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דִּכְתִיב: ״לֹא תִלְבַּשׁ שַׁעַטְנֵז״, ״גְּדִלִים תַּעֲשֶׂה לָּךְ״.
Comme il est écrit : « Tu ne porteras pas de tissus mélangés de laine et de lin ensemble. Tu te feras des franges torsadées aux quatre coins de ton vêtement dont tu te couvres » (Deutéronome 22:11–12). Ces versets enseignent que, malgré l’interdiction de porter des tissus mélangés de laine et de lin, il est permis de préparer des franges rituelles de matières mélangées, par exemple des fils de laine teints en bleu céleste sur des vêtements de lin. Cela montre que la mitsva positive des franges rituelles l’emporte sur l’interdiction des tissus mélangés.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: סְמוּכִים מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סְמוּכִים לָעַד לְעוֹלָם עֲשׂוּיִם בֶּאֱמֶת וְיָשָׁר״.
Et Rabbi Elazar dit : D’où dans la Torah est-il dérivé que l’on peut tirer des interprétations homilétiques de la juxtaposition des versets ? En d’autres termes, d’où est-il dérivé que le fait que certains versets soient adjacents l’un à l’autre constitue une raison d’appliquer les halakhot d’un verset à l’autre ? Comme il est dit : « Les œuvres de Ses mains sont vérité et justice, tous Ses commandements sont sûrs. Juxtaposés à jamais et pour toujours, faits dans la vérité et la droiture” (Psaumes 111:7–8). Ce verset indique qu’il convient de tirer des inférences de la juxtaposition des commandements de Dieu.
וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: מִנַּיִן לִיבָמָה שֶׁנָּפְלָה לִפְנֵי מוּכֵּה שְׁחִין שֶׁאֵין חוֹסְמִין אוֹתָהּ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תַחְסוֹם שׁוֹר בְּדִישׁוֹ״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״כִּי יֵשְׁבוּ אַחִים יַחְדָּיו״.
Et de même, Rav Sheshet a dit que Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : D’où est-il déduit, en ce qui concerne une yevama qui s’est présentée devant un yavam affligé de furoncles, qu’on ne peut pas la museler, c’est-à-dire qu’on ne peut pas la contraindre à contracter un mariage léviratique, et qu’il est contraint de la libérer par ḥalitza ? Comme il est dit : « Tu ne muselleras pas un bœuf pendant qu’il foule le grain » (Deutéronome 25:4), et, juxtaposé à cela, se trouve le verset : « Si des frères demeurent ensemble » (Deutéronome 25:5), qui ouvre le passage traitant des halakhot du mariage léviratique. Cela enseigne que, de même qu’il est interdit de museler le bœuf, de même on ne peut pas museler et ignorer les plaintes d’une yevama qui ne souhaite pas épouser un yavam affligé de furoncles.
וְאָמַר רַב יוֹסֵף: אֲפִילּוּ לְמַאן דְּלָא דָּרֵישׁ סְמוּכִים בְּעָלְמָא, בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה דָּרֵישׁ. דְּהָא רַבִּי יְהוּדָה בְּעָלְמָא לָא דָּרֵישׁ, וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה דָּרֵישׁ.
Et Rav Yosef a dit : Même selon celui qui, en général, ne tire pas d’interprétations homilétiques de la juxtaposition de versets, néanmoins, il les tire du Deutéronome, tout comme Rabbi Yehuda ne tire généralement pas d’interprétations homilétiques de la juxtaposition de versets, et pourtant il les tire du Deutéronome.
וּבְעָלְמָא מְנָלַן דְּלָא דָּרֵישׁ? דְּתַנְיָא: בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר, נֶאֱמַר: ״מְכַשֵּׁפָה לֹא תְחַיֶּה״, וְנֶאֱמַר: ״כׇּל שׁוֹכֵב עִם בְּהֵמָה מוֹת יוּמָת״, סְמָכוֹ עִנְיָן לוֹ: מָה שׁוֹכֵב עִם בְּהֵמָה בִּסְקִילָה — אַף מְכַשֵּׁפָה בִּסְקִילָה.
§ La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que Rabbi Yehouda ne déduit généralement pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés ? Comme il est enseigné dans une baraita au sujet de la punition d’une sorcière, que ben Azzai dit qu’il est écrit : « Tu ne laisseras pas vivre une sorcière » (Exode 22:17), bien que le mode de son exécution ne soit pas précisé, et il est écrit : « Quiconque couche avec une bête sera certainement mis à mort » (Exode 22:18). La Torah a juxtaposé cette affaire à l’autre pour dire : De même que celui qui couche avec une bête est exécuté par lapidation (voir Lévitique 20:16), de même, une sorcière est exécutée par lapidation.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וְכִי מִפְּנֵי שֶׁסְּמָכוֹ עִנְיָן לוֹ, נוֹצִיא זֶה לִסְקִילָה?
En ce qui concerne cette preuve, Rabbi Yehouda dit à ben Azzai : Et simplement du fait que la Torah a juxtaposé cette question à cette autre, ferons-nous sortir cette personne pour être lapidée ? Doit-il être condamné à la plus sévère des peines capitales sur la base d’une juxtaposition de passages ?
אֶלָּא: אוֹב וְיִדְּעוֹנִי בִּכְלַל מְכַשְּׁפִים הָיוּ, וְלָמָּה יָצְאוּ? לְהַקִּישׁ לָהֶם וְלוֹמַר לָךְ: מָה אוֹב וְיִדְּעוֹנִי בִּסְקִילָה — אַף מְכַשֵּׁפָה בִּסְקִילָה.
Au contraire, Rabbi Yehouda affirme que la source est la déclaration suivante : Les nécromanciens et les devins étaient inclus parmi tous les sorciers. Et pourquoi ont-ils été distingués du reste dans le verset : « Un homme ou une femme qui est nécromancien ou devin sera certainement mis à mort ; on les lapidera avec des pierres ; leur sang est sur eux » (Lévitique 20:27) ? C’est pour établir une analogie avec eux et te dire : De même qu’un nécromancien et un devin sont exécutés par lapidation, de même une sorcière est exécutée par lapidation. Cela montre que Rabbi Yehouda ne tire pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés.
וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה מְנָלַן דְּדָרֵישׁ? דִּתְנַן: נוֹשֵׂא אָדָם אֲנוּסַת אָבִיו וּמְפוּתַּת אָבִיו, אֲנוּסַת בְּנוֹ וּמְפוּתַּת בְּנוֹ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר בַּאֲנוּסַת אָבִיו וּמְפוּתַּת אָבִיו.
§ Et d’où déduisons-nous que Rabbi Yehouda tire effectivement des interprétations homilétiques dans le Deutéronome ? Comme nous l’avons appris dans une michna : Une personne peut épouser une femme violée par son père et une femme séduite par son père, bien que la femme de son père lui soit interdite. De même, il peut épouser une femme violée par son fils et une femme séduite par son fils. Bien que la loi de la Torah interdise d’épouser la femme de son père ou la femme de son fils, ces interdictions ne s’appliquent pas à une femme violée ou séduite par eux. Et Rabbi Yehouda lui interdit d’épouser une femme violée par son père et une femme séduite par son père.
וְאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דִּכְתִיב: ״לֹא יִקַּח אִישׁ אֶת אֵשֶׁת אָבִיו וְלֹא יְגַלֶּה כְּנַף אָבִיו״, כָּנָף שֶׁרָאָה אָבִיו — לֹא יְגַלֶּה.
Et Rav Giddel a dit que Rav a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehouda ? Comme il est écrit : « Un homme ne prendra pas la femme de son père, et ne découvrira pas le pan de son père » (Deutéronome 23:1). La dernière expression : « et ne découvrira pas le pan de son père » fait référence à un pan qui a été vu par son père, c’est-à-dire que toute femme qui a eu des relations avec son père ne doit pas être découverte par son fils, ce qui signifie que son fils ne peut pas l’épouser.
וּמִמַּאי דְּבַאֲנוּסָה כְּתִיב — מֵעִילָּוֵיהּ דִּקְרָא, דִּכְתִיב: ״וְנָתַן הָאִישׁ הַשּׁוֹכֵב עִמָּהּ לַאֲבִי הַנַּעֲרָה חֲמִשִּׁים כָּסֶף״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״לֹא יִקַּח אִישׁ וְגוֹ׳״.
Et d’où sait-on que le verset est écrit au sujet d’une femme violée par son père ? Cela s’apprend du verset précédent, qui traite des halakhot du viol, comme il est écrit : « Et l’homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d’argent » (Deutéronome 22:29), et juxtaposé à celui-ci se trouve le verset : « Un homme ne prendra pas la femme de son père et ne découvrira pas le pan du vêtement de son père. » Cela montre que Rabbi Yehouda tire bien des interprétations homilétiques de versets juxtaposés dans le Deutéronome.
וְרַבָּנַן: אִי הֲוָה סְמִיךְ לֵיהּ, כִּדְקָאָמְרַתְּ. הַשְׁתָּא דְּלָא סְמִיךְ לֵיהּ (דִּכְתִיב ״לֹא יִקַּח אִישׁ אֶת אֵשֶׁת אָבִיו״ בֵּנְתַיִם) —
§ La Guemara demande : Et comment les Sages, qui sont en désaccord avec l’opinion de Rabbi Yehouda, répondent-ils à cet argument ? Ils disent : Si les deux versets étaient entièrement juxtaposés, cela serait interprété comme tu l’as dit. Cependant, maintenant qu’ils ne sont pas correctement juxtaposés, puisqu’il est écrit : « Un homme ne prendra pas la femme de son père », entre les deux halakhot du viol et l’énoncé concernant le fait de découvrir le pan du vêtement de son père, cela sert à rompre la juxtaposition.
בְּשׁוֹמֶרֶת יָבָם הַכָּתוּב מְדַבֵּר, וְלַעֲבוֹר עָלָיו בִּשְׁנֵי לָאוִין.
Par conséquent, ce verset particulier concernant le fait de découvrir le vêtement de son père parle d’une femme qui attend son yavam, en l’occurrence le père de quelqu’un. En d’autres termes, la yevama d’un père qui attend le mariage léviratique avec le père est déjà considérée comme « le pan du vêtement de son père », et elle est donc interdite au fils. Bien que cette femme en attente du mariage léviratique soit en réalité la femme de son oncle et lui soit de toute façon explicitement interdite, ce passage vient enseigner que il transgresse deux interdictions. En d’autres termes, s’il avait des relations avec elle, il serait puni à la fois pour des relations avec la femme de son oncle et pour des relations avec « le pan du vêtement de son père ».
וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה מַאי טַעְמָא דְּדָרֵישׁ? אִיבָּעֵית אֵימָא — מִשּׁוּם דְּמוֹכַח, וְאִיבָּעֵית אֵימָא — מִשּׁוּם דְּמוּפְנֵי.
§ La Guemara demande : Mais, puisque Rabbi Yehouda ne déduit généralement pas d’interprétations homilétiques de la juxtaposition de versets, quelle est la raison pour laquelle il déduit ces interprétations dans le Deutéronome ? La Guemara répond : Si tu veux, dis que c’est parce que cela est évident d’après le contexte ; et si tu veux, dis plutôt que c’est parce que ce verset est superflu et est donc libre pour cette déduction.
אִיבָּעֵית אֵימָא מִשּׁוּם דְּמוֹכַח — דְּאִם כֵּן לִכְתְּבֵיהּ רַחֲמָנָא גַּבֵּי עֲרָיוֹת. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מִשּׁוּם דְּמוּפְנֵי — דְּאִם כֵּן לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא: ״לֹא יִקַּח אִישׁ אֶת אֵשֶׁת אָבִיו״, ״לֹא יְגַלֶּה כְּנַף אָבִיו״ לְמָה לִי?
La Guemara développe : Si vous voulez, dites que c’est parce que cela est évident ; car, si c’était ainsi que le verset n’avait pas l’intention d’enseigner par juxtaposition, que le Miséricordieux écrive cette halakha interdisant le mariage avec la femme du père à côté des autres femmes avec lesquelles les relations sont interdites, dans le Lévitique. Puisque ce verset n’est pas à sa place, il vient certainement enseigner par juxtaposition. Et si vous voulez, dites plutôt que c’est parce que ce verset est libre, car, si c’était ainsi que le verset ne vient pas enseigner une halakha supplémentaire, que le Miséricordieux écrive seulement : « Un homme ne prendra pas la femme de son père. » Pourquoi ai-je besoin de l’expression : « Et il ne découvrira pas le pan de son père » ? Cette expression est superflue et enseigne donc par juxtaposition.

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