מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה. הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּשֶׁגָּמְרוּ סִימָנָיו. דְּתַנְיָא: אֵיזֶהוּ בֶּן שְׁמֹנֶה? כֹּל שֶׁלֹּא כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו. רַבִּי אוֹמֵר: סִימָנִין מוֹכִיחִין עָלָיו, שְׂעָרוֹ וְצִפׇּרְנָיו שֶׁלֹּא גָּמְרוּ. טַעְמָא דְּלֹא גָּמְרוּ. הָא גָּמְרוּ — אָמְרִינַן הַאי בַּר שִׁבְעָה הוּא, וְאִישְׁתַּהוֹיֵי הוּא דְּאִישְׁתַּהִי.
en raison du danger, tant pour le bébé, qui pourrait en fait être viable, que pour la mère, qui pourrait souffrir de complications mortelles si elle devait retenir tout son lait. La Guemara répond : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas où ses signes de viabilité sont pleinement développés, et où il a l’apparence d’un enfant viable. Comme il est enseigné dans une baraita : Qui est un bébé né au cours du huitième mois ? C’est quiconque dont les mois de gestation ne sont pas arrivés à terme, c’est-à-dire un bébé né prématurément. Rabbi Yehuda HaNasi dit : Les signes qui prouvent que l’enfant relève de cette catégorie sont que ses cheveux et ses ongles ne sont pas pleinement développés. Or, la raison est qu’ils ne sont pas pleinement développés ; mais si ses cheveux et ses ongles sont pleinement développés, nous disons que ce fœtus était apte à naître après sept mois, mais que, pour une raison quelconque, il a été retardé dans le ventre de sa mère.
אֶלָּא הָא דַּעֲבַד רָבָא תּוֹסְפָאָה עוֹבָדָא בְּאִשָּׁה שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ לִמְדִינַת הַיָּם וְאִישְׁתַּהִי עַד תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא, וְאַכְשְׁרֵיהּ. כְּמַאן — כְּרַבִּי, דְּאָמַר מִשְׁתַּהֵא!
Mais si tel est le cas, en ce qui concerne l’action entreprise par Rava Tosfa’a au sujet d’une femme dont le mari est parti outre-mer et dont le bébé a été retardé dans son ventre pendant les douze mois de l’année suivant le départ de son mari, et Rava Tosfa’a a déclaré l’enfant apte, en soutenant que le mari est présumé être le père et que l’enfant n’est pas un mamzer, selon quelle opinion a-t-il rendu cette décision ? Cela a dû être conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, qui dit qu’un bébé peut être retardé pendant une longue période dans le ventre de sa mère même après être pleinement développé et prêt à naître. Mais comment Rava Tosfa’a a-t-il pu statuer conformément à l’opinion minoritaire de Rabbi Yehuda HaNasi, contre l’opinion majoritaire de ses collègues ?
כֵּיוָן דְּאִיכָּא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר מִשְׁתַּהֵי, כְּרַבִּים עֲבַד. דְּתַנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כׇּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם בָּאָדָם — אֵינוֹ נֵפֶל.
La Guemara répond : Puisqu’il y a aussi Rabban Shimon ben Gamliel, qui dit qu’un bébé peut être retardé dans le ventre de sa mère, Rava Tosfa’a a en fait agi conformément à l’avis de la majorité, car l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi n’est pas celle d’un seul sage dissident. Comme il est enseigné dans une baraita que Rabban Shimon ben Gamliel dit : Tout être humain enfant qui reste en vie pendant trente jours n’est pas mort-né. Même si l’enfant n’a pas été porté pendant neuf mois complets, dès lors qu’il a survécu trente jours, il n’est plus considéré comme un nourrisson dont la viabilité est douteuse. La raison en est qu’il est présumé être un enfant apte à naître après sept mois, mais qui, pour une raison quelconque, a été retardé dans le ventre de sa mère et n’est pas né immédiatement après avoir atteint son plein développement.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ סְרִיס חַמָּה? כׇּל שֶׁהוּא בֶּן עֶשְׂרִים, וְלֹא הֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת. וַאֲפִילּוּ הֵבִיא לְאַחַר מִכָּאן הֲרֵי הוּא כְּסָרִיס לְכׇל דְּבָרָיו. וְאֵלּוּ הֵן סִימָנָיו: כֹּל שֶׁאֵין לוֹ זָקָן, וּשְׂעָרוֹ לָקוּי, וּבְשָׂרוֹ מַחְלִיק. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בֶּן יָאִיר: כֹּל שֶׁאֵין מֵימָיו מַעֲלִין רְתִיחוֹת.
§ Les Sages ont enseigné : Qui est considéré comme un eunuque de cause naturelle ? C’est toute personne âgée de vingt ans qui n’a pas encore développé deux poils pubiens. Et même si des poils pubiens poussent par la suite, il est toujours considéré comme un eunuque de cause naturelle pour toutes ses affaires. Et ses signes sont les suivants : Quiconque n’a pas de barbe, et dont les cheveux sont déficients, contrairement à ceux des gens ordinaires, et dont la peau est lisse, c’est-à-dire sans poils. Rabban Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yehuda ben Ya’ir : C’est quiconque dont l’urine ne produit pas de mousse.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כׇּל הַמֵּטִיל מַיִם וְאֵין עוֹשֶׂה כִּיפָּה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁשִּׁכְבַת זַרְעוֹ דּוֹחָה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁאֵין מֵימֵי רַגְלָיו מַחְמִיצִין. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁרוֹחֵץ בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים וְאֵין בְּשָׂרוֹ מַעֲלֶה הֶבֶל. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כֹּל שֶׁקּוֹלוֹ לָקוּי, וְאֵין נִיכָּר בֵּין אִישׁ לְאִשָּׁה.
Et certains disent : C’est quiconque urine sans former un arc. Et certains disent : C’est quiconque dont la semence se dissipe et ne se coagule pas comme il convient. Et certains disent : quiconque dont l’urine ne fermente pas. D’autres disent : C’est quiconque se baigne pendant la saison des pluies et dont la chair ne dégage pas de vapeur. Rabbi Shimon ben Elazar dit : C’est quiconque dont la voix est défectueuse, de sorte qu’il n’est pas évident d’après elle s’il est un homme ou une femme.
וְאֵיזוֹ הִיא אַיְלוֹנִית? כֹּל שֶׁהִיא בַּת עֶשְׂרִים וְלֹא הֵבִיאָה שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, וַאֲפִילּוּ הֵבִיאָה לְאַחַר מִכָּאן — הֲרֵי הִיא כְּאַיְלוֹנִית לְכׇל דְּבָרֶיהָ. וְאֵלּוּ הֵן סִימָנֶיהָ: כֹּל שֶׁאֵין לָהּ דַּדִּים, וּמִתְקַשָּׁה בִּשְׁעַת תַּשְׁמִישׁ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כֹּל שֶׁאֵין לָהּ שִׁיפּוּלֵי מֵעַיִם כְּנָשִׁים. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כֹּל שֶׁקּוֹלָה עָבֶה, וְאֵינָהּ נִיכֶּרֶת בֵּין אִשָּׁה לְאִישׁ.
Et qui est une femme sexuellement sous-développée [aylonit] ? C’est toute personne qui a vingt ans et n’a pas encore développé deux poils pubiens. Et même si des poils pubiens poussent par la suite, elle est toujours considérée comme une femme sexuellement sous-développée à l’égard de toutes ses affaires. Et ses signes sont les suivants : Une femme sexuellement sous-développée est toute personne qui n’a pas de seins et ressent de la douleur pendant les rapports sexuels. Rabban Shimon ben Gamliel dit : C’est toute personne dont le bas-ventre n’est pas formé comme celui des autres femmes, car il lui manque le coussinet de chair habituellement situé au-dessus des organes génitaux d’une femme. Rabbi Shimon ben Elazar dit : C’est toute personne dont la voix est grave, de sorte qu’il n’est pas évident d’après elle si c’est une femme ou un homme.
אִיתְּמַר: סִימָנֵי סָרִיס, רַב הוּנָא אָמַר: עַד שֶׁיְּהוּ כּוּלָּם. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ בְּאֶחָד מֵהֶן. הֵיכָא דְּהֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת בַּזָּקָן — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּעַד שֶׁיְּהוּ כּוּלָּן. כִּי פְּלִיגִי — בְּשֶׁלֹּא הֵבִיא.
Il a été déclaré que les amora’im étaient en désaccord au sujet des signes d’un eunuque. Rav Huna a dit qu’une personne n’est pas catégorisée comme eunuque à moins que tous ces signes ne soient présents ; Rabbi Yoḥanan a dit : Il est catégorisé comme tel même si seulement l’un d’eux est présent. La Guemara commente : Dans un cas où deux poils ont poussé dans sa barbe, tout le monde convient que il n’est pas considéré comme sexuellement impuissant à moins que tous les signes ne soient présents. Lorsqu’ils sont en désaccord, cela concerne un cas où deux poils n’ont pas poussé.
אֶלָּא הָא דַּאֲמַר לְהוּ רַבָּה בַּר אֲבוּהּ לְרַבָּנַן: עַיִּינוּ בֵּיהּ בְּרַב נַחְמָן, אִי בְּשָׂרוֹ מַעֲלֶה הֶבֶל אִיתֵּיב לֵיהּ בְּרַת. כְּמַאן, כְּרַב הוּנָא! לָא, רַב נַחְמָן סִיכֵּי דִיקְנָא הַוְיָא לֵיהּ.
La Guemara demande : Mais si c’est le cas, au sujet de ce que Rabba bar Avuh a dit aux Sages : Examinez Rav Naḥman lorsqu’il se baigne et si sa chair dégage de la vapeur, je lui donnerai ma fille en mariage, selon l’opinion de qui a-t-il donné ces instructions ? N’était-ce pas conformément à l’opinion de Rav Huna, qui soutient que tous les signes doivent être présents, puisqu’il pouvait vraisemblablement voir que Rav Naḥman n’avait pas de barbe ? La Guemara répond : Non, Rav Naḥman avait quelques poils de barbe, et c’est pourquoi Rabba bar Avuh voulait savoir s’il présentait les autres signes d’incapacité sexuelle.
הַסָּרִיס לֹא חוֹלֵץ וְלֹא מְיַיבֵּם, וְכֵן אַיְלוֹנִית וְכוּ׳. קָתָנֵי סָרִיס דּוּמְיָא דְּאַיְלוֹנִית: מָה אַיְלוֹנִית בִּידֵי שָׁמַיִם, אַף סָרִיס בִּידֵי שָׁמַיִם. וּסְתָמָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאָמַר: בִּידֵי אָדָם — אִין, בִּידֵי שָׁמַיִם — לָא.
§ Il est enseigné dans la michna qu’un homme sexuellement sous-développé n’accomplit pas la ḥalitza et ne contracte pas de mariage léviratique avec sa yevama, et de même, une femme sexuellement sous-développée n’accomplit pas la ḥalitza et ne contracte pas de mariage léviratique avec son yavam. La Guemara commente que le tanna enseigne le cas d’un homme sexuellement sous-développé de manière similaire à celui d’une femme sexuellement sous-développée, d’où l’on peut déduire : De même que dans le cas d’une femme sexuellement sous-développée, son incapacité est du fait du Ciel, de même, dans le cas d’un homme sexuellement sous-développé, son incapacité doit être du fait du Ciel. Et cette opinion non attribuée dans la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, qui a dit : En ce qui concerne celui dont l’incapacité a été causée par la main de l’homme, oui, il est considéré comme n’importe quel autre homme et accomplit la ḥalitza, tandis que celui qui souffre de son état du fait du Ciel ne le fait pas.
הַסָּרִיס שֶׁחָלַץ לִיבִמְתּוֹ לֹא פְּסָלָהּ כּוּ׳. טַעְמָא דִּבְעָלָהּ הוּא, הָא אַחֵר — לָא,
§ De plus, il est enseigné dans la michna que si un eunuque a effectué la ḥalitsa avec sa yevama, il ne l’a pas pour autant rendue inapte à épouser un membre de la prêtrise, mais s’il a eu des rapports avec elle, il l’a rendue inapte. La Guemara déduit de cette formulation que la raison de son inaptitude est que c’est lui, le yavam, qui a eu des rapports avec elle, puisqu’elle a eu des rapports avec son yavam en dehors du cadre du lévirat permis. Mais si un autre individu avait eu des rapports avec elle, elle ne serait pas devenue inapte.