שֶׁאֵין מְשַׁלֵּם קְנָס בִּמְפוּתָּה.
qu’il ne paie pas l’amende pour une femme séduite. Celui qui a séduit une femme et ne souhaite pas l’épouser doit payer une amende (voir Exode 22:14–15). Puisque, dans ce cas, il l’a effectivement épousée, il n’est pas tenu de payer l’amende, bien qu’il soit tenu de divorcer d’elle.
אֲזַל רַב גְּבִיהָה מִבֵּי כָתִיל, אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי. אֲמַר לֵיהּ: וְהָא רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: בּוֹגֶרֶת וּמוּכַּת עֵץ — לֹא יִשָּׂא, וְאִם נָשָׂא — נָשׂוּי.
La Guemara rapporte que lorsque Rav Geviha vint de Bei Ketil, il énonça cette halakha devant Rav Ashi, qui lui dit : Rav et Rabbi Yoḥanan ne disent-ils pas tous deux : Un Grand Prêtre ne peut pas épouser une femme adulte ni une femme dont l’hymen a été déchiré accidentellement, mais s’il a épousé l’une d’elles, il est marié ?
אַלְמָא: סוֹפָהּ לִהְיוֹת בּוֹגֶרֶת תַּחְתָּיו, סוֹפָהּ לִהְיוֹת מוּכַּת עֵץ תַּחְתָּיו. הָכָא נָמֵי: סוֹפָהּ לִהְיוֹת בְּעוּלָה תַּחְתָּיו. קַשְׁיָא.
Apparemment, la raison de cette halakha est que, puisqu’elle finira par être une femme adulte sous son autorité, c’est-à-dire alors qu’elle est mariée avec lui, et qu’elle finira par être une femme dont l’hymen a été rompu sous son autorité, puisqu’elle ne restera pas vierge, il leur est permis de rester mariés a posteriori. Ici aussi, dans le cas d’un Grand Prêtre qui a épousé une femme qu’il a violée ou séduite, puisque elle finira par être une non-vierge sous son autorité, la baraita doit être comprise comme affirmant qu’ils peuvent rester mariés. La Guemara conclut : En effet, cela constitue une difficulté pour Rav Houna.
אֲנוּסַת חֲבֵירוֹ וּמְפוּתַּת חֲבֵירוֹ — לֹא יִשָּׂא. וְאִם נָשָׂא — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: הַוָּלָד חָלָל, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַוָּלָד כָּשֵׁר. אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. וְכֵן אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב.
§ La baraita citée ci-dessus a enseigné : En ce qui concerne une femme qui a été violée par un autre homme et une femme séduite par un autre homme, le Grand Prêtre ne peut pas l’épouser. Et s’il l’a épousée, Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit que l’enfant né de cette union est un ḥalal, et les Sages disent que la lignée de la descendance est sans défaut. Rav Houna a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Et de même, Rav Giddel a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב — סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר.
Certains disent une version différente de cette déclaration. Rav Huna a dit que Rav a dit : Quelle est la raison de Rabbi Eliezer ben Ya’akov ? Il soutient conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, selon laquelle un homme célibataire qui a des rapports avec une femme célibataire la fait ainsi devenir une zona. Par conséquent, puisque l’autre homme a eu des rapports avec cette femme en dehors du cadre du mariage, elle est une zona.
וּמִי סָבַר לַהּ כְּוָתֵיהּ? וְהָא קַיְימָא לַן: מִשְׁנַת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב קַב וְנָקִי. וְאִילּוּ בְּהָא אָמַר רַב עַמְרָם אָמַר רַב: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר. קַשְׁיָא.
La Guemara demande : Soutient-il vraiment conformément à l’opinion de Rabbi Elazar ? Ne maintenons-nous pas que l’enseignement de Rabbi Eliezer ben Ya’akov mesure un kav mais est pur, c’est-à-dire que peu de ses décisions ont été consignées, mais celles qui l’ont été sont considérées comme faisant autorité, et la halakha est toujours conforme à son opinion ? Cependant, en ce qui concerne cette décision de Rabbi Elazar, Rav Amram a dit que Rav a dit que la halakha n’est pas conforme à Rabbi Elazar. La Guemara commente : Cela est en effet difficile.
רַב אָשֵׁי אָמַר: בְּיֵשׁ חָלָל מֵחַיָּיבֵי עֲשֵׂה קָמִיפַּלְגִי. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב סָבַר: יֵשׁ חָלָל מֵחַיָּיבֵי עֲשֵׂה, וְרַבָּנַן סָבְרִי: אֵין חָלָל מֵחַיָּיבֵי עֲשֵׂה.
Rav Ashi a dit : Telle n’est pas la raison du différend. Au contraire, ils sont en désaccord quant à savoir s’il existe un ḥalal issu d’une relation pour laquelle l’homme et la femme sont passibles de transgresser une mitsva positive. Le mariage d’un Grand Prêtre avec une femme non vierge constitue une violation de la mitsva selon laquelle un Grand Prêtre doit épouser une vierge, mais cela n’est pas formulé dans la Torah comme une interdiction faite à un Grand Prêtre d’épouser une femme non vierge. Rabbi Eliezer ben Ya’akov soutient qu’il existe un ḥalal issu d’une relation pour laquelle l’homme et la femme sont passibles de violer une mitsva positive, et les Sages soutiennent qu’il n’existe pas de ḥalal issu d’une relation pour laquelle l’homme et la femme sont passibles de violer une mitsva positive.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב — דִּכְתִיב: ״אַלְמָנָה וּגְרוּשָׁה וַחֲלָלָה זוֹנָה אֶת אֵלֶּה לֹא יִקָּח כִּי אִם בְּתוּלָה וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְלֹא יְחַלֵּל זַרְעוֹ בְּעַמָּיו״, אַכּוּלְּהוּ.
Quelle est la raison de Rabbi Eliezer ben Ya’akov ? Comme il est écrit : « Une veuve, ou une femme divorcée, ou une ḥalala, ou une zona, celles-là il ne les prendra pas ; mais une vierge de son propre peuple il prendra pour femme » (Lévitique 21:14), et il est dit ensuite : « Et il ne profanera pas sa descendance parmi son peuple » (Lévitique 21:15). Rabbi Eliezer ben Ya’akov soutient que cette profanation se rapporte à toutes, c’est-à-dire qu’il profane sa descendance en épousant toute femme qui ne lui convient pas, y compris une non-vierge.
וְרַבָּנַן: ״אֵלֶּה״ הִפְסִיק הָעִנְיָן. וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אָמַר: ״אֵלֶּה״ לְמַעוֹטֵי נִדָּה.
Et que les Sages soutiennent-ils ? Le mot « celles-ci » a conclu la discussion de cette question. Par conséquent, seules les interdictions énumérées avant l’expression « celles-ci il ne prendra pas » font que la descendance soit un ḥalal. Et Rabbi Eliezer ben Ya’akov a dit : Le mot « celles-ci » vient exclure une femme menstruée. Si un prêtre a des relations avec une femme menstruée, la descendance n’est pas un ḥalal, car il ne s’agit pas d’une interdiction spécifique aux prêtres.
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא: מֵ״אֵלֶּה״ אַתָּה עוֹשֶׂה חָלָל, וְאִי אַתָּה עוֹשֶׂה חָלָל מִנִּדָּה. כְּמַאן — כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, נִכְתְּבֵיהּ לְ״אֵלֶּה״ לְבַסּוֹף? קַשְׁיָא.
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui est ce qui est enseigné dans la baraita suivante : À partir des interdictions qui précèdent l’expression « celles-ci il ne prendra pas », tu rends ta descendance ḥalal, mais tu ne rends pas ta descendance ḥalal en ayant un enfant avec une femme menstruée. Conformément à l’opinion de qui cela est-il ? Cela est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. La Guemara demande : Et selon Rabbi Eliezer ben Ya’akov, que le verset écrive le mot celles-ci à la fin, après avoir déclaré qu’un Grand Prêtre doit épouser une vierge, afin de préciser que s’il épouse une non-vierge, leur enfant est un ḥalal. La Guemara répond : En effet, cela est difficile.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֲחוֹתוֹ אֲרוּסָה, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמְרִים: מִטַּמֵּא לָהּ. רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: אֵין מִטַּמֵּא לָהּ. אֲנוּסָה וּמְפוּתָּה — דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין מִטַּמֵּא לָהּ. וּמוּכַּת עֵץ — אֵין מִטַּמֵּא לָהּ, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן. שֶׁהָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: רְאוּיָה לְכֹהֵן גָּדוֹל — מִטַּמֵּא לָהּ, שֶׁאֵין רְאוּיָה לְכֹהֵן גָּדוֹל — אֵין מִטַּמֵּא לָהּ.
§ Les Sages ont enseigné : En ce qui concerne la sœur fiancée d’un prêtre, Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda disent : il doit devenir impur pour elle à sa mort. Rabbi Yossé et Rabbi Chimon disent : il ne peut pas devenir impur pour elle. En ce qui concerne sa sœur qui a été violée ou séduite, tous sont d’accord pour dire qu’il ne peut pas devenir impur pour elle à sa mort. En ce qui concerne sa sœur dont l’hymen a été déchiré accidentellement, il ne peut pas devenir impur pour elle ; c’est l’opinion de Rabbi Chimon, car Rabbi Chimon énonçait le principe suivant : Si sa sœur était apte pour un Grand Prêtre, il doit devenir impur pour elle, mais si elle n’était pas apte pour un Grand Prêtre, il ne peut pas devenir impur pour elle.
וּבוֹגֶרֶת — מִטַּמֵּא לָהּ, דִּבְרֵי כׇּל אָדָם.
Et si sa sœur était une femme adulte, il doit devenir impur pour elle selon tous. Même ceux qui soutiennent qu’un Grand Prêtre ne peut pas épouser une femme adulte parce que son hymen n’est plus intact conviennent que, pour ce qui est pour un prêtre de devenir impur, elle est considérée comme vierge et il doit donc devenir impur pour elle à sa mort.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה — דְּדָרְשִׁי הָכִי: ״וְלַאֲחוֹתוֹ הַבְּתוּלָה״ — פְּרָט לַאֲנוּסָה וּמְפוּתָּה.
La Guemara analyse cette baraita : Quelle est la raison de Rabbi Meir et Rabbi Yehuda ? Ils interprètent le verset comme suit : « Et pour sa sœur vierge, qui lui est proche, qui n’a pas connu d’homme, pour elle il doit se rendre impur » (Lévitique 21:3). « Et pour sa sœur vierge » exclut celle qui a été violée ou séduite, car elles ne sont pas vierges.
יָכוֹל שֶׁאֲנִי מוֹצִיא אַף מוּכַּת עֵץ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר לֹא הָיְתָה לְאִישׁ״. מִי שֶׁהֲוָיָיתָהּ עַל יְדֵי אִישׁ, יָצְאָה זוֹ שֶׁאֵין הֲוָיָיתָהּ עַל יְדֵי אִישׁ. ״הַקְּרוֹבָה״ — לְרַבּוֹת הָאֲרוּסָה. ״אֵלָיו״ — לְרַבּוֹת הַבּוֹגֶרֶת.
On aurait pu penser que je devrais exclure même une femme dont l’hymen a été déchiré accidentellement par un objet étranger. Le verset, par conséquent, déclare : « Qui n’a pas connu d’homme, » afin de n’inclure que celle dont le fait de devenir non vierge a été causé par un homme, c’est-à-dire par un rapport sexuel. Ce cas d’une femme dont le fait de devenir non vierge n’a pas été causé par un homme mais plutôt par un objet est ainsi exclu de la catégorie des non-vierges, et son frère devient bien impur pour elle. « Qui est proche » ; cela vient inclure une sœur fiancée. « À lui » ; cela vient inclure une femme adulte.
הָא לְמָה לִי קְרָא? וְהָאָמַר רַבִּי מֵאִיר: ״בְּתוּלָה״ — אֲפִילּוּ מִקְצָת בְּתוּלָה מַשְׁמַע! אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא נֵילַף ״בְּתוּלָה״ ״בְּתוּלָה״ מֵהָתָם: מָה לְהַלָּן נַעֲרָה, אַף כָּאן נָמֵי נַעֲרָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin d’un verset pour inclure une femme adulte ? Rabbi Meïr n’a-t-il pas dit que le mot « vierge » indique même une femme qui est partiellement vierge, c’est-à-dire une femme adulte dont l’hymen est partiellement intact ? Par conséquent, lorsque le verset déclare que le prêtre devient impur pour sa sœur vierge, une femme adulte est incluse. La Guemara répond : La dérivation à partir du verset est nécessaire, car il pourrait vous venir à l’esprit de dire que nous devrions dériver une analogie verbale du mot « vierge » dans ce contexte et du mot « vierge » de là-bas, du contexte d’un Grand Prêtre : Dans l’analogie, de même que là-bas la vierge mentionnée est une jeune femme et non une femme adulte, de même ici elle doit être une jeune femme. Le verset nous enseigne donc qu’un prêtre devient impur pour sa sœur même si elle est une femme adulte.
וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, מַאי טַעְמַיְיהוּ — דָּרְשִׁי הָכִי: ״וְלַאֲחוֹתוֹ הַבְּתוּלָה״ — פְּרָט לַאֲנוּסָה וּמְפוּתָּה וּמוּכַּת עֵץ, ״אֲשֶׁר לֹא הָיְתָה״ — פְּרָט לַאֲרוּסָה, ״הַקְּרוֹבָה״ — לְרַבּוֹת אֲרוּסָה שֶׁנִּתְגָּרְשָׁה, ״אֵלָיו״ — לְרַבּוֹת אֶת הַבּוֹגֶרֶת. ״הַקְּרוֹבָה״ — לְרַבּוֹת אֲרוּסָה שֶׁנִּתְגָּרְשָׁה,
Et Rabbi Yosei et Rabbi Shimon, quelle est leur raison ? Ils interprètent ainsi : « Et pour sa sœur vierge » exclut une femme qui a été violée ou séduite, ainsi qu’une femme dont l’hymen a été déchiré accidentellement, qui n’est pas non plus considérée comme vierge. « Qui n’a pas eu d’homme » exclut une sœur fiancée, bien qu’elle ne soit pas encore pleinement mariée. « Qui est proche » ; cela vient inclure une femme fiancée qui a ensuite été divorcée, car elle est de nouveau proche de son frère. « À lui » ; cela vient inclure une femme adulte. La Guemara demande : l’expression « qui est proche » peut-elle venir inclure une femme fiancée qui a été divorcée ?