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לְמַאי אֲתָא? לְכִדְתַנְיָא: כֵּיצַד הָיָה עוֹשֶׂה? נוֹתֵן אֶת הַפֶּדֶר אַבֵּית הַשְּׁחִיטָה וּמַעֲלֵהוּ, וְזֶה הוּא דֶּרֶךְ כָּבוֹד שֶׁל מַעְלָה.
qu’est-ce que cela vient nous enseigner ? La Guemara explique : Comme il a été enseigné dans une baraita : De quelle manière le prêtre qui plaçait les morceaux sur l’autel faisait-il cela ? Il plaçait la graisse directement sur le lieu de l’abattage, c’est-à-dire sur le cou tranché, et la faisait monter ainsi, et c’est la manière la plus respectueuse envers le Très-Haut, afin que le point sanglant de l’abattage ne soit pas exposé.
מַתְנִי׳ הַפַּיִיס הַשְּׁלִישִׁי: חֲדָשִׁים לִקְטֹרֶת בֹּאוּ וְהָפִיסוּ. וְהָרְבִיעִי: חֲדָשִׁים עִם יְשָׁנִים — מִי מַעֲלֶה אֵבָרִים מִן הַכֶּבֶשׁ לַמִּזְבֵּחַ.
MICHNA : Avant le troisième tirage au sort, le responsable déclara : Que viennent et participent au tirage au sort de l’encens uniquement les prêtres qui sont nouveaux dans l’offrande de l’encens. Le quatrième tirage au sort était ouvert aux nouveaux dans le service ainsi qu’aux anciens qui l’avaient déjà accompli, afin de déterminer qui ferait monter les membres depuis la rampe, où ils avaient été placés auparavant, jusqu’à l’autel.
גְּמָ׳ תָּנָא: מֵעוֹלָם לֹא שָׁנָה אָדָם בָּהּ. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מִפְּנֵי שֶׁמַּעֲשֶׁרֶת.
GUEMARA : Un Sage a enseigné dans la Tosefta : Jamais personne n’a accompli le service de l’encens deux fois, car on trouvait toujours un nouveau prêtre pour ce service. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle ils tenaient à ce qu’aucun prêtre ne soit désigné pour cette tâche plus d’une fois dans sa vie ? Rabbi Ḥanina a dit : C’est parce que cela apporte la richesse à celui qui l’accomplit. Puisque l’offrande de l’encens était une bénédiction de richesse, il fut décidé qu’autant de prêtres différents que possible devaient avoir l’occasion d’accomplir ce service.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״יָשִׂימוּ קְטוֹרָה בְּאַפֶּךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״בָּרֵךְ ה׳ חֵילוֹ״, אִי הָכִי עוֹלָה נָמֵי, הָכְתִיב: ״וְכָלִיל עַל מִזְבְּחֶךָ״!
Rav Pappa dit à Abaye : Quelle est la raison de cette affirmation selon laquelle celui qui brûle l’encens devient riche ? Si nous disons que c’est parce qu’il est écrit : « Ils mettront de l’encens devant Toi et des holocaustes entiers sur Ton autel » (Deutéronome 33:10), et qu’il est écrit immédiatement après cela : « Bénis, ô Seigneur, ses biens » (Deutéronome 33:11), si tel est le cas, nous devrions aussi faire la même affirmation au sujet de ceux qui accomplissent le sacrifice de l’holocauste, puisqu’il est écrit dans ce même verset : « et des holocaustes entiers sur Ton autel. »
אֲמַר לֵיהּ: הָא שְׁכִיחָא וְהָא לָא שְׁכִיחָא.
Abaye lui dit : Il y a une différence entre les deux : Ceci, le sacrifice d’holocauste, est fréquent, tandis que cela, la combustion de l’encens, est peu fréquent. Il y avait de nombreux holocaustes, à la fois obligatoires et volontaires, offerts au cours de la journée, tandis que l’encens n’était brûlé que deux fois par jour. Il est logique de supposer que la bénédiction de la richesse n’a pas été accordée aux nombreux prêtres qui participaient aux holocaustes, mais aux quelques prêtres qui accomplissaient la combustion de l’encens.
אָמַר רָבָא: לָא מַשְׁכַּחַתְּ צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דְּמוֹרֵי אֶלָּא דְּאָתֵי מִשֵּׁבֶט לֵוִי אוֹ מִשֵּׁבֶט יִשָּׂשכָר. לֵוִי, דִּכְתִיב: ״יוֹרוּ מִשְׁפָּטֶיךָ לְיַעֲקֹב״. יִשָּׂשכָר, דִּכְתִיב: ״(וּבְנֵי) יִשָּׂשכָר יוֹדְעֵי בִינָה לַעִתִּים לָדַעַת מַה יַּעֲשֶׂה יִשְׂרָאֵל״. וְאֵימָא יְהוּדָה נָמֵי, דִּכְתִיב: ״יְהוּדָה מְחוֹקְקִי״! אַסּוֹקֵי שְׁמַעְתָּא אַלִּיבָּא דְהִילְכְתָא קָאָמֵינָא.
À propos de ce passage du Deutéronome, Rava a dit : On ne trouve pas un jeune érudit de Torah qui rende une décision halakhique à moins qu’il ne vienne de la tribu de Lévi ou de la tribu d’Issachar. L’affirmation concernant la tribu de Lévi est comme il est écrit : « Ils enseigneront à Jacob Tes ordonnances et à Israël Ta Torah » (Deutéronome 33:10). Et l’affirmation concernant la tribu d’Issachar est comme il est écrit : « Et des fils d’Issachar, des hommes qui avaient l’intelligence des temps, pour savoir ce qu’Israël devait faire » (I Chroniques 12:33). La Guemara demande : Et dis que les érudits viennent aussi de la tribu de Juda, comme il est écrit : « Juda est mon législateur » (Psaumes 60:9). Rava répond : Bien qu’il soit vrai que la tribu de Juda enseignait aussi la Torah, dans ma déclaration je parlais seulement de ceux qui peuvent tirer des conclusions selon la halakha. Bien que Juda produise de grands érudits, les hommes capables de traduire l’analyse abstraite de la Torah en principes juridiques viennent des deux tribus mentionnées.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מְפַיְּיסִין עַל תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם, אֶלָּא כֹּהֵן שֶׁזָּכָה בּוֹ בְּשַׁחֲרִית זוֹכֶה בּוֹ עַרְבִית, מֵיתִיבִי: כְּשֵׁם שֶׁמְּפַיְּיסִין שַׁחֲרִית כָּךְ מְפַיְּיסִין בֵּין הָעַרְבַּיִם! כִּי תַּנְיָא הָהִיא — בִּקְטוֹרֶת.
§ Rabbi Yoḥanan a dit : Ils ne tenaient pas un tirage au sort séparé pour l’abattage et le sacrifice de l’offrande quotidienne de l’après-midi. Au contraire, le même prêtre qui a gagné un privilège particulier pour l’offrande du matin gagne le privilège pour la tâche correspondante du soir, c’est-à-dire pour le service de l’après-midi. De cette manière, le tirage au sort du matin couvrait les deux services. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : De même qu’ils tiennent un tirage au sort le matin, de même ils tiennent un tirage au sort l’après-midi. Cela montre qu’il y avait un tirage au sort séparé pour l’offrande quotidienne de l’après-midi. La Guemara répond : Lorsque cettebaraitaa été enseignée, elle ne se référait qu’à l’encens, qui, comme indiqué ci-dessus, était donné à un prêtre différent chaque fois qu’il était offert.
וְהָתַנְיָא: כְּשֵׁם שֶׁמְּפַיְּיסִין לוֹ שַׁחֲרִית כָּךְ מְפַיְּיסִין לוֹ עַרְבִית! אֵימָא ״לָהּ״.
La Guemara demande : Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita : De même qu’on tire au sort pour elle [lah] le matin, de même on tire aussi au sort pour elle [lah] l’après-midi. Le pronom féminin lah indique qu’il ne s’agit pas de l’offrande quotidienne de l’après-midi, décrite par un nom masculin, mais de l’encens, qui est un nom féminin en hébreu. La Guemara répond : Modifie la formulation de la baraita et dis : Lah, en utilisant le pronom féminin au lieu du pronom masculin lo, afin qu’il soit bien question de l’encens.
וְהָתַנְיָא: כְּשֵׁם שֶׁמְּפַיְּיסִין לוֹ שַׁחֲרִית כָּךְ מְפַיְּיסִין לוֹ עַרְבִית, וּכְשֵׁם שֶׁמְּפַיְּיסִין לָהּ שַׁחֲרִית כָּךְ מְפַיְּיסִין לָהּ עַרְבִית!
La Guemara demande en outre : Mais n’a-t-on pas enseigné dans une autre baraita : De même qu’ils tirent au sort pour cela [lo] le matin, ainsi tirent-ils aussi au sort pour cela [lo] l’après-midi ; et de même qu’ils tirent au sort pour cela [lah] le matin, ainsi tirent-ils aussi au sort pour cela [lah] l’après-midi. Cette baraita énonce l’affirmation deux fois, une fois en employant le pronom masculin et une fois en employant le pronom féminin, ce qui montre qu’il y avait un tirage au sort distinct l’après-midi non seulement pour l’encens, mais aussi pour l’offrande quotidienne.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: הָכָא בְּשַׁבָּת עָסְקִינַן, הוֹאִיל וּמִשְׁמָרוֹת מִתְחַדְּשׁוֹת.
Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak dit : Il n’y a pas de contradiction. Ici, dans cette dernière baraita, nous parlons du Chabbat, lorsqu’un second tirage au sort l’après-midi était nécessaire, puisque les rotations sacerdotales sont renouvelées chaque Chabbat. Le Chabbat, la garde sortante des prêtres accomplit le service du matin, et la garde entrante accomplit le service de l’après-midi. Par conséquent, le même prêtre ne pouvait pas accomplir le service à la fois des offrandes du matin et de celles de l’après-midi, ce qui nécessitait un second tirage au sort ce jour-là afin de désigner des prêtres pour les diverses tâches de l’après-midi.
וּלְמַאי דִּסְלֵיק אַדַּעְתִּין מֵעִיקָּרָא, נְפִישִׁי לְהוּ פְּיָיסוֹת! מַיְיתֵי כּוּלְּהוּ מִצַּפְרָא אָתוּ, דְּזָכֵי בֵּיהּ שַׁחֲרִית — זָכֵי, דְּזָכֵי בְּעַרְבִית — זָכֵי.
La Guemara demande : Et selon ce que nous pensions au départ, à savoir qu’il y avait chaque jour un tirage au sort distinct pour l’offrande quotidienne de l’après-midi, il y aurait alors trop de tirages au sort, puisque la michna affirme qu’il n’y avait que quatre tirages au sort par jour. Comment était-il seulement concevable d’envisager une telle possibilité ? La Guemara répond : On pensait que tous les prêtres viendraient et se rassembleraient une seule fois, le matin, pour les deux tirages au sort, et que le prêtre qui gagnerait le tirage au sort pour offrir l’offrande quotidienne du matin gagnerait ce privilège pour le matin בלבד, et que le prêtre qui gagnerait le tirage au sort pour offrir l’offrande quotidienne de l’après-midi gagnerait le privilège pour l’après-midi.
הָרְבִיעִי חֲדָשִׁים עִם יְשָׁנִים וְכוּ׳. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. דִּתְנַן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: הַמַּעֲלֶה אֵיבָרִים לַכֶּבֶשׁ, הוּא מַעֲלֶה אוֹתָן לַמִּזְבֵּחַ.
§ La michna déclare : Le quatrième tirage au sort était ouvert à ceux qui étaient nouveaux dans le service ainsi qu’avec les anciens qui l’avaient déjà accompli, afin de déterminer qui monterait les membres de la rampe à l’autel. La Guemara déclare : La michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Comme nous l’avons appris dans une michna du traité Tamid, où Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Le prêtre qui monte les membres jusqu’à la rampe est celui qui les monte de la rampe à l’autel. En revanche, selon la michna discutée ici, il est sous-entendu qu’un autre prêtre a remporté par tirage au sort le privilège de ce service ultérieur.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: ״בְּרׇב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״, וּמָר סָבַר: מְקוֹם שְׁכִינָה לָאו אוֹרַח אַרְעָא.
La Guemara demande : Sur quoi sont-ils en désaccord ? Un Sage, le tanna de la michna discutée ici, soutient qu’il convient de suivre le verset : « Dans la multitude du peuple est la gloire du roi » (Proverbes 14:28). C’est une glorification de Dieu que de nombreux prêtres participent au service ; ainsi, différents prêtres furent chargés d’apporter les membres jusqu’à la rampe, et d’autres furent chargés de les monter par la rampe jusqu’à l’autel. Et un Sage, Rabbi Eliezer ben Ya’akov, soutient qu’il ne convient pas, dans le lieu de la Présence divine, d’avoir deux groupes de prêtres pour ces tâches, car cela donne l’impression que le premier groupe ne veut pas se donner la peine de monter les membres jusqu’à l’autel.
אָמַר רָבָא: לָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אִית לֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה, וְלָא רַבִּי יְהוּדָה אִית לֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. דְּאִם כֵּן, בָּצְרוּ לְהוּ פְּיָיסוֹת.
Rava a dit : Rabbi Eliezer ben Ya’akov, qui soutient que le même prêtre qui a apporté les membres à la rampe les a aussi fait monter sur l’autel, n’est pas du même avis que Rabbi Yehuda, qui soutient qu’il n’y a pas de tirage au sort distinct pour le privilège de porter la pelle à braises pour l’encens. Et, inversement, Rabbi Yehuda n’est pas du même avis que Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Car, si c’était le cas que ces deux Sages étaient d’accord l’un avec l’autre, il y aurait trop peu de tirages au sort ; il n’y en aurait que trois au lieu de quatre. Il faut plutôt dire que, selon Rabbi Eliezer ben Ya’akov, qui soutient qu’il n’y avait pas de tirage au sort pour faire monter les membres sur l’autel, il y avait un quatrième tirage au sort pour déterminer qui porterait la pelle à braises ; et selon Rabbi Yehuda, qui soutient qu’il n’y avait pas de tirage au sort pour porter la pelle à braises, il devait y avoir un tirage au sort pour porter les membres jusqu’à la rampe.
וְאִי מַשְׁכַּחַתְּ תַּנָּא דְּתָנֵי חָמֵשׁ —
Et si tu trouves un tanna dans une baraita qui enseigne qu'il y avait cinq tirages au sort pour le service du Temple,

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