זוֹ חַדְיָיב, ״נְהַר גּוֹזָן״ — זוֹ גִּינְזַק, ״וְעָרֵי מָדַי״ — זוֹ חַמְדָּן וְחַבְרוֹתֶיהָ, וְאָמְרִי לַהּ: זוֹ נִיהַר וְחַבְרוֹתֶיהָ. חַבְרוֹתֶיהָ מַאן? אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּרַךְ, מוּשְׁכֵּי, חִידְקֵי וְדוּמְקֵי. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְכוּלָּן לִפְסוּל.
Ceci est Ḥadyab. Le fleuve de Gozan; ceci est Ginzak. Et les villes des Mèdes; ceci est Ḥamadan et ses environs. Et certains disent : Ceci est Nihar et ses environs. La Guemara demande : Quels sont ses environs ? Shmuel a dit : Kerakh, Mushkhei, Ḥidkei et Domakya sont les environs de Ḥamadan. Rabbi Yoḥanan a dit : Et tous servent à la disqualification. En d'autres termes, si quelqu'un de l'un de ces endroits souhaite se convertir, on craint qu'il ne soit un descendant d'un Juif et donc un mamzer. Par conséquent, ils sont tous disqualifiés.
כִּי אַמְרִיתַהּ קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, אֲמַר לִי: בִּנְךָ הַבָּא מִן יִשְׂרְאֵלִית קָרוּי בִּנְךָ, וְאֵין בִּנְךָ הַבָּא מִן הַגּוֹיָה קָרוּי בִּנְךָ, אֶלָּא בְּנָהּ.
Rav Yehuda poursuivit son récit : Lorsque j’ai dit cettehalakha, qu’il existe de nos jours une inquiétude concernant les fiançailles des gentils, devant Shmuel, il m’a dit : Il n’est pas nécessaire de s’en inquiéter, car ton fils d’une femme juive est appelé ton fils, c’est-à-dire qu’il hérite sa lignée de toi, et ton fils d’une femme gentile n’est pas appelé ton fils, mais plutôt son fils à elle. Par conséquent, tous les enfants nés de Juifs et de femmes gentiles ne sont pas considérés comme juifs, car leur lignée est déterminée par leurs mères gentiles.
וְהָאִיכָּא בָּנוֹת, וְאָמַר רָבִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ, בֶּן בִּתְּךָ הַבָּא מִן הַגּוֹי קָרוּי בִּנְךָ! גְּמִירִי דִּבְנָתָא דְּהָהוּא דָּרָא אִיצְטְרוֹיֵי אִצְטְרוֹ.
La Guemara demande : N’y a-t-il pas de jeunes filles juives qui ont été capturées par des gentils, dont les enfants sont considérés comme juifs ? Et Ravina a dit : Apprends de cela que le fils de ta fille issu d’un gentil est appelé ton fils. Si tel est le cas, les descendants de femmes juives capturées par des gentils seraient effectivement juifs. La Guemara répond : Il n’y a pas lieu de s’en inquiéter, car il est enseigné comme une tradition que les jeunes filles des dix tribus de cette génération devinrent stériles et n’enfantèrent aucune descendance, tandis que certains des hommes exilés des dix tribus épousèrent des femmes gentiles. Par conséquent, tous les enfants nés là-bas étaient des gentils.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: כִּי אַמְרִיתַהּ קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, אָמַר לִי: לֹא זָזוּ מִשָּׁם, עַד שֶׁעֲשָׂאוּם גּוֹיִם גְּמוּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּה׳ בָּגָדוּ כִּי בָנִים זָרִים יָלָדוּ״.
Il y a ceux qui disent que Rav Yehuda a en réalité rapporté ce qui suit : Lorsque j’ai énoncé cettehalakha devant Shmuel, il m’a dit : Ils ne bougèrent pas de là, de l’endroit où ils délibérèrent sur cette question, jusqu’à ce qu’ils déclarent tous, y compris ceux qui se mêlèrent aux dix tribus en différents lieux, comme des gentils à part entière. Par conséquent, il n’y a pas lieu de craindre que leurs fiançailles aient le moindre effet, comme il est dit : « Ils ont agi perfidement contre le Seigneur, car ils ont engendré des enfants étrangers » (Osée 5:7).
יָתֵיב רַב יוֹסֵף אֲחוֹרֵיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְיָתֵיב רַב כָּהֲנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה וְיָתֵיב וְקָאָמַר: עֲתִידִין יִשְׂרָאֵל דְּעָבְדִי יוֹמָא טָבָא כִּי חָרְבָה תַּרְמוֹד. וְהָא חֲרִיב! הַהִיא תָּמוֹד הֲוַאי. רַב אָשֵׁי אָמַר: הַיְינוּ תַּרְמוֹד הַיְינוּ תָּמוֹד, אִכְּפוֹלֵי הוּא דְּמִכַּפְלָ[א]: חֲרִיב מֵהַאי גִּיסָא — אִיתִּיב מֵהַאי גִּיסָא, (וְאִי) חֲרִיב מֵהַאי גִּיסָא — אִיתִּיב מֵהַאי גִּיסָא.
§ La Guemara rapporte : Rav Yosef était assis derrière Rav Kahana, et Rav Kahana était assis devant Rav Yehuda, et il s’assit et dit cette tradition : À l’avenir, les Juifs établiront un jour de Festival lorsque Tarmod sera détruite. La Guemara demande : Mais elle a déjà été détruite. La Guemara répond : Ce lieu qui a été détruit était Tamud, et non Tarmod. Rav Ashi dit : Tarmod est la même chose que Tamud. Cependant, la ville est double. En d’autres termes, lorsqu’elle est détruite de ce côté, elle est habitée de l’autre côté, et lorsqu’elle est détruite de l’autre côté, elle est habitée de ce côté. Par conséquent, elle n’a pas encore été entièrement détruite.
יָתֵיב רַב הַמְנוּנָא קַמֵּיהּ דְּעוּלָּא וְקָא הָוֵי בִּשְׁמַעְתָּא, אָמַר: מָה גַּבְרָא וּמָה גַּבְרָא! אִי לָאו דְּהַרְפַּנְיָא מָאתֵיהּ! אִכְּסִיף, אֲמַר לֵיהּ: כְּסַף גֻּלְגֻּלְתָּא, לְהֵיכָא יָהֲבַתְּ? אֲמַר לֵיהּ לְפוּם נַהֲרָא. אֲמַר לֵיהּ: אִם כֵּן, מִפּוּם נַהֲרָא אַתְּ.
La Guemara raconte : Rav Hamnuna était assis devant Oulla et était occupé à l’étude de la halakha. Oulla dit à son sujet : Quel homme ; quel homme. En d’autres termes : Quel grand homme est ce Rav Hamnuna. Si seulement Harpanya n’était pas sa ville, car les habitants de cet endroit sont tous d’une lignée défectueuse, ce qui indique que la lignée de Rav Hamnuna est elle aussi altérée. Rav Hamnuna eut honte. Oulla lui dit : À qui donnes-tu l’argent pour le paiement de la capitation ? Il lui dit : Je la paie à la ville de Pum Nahara, car ma ville est soumise à l’imposition par cette ville. Il lui dit : Si c’est ainsi, tu es de Pum Nahara, et non de Harpanya, et ta lignée n’est manifestement pas défectueuse.
מַאי הַרְפַּנְיָא? אָמַר רַבִּי זֵירָא: הַר שֶׁהַכֹּל פּוֹנִין בּוֹ. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: כׇּל שֶׁאֵין מַכִּיר מִשְׁפַּחְתּוֹ וְשִׁבְטוֹ נִפְנֶה לְשָׁם. אָמַר רָבָא: וְהִיא עֲמוּקָּה מִשְּׁאוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִיַּד שְׁאוֹל אֶפְדֵּם מִמָּוֶת אֶגְאָלֵם״, וְאִילּוּ פְּסוּל דִּידְהוּ לֵית לְהוּ תַּקַּנְתָּא.
§ La Guemara demande : Quelle est la signification du nom Harpanya ? Rabbi Zeira a dit : Cela signifie la montagne vers laquelle tous se tournent [har shehakol ponin bo]. En d’autres termes, c’est la destination de tous ceux qui n’ont pu trouver d’épouses nulle part ailleurs, car la majeure partie de sa population est d’une lignée défectueuse. Il est enseigné dans une baraita : Tous ceux qui ne connaissent pas leur famille ou leur tribu se tournent vers cet endroit. Rava a dit : Ce type de défaut est effroyable et est plus profond que le monde souterrain, comme il est dit : « Les rachèterai-Je du pouvoir du monde souterrain ? Les délivrerai-Je de la mort ? » (Osée 13:14). Ce verset indique qu’il est possible d’être racheté et libéré du monde souterrain, tandis que leur disqualification ne peut pas être rectifiée.
פְּסוּלֵי דְהַרְפַּנְיָא מִשּׁוּם פְּסוּלֵי דְּמֵישׁוֹן, וּפְסוּלֵי דְּמֵישׁוֹן מִשּׁוּם פְּסוּלֵי דְתַרְמוֹד, פְּסוּלֵי דְתַרְמוֹד מִשּׁוּם עַבְדֵי שְׁלֹמֹה.
La Guemara commente : Ceux qui sont disqualifiés de Harpanya sont inaptes en raison de la disqualification des habitants de la proche Meishon, qui étaient inaptes et se sont mariés avec les habitants de Harpanya. Ceux qui sont disqualifiés de Meishon sont inaptes en raison de ceux qui sont disqualifiés de Tarmod, et ceux qui sont disqualifiés de Tarmod sont disqualifiés en raison des serviteurs de Salomon.
וְהַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: קַבָּא רַבָּא וְקַבָּא זוּטָא, מִיגַּנְדַּר וְאָזֵיל לִשְׁאוֹל, וּמִשְּׁאוֹל לְתַרְמוֹד, וּמִתַּרְמוֹד לְמֵישָׁן, וּמִמֵּישָׁן לְהַרְפַּנְיָא.
La Guemara commente : Et cela explique le dicton populaire que les gens disent à ce sujet : Une grande épha et une petite épha, qui sont toutes deux des mesures imprécises qu’on ne peut pas utiliser pour mesurer, roulent vers le monde souterrain, et du monde souterrain vers Tarmod, et de Tarmod vers Meishon, et de Meishon vers Harpanya. La même idée exprimée par les Sages au sujet de l’invalidité de la lignée a également été intégrée dans un adage bien connu parmi les gens du peuple.
הֲדַרַן עֲלָךְ חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה נָשִׁים
כֵּיצַד אֵשֶׁת אָחִיו שֶׁלֹּא הָיָה בְּעוֹלָמוֹ? שְׁנֵי אַחִים, וּמֵת אֶחָד מֵהֶן, וְנוֹלַד לָהֶן אָח, וְאַחַר כָּךְ יִיבֵּם הַשֵּׁנִי אֶת אֵשֶׁת אָחִיו, וּמֵת. הָרִאשׁוֹנָה יוֹצְאָה מִשּׁוּם אֵשֶׁת אָחִיו שֶׁלֹּא הָיָה בְּעוֹלָמוֹ, וְהַשְּׁנִיָּה מִשּׁוּם צָרָתָהּ.
MICHNA : Chacune des femmes énumérées dans le premier chapitre dispense ses coépouses du mariage léviratique et de la ḥalitza. Cela est dû au lien familial étroit qu’elle a avec son beau-frère, ce qui la lui rend interdite. La seule exception est le cas expliqué dans cette michna. Quel est le cas de la femme d’un frère avec lequel il n’a pas coexisté ? Par exemple : s’il y avait deux frères, et que l’un d’eux mourait sans enfant, et qu’ensuite un frère leur naisse, après quoi le second frère, l’aîné, épouse en mariage léviratique la femme de son frère défunt, et qu’ensuite il meure lui aussi. Par conséquent, deux femmes sont soumises au mariage léviratique : la veuve du premier frère, qui avait été prise en mariage léviratique par le second frère, et la veuve du second frère, la coépouse de la première veuve. La première veuve, qui avait été la femme du premier frère à mourir, sort sans aucune obligation d’être prise en mariage léviratique par le plus jeune frère né plus tard, car elle est la femme d’un frère avec lequel il n’a pas coexisté. Le premier frère décédé n’a jamais vécu en même temps que le frère nouveau-né. La seconde veuve, qui avait été mariée au second frère, est dispensée à cause de sa coépouse.
עָשָׂה בָּהּ מַאֲמָר וּמֵת, שְׁנִיָּה — חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת.
La michna traite d’une situation supplémentaire : si le deuxième frère avait seulement effectué avec elle des fiançailles léviratiques, c’est-à-dire qu’il n’avait pas encore consommé le mariage, puis mourait, à la fois la femme fiancée au deuxième frère par des fiançailles léviratiques et l’épouse du deuxième frère échoient au plus jeune frère né après la mort du premier frère. Dans ce cas, la première épouse sort assurément et est exemptée à la fois de la ḥalitza et du mariage léviratique, puisqu’à son égard elle est la femme d’un frère avec lequel il n’a pas coexisté. La seconde, en revanche, n’a jamais été effectivement la rivale de l’épouse du premier frère, car l’épouse du premier frère n’avait été liée au deuxième frère que par des fiançailles léviratiques et n’était pas pleinement mariée avec lui. Par conséquent, elle accomplit la ḥalitza et ne peut pas contracter un mariage léviratique.
גְּמָ׳ אָמַר רַב נַחְמָן: מַאן דְּתָנֵי רִאשׁוֹנָה לָא מִשְׁתַּבַּשׁ, מַאן דְּתָנֵי שְׁנִיָּה לָא מִשְׁתַּבַּשׁ. מַאן דְּתָנֵי
GUEMARA :Rav Naḥman a dit : Celui qui a enseigné la version de la michna qui dit : La première veuve sort, ne se trompe pas dans sa version, et celui qui a enseigné une version variante de la michna qui dit : La seconde veuve sort, ne se trompe pas non plus, puisqu’il est possible de comprendre la michna des deux façons. Les deux versions du texte peuvent se référer à la même femme, c’est-à-dire à l’épouse du premier frère, sous des appellations différentes. La Guemara explique que celui qui a enseigné :