אַף עַל גַּב דְּ״יַפְתְּ אֱלֹהִים לְיֶפֶת״ — אֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה אֶלָּא בְּאׇהֳלֵי שֵׁם.
La Guemara explique : Bien que Dieu agrandisse Japhet, en référence aux Perses, qui descendaient de Japhet et qui ont aidé à construire le Second Temple, la Présence divine ne repose que dans les tentes de Sem, dans le Premier Temple, qui fut construit par le roi Salomon sans le patronage d’une puissance étrangère.
וּפָרְסָאֵי מְנָא לַן דְּמִיֶּפֶת קָאָתוּ, דִּכְתִיב: ״בְּנֵי יֶפֶת גּוֹמֶר וּמָגוֹג וּמָדַי וְיָוָן וְתוּבָל וּמֶשֶׁךְ וְתִירָס״. גּוֹמֶר — זֶה גֶּרְמַמְיָא, מָגוֹג — זוֹ קַנְדִּיָּא, מָדַי — זוֹ מַקֵדוֹנְיָא, יָוָן — כְּמַשְׁמָעוֹ, תּוּבָל — זֶה בֵּית אוּנַיְיקִי, מֶשֶׁךְ — זוֹ מוּסְיָא, תִּירָס, פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי סִימַאי וְרַבָּנַן, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי סִימוֹן וְרַבָּנַן, חַד אָמַר: זוֹ בֵּית תְּרַיְיקִי, וְחַד אָמַר: זוֹ פָּרַס. תָּנֵי רַב יוֹסֵף: תִּירָס — זוֹ פָּרַס.
§ La Guemara demande : D’où déduisons-nous que les Perses descendent de Japhet ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Yavan, Tuval, Méchekh et Tiras » (Genèse 10:2). La Guemara explique : Gomer, c’est Germamya ; Magog, c’est Kandiya ; Madaï, c’est la Macédoine ; Yavan, selon son sens simple, la Grèce ; Tuval, c’est la nation appelée Beit Unaiki ; Méchekh, c’est Musya. En ce qui concerne Tiras, Rabbi Simai et les Sages sont en désaccord, et certains disent que le différend oppose Rabbi Shimon et les Sages : l’un a dit : c’est Beit Teraiki, et l’autre a dit : c’est la Perse. Selon cette approche, la Perse est comptée parmi les descendants de Japhet. Rav Yosef a enseigné : Tiras, c’est la Perse.
״סַבְתָּה וְרַעְמָה וְסַבְתְּכָא״, תָּנֵי רַב יוֹסֵף: סַקִּיסְתָּן גַּוָּיְיתָא וְסַקִּיסְתָּן בָּרַיְיתָא, בֵּין חֲדָא לַחֲדָא מְאָה פַּרְסֵי, וְהֶיקֵּפַהּ אַלְפָּא פַּרְסֵי.
La liste des nations continue : « Et Sabta, Raama et Sabteca” (Genèse 10:7). Rav Yosef a enseigné : Il s’agit de la Sakistan intérieure et la Sakistan extérieure. Entre l’une et l’autre il y avait une distance de cent parasanges, et la circonférence du pays était de mille parasanges.
״וַתְּהִי רֵאשִׁית מַמְלַכְתּוֹ בָּבֶל וְאֶרֶךְ וְאַכַּד וְכַלְנֵה״, בָּבֶל — כְּמַשְׁמְעָה, אֶרֶךְ — זֶה אוֹרִיכוּת, וְאַכַּד — זֶה בַּשְׁכַּר, כַּלְנֵה — זֶה נוּפַר נִינְפִי.
La Guemara continue d’interpréter les versets. Il est dit : « Et le commencement de son royaume fut Babel, et Érec, et Accad, et Calné, dans le pays de Shinar » (Genèse 10:10). Babel selon son sens simple, la Babylonie ; Érec, c’est-à-dire la ville alors connue sous le nom de Orikhut ; et Accad, c’est-à-dire l’endroit alors connu sous le nom de Baskar ; Calné, c’est-à-dire Nofer Ninefi.
״מִן הָאָרֶץ הָהִיא יָצָא אַשּׁוּר״, תָּנֵי רַב יוֹסֵף: אַשּׁוּר — זֶה סִילַק. ״וַיִּבֶן אֶת נִינְוֵה וְאֶת רְחוֹבוֹת עִיר וְאֶת כָּלַח״, נִינְוֵה — כְּמַשְׁמָעוֹ, רְחוֹבוֹת עִיר — זוֹ פְּרָת דְּמֵישָׁן, כָּלַח — זוֹ פְּרָת דְּבוֹרְסִיף. ״וְאֶת רֶסֶן בֵּין נִינְוֵה וּבֵין כָּלַח הִיא הָעִיר הַגְּדוֹלָה״, רֶסֶן — זֶה אַקְטִיסְפוֹן. ״הִיא הָעִיר הַגְּדוֹלָה״ — אֵינִי יוֹדֵעַ אִם נִינְוֵה הָעִיר הַגְּדוֹלָה, אִם רֶסֶן הָעִיר הַגְּדוֹלָה. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְנִינְוֵה הָיְתָה עִיר גְּדוֹלָה לֵאלֹהִים מַהֲלַךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים״, הֱוֵי אוֹמֵר: נִינְוֵה הִיא הָעִיר הַגְּדוֹלָה.
La Torah continue : « De cette terre sortit Asshour » (Genèse 10:11). Rav Yosef a enseigné : Asshour, c’est Silek, c’est-à-dire la région où la ville de Silkiya fut construite. « Et il bâtit Ninive, Rehoboth-Ir et Calah » (Genèse 10:11). Ninive, selon son sens simple ; Rehoboth-Ir, c’est la ville plus tard connue sous le nom de Perat de Meishan ; Calah, c’est Perat de Bursif. « Et Résen entre Ninive et Calah ; c’est la grande ville » (Genèse 10:12). Résen, c’est la ville plus tard connue sous le nom de Akteisfon. C’est la grande ville ; je ne sais pas si cela signifie que Ninive est la grande ville, ou si cela signifie que Résen est la grande ville. Lorsqu’il est dit : « Et Ninive était une grande ville de Dieu, de trois jours de marche » (Jonas 3:3), tu dois dire que Ninive est la grande ville.
״וְשָׁם אֲחִימַן שֵׁשַׁי וְתַלְמַי יְלִידֵי הָעֲנָק״, תָּנָא: אֲחִימַן — מְיוּמָּן שֶׁבָּאַחִים, שֵׁשַׁי — שֶׁמֵּשִׂים אֶת הָאָרֶץ כִּשְׁחִיתוֹת, תַּלְמַי — שֶׁמֵּשִׂים אֶת הָאָרֶץ תְּלָמִים תְּלָמִים. דָּבָר אַחֵר: אֲחִימַן בָּנָה עֲנָת, שֵׁשַׁי בָּנָה אָלוּשׁ, תַּלְמַי בָּנָה תַּלְבּוּשׁ. ״יְלִידֵי הָעֲנָק״ — שֶׁמַּעֲנִיקִין הַחַמָּה בְּקוֹמָתָן.
La Guemara continue de discuter de l’interprétation des noms dans la Torah. La Torah dit : « Et il y avait Ahiman, Sheshai et Talmai, les enfants d’Anak » (Nombres 13:22). Il a été enseigné : Ahiman fut ainsi nommé parce qu’il était le plus grand et le plus habile [meyuman] de ses frères. Ahiman est une contraction de frère [aḥ] et droite [yamin], c’est-à-dire la main habile. Sheshai fut ainsi nommé parce qu’il rend le sol semblable à des fosses [sheḥitot] par ses enjambées. Talmai fut ainsi nommé parce qu’il rend le sol rempli de sillons [telamim] par ses enjambées. Autrement : Ahiman construisit la ville d’Anat ; Sheshai construisit la localité d’Alush ; Talmai construisit la ville de Talbush. Les enfants d’Anak renvoie au fait qu’il semble que le soleil soit un collier [shema’anikin] autour de leur cou en raison de leur taille.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר רַבִּי: עֲתִידָה רוֹמִי שֶׁתִּפּוֹל בְּיַד פָּרַס, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָכֵן שִׁמְעוּ עֲצַת ה׳ אֲשֶׁר יָעַץ (עַל) אֱדוֹם וּמַחְשְׁבוֹתָיו אֲשֶׁר חָשַׁב (עַל) יוֹשְׁבֵי תֵימָן אִם לֹא יִסְחָבוּם צְעִירֵי הַצֹּאן אִם לֹא יַשִּׁים עֲלֵיהֶם נְוֵהֶם״.
§ À propos de l’opinion selon laquelle Tiras est la Perse, la Guemara traite d’une question connexe. Rabbi Yehoshua ben Levi a dit que Rabbi Yehuda HaNasi a dit : Rome est destinée à tomber entre les mains de la Perse, comme il est dit : « Écoutez maintenant le dessein que le Seigneur a conçu contre Édom, et les pensées qu’Il a formées au sujet des habitants de Téman. Assurément, les plus jeunes du troupeau les entraîneront, assurément leur demeure sera consternée à cause d’eux » (Jérémie 49:20).
מַתְקֵיף לַהּ רַבָּה בַּר עוּלָּא: מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״צְעִירֵי הַצֹּאן״ פָּרַס הוּא — דִּכְתִיב: ״הָאַיִל אֲשֶׁר רָאִיתָ בַּעַל הַקְּרָנָיִם (הוּא) מַלְכֵי מָדַי וּפָרָס״. וְאֵימָא יָוָן, דִּכְתִיב: ״וְהַצָּפִיר הַשָּׂעִיר מֶלֶךְ יָוָן״!
Rabba bar Ulla s’opposa vivement à cela. D’où peut-on déduire que cette expression : le plus jeune du troupeau, c’est la Perse ? C’est comme il est écrit : « Le bélier que tu as vu avec deux cornes, ce sont les rois de Médie et de Perse » (Daniel 8:20), et le bélier est un membre du troupeau mentionné dans le verset. Pourtant, en quoi cela constitue-t-il une preuve ? Et dis que le plus jeune du troupeau fait référence à la Grèce, qui renversera Rome, comme il est écrit : « Le bouc est le roi de Grèce » (Daniel 8:21). Le bouc aussi pourrait être considéré comme un membre du troupeau.
כִּי סְלֵיק רַב חֲבִיבָא בַּר סוֹרְמַקִי, אַמְרַהּ קַמֵּיהּ דְּהָהוּא מֵרַבָּנַן, אֲמַר לֵיהּ: מַאן דְּלָא יָדַע פָּרוֹשֵׁי קְרָאֵי מוֹתֵיב תְּיוּבְתָּא לְרַבִּי?! מַאי ״צְעִירֵי הַצֹּאן״ — זוּטְרָא דַּאֲחוֹהִי. דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: תִּירָס — זֶה פָּרַס.
Lorsque Rav Ḥaviva bar Surmakei monta de Babylonie en Eretz Yisrael, il présenta cette difficulté devant l’un des Sages. Ce Sage lui dit : Celui qui ne sait pas interpréter les versets est si arrogant qu’il soulève une objection à l’opinion du grand Rabbi Yehuda HaNasi ? En effet, Rabba bar Ulla avait mal compris le fondement de l’interprétation de Rabbi Yehuda HaNasi. Que signifie l’expression : Le plus jeune du troupeau ? Elle signifie le plus jeune des frères, une référence à la Perse, comme Rav Yosef l’a enseigné : Tiras, le plus jeune des fils de Japhet, c’est la Perse.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: עֲתִידָה רוֹמִי שֶׁתִּפּוֹל בְּיַד פָּרַס, קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן שֶׁבְּנָאוּהוּ בְּנֵי שֵׁם וְהֶחְרִיבוּהוּ כַּשְׂדִּיִּים — נָפְלוּ כַּשְׂדִּיִּים בְּיַד פָּרְסִיִּים. מִקְדָּשׁ שֵׁנִי שֶׁבְּנָאוּהוּ פָּרְסִיִּים וְהֶחְרִיבוּהוּ רוֹמִיִּים — אֵינוֹ דִּין שֶׁיִּפְּלוּ רוֹמִיִּים בְּיַד פָּרְסִיִּים?
De même, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Yehuda, fils de Rabbi Elai : Rome est destinée à tomber entre les mains de la Perse. Cela se déduit au moyen d’une inférence a fortiori : De même que le Premier Temple, que les descendants de Sem ont construit et que les Chaldéens ont détruit, et qu’ensuite les Chaldéens, gouvernés par Belschatsar, sont tombés aux mains des Perses, gouvernés par Darius le Mède et son gendre Cyrus le Perse ; le Second Temple, que les Perses ont construit et que les Romains ont détruit, n’est-il pas juste que les Romains tomberont entre les mains des Perses ?
אָמַר רַב: עֲתִידָה פָּרַס שֶׁתִּפּוֹל בְּיַד רוֹמִי. אֲמַרוּ לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: בָּנוֹיֵי בְּיַד סָתוֹרֵי?! אֲמַר לְהוּ: אִין, גְּזֵירַת מֶלֶךְ הִיא. אִיכָּא דְאָמְרִי, אֲמַר (לֵיהּ): אִינְהוּ נָמֵי הָא קָא סָתְרִי בֵּי כְנִישְׁתָּא.
En revanche, Rav a dit : la Perse est destinée à tomber entre les mains de Rome. Rav Kahana et Rav Asi, élèves de Rav, dirent à Rav : Les bâtisseurs tomberont-ils entre les mains des destructeurs ? Est-ce juste ? Il leur dit : Bien que cela semble injuste, oui, tel est le décret du Roi. Certains disent qu’il leur dit ceci : Eux aussi sont des destructeurs de synagogues, et ils ne valent pas mieux que les Romains.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: עֲתִידָה פָּרַס שֶׁתִּפּוֹל בְּיַד רוֹמִי, חֲדָא — דְּסָתְרִי בֵּי כְנִישְׁתָּא, וְעוֹד: גְּזֵירַת מֶלֶךְ הוּא שֶׁיִּפְּלוּ בּוֹנִין בְּיַד סוֹתְרִין. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אֵין בֶּן דָּוִד בָּא עַד שֶׁתִּפְשׁוֹט מַלְכוּת רוֹמִי הָרְשָׁעָה בְּכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ תִּשְׁעָה חֳדָשִׁים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָכֵן יִתְּנֵם עַד עֵת יוֹלֵדָה יָלָדָה וְיֶתֶר אֶחָיו יְשׁוּבוּן עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״.
Cela aussi a été enseigné dans une baraita : La Perse est destinée à tomber entre les mains de Rome. Une raison est qu’ils ont détruit des synagogues. Et de plus, c’est le décret du roi que les bâtisseurs tomberont entre les mains des destructeurs, comme Rav Yehuda l’a dit que Rav a dit : Le fils de David ne viendra que lorsque le royaume impie de Rome étendra sa domination sur le monde entier pendant neuf mois, comme il est dit : « C’est pourquoi Il les livrera jusqu’au temps où celle qui doit enfanter aura enfanté ; alors le reste de ses frères reviendra avec les enfants d’Israël » (Michée 5:2). La durée de la domination de Rome sur le monde sera la durée d’une grossesse, neuf mois.
תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הַלְּשָׁכוֹת שֶׁהָיוּ בְּמִקְדָּשׁ לֹא הָיוּ לָהֶן מְזוּזָה, חוּץ מִלִּשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין, שֶׁהָיָה בָּהּ בֵּית דִּירָה לְכֹהֵן גָּדוֹל.
§ La Guemara reprend la discussion sur le transfert du Grand Prêtre dans la chambre de Parhedrin. Les Sages ont enseigné : Aucune des chambres du Temple n’avait de mezouza, sauf la chambre de Parhedrin, dans laquelle se trouvait un lieu de résidence du Grand Prêtre. Seules les résidences où l’on dort nécessitent une mezouza, et la seule chambre du Temple correspondant à cette description était la chambre de Parhedrin.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: וַהֲלֹא כַּמָּה לְשָׁכוֹת הָיוּ בְּמִקְדָּשׁ שֶׁהָיָה לָהֶן בֵּית דִּירָה, וְלֹא הָיָה לָהֶן מְזוּזָה? אֶלָּא לִשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין גְּזֵירָה הָיְתָה.
Rabbi Yehouda a dit : Ce n’est pas la raison ; après tout, n’y avait-il pas plusieurs chambres dans le Temple où il y avait un lieu de résidence désigné pour que les prêtres s’assoient et dorment, et pourtant elles n’avaient pas de mezouza ? Plutôt, la mezouza dans la Chambre de Parhedrin s’y trouvait parce qu’il y avait un décret rabbinique.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? אָמַר (רָבָא): קָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה: כׇּל בַּיִת שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי לִימוֹת הַחַמָּה וְלִימוֹת הַגְּשָׁמִים — אֵינוֹ בַּיִת. אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי, וְהָכְתִיב: ״וְהִכֵּיתִי (אֶת) בֵּית הַחוֹרֶף עַל בֵּית הַקָּיִץ״! אֲמַר לֵיהּ: ״בֵּית חוֹרֶף״ וּ״בֵית קַיִץ״ אִיקְּרִי, ״בַּיִת״ סְתָמָא לָא אִיקְּרִי.
La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehuda selon laquelle il n’y avait pas d’obligation fondamentale de fixer une mezouza dans la chambre de Parhedrin, et qu’on en a fixé une là en raison d’un décret ? Rava a dit que Rabbi Yehuda soutient : Le statut juridique de toute maison qui n’est pas destinée à l’habitation à la fois pour l’été et pour la saison des pluies n’est pas celui d’une maison et, par conséquent, ne requiert pas de mezouza. Abaye a soulevé une objection à son opinion à partir d’un verset. Comment peux-tu suggérer que le statut juridique d’une résidence occupée seulement pendant une partie de l’année n’est pas celui d’une maison ? N’est-il pas écrit : « Je frapperai la maison d’hiver avec la maison d’été » (Amos 3:15) ? Apparemment, même une résidence occupée seulement la moitié de l’année est une maison. Rava lui a dit : Une résidence occupée seulement pendant une partie de l’année peut être appelée maison d’hiver ou maison d’été. Elle n’est pas appelée simplement maison. Une maison est une structure utilisée toute l’année.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: סוּכַּת הֶחָג בֶּחָג, רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין. וְתָנֵי עֲלַהּ: רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב בְּעֵירוּב וּבִמְזוּזָה וּבְמַעֲשֵׂר!
Abaye a soulevé une objection différente à l’opinion de Rava, à partir d’une michna : Si quelqu’un a apporté des produits du champ dans la soucca qu’il a construite pour la fête de Souccot pendant la fête de Souccot, Rabbi Yehouda l’oblige à prélever la dîme sur les produits, et les Sages l’en exemptent. Et il a été enseigné au sujet de la michna : Rabbi Yehouda oblige le propriétaire de cette soucca à inclure la souccadans le erouv des cours, comme n’importe laquelle des maisons de la cour ; et dans la mitsva de fixer une mezouza à la soucca ; et dans le prélèvement des dîmes sur les produits apportés dans la soucca. On n’est tenu de prélever la dîme sur ses produits que lorsque leur traitement est achevé. Lorsqu’on fait entrer les produits dans la maison, on devient tenu de prélever la dîme. Rabbi Yehouda soutient que le statut juridique d’une soucca, dans laquelle on réside pendant seulement sept jours, est celui d’une maison en ce qui concerne la mitsva de la mezouza.
וְכִי תֵּימָא מִדְּרַבָּנַן, בִּשְׁלָמָא עֵירוּב וּמְזוּזָה אִיכָּא לְמֵימַר מִדְּרַבָּנַן, אֶלָּא מַעֲשֵׂר, מִי אִיכָּא לְמֵימַר מִדְּרַבָּנַן?
Et si tu dis que Rabbi Yehouda soutient que selon la loi rabbinique le statut de la soukka est comme celui d’une maison, mais que selon la loi de la Torah son opinion est conforme à celle de Rava, soit, en ce qui concerne la jonction des cours et la mezouza, il est possible de dire que l’obligation relève de la loi rabbinique ; cependant, en ce qui concerne les dîmes, est-il possible de dire que, selon Rabbi Yehouda, l’obligation relève de la loi rabbinique ?