וַחֲזֵינְהוּ לְאַלְתַּר, וְקָאָמְרִי סִימָנִין. דְּלָאו עֲלַיְיהוּ סָמְכִינַן, אֶלָּא אַסִּימָנִים.
et nous les avons vus immédiatement lorsqu’ils sont sortis de l’eau, et les femmes ont indiqué des signes distinctifs qui ont permis d’identifier ces personnes. Car, dans ce cas nous ne nous fions pas aux femmes, mais aux signes distinctifs.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאַפְקֵיד שׁוּמְשְׁמֵי גַּבֵּי חַבְרֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: הַב לִי שׁוּמְשְׁמַי. אֲמַר לֵיהּ: שְׁקַילְתִּינְהוּ: וְהָא כֵּן וְכֵן הָוַיִין, וּבְחָבִיתָא רַמְיִין. אֲמַר לֵיהּ: דִּידָךְ שְׁקַלְתִּינְהוּ, וְהָנֵי — אַחֲרִינֵי נִינְהוּ.
§ La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui avait déposé des plants de sésame chez son ami. Quelque temps plus tard, il lui dit : Donne-moi les plants de sésame. L’ami lui dit : Tu les as déjà pris. Le propriétaire répondit : Mais ils étaient d’une quantité telle et telle, et placés dans un tonneau ; va vérifier ce tonneau et tu verras que j’ai raison. Le dépositaire lui dit : Tu as pris tes plants de sésame, et ceux-ci dans le tonneau chez moi sont d’autres.
סְבַר רַב חִסְדָּא לְמֵימַר: הַיְינוּ שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, וְלָא אָמְרִינַן: הָנָךְ אֲזַלוּ לְעָלְמָא, וְהָנֵי אַחֲרִינֵי נִינְהוּ.
L'affaire fut portée devant les Sages pour une décision. Rav Ḥisda pensa dire : Cette situation est la même que celle concernant les deux érudits de la Torah qui se sont noyés, lorsqu'on a utilisé des signes distinctifs pour les identifier. Et nous ne disons pas dans ce cas : Ces hommes sont allés ailleurs dans le monde, et ces hommes qui ont refait surface sont des personnes différentes. Ici aussi, on peut se fier aux signes distinctifs des plants de sésame donnés par le propriétaire, et il n'y a aucune raison de penser que ces plants de sésame sont différents.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: מִי דָּמֵי? הָתָם, קָאָמְרִי סִימָנִים. הָכָא, שׁוּמְשְׁמֵי מַאי סִימָנָא אִית לְהוּ? וּדְקָאָמַר ״כֵּן וְכֵן הָוַיִין״ — אֵימַר חוּשְׁבָּנָא אִיתְרְמִי.
Rava dit à Rav Ḥisda : Est-ce comparable ? Là-bas, ils ont parlé de signes distinctifs qui identifiaient les victimes. Ici, dans le cas de plants de sésame, quels signes distinctifs pourraient-ils avoir, grâce auxquels ils pourraient être identifiés ? Et quant à ce qu’il a dit : Ils étaient d’une quantité telle et telle, on peut dire que cela s’est produit par hasard que, cette deuxième fois, c’était la même quantité, et il n’y a aucune preuve qu’il s’agisse des mêmes plants de sésame.
אֲמַר לֵיהּ מָר קַשִּׁישָׁא בַּר רַב חִסְדָּא לְרַב אָשֵׁי: וּמִי חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא פִּינָּן? וְהָתְנַן: מָצָא כְלִי וְכָתוּב עָלָיו קוֹף — קׇרְבָּן, מֵם — מַעֲשֵׂר, דָּלֶת — דִּמּוּעַ, טֵית — טֶבֶל, תָּיו — תְּרוּמָה. שֶׁבִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה הָיוּ כּוֹתְבִין תָּיו תַּחַת תְּרוּמָה!
À propos de cette même question, Mar Kashisha, fils de Rav Ḥisda, dit à Rav Ashi : Sommes-nous donc préoccupés par le fait que peut-être celui qui gardait les plantes les a déplacées de leur place ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Ma’aser Sheni 4:11) : Si quelqu’un a trouvé un récipient sur lequel était inscrite la lettre kuf, tous les objets à l’intérieur du récipient sont désignés pour un korban, une offrande ; si la lettre mem y était inscrite, c’est du ma’aser, des dîmes ; si c’était la lettre dalet, c’est du dimua, un mélange de teruma et de produit non sacré ; si tet, cela signifie tevel, un produit dont les dîmes n’ont pas encore été prélevées ; et enfin, si c’est un tav, cela indique de la teruma. Car en temps de danger, c’est-à-dire de persécution religieuse contre les Juifs, ils écrivaient, par exemple, tav au lieu de teruma. Dans ce cas, on n’exprime pas la crainte que quelqu’un ait pu déplacer la teruma de ce récipient vers un autre endroit.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְלָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא פִּינָּן? אֵימָא סֵיפָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ מָצָא חָבִית וְכָתוּב עָלֶיהָ תְּרוּמָה — הֲרֵי אֵלּוּ חוּלִּין, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: אֶשְׁתָּקַד הֲוָה מָלֵא תְּרוּמָה, וּפִינָּהּ!
En réponse à cette affirmation, Ravina dit à Rav Ashi : Ne craignons-nous pas que peut-être quelqu’un ait déplacé la terouma de sa place ? Dis la clause finale de cette même michna : Rabbi Yossei dit : Même si quelqu’un a trouvé un tonneau sur lequel le mot entier terouma était écrit, ce contenu n’est pas sacré. Car je dis : L’année dernière, il était plein de terouma, et quelqu’un en a retiré le contenu et l’a remplacé par une production non sacrée. Cela prouve que la possibilité que quelqu’un ait déplacé le contenu d’origine est prise en considération.
אֶלָּא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא פִּינָּן, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי. מָר סָבַר: אִם אִיתָא דְּפִינָּהוּ — מִיכְפָּר הֲוָה כָּפַר. וְאִידַּךְ: אֵימַר אִישְׁתְּלוֹיֵי אִישְׁתְּלִי. אִי נָמֵי, לְפַנְחַיָּא שַׁבְקֵיהּ.
Au contraire, dis comme suit : Tout le monde convient que nous craignons que peut-être quelqu’un a déplacé le contenu d’un récipient de sa place, et ici, au sujet des récipients marqués, ils sont en désaccord sur cette question : Le Sage qui affirme que l’on peut se fier à l’inscription soutient que si tel est le cas, qu’il a déplacé la teruma, il aurait effacé l’inscription. Et l’autre Sage, Rabbi Yossei, répond que l’on peut dire qu’il a oublié de le faire. Autrement, il a laissé l’étiquette pour préserver [panaḥya] le contenu, afin que les gens pensent à tort qu’il contenait de la teruma et s’abstiennent de prendre le produit.
יִצְחָק רֵישׁ גָּלוּתָא, בַּר אֲחָתֵיהּ דְּרַב בִּיבִי, הֲוָה קָאָזֵיל מִקּוּרְטָבָא לְאַסְפַּמְיָא, וּשְׁכֵיב. שְׁלַחוּ מֵהָתָם: יִצְחָק רֵישׁ גָּלוּתָא, בַּר אֲחָתֵיהּ דְּרַב בִּיבִי, הֲוָה קָאָזֵיל מִקּוּרְטָבָא לְאַסְפַּמְיָא, וּשְׁכֵיב. מִי חָיְישִׁינַן לִתְרֵי יִצְחָק, אוֹ לָא? אַבָּיֵי אָמַר: חָיְישִׁינַן. רָבָא אָמַר: לָא חָיְישִׁינַן.
§ La Guemara rapporte une histoire qui traite de la permission accordée à une femme de se remarier. Yitzḥak l’Exilarque, fils de la sœur de Rav Beivai, allait de Cortva vers l’Espagne et mourut en chemin. Ils envoyèrent ce message d’Espagne : Yitzḥak l’Exilarque, fils de la sœur de Rav Beivai, allait de Cortva vers l’Espagne et mourut. La Guemara demande : Craignons-nous la possibilité de deux hommes nommés Yitzḥak ou non ? Peut-être y a-t-il quelqu’un d’autre portant le même nom, et par conséquent la mention de son nom n’est pas un signe distinctif suffisant. Abaye dit : Nous le craignons. Rava dit : Nous ne le craignons pas.
אָמַר אַבָּיֵי: מְנָא אָמֵינָא לַהּ, דְּהָהוּא גִּיטָּא דְּאִשְׁתְּכַח בִּנְהַרְדְּעָא וּכְתִיב: בְּצַד קְלוֹנְיָא מָתָא אֲנָא אַנְדְּרוֹלִינַאי נְהַרְדָּעָא פְּטַרִית וְתָרֵכִית יָת פְּלוֹנִית אִנְתְּתִי. וְשַׁלְחַהּ אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה. וּשְׁלַח לֵיהּ: תִּיבָּדֵק נְהַרְדְּעָא כּוּלָּהּ.
Abaye a dit : D’où est-ce que je tire mon raisonnement selon lequel il pourrait y avoir un autre homme portant le même nom ? Car un certain acte de divorce fut trouvé dans la ville de Neharde’a, et ce passage y était écrit : Du côté colonial [kelonya] de la ville, moi, Androlinai de Neharde’a, j’ai dispensé, renvoyé et divorcé de mon épouse, une telle. L’épouse d’Androlinai demanda la permission de se remarier sur la base de cet acte de divorce, mais ils ne savaient pas s’il était l’homme qui avait donné le divorce ou si celui-ci avait été donné par un autre homme portant le même nom. Et le père de Shmuel envoya cette question devant Rabbi Yehuda Nesia en Eretz Yisrael. Et Rabbi Yehuda Nesia lui envoya un message : Toute la ville de Neharde’a doit être examinée, afin de voir s’il existe un autre homme portant ce nom. Cela montre qu’il faut tenir compte de la possibilité qu’il y ait deux personnes portant le même nom.
וְרָבָא אָמַר: אִם אִיתָא — ״יִבָּדֵק כׇּל הָעוֹלָם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ?! אֶלָּא מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דַּאֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל הוּא דִּשְׁלַח הָכִי.
Et Rava dit : Cette histoire n’apporte aucune preuve. Si tel est le cas, qu’il y avait des raisons de soupçonner qu’une autre personne portant le même nom avait rédigé l’acte de divorce, Rabbi Yehuda Nesia aurait dû dire : Le monde entier doit être examiné, de peur qu’il n’y ait ailleurs quelqu’un d’autre portant le même nom. Puisqu’il ne l’a pas dit, il est évident qu’il n’y avait en réalité aucune raison légitime à ce soupçon. Alors, pourquoi Rabbi Yehuda Nesia a-t-il envoyé des instructions pour examiner toute Neharde’a ? Au contraire, ajouta Rava, c’était par respect pour le père de Shmuel qu’il envoya ce message. Il ne voulait pas écrire explicitement que le père de Shmuel s’était renseigné inutilement, et il rédigea donc sa réponse d’une manière qui indiquait son accord partiel avec cette inquiétude.
אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ — דְּהָנְהוּ תְּרֵי שְׁטָרֵי דְּנָפְקִי בְּמָחוֹזָא וּכְתִיב בְּהוּ: חָבֵי בַּר נַנַּאי וְנַנַּאי בַּר חָבֵי, וְאַגְבִּי בְּהוּ רָבָא בַּר אֲבוּהּ זוּזֵי. וְהָא חָבֵי בַּר נַנַּאי וְנַנַּאי בַּר חָבֵי בְּמָחוֹזָא שְׁכִיחִי טוּבָא. וְאַבָּיֵי?
Rava a dit : D’où est-ce que je tire mon raisonnement selon lequel nous ne nous préoccupons pas de deux personnes portant des noms identiques ? Puisqu’il y avait deux billets à ordre présentés à Meḥoza, et les noms de ces créanciers y étaient écrits : Ḥavai bar Nanai et Nanai bar Ḥavai, et Rava bar Avuh a perçu des dinars pour eux au moyen de ces billets à ordre, sans se soucier de la possibilité qu’ils puissent désigner d’autres personnes. Et les noms Ḥavai bar Nanai et Nanai bar Ḥavai sont très courants à Meḥoza, c’est-à-dire qu’il y a certainement d’autres personnes portant ces noms, et pourtant il ne s’en est pas soucié. La Guemara demande : Et Abaye, comment répond-il à cette preuve ?