הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵיהּ! אָמַר רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: אַשְׁכַּחְתֵּיהּ לְאַבָּיֵי דַּהֲוָה מַסְבַּר לֵיהּ לִבְרֵיהּ: ״וְשָׁחַט״ — שְׁחִיטָה בְּזָר כְּשֵׁירָה. וְכִי מֵאַיִן בָּאתָ? מִכְּלָל שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה וּבָנֶיךָ אִתְּךָ תִּשְׁמְרוּ אֶת כְּהוּנַּתְכֶם״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי אֲפִילּוּ שְׁחִיטָה,
La Guemara demande : Mais ce verset au sujet de mettre du feu sur l’autel est nécessaire pour lui-même, afin d’enseigner que le bois doit être apporté par un prêtre ; il ne faut pas l’interpréter comme une déduction selon laquelle d’autres services, tels que l’écorchement et la découpe, peuvent être accomplis par des non-prêtres. Rav Shimi bar Ashi a dit : J’ai trouvé Abaye expliquant la dérivation de Hizkiya à son fils sur la base de la baraita suivante. Il est écrit : « Et il égorgera le taureau devant le Seigneur » (Lévitique 1:5), sans mention d’un prêtre, ce qui enseigne que l’égorgement par un non-prêtre est valable. La baraita poursuit : Or, d’où te viendrait l’idée du contraire ? Pourquoi soupçonnerait-on même qu’un prêtre soit requis pour égorger l’offrande, au point qu’un verset spécifique soit nécessaire pour nous enseigner le contraire ? Du fait qu’il est dit : « Et toi et tes fils avec toi, vous garderez votre sacerdoce » (Nombres 18:7), j’en déduirais qu’aucune partie du service sacrificiel ne peut être accomplie par un non-prêtre, pas même l’égorgement.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר לִפְנֵי ה׳ וְהִקְרִיבוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֶת הַדָּם״, מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהוּנָּה. ״וְסָמַךְ יָדוֹ וְשָׁחַט״, לִימֵּד עַל הַשְּׁחִיטָה שֶׁכְּשֵׁירָה בְּזָר.
La baraita continue : Par conséquent, le verset déclare : « Et il égorgera le taureau devant le Seigneur, et les fils d’Aaron… offriront le sang » (Lévitique 1:5), d’où l’on déduit que depuis l’offrande du sang, qui commence par la collecte du sang, et à partir de là c’est une mitsva relevant exclusivement du sacerdoce. Juste avant cela, la Torah déclare : « Et il posera ses mains sur la tête de l’holocauste…et il égorgera le taureau devant le Seigneur » (Lévitique 1:4–5). Dans ce verset, la Torah parle de celui qui apporte l’offrande lorsqu’elle dit : Il posera ses mains, et par conséquent lorsqu’elle poursuit : Et il égorgera, elle parle également de celui qui apporte l’offrande. La Torah a ainsi enseigné que l’abattage rituel de l’offrande est valable s’il est effectué par un non-prêtre.
מִכְּדֵי מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהוּנָּה, ״וְנָתְנוּ בְּנֵי אַהֲרֹן״ לְמָה לִי? לְמַעוֹטֵי הֶפְשֵׁט וְנִיתּוּחַ.
Abaye demanda : Puisque, comme l’établit cette baraita, à partir de la collecte du sang et au-delà c’est une mitzva relevant exclusivement du sacerdoce, pourquoi ai-je besoin que la Torah dise ensuite : « Les fils d’Aaron mettront du feu sur l’autel » (Lévitique 1:7) ? Puisque le verset concernant le fait de mettre le feu sur l’autel suit le verset concernant la collecte du sang, il est clair que cela doit être fait par des prêtres, et la précision du verset à ce sujet paraît superflue. C’est pourquoi Ḥizkiya a conclu que le verset n’est pas requis pour lui-même, mais qu’il est nécessaire pour enseigner l’inférence suivante : Seul le fait de placer le feu sur l’autel requiert des prêtres, à l’exclusion du dépouillement et du découpage de l’animal, qui peuvent être effectués par un non-prêtre.
וְאַכַּתִּי אִיצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא כֵּיוָן דְּלָאו עֲבוֹדָה דִּמְעַכְּבָא כַּפָּרָה הִיא — לָא תִּיבְעֵי כְּהוּנָּה, קָא מַשְׁמַע לַן דְּבָעֲיָא כְּהוּנָּה!
La Guemara demande : Mais malgré tout, le verset au sujet de la disposition du bois par les prêtres est nécessaire pour lui-même. Car vous auriez pu penser dire que, puisque placer le bois n’est pas un service indispensable pour obtenir l’expiation, puisque l’expiation est obtenue uniquement par le sang de l’offrande, il ne serait pas nécessaire que cela soit accompli par des prêtres. Et l’on aurait pu penser que le principe selon lequel toutes les tâches, à partir de la collecte du sang et au-delà, requièrent un prêtre ne s’applique qu’aux services liés au sang. Par conséquent, le verset nous enseigne que néanmoins, la prêtrise est requise. Par conséquent, on ne peut pas affirmer que le verset a été écrit dans le but d’exclure d’autres services.
אֶלָּא מֵהָכָא: ״וְעָרְכוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֵת הַנְּתָחִים אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר״, מִכְּדֵי, מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהוּנָּה, ״וְעָרְכוּ״ לְמָה לִי? לְמַעוֹטֵי הֶפְשֵׁט וְנִיתּוּחַ.
Au contraire, la déduction de Hizkiya doit être rejetée, et l’admissibilité des non-prêtres pour dépouiller et découper l’animal doit être apprise d’ici : Il est écrit : « Et les fils d’Aaron, les prêtres, disposeront les morceaux, la tête et la graisse » (Lévitique 1:8). Puisque, comme l’établit la baraita ci-dessus, à partir de la réception du sang et au-delà, c’est une mitsva exclusivement du sacerdoce, pourquoi ai-je besoin que le verset précise : « Et les fils d’Aaron disposeront les morceaux » ? Puisque la précision du sacerdoce ici paraît superflue, il faut conclure qu’elle est écrite non pour elle-même, mais pour exclure le dépouillement et le découpage de l’animal, afin d’enseigner que ces actes n’ont pas besoin d’être accomplis par un prêtre.
וְאֵימָא לְמַעוֹטֵי סִידּוּר שְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים! מִסְתַּבְּרָא דִּיבְחָא דִּכְוָתֵיהּ מְמַעֵט.
La Guemara demande : Certes, le verset vient enseigner l’inférence selon laquelle un autre acte ne requiert pas la prêtrise, mais dis qu’il vient exclure l’arrangement des deux bûches, pour enseigner que cette activité peut être accomplie par un non-prêtre. La Guemara rejette cela : Il est plus raisonnable que le verset, qui traite de la disposition des parties de l’offrande sur l’autel, exclue un service qui soit semblable à lui-même, c’est-à-dire quelque chose lié au corps de l’animal sacrificiel, comme le dépouiller et le découper, plutôt que l’arrangement du bois, qui n’est pas lié à l’animal lui-même.
אַדְּרַבָּה, סִדּוּר דִּכְוָתֵיהּ מְמַעֵט!
La Guemara répond : Au contraire, il faut dire que cela exclut quelque chose de pertinent au placement, c’est-à-dire la disposition des bûches, qui est similaire à la disposition des parties de l’offrande, en ce que toutes deux concernent le placement d’un élément sur l’autel. Peut-être, alors, le verset vient-il transmettre l’inférence selon laquelle la disposition des bûches, contrairement à la disposition des parties de l’offrande, peut être effectuée par un non-prêtre.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּאָמַר מָר: ״וְהִקְרִיב הַכֹּהֵן אֶת הַכֹּל הַמִּזְבֵּחָה״, זוֹ הוֹלָכַת אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ. הוֹלָכַת אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ הוּא דְּבָעֲיָא כְּהוּנָּה, הוֹלָכַת עֵצִים לָא בָּעֲיָא כְּהוּנָּה. הָא סִידּוּר שְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים — בָּעֲיָא כְּהוּנָּה!
La Guemara rejette cet argument : Il ne peut te venir à l’esprit de dire cela, car le Maître a dit : Après avoir mentionné la mitsva de recueillir le sang, la Torah déclare : « Et le prêtre apportera le tout et le fera fumer sur l’autel » (Lévitique 1:13), où le fait d’apporter se réfère au transport des membres jusqu’à la rampe. La précision du sacerdoce dans ce verset n’est pas nécessaire en soi, puisque tous les services qui suivent le recueil du sang exigent le sacerdoce. Il faut donc comprendre qu’elle vient enseigner l’inférence selon laquelle c’est seulement le transport des membres jusqu’à la rampe qui exige le sacerdoce, mais le transport du bois jusqu’à l’autel n’exige pas le sacerdoce. Cela, à son tour, implique que la véritable disposition des deux bûches, qui n’a pas été exclue, exige le sacerdoce.
״וְעָרְכוּ״ לְמָה לִי? לְמַעוֹטֵי הֶפְשֵׁט וְנִיתּוּחַ. וְאֵימָא הָכִי נָמֵי לְגוּפֵיהּ!
La Guemara revient à la dérivation présentée ci-dessus, où la question suivante a été soulevée : Pourquoi ai-je besoin des mots « et les fils d’Aaron disposeront les morceaux » ? La conclusion était que la mention du sacerdoce ici vient exclure le dépouillement et le découpage de l’animal, pour enseigner que ces actes peuvent être accomplis par un non-prêtre. La Guemara rejette maintenant cette dérivation : Mais dis que ce verset aussi est nécessaire pour lui-même, afin d’enseigner la leçon que la Guemara va bientôt dériver de ces mots (Maharsha), et l’on ne peut plus soutenir que le verset vient uniquement dans le but de transmettre l’inférence selon laquelle d’autres actes similaires, c’est-à-dire le dépouillement et le découpage de l’animal, ne requièrent pas le sacerdoce.
אֶלָּא: ״וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת הַכֹּל״ לְמַאי אֲתָא? לְמַעוֹטֵי הֶפְשֵׁט וְנִיתּוּחַ.
Au contraire, cette dérivation doit elle aussi être rejetée, et il faut trouver un autre verset à partir duquel prouver que des non-prêtres peuvent écorcher et découper l’animal. La Torah déclare : « Et le prêtre fera fumer le tout sur l’autel » (Lévitique 1:9). Puisqu’il s’agit d’un acte qui suit la collecte du sang, la précision du sacerdoce n’est pas nécessaire en soi. Par conséquent, dans quel but vient ce verset ? Il vient exclure l’écorchage et le découpage de l’animal, qui peuvent être effectués par un non-prêtre.
״וְהִקְרִיב הַכֹּהֵן אֶת הַכֹּל הַמִּזְבֵּחָה״ — זוֹ הוֹלָכַת אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ. הוֹלָכַת אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ הוּא דְּבָעֲיָא כְּהוּנָּה, הוֹלָכַת עֵצִים — לָא בָּעֲיָא כְּהוּנָּה, הָא סִדּוּר שְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים — בָּעֲיָא כְּהוּנָּה. ״וְנָתְנוּ״ לְגוּפֵיהּ.
La Guemara passe en revue les enseignements tirés des autres versets cités ci-dessus. Lorsque la Torah écrit : « Le prêtre apportera le tout près de... l’autel » (Lévitique 1:13), cela fait référence au transport des membres jusqu’à la rampe, et le verset vient exclure d’autres actions similaires, enseignant que, bien que le transport des membres jusqu’à la rampe exige la prêtrise, le transport du bois vers l’autel n’exige pas la prêtrise. Par conséquent, on en déduit également que la disposition des deux bûches exige bien la prêtrise, comme expliqué ci-dessus. Et lorsque la Torah écrit : « Les fils d’Aaron mettront du feu sur l’autel » (Lévitique 1:7), cela est nécessaire en soi, pour enseigner que ce service doit être accompli par des prêtres.
״וְעָרְכוּ״, שְׁנַיִם. ״בְּנֵי אַהֲרֹן״, שְׁנַיִם. ״הַכֹּהֲנִים״, שְׁנַיִם. לָמַדְנוּ לְטָלֶה שֶׁטָּעוּן שִׁשָּׁה.
Lorsque la Torah déclare : “Et les fils d’Aaron, les prêtres, disposeront les morceaux, la tête et la graisse” (Lévitique 1:8), cela vient enseigner ce qui suit : “Et ils disposeront,” par l’emploi du pluriel, enseigne que cela doit être fait par deux prêtres, puisque le nombre minimal impliqué par un mot au pluriel est deux. “Les fils d’Aaron,” également au pluriel, indiquent deux supplémentaires ; “les prêtres,” également au pluriel, indiquent encore deux. Nous apprenons donc de ce verset que l’agneau sacrificiel nécessite six prêtres pour porter ses membres jusqu’à l’autel. La chair est portée par cinq prêtres, et les entrailles par un seul, comme décrit dans une michna antérieure.
אָמַר רַב הַמְנוּנָא, קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר: הַאי בְּבֶן הַבָּקָר כְּתִיב, וּבֶן הַבָּקָר עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה בָּעֵי! וְנִיחָא לֵיהּ: ״עַל הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל הָאֵשׁ אֲשֶׁר עַל הַמִּזְבֵּחַ״, אֵיזֶהוּ דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ עֵצִים אֵשׁ וּמִזְבֵּחַ —
Rav Hamnuna a dit que Rabbi Elazar a soulevé une difficulté : Ce verset est écrit au sujet d’un jeune taureau, et non d’un agneau ; or un taureau requiert vingt-quatre prêtres. Comment, dès lors, ce verset peut-il servir de source pour établir que six prêtres sont nécessaires pour porter les membres d’un agneau ? Et il résolut lui-même la difficulté ainsi : Le même verset déclare : « Sur le bois qui est sur le feu, sur l’autel » (Lévitique 1:8), alors que tout cela, apparemment, n’enseigne rien de nouveau au sujet du sacrifice. Par conséquent, cela est considéré comme une allusion à l’offrande quotidienne, qui était un agneau, car quel est l’élément au sujet duquel il est dit que du bois et du feu spécialement préparés doivent être fournis sur un autel, et que le bois et le feu préexistants ne suffisent pas ?