Lakish a dit : Tout le Temple est appelé bira, comme il est dit dans la prière de David : « Accorde à Salomon mon fils un cœur intègre, pour observer Tes commandements, Tes témoignages et Tes statuts, pour les accomplir tous, et pour construire la bira pour laquelle j’ai fait provision » (I Chroniques 29:19).
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב מִנְיוֹמֵי בַּר חִלְקִיָּה אָמַר רַבִּי מַחְסֵיָא בַּר אִידִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, אָמַר קְרָא: ״כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בַּיּוֹם הַזֶּה צִוָּה ה׳ לַעֲשׂוֹת לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם״. ״לַעֲשׂוֹת״ — אֵלּוּ מַעֲשֵׂי פָרָה, ״לְכַפֵּר״ — אֵלּוּ מַעֲשֵׂי יוֹם הַכִּפּוּרִים.
§ En ce qui concerne les halakhot de la mise à l’écart du Grand Prêtre avant l’accomplissement du service de Yom Kippour, et de la mise à l’écart du prêtre désigné pour brûler la génisse avant l’accomplissement du rituel de la génisse rousse, la Guemara demande : D’où dans la Torah ces questions sont-elles dérivées ? Rav Minyomi bar Ḥilkiya a dit que Rabbi Maḥseya bar Idi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit qu’elles sont dérivées d’Aaron et de ses fils, qui demeurèrent dans le Tabernacle pendant sept jours avant d’accomplir le service dans le Tabernacle le huitième jour de leur inauguration, comme le verset l’énonce : « Comme on a fait en ce jour, ainsi le Seigneur a ordonné de faire, afin de faire expiation pour vous » (Lévitique 8:34), ce qui signifie que cette mitsva de mise à l’écart ne se limitait pas aux jours précédant la dédicace du Tabernacle ; elle s’applique plutôt également aux générations futures. Le verset est interprété de manière homilétique : « Faire » ; ce sont les actions accomplies lors de la combustion de la génisse rousse, pour lesquelles le prêtre accomplissant le rituel est mis à l’écart sept jours à l’avance ; « afin de faire expiation » ; ce sont les actions accomplies à Yom Kippour, avant lequel le Grand Prêtre est mis à l’écart pendant sept jours.
בִּשְׁלָמָא, כּוּלֵּיהּ קְרָא בְּפָרָה לֹא מִתּוֹקַם — ״לְכַפֵּר״ כְּתִיב, וּפָרָה לָאו בַּת כַּפָּרָה הִיא. אֶלָּא, אֵימָא כּוּלֵּיהּ קְרָא בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים כְּתִיב!
La Guemara demande : Soit, le verset entier n’est pas établi comme se rapportant exclusivement à la génisse rousse, car : « Pour expier » est écrit, et la génisse n’est pas capable de procurer l’expiation ; elle procure plutôt la pureté rituelle. Dis plutôt que le verset entier est écrit au sujet de Yom Kippour, car les rites accomplis pour obtenir l’expiation à Yom Kippour sont semblables à ceux accomplis pendant les jours de l’inauguration. Quelle est donc la source de la mise à l’écart du prêtre qui doit accomplir le rituel de la génisse rousse ?
אָמְרִי: יָלֵיף ״צִוָּה״ ״צִוָּה״. כְּתִיב הָכָא: ״צִוָּה ה׳ לַעֲשׂוֹת״, וּכְתִיב הָתָם: ״זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר צִוָּה ה׳ לֵאמֹר״. מָה לְהַלָּן פָּרָה, אַף כָּאן פָּרָה. וּמָה כָּאן פְּרִישָׁה, אַף לְהַלָּן פְּרִישָׁה.
Les Sages disent en réponse : Dérive cela d’une analogie verbale entre les termes a ordonné et a ordonné. Il est dit ici, au sujet des jours de l’inauguration : « Le Seigneur a ordonné de faire », et il est dit là-bas, au sujet de la génisse rousse : « Voici la loi de la Torah que le Seigneur a ordonnée, en disant » (Nombres 19:2). De même que le terme a ordonné là-bas se rapporte à la génisse, de même ici, l’expression : « Le Seigneur a ordonné de faire », écrite dans le contexte des jours de l’inauguration, se rapporte à la génisse. Et de même qu’ici, au sujet de l’inauguration, il existe le principe de mise à l’écart avant l’accomplissement du service, de même là-bas, dans le contexte des halakhot de la génisse, une mise à l’écart est requise avant l’accomplissement de la mitsva.