וְאָתֵי מַעֲשֵׂר וְיָלֵיף מִבְּכוֹר. וּמִי יָלְפִינַן (קֹדֶשׁ) [בְּקָדָשִׁים] מֵהֲדָדֵי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ לְמֵדִין לָמֵד מִן הַלָּמֵד, חוּץ מִן הַקֳּדָשִׁים שֶׁאֵין לְמֵדִין לָמֵד מִן הַלָּמֵד!
Et alors, puisque Rabbi Yishmaël soutient qu’un premier-né ne peut certainement pas être mangé à l’époque actuelle, il dit que la seconde dîme vient et que son statut est dérivé de la juxtaposition avec le premier-né. La Guemara demande : Et peut-on déduire les halakhot de nourriture sacrificielle les unes des autres ? Mais Rabbi Yoḥanan ne dit-il pas : Dans toute la Torah, nous pouvons déduire ce qui est dérivé de une halakha qui a elle-même été dérivée d’une autre source, sauf dans le cas des animaux sacrificiels, où nous ne déduisons pas ce qui est dérivé de ce qui a déjà été dérivé d’une autre source.
מַעֲשֵׂר חוּלִּין הוּא. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר בָּתַר לָמֵד אָזְלִינַן, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בָּתַר מְלַמֵּד אָזְלִינַן, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? בָּשָׂר וָדָם חֲדָא מִילְּתָא הִיא.
La Guemara répond : la seconde dîme est considérée comme non sacrée. Par conséquent, cette dérivation ne concerne pas des éléments consacrés. La Guemara demande : Cela fonctionne bien selon celui qui a dit que nous suivons la halakha qui est dérivée. S’il s’agit d’un élément consacré, il ne peut pas être dérivé d’une autre halakha qui a été dérivée d’une autre source, mais s’il est non sacré, comme la seconde dîme, il peut être dérivé de cette manière. Mais selon celui qui a dit que nous suivons la halakha qui enseigne, que peut-on dire ? Dans ce cas, la halakha qui enseigne, c’est-à-dire la source de la dérivation, est la viande du premier-né, qui est un élément consacré lui-même dérivé du statut du sang du premier-né. La Guemara répond : Le statut de la viande et du sang d’une offrande de premier-né est une seule et même chose. Par conséquent, la viande n’est pas considérée comme dérivée d’une autre halakha.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָכוֹל יַעֲלֶה אָדָם בְּכוֹר מֵחוּצָה לָאָרֶץ לָאָרֶץ בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים וְיַקְרִיבֶנּוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ וּבְכוֹרוֹת בְּקָרְךָ וְצֹאנֶךָ״ — מִמְּקוֹם שֶׁאַתָּה מַעֲלֶה מַעְשַׂר דָּגָן, אַתָּה מַעֲלֶה בְּכוֹר.
§ La Guemara cite la deuxième déclaration de Rabbi Yossei au nom des anciens, dans la suite de la baraita ci-dessus : Rabbi Akiva dit : On aurait pu penser qu’une personne peut faire monter un premier-né de l’extérieur d’Eretz Yisrael vers Eretz Yisrael lorsque le Temple est debout et l’y sacrifier. C’est pourquoi le verset déclare : « Tu mangeras devant l’Éternel ton Dieu, dans le lieu qu’Il choisira pour y faire résider Son nom, la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, ainsi que les premiers-nés de ton gros et de ton petit bétail » (Deutéronome 14:23). Rabbi Akiva en déduit que ce n’est que du lieu d’où tu fais monter la dîme du grain à Jérusalem, c’est-à-dire d’Eretz Yisrael, que tu peux faire monter un premier-né au Temple comme offrande.
וּמִמְּקוֹם שֶׁאִי אַתָּה מַעֲלֶה מַעְשַׂר דָּגָן — אִי אַתָּה מַעֲלֶה בְּכוֹר.
Mais d’un endroit d’où tu ne peux pas faire monter la dîme du grain, c’est-à-dire de l’extérieur d’Eretz Yisrael, tu ne peux pas non plus faire monter de là un premier-né. Par conséquent, l’affirmation de la michna selon laquelle, si quelqu’un a malgré tout fait monter un premier-né sans défaut depuis l’extérieur d’Eretz Yisrael, il peut être offert en sacrifice, est conforme à l’opinion de Rabbi Yishmael. En revanche, l’affirmation selon laquelle ben Antigonus a apporté des offrandes de premiers-nés de Babylonie et qu’elles n’ont pas été acceptées comme offrandes est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva.
בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: יָכוֹל (מַעֲלֶה אֶת) [יַעֲלֶה אָדָם] מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, וְיֹאכְלֶנּוּ בְּכׇל הָרוֹאֶה? וְדִין הוּא: בְּכוֹר טָעוּן הֲבָאַת מָקוֹם, וּמַעֲשֵׂר טָעוּן הֲבָאַת מָקוֹם — מָה בְּכוֹר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה, אַף מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה.
§ La Guemara rapporte la troisième déclaration dans la baraita, qui traite de la seconde dîme : Ben Azzai dit qu’on aurait pu penser qu’il peut faire monter la seconde dîme et la manger dans tout endroit qui surplombe Jérusalem.Mais cette question ne peut-elle pas être déduite par inférence logique : un premier-né requiert d’être amené au lieu, c’est-à-dire Jérusalem, et la seconde dîme requiert d’être amenée au lieu. De même qu’un premier-né animal n’est mangé qu’à l’intérieur des murailles de Jérusalem, de même la seconde dîme n’est mangée qu’à l’intérieur des murailles de Jérusalem.
מָה לִבְכוֹר — שֶׁכֵּן טָעוּן מַתַּן דָּמִים וְאֵימוּרִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, תֹּאמַר בְּמַעֲשֵׂר דְּלָא?! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ... מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ וּבְכוֹרוֹת בְּקָרְךָ וְצֹאנֶךָ״ — מַקִּישׁ מַעֲשֵׂר לִבְכוֹר: מָה בְּכוֹר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה, אַף מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה.
Cette inférence peut être réfutée : Qu’est-ce qui est unique à propos d’un premier-né ? Il est unique en ce qu’il requiert l’application du sang et des portions sacrificielles sur l’autel. Dirais-tu aussi que c’est le cas en ce qui concerne la seconde dîme, où cela n’est pas requis ? Par conséquent, le verset déclare : « Et tu mangeras devant le Seigneur ton Dieu, au lieu qu’Il choisira pour y faire résider Son nom, la dîme de ton blé, de ton vin, de ton huile, et les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail. » Le verset juxtapose la seconde dîme et le premier-né, pour enseigner que de même que le premier-né n’est mangé qu’à l’intérieur des murailles, de même la seconde dîme n’est mangée qu’à l’intérieur des murailles.
מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ דְּקָאָמַר ״יָכוֹל״? אָמַרְתָּ הוֹאִיל וּתְנַן: אֵין בֵּין שִׁילֹה לִירוּשָׁלַיִם אֶלָּא שֶׁבְּשִׁילֹה אוֹכְלִין קָדָשִׁים קַלִּים וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בְּכׇל הָרוֹאֶה, וּבִירוּשָׁלַיִם לִפְנִים מִן הַחוֹמָה,
La Guemara commente : Quelle est la difficulté pour ben Azzai qui l’a amené à dire : On aurait pu penser qu’il est permis de manger la seconde dîme en tout lieu qui surplombe Jérusalem ? La Guemara explique : Tu peux dire que cela lui pose difficulté puisque nous avons appris dans une michna (Meguila 9b) : La différence entre le Tabernacle à Shilo et le Temple à Jérusalem est seulement qu’à Shilo on mange des offrandes de moindre sainteté, par exemple des sacrifices de paix individuels, des offrandes de remerciement et l’agneau pascal, ainsi que la seconde dîme, en tout lieu qui surplombe Shilo,mais à Jérusalem on ne mange ces éléments consacrés que dans l’enceinte des murailles.
וְכֵן קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים לִפְנִים מִן הַקְּלָעִים, מַהוּ דְּתֵימָא בִּירוּשָׁלַיִם לַיְתֵי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בְּכׇל הָרוֹאֶה? קָא מַשְׁמַע לַן.
De même, les offrandes de l’ordre le plus sacré ne sont consommées que dans la zone à l’intérieur des tentures, qui entouraient la cour du Tabernacle à Shiloh, ce qui équivalait à la zone à l’intérieur du mur d’enceinte dans la cour du Temple à Jérusalem. De peur que tu ne dises que même à Jérusalem, ils peuvent apporter la seconde dîme et la manger dans n’importe quel endroit qui donne sur les murailles, puisque, contrairement à l’animal premier-né, la seconde dîme ne possède aucune rigueur particulière, le verset nous enseigne qu’il n’en est pas ainsi, comme cela est enseigné dans la michna.
אֲחֵרִים אוֹמְרִים: יָכוֹל יְהֵא בְּכוֹר שֶׁעִבְּרָה שְׁנָתוֹ כִּפְסוּלֵי הַמּוּקְדָּשִׁין, וְיִפָּסֵל?
§ Rabbi Yossei cite encore une déclaration dans la baraita au sujet d’un premier-né : La michna (Bekhorot 26b) déclare qu’un animal premier-né est mangé d’une année à l’autre, c’est-à-dire au cours de sa première année, comme il est dit : « Tu le mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, d’année en année » (Deutéronome 15:20). Rabbi Yossei ajoute que d’autres disent : On pourrait penser qu’un premier-né dont la première année est passée devrait avoir le même statut que des animaux consacrés disqualifiés et donc être disqualifié.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ״, מַקִּישׁ בְּכוֹר לְמַעֲשֵׂר, מָה מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ, אַף בְּכוֹר אֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ.
Par conséquent, le verset déclare : « Et tu mangeras devant le Seigneur ton Dieu…la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, ainsi que les premiers-nés de ton gros bétail et de ton petit bétail. » Le verset juxtapose ainsi un premier-né animal au second dîme, enseignant que, de même que le second dîme n’est pas invalidé d’une année à l’autre, de même un premier-né animal n’est pas invalidé d’une année à l’autre.
וּלְרַבָּנַן, דְּמַפְּקִי לְהוּ לְטַעְמָא אַחֲרִינָא, מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ מְנָא לְהוּ? נָפְקָא לְהוּ מִ״לִּפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ תֹאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְשָׁנָה״, לִימֵּד עַל הַבְּכוֹר שֶׁאֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶרְתָּהּ.
La Guemara demande : Et selon les Sages, c’est-à-dire Rabbi Yishmaël, Rabbi Akiva et ben Azzai, qui interprètent ce verset selon une autre explication, d’où déduisent-ils qu’un animal premier-né n’est pas disqualifié d’une année à l’autre ? La Guemara répond : Ils le déduisent du verset « Tu le mangeras devant le Seigneur ton Dieu, d’année en année. » La formulation « d’année en année » indique deux années, enseignant ainsi au sujet d’un premier-né animal qu’il n’est pas disqualifié d’une année à l’autre.
וְלַאֲחֵרִים, לִפְנֵי ״ה׳ אֱלֹהֶיךָ תֹאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְשָׁנָה״, מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: יוֹם אֶחָד מִשָּׁנָה זוֹ, וְיוֹם אֶחָד מִשָּׁנָה אַחֶרֶת, לִימֵּד עַל הַבְּכוֹר שֶׁנֶּאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וָלָיְלָה אֶחָד.
La Guemara demande : Et selon l’opinion des autres, qui déduisent cette halakha de la juxtaposition du premier-né et de la seconde dîme, à propos de quoi interprètent-ils le verset : « Tu le mangeras devant l’Éternel ton Dieu, d’année en année » ? La Guemara répond : Cela est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraita au sujet du moment de la consommation d’un animal premier-né : l’expression « d’année en année » enseigne qu’il existe une manière selon laquelle il peut être mangé sur deux années : pendant un jour de cette année, et pendant un jour de l’année suivante. Le verset enseigne donc au sujet d’une offrande de premier-né qu’elle peut être mangée pendant deux jours et une nuit entre eux.
וְרַבָּנַן, דְּנֶאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וָלָיְלָה אֶחָד מְנָא לְהוּ? אָמַר קְרָא: ״יִהְיֶה לָּךְ כַּחֲזֵה הַתְּנוּפָה״.
La Guemara demande : Et les Sages, Rabbi Yishmaël, Rabbi Akiva et ben Azzai, d’où tirent-ils la halakhaselon laquelle une offrande de premier-né peut être consommée pendant deux jours et une nuit ? La Guemara répond que le verset déclare au sujet du premier-né : « Et leur chair sera à toi, comme la poitrine de l’offrande balancée et la cuisse droite, elle sera à toi » (Nombres 18:18). La répétition de l’expression « elle sera à toi » enseigne qu’on peut manger le premier-né un jour de plus qu’une offrande de remerciement standard, qui ne peut être consommée que pendant un jour et une nuit.
הֲדַרַן עֲלָךְ אֵלּוּ קָדָשִׁים.
מַתְנִי׳ וְלַד חַטָּאת, וּתְמוּרַת חַטָּאת, וְחַטָּאת שֶׁמֵּתוּ בְּעָלֶיהָ — יָמוּתוּ, וְשֶׁעִיבְּרָה שְׁנָתָהּ, וְשֶׁאָבְדָה וְנִמְצֵאת בַּעֲלַת מוּם, אִם מִשֶּׁכִּפְּרוּ הַבְּעָלִים — תָּמוּת, וְאֵינָהּ עוֹשָׂה תְּמוּרָה.
MICHNA :La progéniture d’une offrande expiatoire et le substitut d’une offrande expiatoire, ainsi qu’une offrande expiatoire dont le propriétaire est mort, doivent être mis à l’écart et laissés mourir. Et en ce qui concerne une offrande expiatoire impropre au sacrifice parce que sa première année depuis la naissance est passée, et une offrande expiatoire qui avait été perdue et qui, lorsqu’elle fut retrouvée, était tachée d’un défaut, si cela s’est produit après que le propriétaire a obtenu l’expiation en sacrifiant un autre animal comme offrande expiatoire, l’animal défectueux mourra et ne rend pas un animal profane échangé contre lui substitut.