גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים בְּאוֹמֵר ״תָּחוּל זוֹ״ וְאַחַר כָּךְ ״תָּחוּל זוֹ״ — דִּבְרֵי הַכֹּל תְּפוֹס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן.
GUEMARA :Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosei, dit que Rabbi Yoḥanan dit, au sujet du désaccord entre Rabbi Meir et Rabbi Yosei : Tout le monde convient dans un cas où quelqu’un dit : La consécration de cet animal comme substitut d’un holocauste prendra effet, et ensuite la consécration de cet animal comme substitut d’une offrande de paix prendra effet. Dans ce cas, tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne tient compte que de la première déclaration, c’est-à-dire que la sainteté de l’holocauste prend effet, mais que la sainteté de l’offrande de paix ne prend pas effet.
״לֹא תָּחוּל זוֹ אֶלָּא אִם כֵּן חָלְתָה זוֹ״ — תַּרְוַויְיהוּ קָדְשִׁי.
De même, tout le monde convient que dans un cas où quelqu’un dit : La consécration de cet animal comme substitut d’un holocauste ne prendra effet que si la consécration de cet animal comme substitut d’une offrande de paix prend également effet, l’animal est consacré comme les deux, un holocauste et une offrande de paix.
לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא כְּגוֹן מִשְׁנָתֵינוּ, דְּאָמַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים״, דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר: מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים״, וְאָמַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ — הָוְיָא לֵיהּ כְּאוֹמֵר ״תָּחוּל זוֹ וְאַחַר כָּךְ תָּחוּל זוֹ״.
Rabbi Meir et Rabbi Yosei ne sont en désaccord qu’au sujet de un cas comme celui de notre michna, où quelqu’un a dit : Cet animal est le substitut de l’holocauste, le substitut de l’offrande de paix. Car Rabbi Meir soutient : Puisque, s’il avait voulu que les deux saintetés prennent effet, il aurait dû dire : Le substitut de l’holocauste et de l’offrande de paix, mais au lieu de cela il a dit : Le substitut de l’holocauste, le substitut de l’offrande de paix, il est considéré comme quelqu’un qui dit : La consécration de cet animal comme substitut d’un holocauste prendra effet, puis la consécration de cet animal comme substitut d’une offrande de paix prendra effet. Par conséquent, selon Rabbi Meir, seule la première sainteté prend effet ; la seconde ne peut pas prendre effet, parce que l’animal est déjà consacré.
וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר, אִי אָמַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים״, הֲוָה אָמֵינָא קְדוֹשָׁה וְאֵינָהּ קְרֵיבָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
Et Rabbi Yosei soutient que, dès le départ, il avait l’intention que les deux saintetés prennent effet, et il n’a pas dit : Le substitut de l’holocauste et de l’offrande de paix, parce qu’il a raisonné que s’il disait cela, on dirait qu’il entend que l’animal soit consacré de deux saintetés, moitié comme substitut de l’holocauste et moitié comme substitut de l’offrande de paix. Et, si tel est le cas, l’animal ne peut pas être sacrifié dans le Temple, car il est impossible de sacrifier la moitié de l’animal comme un type d’offrande et l’autre moitié comme un autre type d’offrande. Par conséquent, Rabbi Yosei nous enseigne que, lorsqu’il dit : Le substitut de l’holocauste, le substitut de l’offrande de paix, il entend que l’animal soit entièrement un holocauste et entièrement une offrande de paix, car il pense à tort qu’un tel animal peut être sacrifié dans le Temple. Mais puisqu’il avait l’intention que les deux types de sainteté prennent effet, l’animal est moitié holocauste et moitié offrande de paix.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָאוֹמֵר ״בְּהֵמָה זוֹ חֶצְיָהּ תְּמוּרַת עוֹלָה וְחֶצְיָהּ תְּמוּרַת שְׁלָמִים״ — כּוּלָּהּ תִּקְרַב עוֹלָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: תִּרְעֶה עַד שֶׁתִּסְתָּאֵב, וְתִימָּכֵר, וְיָבִיא בִּדְמֵי חֶצְיָהּ תְּמוּרַת עוֹלָה וּבִדְמֵי חֶצְיָהּ תְּמוּרַת שְׁלָמִים.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui avait deux animaux devant lui, l’un un holocauste et l’autre un sacrifice de paix, et il a dit au sujet de l’un de ses animaux non consacrés : Cet animal, sa moitié est le substitut de l’holocauste, et sa moitié est le substitut du sacrifice de paix, cet animal est le substitut de l’holocauste et est donc entièrement sacrifié comme holocauste. C’est l’opinion de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : On le laisse paître jusqu’à ce qu’il devienne blemished, puis il est vendu, et le propriétaire apporte un holocauste de substitution avec le paiement de la moitié de l’animal et un sacrifice de paix de substitution avec le paiement de la moitié de l’animal.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אִם לְכָךְ נִתְכַּוֵּון מִתְּחִלָּה, הוֹאִיל וְאִי אֶפְשָׁר לְהוֹצִיא שְׁנֵי שֵׁמוֹת כְּאַחַת — דְּבָרָיו קַיָּימִין. רַבִּי יוֹסֵי הַיְינוּ רַבָּנַן! כּוּלָּהּ רַבִּי יוֹסֵי קָתָנֵי לַהּ.
La baraita conclut : Rabbi Yosei a dit : Si telle était son intention dès le départ, alors puisqu’il est impossible d’énoncer simultanément deux désignations, sa déclaration tient, et l’animal est pour moitié un holocauste et pour moitié une offrande de paix. La Guemara objecte : L’opinion de Rabbi Yosei est identique à l’opinion des Sages. La Guemara explique : Rabbi Yosei a enseigné toute labaraita, et l’opinion des Sages dans la baraita est l’opinion de Rabbi Yosei.
תַּנְיָא אִידַּךְ: ״בְּהֵמָה, חֶצְיָהּ עוֹלָה וְחֶצְיָהּ חַטָּאת״ — כּוּלָּהּ תִּיקְרַב עוֹלָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Il est enseigné dans une autre baraita : Dans un cas où quelqu’un dit : Cet animal, sa moitié est désignée comme un holocauste et sa moitié est désignée comme une offrande expiatoire, Rabbi Meïr soutient que nous ne tenons compte que de la première déclaration qu’il a prononcée, et par conséquent la moitié de l’animal devient consacrée comme holocauste. Puisque l’animal ne peut pas vivre si la moitié de son corps était retirée, la sainteté s’étend à l’animal tout entier et il est sacrifié entièrement comme holocauste. Telle est la déclaration de Rabbi Meïr.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: תָּמוּת, וְשָׁוִין בְּאוֹמֵר ״חֶצְיָהּ חַטָּאת וְחֶצְיָהּ עוֹלָה״ שֶׁתָּמוּת.
Rabbi Yosei dit : Les deux saintetés prennent effet, et puisqu’un animal ne peut pas être sacrifié comme deux offrandes, il doit être laissé à mourir. La baraita ajoute : Et Rabbi Meir et Rabbi Yosei s’accordent dans un cas où quelqu’un dit : La moitié de cet animal est désignée comme une offrande expiatoire et l’autre moitié de celui-ci est désignée comme un holocauste, que l’animal doit être laissé à mourir.
שָׁוִין — מַנִּי? רַבִּי מֵאִיר. פְּשִׁיטָא!
La Guemara précise : Dans ce cas au sujet duquel la baraita déclare que Rabbi Meir et Rabbi Yossei sont d’accord, qui est-ce qui concède à qui ? Il est clair que Rabbi Meir concède à Rabbi Yossei que, dans ce cas, la halakha est que l’animal doit être laissé à mourir. La Guemara demande : N’est-il pas évident que Rabbi Meir concède dans ce cas ? De même que dans le premier cas de la baraita, où l’on a mentionné d’abord l’holocauste et l’offrande expiatoire ensuite, Rabbi Meir soutient que seule la première expression prend effet, de même, si l’on a mentionné d’abord l’offrande expiatoire et l’holocauste ensuite, seule la première expression prend effet ; cela signifie que l’animal est une offrande expiatoire et qu’il doit donc être laissé à mourir, puisqu’il n’est pas tenu d’apporter une offrande expiatoire.
מַהוּ דְּתֵימָא: אִי לָאו דְּאַשְׁמְעִינַן, הֲוָה אָמֵינָא טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר לָאו מִשּׁוּם ״תְּפוֹס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן״, אֶלָּא הַיְינוּ טַעְמָא — חַטָּאת מְעוֹרֶבֶת קְרֵיבָה.
La Guemara explique que la décision de la baraita est nécessaire, de peur que tu ne dises : si elle ne nous avait pas enseigné l’opinion de Rabbi Meir dans le dernier cas, je dirais que la raison de la décision de Rabbi Meir dans la première clause de la michna n’est pas que nous prêtons attention seulement à la première déclaration. Au contraire, je dirais que telle est la raison de Rabbi Meir : dans un cas où la sainteté d’une offrande expiatoire est mêlée à une autre sainteté dans le même animal, l’animal est sacrifié, et c’est la raison pour laquelle Rabbi Meir statue que l’animal est sacrifié comme holocauste malgré le fait que la sainteté d’une offrande expiatoire y est également mêlée.
וַאֲפִילּוּ כִּי אָמַר ״חֶצְיָהּ חַטָּאת״, וַהֲדַר אָמַר ״חֶצְיָהּ עוֹלָה״, קְרֵיבָה — קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.
Et si tel est le raisonnement de Rabbi Meir, alors même si quelqu’un disait : La moitié de cet animal est désignée comme offrande expiatoire, puis disait : La moitié de celui-ci est désignée comme holocauste, l’animal est sacrifié. Par conséquent, la baraitanous enseigne que ce n’est pas la raison de l’opinion de Rabbi Meir. Au contraire, sa décision découle du principe selon lequel nous ne tenons compte que de la première déclaration, et par conséquent Rabbi Meir et Rabbi Yosei sont d’accord dans la clause finale de la baraita pour dire que l’animal doit être laissé mourir.
תַּנְיָא אִידַּךְ: אָמַר ״בְּהֵמָה זוֹ חֶצְיָהּ עוֹלָה וְחֶצְיָהּ שְׁלָמִים״ — קְדוֹשָׁה, וְאֵינָהּ קְרֵיבָה, עוֹשָׂה תְּמוּרָה, וּתְמוּרָתָהּ כַּיּוֹצֵא בָּהּ.
Il est enseigné dans une autre baraita : Dans le cas de quelqu’un qui a dit : Cet animal, sa moitié est désignée comme un holocauste et sa moitié est désignée comme une offrande de paix, l’animal est consacré mais n’est pas sacrifié. L’animal paît jusqu’à ce qu’il devienne blemi, moment auquel il est vendu, et le propriétaire apporte un holocauste avec l’argent de la moitié de l’animal et une offrande de paix avec l’argent de la moitié de l’animal. Cet animal rend consacré comme substitut un animal non consacré contre lequel il a été échangé, et son substitut est traité comme lui, c’est-à-dire qu’il n’est pas sacrifié ; au contraire, il paît jusqu’à ce qu’il devienne blemi, puis il est vendu, et le propriétaire apporte un holocauste avec l’argent de la moitié de l’animal et une offrande de paix avec l’argent de la moitié de l’animal.
מַנִּי? רַבִּי יוֹסֵי הִיא, פְּשִׁיטָא דִּקְדוֹשָׁה וְאֵינָהּ קְרֵיבָה!
La Guemara demande : Selon l’opinion de qui la baraita a-t-elle été enseignée ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Yosei, qui soutient qu’une personne est tenue responsable des deux expressions qu’elle a prononcées. La Guemara demande : N’est-il pas évident que Rabbi Yosei soutient que, dans ce cas, l’animal est consacré mais n’est pas sacrifié ? Pourquoi est-il nécessaire d’enseigner cela ?
תְּמוּרָתָהּ אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ, דְּמַהוּ דְּתֵימָא: נְהִי דְּהִיא לָא קָרְבָה — תְּמוּרָתָהּ תִּקְרַב, קָא מַשְׁמַע לַן. מַאי שְׁנָא הִיא דְּלָא קָרְבָה — דְּהָוְיָא לַהּ קְדוּשָּׁה דְּחוּיָה, תְּמוּרָתָהּ נָמֵי מִכֹּחַ קְדוּשָּׁה דְּחוּיָה קָאָתְיָא.
La Guemara répond : Il était nécessaire que la baraita enseigne que son substitut non plus n’est pas sacrifié. De peur que tu ne dises : Certes, l’animal lui-même n’est pas sacrifié, mais son substitut est sacrifié, c’est pourquoi la baraita nous enseigne que le substitut non plus n’est pas sacrifié. La Guemara explique la décision de la baraita : Qu’est-ce qui distingue l’animal lui-même, pour qu’il ne soit pas sacrifié ? Il n’est pas sacrifié parce que sa sainteté est écartée de l’autel, puisqu’il n’est ni entièrement un holocauste ni pleinement une offrande de paix. De même son substitut, dont la sainteté provient de la force d’une sainteté écartée, puisqu’il était le substitut d’un animal dont la sainteté avait été écartée, ne peut pas non plus être sacrifié.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּהֵמָה שֶׁל שְׁנֵי שׁוּתָּפִים, הִקְדִּישׁ חֶצְיָהּ שֶׁלּוֹ, וְחָזַר וְלָקַח חֶצְיָהּ אַחֶרֶת וְהִקְדִּישָׁהּ — קְדוֹשָׁה וְאֵינָהּ קְרֵיבָה, וְעוֹשֶׂה תְּמוּרָה, וּתְמוּרָתָהּ
§ Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne un animal qui appartient à deux associés, si l’un des associés a consacré sa moitié de l’animal, puis a acquis l’autre moitié de l’animal auprès de son associé et l’a consacrée, l’animal est consacré mais n’est pas sacrifié. Lorsqu’il a initialement consacré sa moitié de l’animal, l’animal n’était pas apte au sacrifice, car seule sa moitié était consacrée. Bien que l’animal soit maintenant entièrement consacré, il ne pourra plus jamais redevenir apte au sacrifice, puisqu’il a été disqualifié une fois. Et cet animal rend consacré comme substitut un animal profane contre lequel il est échangé, et son substitut