וְכִי דָּנִין אֶפְשָׁר מִשֶּׁאִי אֶפְשָׁר? רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּחַד מָקוֹם גְּמִיר לְהוּ.
La Guemara demande : Mais peut-on déduire le possible de l'impossible ? Ces autres cas comprennent des offrandes qui, par définition, ne s'appliquent pas à une communauté ; comment peut-on apprendre d'eux en ce qui concerne des cas où elles sont possibles ? La Guemara répond : Rabbi Shimon apprend cette tradition comme un tout unique, c'est-à-dire que tous les cas d'offrandes expiatoires laissées à mourir ont été donnés comme une seule halakha, et il n'y a donc aucune différence dans leur application.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַרְבָּעָה נִתְּנוּ לָהֶן, וְהֶעֱמִידוּם עַל חָמֵשׁ. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּצִבּוּר — הָנָךְ מִי אִיתַנְהוּ בְּצִבּוּר? אֶלָּא עַל כׇּרְחָיךְ — יִלְמַד סָתוּם מִמְּפוֹרָשׁ.
Reish Lakish dit, en explication de cette question : Lorsque Moïse reçut cette tradition au Sinaï, les halakhot de quatre sacrifices expiatoires qui doivent être laissés mourir furent données au peuple juif, tandis que le cinquième sacrifice expiatoire est laissé paître jusqu’à ce qu’il développe un défaut. Mais, comme ils ne savaient pas lequel des sacrifices expiatoires était celui qui devait être laissé paître, ils établirent ces halakhotà l’égard de tous les cinq sacrifices expiatoires, à savoir qu’ils sont tous laissés mourir. Cependant, étant donné que les quatre sacrifices expiatoires ont été énoncés ensemble, soit tous les quatre sont des sacrifices expiatoires communautaires, soit tous les quatre sont des sacrifices expiatoires individuels. Et s’il te vient à l’esprit que les quatre cas de sacrifices expiatoires qui doivent être laissés mourir, tels qu’ils furent énoncés à Moïse, se rapportaient à des sacrifices communautaires, ces quatre sacrifices expiatoires sont-ils tous possibles comme sacrifices communautaires ? Au contraire, la tradition concerne les sacrifices expiatoires individuels. Au contraire, nécessairement, il faut déduire les cas qui sont non spécifiés quant à leurs halakhotà partir de ceux qui sont spécifiés.
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אַחַת נִתְּנָה לָהֶן, וְהֶעֱמִידוּהָ עַל חָמֵשׁ.
Rabbi Natan dit : Un seul cas d’offrande expiatoire qui doit être laissée à mourir leur a été donné au Sinaï, tandis que les quatre autres offrandes expiatoires sont laissées paître jusqu’à ce qu’elles développent un défaut. Mais, comme ils ne savaient pas laquelle était l’offrande expiatoire qui devait être laissée à mourir, le peuple juif l’a établi comme s’appliquant à tous les cinq types d’offrande expiatoire.
וְלִיחְזֵי בְּהֵי סִידְרָא גְּמִירִי לְהוּ, אִי בְּיָחִיד אִי בְּצִבּוּר?
La Guemara interrompt la déclaration de Rabbi Natan pour soulever une difficulté concernant son explication : Mais pourquoi le peuple juif n’a-t-il pas d’abord vu à quelle catégorie ils avaient appris qu’une offrande expiatoire devait être laissée à mourir, que ce soit par référence à l’un des trois cas que l’on trouve seulement dans l’offrande d’un particulier, ou à l’un des deux cas que l’on trouve aussi dans l’offrande d’une communauté ? S’ils avaient su quel groupe d’offrandes expiatoires devait être laissé à mourir, ils auraient pu maintenir l’autre groupe conformément à sa halakha originelle, selon laquelle elle est laissée paître.
שְׁתֵּי שִׁכְחָיוֹת שָׁכְחוּ, וְקַשְׁיָא לְהוּ.
La Guemara répond : Ils ont oublié deux choses. Ils ne se souvenaient pas laquelle des cinq offrandes expiatoires doit être laissée à mourir, et ils ont aussi oublié à quelle catégorie cela s’appliquait, si c’était à une offrande communautaire ou à une offrande individuelle. Et pour cette raison, cela leur a été difficile, et ils ont été contraints de statuer que toutes ces offrandes expiatoires doivent être laissées à mourir.
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ בְּצִבּוּר, הָנָךְ מִי אִיתַנְהוּ בְּצִבּוּר? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: יִלְמַד סָתוּם מִמְּפוֹרָשׁ — מַה מְפוֹרָשׁ בְּיָחִיד וְלֹא בְּצִבּוּר, אַף סָתוּם בְּיָחִיד וְלֹא בְּצִבּוּר.
La Guemara revient à sa citation de la déclaration de Rabbi Natan, qui poursuit en expliquant l’opinion de Rabbi Shimon dans la michna d’une manière semblable à celle de Reish Lakish : Et s’il te vient à l’esprit que les quatre cas d’offrandes expiatoires qu’on laisse paître, qui ont été énoncés à Moïse comme une seule unité, concernaient des offrandes communautaires, est-ce que toutes ces cinq offrandes expiatoires s’appliquent dans le cas d’offrandes communautaires ? Au contraire, conclus-en que l’on apprend les cas qui sont non spécifiés à partir des cas qui sont spécifiés : De même que les cas spécifiés ne s’appliquent qu’à une offrande d’un particulier et non à une offrande communautaire, de même les cas qui sont non spécifiés ne s’appliquent qu’à une offrande d’un particulier, et non à une offrande communautaire.
מַתְנִי׳ חוֹמֶר בַּקֳּדָשִׁים מִבַּתְּמוּרָה, וְחוֹמֶר בַּתְּמוּרָה מִבַּקֳּדָשִׁים. חוֹמֶר בְּקָדָשִׁים מִבַּתְּמוּרָה — שֶׁהַקֳּדָשִׁים עוֹשִׂין תְּמוּרָה, וְאֵין תְּמוּרָה עוֹשָׂה תְּמוּרָה. הַצִּבּוּר וְהַשּׁוּתָּפִין מַקְדִּישִׁין, אֲבָל לֹא מְמִירִין. וּמַקְדִּישִׁין עוּבָּרִין וְאֵבָרִים, אֲבָל לֹא מְמִירִין.
MICHNA : Il y a une plus grande rigueur à l’égard des animaux consacrés au sacrifice que à l’égard d’un substitut, et une plus grande rigueur à l’égard d’un substitut que à l’égard des animaux consacrés au sacrifice. La Michna explique : Il y a une plus grande rigueur à l’égard des animaux consacrés au sacrifice que à l’égard d’un substitut, car les animaux consacrés au sacrifice rendent substitut un animal profane échangé contre eux, mais un substitut ne rend pas substitut un animal profane échangé contre lui. En outre, la communauté et les associés consacrent des animaux comme offrandes, mais ils ne substituent pas des animaux profanes à leurs offrandes. Et l’on consacre des fœtus dans l’utérus et l’on peut consacrer les membres d’un animal, mais on ne peut pas substituer des animaux profanes à ceux-ci.
חוֹמֶר בַּתְּמוּרָה מִבַּקֳּדָשִׁים, שֶׁהַקְּדוּשָּׁה חָלָה עַל בַּעֲלַת מוּם קָבוּעַ, וְאֵין יוֹצְאָה לְחוּלִּין
Il y a une plus grande rigueur concernant une substitution que celle qui existe concernant les animaux sacrificiels, car, si quelqu’un a substitué un animal non sacré et blemé à un animal sacrificiel sans défaut, alors l’animal porteur d’un défaut permanent est investi d’une sainteté intrinsèque, ce qui n’est pas le cas en matière de consécration. Et, de plus, ces animaux blemés consacrés par substitution ne sortent pas de leur statut consacré pour prendre un statut non sacré au moyen du rachat,