רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״אָבִיהָ״ — אָבִיהָ מַמָּשׁ, ״אִמָּהּ״ — אִמָּהּ מַמָּשׁ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״אָבִיהָ וְאִמָּהּ״ — זוֹ עֲבוֹדָה זָרָה. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אוֹמְרִים לָעֵץ אָבִי אַתָּה וְגוֹ׳״.
Rabbi Eliezer dit : « Son père » signifie son véritable père et « sa mère » signifie sa véritable mère. Rabbi Akiva dit : Son père et sa mère ; cela fait référence à la divinité idolâtre qu’elle avait adorée mais qu’elle ne pourra plus adorer, et ainsi il est dit : « Ils disent à un arbre : Tu es mon père, et à une pierre : Tu nous as enfantés » (Jérémie 2:27).
״יֶרַח יָמִים״ — יֶרַח שְׁלֹשִׁים יוֹם. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר, תִּשְׁעִים יוֹם: ״יֶרַח״ — שְׁלֹשִׁים, ״יָמִים״ — שְׁלֹשִׁים, ״וְאַחַר כֵּן״ — שְׁלֹשִׁים.
Les versets déclarent : « Un mois de jours et après cela tu pourras aller vers elle » (Deutéronome 21:13). Cela signifie un mois de trente jours. Rabbi Shimon ben Elazar dit : Elle doit attendre quatre-vingt-dix jours. Cela se déduit ainsi : l’expression « un mois » désigne trente jours ; le mot « jours » ajoute encore trente jours ; et les mots « après cela » indiquent une autre période égale à une période mentionnée précédemment, c’est-à-dire encore trente jours.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: אֵימָא: ״יֶרַח״ — שְׁלֹשִׁים, ״יָמִים״ — שְׁלֹשִׁים, ״וְאַחַר כֵּן״ — כִּי הָנֵי? קַשְׁיָא.
Ravina s’oppose vivement à cela : Si les mots « après cela » indiquent une autre période égale à une période mentionnée auparavant, alors on devrait dire : L’expression « un mois » désigne trente jours ; le mot « jours » ajoute encore trente jours ; et ensuite les mots « après cela » ajoutent une autre période qui est égale à la somme totale de tous ces jours qu’elle a déjà attendus, c’est-à-dire soixante jours supplémentaires. La Guemara concède : En effet, cela est difficile.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְקַיְּימִין עֲבָדִים שֶׁאֵינָם מָלִין, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין מְקַיְּימִין. אָמַר לוֹ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְיִנָּפֵשׁ בֶּן אֲמָתְךָ״! אָמַר לוֹ: בְּלוֹקֵחַ עֶבֶד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְלֹא הִסְפִּיק לְמוּלוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : On peut garder des esclaves qui ne sont pas circoncis sous son autorité ; telle est l’opinion de Rabbi Yishmael. Rabbi Akiva dit : On ne peut pas garder de tels esclaves, même un instant. Rabbi Yishmael lui dit : Mais il est écrit au sujet du Chabbat : « Et le fils de ta servante se reposera » (Exode 23:12). Le verset interdit à un maître juif de permettre à son esclave d’accomplir un travail pendant le Chabbat. La Guemara expliquera qu’il s’agit ici d’un esclave non circoncis. Il est donc évident qu’il est permis de garder un tel esclave. Rabbi Akiva lui dit : Le verset parle de quelqu’un qui achète un esclave au crépuscule à la veille du Chabbat et n’a donc pas la possibilité de le circoncire avant l’entrée du Chabbat.
דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִיהַת ״וְיִנָּפֵשׁ בֶּן אֲמָתְךָ״ — בְּעֶבֶד עָרֵל כְּתִיב, מַאי מַשְׁמַע? דְּתַנְיָא: ״וְיִנָּפֵשׁ בֶּן אֲמָתְךָ״ — בְּעֶבֶד עָרֵל הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אַתָּה אוֹמֵר בְּעֶבֶד עָרֵל, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּעֶבֶד מָהוּל? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״לְמַעַן יָנוּחַ עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ כָּמוֹךָ״, הֲרֵי עֶבֶד מָהוּל אָמוּר. הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְיִנָּפֵשׁ בֶּן אֲמָתְךָ״ — בְּעֶבֶד עָרֵל.
La Guemara note : En tout état de cause, de l’avis de tous le verset : « Et le fils de ta servante sera ranimé », a été écrit au sujet d’un esclave incirconcis. D’où cela est-il déduit ? Comme il est enseigné dans une baraita : « Et le fils de ta servante sera ranimé » ; le verset parle d’un esclave incirconcis. Dis-tu qu’il parle d’un esclave incirconcis, ou peut-être parle-t-il seulement d’un esclave circoncis ? Lorsqu’il est dit ailleurs : « Et le septième jour est un Shabbat pour l’Éternel ton Dieu ; tu ne feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante…afin que ton esclave et ta servante se reposent comme toi » (Deutéronome 5:13), un esclave circoncis est déjà mentionné ; comment, dès lors, dois-je interpréter le verset « Et le fils de ta servante sera ranimé » ? Il doit se référer à un esclave incirconcis.
״וְהַגֵּר״ — זֶה גֵּר תּוֹשָׁב. אַתָּה אוֹמֵר זֶה גֵּר תּוֹשָׁב, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא גֵּר צֶדֶק? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְגֵרְךָ אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ״, הֲרֵי גֵּר צֶדֶק אָמוּר. הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְהַגֵּר״ — זֶה גֵּר תּוֹשָׁב.
Le verset continue : « Et l’étranger [ger] » (Exode 23:12). Cela fait référence à un gentil qui observe certaines mitzvot [ger toshav]. Dis-tu que c’est un ger toshav, ou peut-être n’est-ce qu’un converti juste [ger tzedek], qui est juif à tous égards ? Lorsqu’il est dit ailleurs : « Et ton étranger [ger] qui est dans tes portes » (Deutéronome 5:13), un converti juste est déjà mentionné. Comment, alors, dois-je comprendre le verset « Et l’étranger [ger] » ? Ce doit être que c’est un ger toshav.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַלּוֹקֵחַ עֶבֶד מִן הַגּוֹי וְלֹא רָצָה לָמוּל — מְגַלְגֵּל עִמּוֹ עַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. לֹא מָל — חוֹזֵר וּמוֹכְרוֹ לְגוֹיִם.
Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Dans le cas de quelqu’un qui achète un esclave à un gentil et l’esclave ne souhaite pas être circoncis, il demeure avec lui jusqu’à douze mois. Si, après cette période, il n’est toujours pas circoncis, alors il le vend à des gentils.
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא, כְּמַאן — דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא. דְּאִי רַבִּי עֲקִיבָא, הָאָמַר: אֵין מְקַיְּימִין! אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא פַּסְקַהּ לְמִילְּתֵיהּ, אֲבָל הֵיכָא דְּפַסְקַהּ לְמִילְּתֵיהּ — פַּסְקַהּ.
Les Sages ont énoncé cettehalakhadevant Rav Pappa et ont demandé : Selon l’opinion de qui cela est-il ? Il semble que ce ne soit pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, car, si c’était conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, n’a-t-il pas dit : On ne peut pas garder un esclave incirconcis même un seul instant ? Rav Pappa leur dit : Vous pouvez même dire que cela est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, car peut-être cettehalakha de Rabbi Yehoshua ben Levi s’applique seulement lorsque l’esclave n’a pas rendu son refus d’être circoncis explicite ; cependant, lorsqu’il a rendu son refus d’être circoncis explicite, puisqu’il l’a rendu explicite, il est interdit de le garder, comme le statue Rabbi Akiva.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: אַמְרִיתָא לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב זְבִיד מִנְּהַרְדְּעָא, אָמַר לִי: אִי הָכִי, כִּי אֲמַר לֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא בְּלוֹקֵחַ עֶבֶד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, לִישַׁנֵּי לֵיהּ הָא! חֲדָא מִתְּרֵי טַעְמֵי קָאָמַר.
Rav Kahana a dit : J’ai exposé cette halakha devant Rav Zevid de Neharde’a. Il m’a dit : Si c’est le cas, que Rabbi Akiva est d’accord qu’on peut garder temporairement un esclave qui n’a pas explicitement refusé d’être circoncis, alors lorsque Rabbi Akiva a dit à Rabbi Yishmaël que le verset concernant un esclave incirconcis parle de quelqu’un qui achète un esclave au crépuscule à la veille de Chabbat, qu’il lui réponde plutôt que le verset parle de ce cas d’un esclave qui n’a pas explicitement refusé d’être circoncis. La Guemara explique : Rabbi Akiva a donné seulement une des deux possibles raisons pour lesquelles il serait permis de posséder un tel esclave.
שְׁלַח רָבִין מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אִילְעַאי, וְכׇל רַבּוֹתַי אָמְרוּ לִי מִשְּׁמוֹ: אֵיזֶהוּ עֶבֶד עָרֵל שֶׁמּוּתָּר לְקַיְּימוֹ — זֶה שֶׁלְּקָחוֹ רַבּוֹ עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְמוּלוֹ. אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא: כְּמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאִי רַבִּי עֲקִיבָא, הָאָמַר: אֵין מְקַיְּימִין! אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא אַתְנִי בַּהֲדֵיהּ, אֲבָל הֵיכָא דְּאַתְנִי — אַתְנִי.
Ravin a envoyé un message citant une halakhaau nom de Rabbi Ilai : Et tous mes maîtres m’ont dit en son nom : Quel est le cas d’un esclave incirconcis qu’il est permis de garder ? C’est celui que son maître a acheté à condition de ne pas le circoncire. Les Sages ont énoncé cette halakhadevant Rav Pappa et ont demandé : Selon l’opinion de qui cela est-il ? Il semble que ce ne soit pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, car, si c’était conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, n’a-t-il pas dit : On ne peut pas garder un esclave incirconcis même un seul instant ? Rav Pappa leur dit : Vous pouvez même dire que cela est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, puisque peut-être cette décision de Rabbi Akiva s’applique seulement là où le maître n’a pas posé de condition au sujet de l’esclave selon laquelle il ne serait pas circoncis ; cependant, là où il a posé une telle condition, puisqu’il a posé une condition, même Rabbi Akiva concéderait qu’il est permis de le garder.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: אַמְרִיתָא לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב זְבִיד מִנְּהַרְדְּעָא, וַאֲמַר לִי: אִי הָכִי, כִּי קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא בְּלוֹקֵחַ עֶבֶד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְלֹא הִסְפִּיק לְמוּלוֹ — לִישַׁנֵּי לֵיהּ הָא!
Rav Kahana a dit : J’ai dit cette halakha devant Rav Zevid de Neharde’a, et il m’a dit : Si c’est le cas, que Rabbi Akiva est d’accord qu’on peut garder un esclave qui a été acheté à condition qu’il ne soit pas circoncis, alors lorsque Rabbi Akiva a dit à Rabbi Yishmaël que le verset au sujet d’un esclave incirconcis fait référence à quelqu’un qui achète un esclave au crépuscule la veille de Chabbat et qu’il n’a donc pas la possibilité de le circoncire avant l’entrée de Chabbat, qu’il lui réponde plutôt que le verset fait référence à ce cas d’un esclave qui a été acheté à condition qu’il ne soit pas circoncis.
וְלִיטַעְמָיךְ, לִישַׁנֵּי לֵיהּ הָךְ! אֶלָּא, חַד מִתְּרֵי וּתְלָת טַעְמֵי קָאָמַר.
La Guemara répond : Mais même selon ton raisonnement, selon lequel Rabbi Akiva est en désaccord, puisque tu acceptes néanmoins la résolution de Rav Pappa de l’opinion de Rabbi Akiva avec la halakha de Rabbi Yehoshua ben Levi, que Rabbi Akiva lui réponde que le verset fait référence à ce cas d’un esclave qui n’a pas explicitement refusé d’être circoncis. La Guemara répond : Rabbi Akiva a dit seulement une sur deux ou trois possibles raisons pour lesquelles il serait permis de posséder un tel esclave.
יְתֵיב רַבִּי חֲנִינָא בַּר פַּפִּי וְרַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא אַקִּילְעָא דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, וְיָתְבִי וְקָאָמְרִי: עִיר אַחַת הָיְתָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְלֹא רָצוּ עֲבָדֶיהָ לָמוּל, וְגִלְגְּלוּ עִמָּהֶם עַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, וְחָזְרוּ וּמְכָרוּם לְגוֹיִם. כְּמַאן —
Rabbi Ḥanina bar Pappi, Rabbi Ami et Rabbi Yitzḥak Nappaḥa étaient assis dans la cour de Rabbi Yitzḥak Nappaḥa. Ils étaient assis et disaient : Il y avait une ville en Eretz Yisrael dont les esclaves ne souhaitaient pas être circoncis. Leurs maîtres restèrent avec eux jusqu’à ce que douze mois se soient écoulés puis les vendirent à des gentils. Conformément à l’opinion de qui ont-ils agi ?
כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: הַלּוֹקֵחַ עֶבֶד מִן הַגּוֹי וְלֹא רָצָה לָמוּל — מְגַלְגֵּל עִמּוֹ עַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, לֹא מָל — חוֹזֵר וּמוֹכְרוֹ לְגוֹיִם. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אֵין מְשַׁהִין אוֹתוֹ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, מִפְּנֵי הֶפְסֵד טְהָרוֹת. וּבָעִיר הַסְּמוּכָה לַסְּפָר אֵין מְשַׁהִין אוֹתוֹ כׇּל עִיקָּר, שֶׁמָּא יִשְׁמַע דָּבָר וְיֵלֵךְ וְיֹאמַר לַחֲבֵרוֹ גּוֹי.
Cela est conforme à l’opinion de ce tanna, comme il est enseigné dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui achète un esclave à un gentil et que l’esclave ne souhaite pas être circoncis, le maître le garde auprès de lui pendant jusqu’à douze mois. Si, après cette période, l’esclave ne veut toujours pas être circoncis, le maître le vend alors à des gentils. Rabbi Shimon ben Elazar dit : On ne peut pas lui permettre de rester en Eretz Yisrael en raison de la perte d’objets rituellement purs qu’il pourrait causer. Tant que l’esclave reste incirconcis, il est considéré comme un gentil ; par conséquent, par décret rabbinique, les objets rituellement purs qu’il touche sont considérés comme impurs. Et dans une ville proche de la frontière, on ne peut pas lui permettre de rester du tout, de peur qu’il n’entende quelque affaire secrète concernant la sécurité et n’aille la dire à son compagnon gentil dans un pays ennemi. Cependant, une fois qu’il a été circoncis et a accepté le joug des mitzvot, cette crainte n’existe plus.
תַּנְיָא, רַבִּי חֲנַנְיָא בְּנוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מִפְּנֵי מָה גֵּרִים בִּזְמַן הַזֶּה מְעוּנִּין, וְיִסּוּרִין בָּאִין עֲלֵיהֶן — מִפְּנֵי שֶׁלֹּא קִיְּימוּ שֶׁבַע מִצְוֹת בְּנֵי נֹחַ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר — כְּקָטָן שֶׁנּוֹלַד דָּמֵי. אֶלָּא מִפְּנֵי מָה מְעוּנִּין — לְפִי שֶׁאֵין בְּקִיאִין בְּדִקְדּוּקֵי מִצְוֹת כְּיִשְׂרָאֵל. אַבָּא חָנָן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר: לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין מֵאַהֲבָה, אֶלָּא מִיִּרְאָה.
§ Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Ḥananya, fils de Rabban Gamliel, dit : Pour quelle raison les convertis à l’époque actuelle sont-ils tourmentés et des épreuves s’abattent-elles sur eux ? C’est parce que, lorsqu’ils étaient gentils, ils n’observaient pas les sept mitzvot noahides. Rabbi Yosei dit : Ils ne seraient pas punis pour leurs actes antérieurs à leur conversion, car un converti qui vient juste de se convertir est comme un enfant qui vient de naître, en ce sens qu’il ne conserve aucun lien avec sa vie passée. Alors, pour quelle raison sont-ils tourmentés ? C’est parce qu’ils ne sont pas aussi versés dans les subtilités des mitzvot qu’un Juif de naissance, et par conséquent ils transgressent souvent les mitzvot par inadvertance. Abba Ḥanan dit au nom de Rabbi Elazar : C’est parce qu’ils observent les mitzvot non par amour de Dieu, mais seulement par crainte des châtiments encourus s’ils ne les observent pas.
אֲחֵרִים אוֹמְרִים: מִפְּנֵי שֶׁשִּׁהוּ עַצְמָם לְהִכָּנֵס תַּחַת כַּנְפֵי הַשְּׁכִינָה. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, וְאִיתֵּימָא רַבִּי חֲנִינָא, מַאי קְרָאָה: ״יְשַׁלֵּם ה׳ פׇּעֳלֵךְ וּתְהִי מַשְׂכֻּרְתֵּךְ שְׁלֵמָה מֵעִם ה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר בָּאת לַחֲסוֹת וְגוֹמֵר״.
D'autres disent : C'est parce qu'ils ont attendu avant d'entrer sous les ailes de la Présence divine, c'est-à-dire qu'ils sont punis pour ne pas s'être convertis plus tôt. Rabbi Abbahou a dit, et certains disent que c'était Rabbi Ḥanina qui l'a dit : Quel est le verset d'où l'on déduit qu'il faut se convertir à la première occasion ? Booz dit à Ruth : "Que le Seigneur récompense ton œuvre, et que ta récompense soit complète de la part du Seigneur, le Dieu d'Israël, sous les ailes duquel tu es venue chercher refuge" (Ruth 2:12).