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אוֹתָהּ הָעִיר מִתְעַנָּה וּמַתְרַעַת, וְכׇל סְבִיבוֹתֶיהָ מִתְעַנּוֹת וְלֹא מַתְרִיעוֹת. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מַתְרִיעוֹת וְלֹא מִתְעַנּוֹת. וְכֵן עִיר שֶׁיֵּשׁ בָּהּ דֶּבֶר אוֹ מַפּוֹלֶת — אוֹתָהּ הָעִיר מִתְעַנָּה וּמַתְרַעַת, וְכׇל סְבִיבוֹתֶיהָ מִתְעַנּוֹת וְלֹא מַתְרִיעוֹת. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מַתְרִיעוֹת וְלֹא מִתְעַנּוֹת.
Dans un cas de ce genre, cette ville jeûne et pousse des cris en sonnant du shofar, et toutes les régions qui l’entourent se joignent à eux dans leur jeûne, mais elles ne poussent pas de cris. Rabbi Akiva n’est pas d’accord et dit : Ils poussent des cris mais ne jeûnent pas. La michna continue : Et de même, si une ville est frappée par la peste ou par l’effondrement de bâtiments, cette ville jeûne et pousse des cris, et toutes les régions qui l’entourent jeûnent mais ne poussent pas de cris. Rabbi Akiva dit : Ils poussent des cris mais ne jeûnent pas.
אֵיזֶהוּ דֶּבֶר? עִיר הַמּוֹצִיאָה חֲמֵשׁ מֵאוֹת רַגְלִי, וְיָצְאוּ מִמֶּנָּה שְׁלֹשָׁה מֵתִים בִּשְׁלֹשָׁה יָמִים זֶה אַחַר זֶה — הֲרֵי זֶה דֶּבֶר, פָּחוֹת מִכָּאן — אֵין זֶה דֶּבֶר.
La michna demande : Qu’est-ce qui est considéré comme une plaie de pestilence ? Quand une série de décès est-elle traitée comme une plaie ? La michna répond : Si une ville qui envoie cinq cents fantassins, c’est-à-dire qu’elle a une population de cinq cents hommes valides, et que l’on en retire trois morts pendant trois jours consécutifs, cela constitue une plaie de pestilence, qui exige le jeûne et les cris de supplication. Si le taux de mortalité est inférieur à cela, ce n’est pas une pestilence.
עַל אֵלּוּ מַתְרִיעִין בְּכׇל מָקוֹם: עַל הַשִּׁדָּפוֹן, וְעַל הַיֵּרָקוֹן, וְעַל הָאַרְבֶּה, וְעַל הֶחָסִיל, וְעַל הַחַיָּה רָעָה, וְעַל הַחֶרֶב — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ, מִפְּנֵי שֶׁהִיא מַכָּה מְהַלֶּכֶת.
Pour les calamités suivantes, on crie partout : pour la brûlure ; pour la nielle ; pour les sauterelles ; pour les chenilles, un type de sauterelle qui vient en grands essaims et s’abat sur un certain endroit ; pour les bêtes dangereuses qui sont entrées dans une ville ; et pour l’épée, c’est-à-dire les légions d’une armée envahissante. La raison pour laquelle on crie à propos de ces malheurs partout est que ce sont des calamités qui se propagent.
מַעֲשֶׂה שֶׁיָּרְדוּ זְקֵנִים מִירוּשָׁלַיִם לְעָרֵיהֶם, וְגָזְרוּ תַּעֲנִית עַל שֶׁנִּרְאָה כִּמְלֹא פִי תַנּוּר שִׁדָּפוֹן בְּאַשְׁקְלוֹן. וְעוֹד גָּזְרוּ תַּעֲנִית עַל שֶׁאָכְלוּ זְאֵבִים שְׁנֵי תִינוֹקוֹת בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לֹא עַל שֶׁאָכְלוּ, אֶלָּא עַל שֶׁנִּרְאוּ.
Un incident se produisit dans lequel des Anciens descendirent de Jérusalem vers leurs villes à travers Eretz Yisrael et décrétèrent un jeûne dans tout le pays parce qu’on avait vu dans la ville d’Ashkelon une petite quantité de brûlure, suffisante pour remplir l’ouverture d’un four. Ce jeûne fut observé dans toute Eretz Yisrael, car la brûlure se propage rapidement. De plus, ils décrétèrent un jeûne parce que des loups avaient mangé deux enfants en Transjordanie. Rabbi Yosei dit : Ce jeûne fut décrété non parce qu’ils avaient mangé les enfants, mais parce que ces loups avaient été simplement vus dans une zone habitée.
עַל אֵלּוּ מַתְרִיעִין בְּשַׁבָּת: עַל עִיר שֶׁהִקִּיפוּהָ נׇכְרִים אוֹ נָהָר, וְעַל הַסְּפִינָה הַמִּיטָּרֶפֶת בַּיָּם. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעֶזְרָה וְלֹא לִצְעָקָה. שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי אוֹמֵר: אַף עַל הַדֶּבֶר, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.
Pour les calamités suivantes, on crie même pendant Shabbat : pour une ville entourée de troupes gentiles, ou pour un lieu menacé d’inondation par une rivière sortie de son lit, ou pour un navire ballotté en mer. Rabbi Yossei a dit : On peut crier pendant Shabbat pour appeler à l’aide, mais on ne sonne pas pour crier vers Dieu. Shimon le Timnite dit : On peut crier pendant Shabbat même pour une peste, mais les Sages ne furent pas d’accord avec lui.
עַל כׇּל צָרָה שֶׁלֹּא תָּבוֹא עַל הַצִּבּוּר מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן, חוּץ מֵרוֹב גְּשָׁמִים. מַעֲשֶׂה שֶׁאָמְרוּ לוֹ לְחוֹנִי הַמְעַגֵּל, הִתְפַּלֵּל שֶׁיֵּרְדוּ גְּשָׁמִים. אָמַר לָהֶם: צְאוּ וְהַכְנִיסוּ תַּנּוּרֵי פְסָחִים בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יִמּוֹקוּ. הִתְפַּלֵּל וְלֹא יָרְדוּ גְּשָׁמִים.
§ La michna ajoute : En général, on crie à cause de toute détresse qui ne devrait pas s’abattre sur la communauté, un euphémisme pour une détresse qui peut s’abattre sur la communauté, sauf pour une surabondance de pluie. Bien que trop de pluie puisse être désastreux, on ne crie pas à cause de cela, car la pluie est un signe de bénédiction. La michna rapporte : Un incident se produisit dans lequel les gens dirent à Ḥoni HaMe’aggel : Prie pour que la pluie tombe. Il leur dit : Sortez et rentrez les fours en argile utilisés pour rôtir les agneaux pascals, afin qu’ils ne se dissolvent pas dans l’eau, car des pluies torrentielles tomberont certainement. Il pria, et aucune pluie ne tomba du tout.
מָה עָשָׂה? עָג עוּגָה וְעָמַד בְּתוֹכָהּ, וְאָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! בָּנֶיךָ שָׂמוּ פְּנֵיהֶם עָלַי, שֶׁאֲנִי כְּבֶן בַּיִת לְפָנֶיךָ. נִשְׁבָּע אֲנִי בְּשִׁמְךָ הַגָּדוֹל שֶׁאֵינִי זָז מִכָּאן עַד שֶׁתְּרַחֵם עַל בָּנֶיךָ. הִתְחִילוּ גְּשָׁמִים מְנַטְּפִין. אָמַר: לֹא כָּךְ שָׁאַלְתִּי, אֶלָּא גִּשְׁמֵי בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת. הִתְחִילוּ לֵירֵד בְּזַעַף. אָמַר: לֹא כָּךְ שָׁאַלְתִּי, אֶלָּא גִּשְׁמֵי רָצוֹן בְּרָכָה וּנְדָבָה.
Qu’a-t-il fait ? Il a tracé un cercle sur le sol et s’est tenu à l’intérieur et a dit devant Dieu : Maître de l’Univers, Tes enfants ont tourné leurs visages vers moi, car je suis comme un membre de Ta maison. C’est pourquoi, je jure par Ton grand nom que je ne bougerai pas d’ici jusqu’à ce que Tu aies pitié de Tes enfants et que Tu répondes à leurs prières pour la pluie. La pluie a commencé à tomber au compte-gouttes, mais seulement en petites gouttes. Il a dit : Ce n’est pas cela que j’ai demandé, mais de la pluie pour remplir les citernes, fossés et grottes avec assez d’eau pour durer toute l’année. La pluie s’est mise à tomber avec fureur. Il a dit : Ce n’est pas cela que j’ai demandé non plus, cette pluie destructrice, mais une pluie de bienveillance, de bénédiction et de générosité.
יָרְדוּ כְּתִקְנָן, עַד שֶׁיָּצְאוּ יִשְׂרָאֵל מִירוּשָׁלַיִם לְהַר הַבַּיִת מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. בָּאוּ וְאָמְרוּ לוֹ: כְּשֵׁם שֶׁהִתְפַּלַּלְתָּ עֲלֵיהֶם שֶׁיֵּרְדוּ — כָּךְ הִתְפַּלֵּל שֶׁיֵּלְכוּ לָהֶן. אָמַר לָהֶם: צְאוּ וּרְאוּ אִם נִמְחֵית אֶבֶן הַטּוֹעִין.
Par la suite, les pluies tombèrent de manière habituelle mais continuèrent sans relâche, remplissant la ville d’eau jusqu’à ce que tous les Juifs quittent les zones résidentielles de Jérusalem et se rendent au mont du Temple à cause de la pluie. Ils vinrent et lui dirent : De même que tu as prié pour que les pluies tombent, prie aussi pour qu’elles cessent. Il leur dit : Sortez et voyez si la Pierre des Réclamants, une grande pierre située dans la ville, sur laquelle on affichait des proclamations concernant les objets perdus et trouvés, a été emportée. Autrement dit, si l’eau n’a pas encore effacé la Pierre des Réclamants, il n’est pas encore approprié de prier pour que la pluie cesse.
שָׁלַח לוֹ שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח: אִלְמָלֵא חוֹנִי אַתָּה — גּוֹזְרַנִי עָלֶיךָ נִידּוּי. אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה לְּךָ, שֶׁאַתָּה מִתְחַטֵּא לִפְנֵי הַמָּקוֹם וְעוֹשֶׂה לְךָ רְצוֹנְךָ כְּבֵן שֶׁהוּא מִתְחַטֵּא עַל אָבִיו וְעוֹשֶׂה לוֹ רְצוֹנוֹ, וְעָלֶיךָ הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״יִשְׂמַח אָבִיךָ וְאִמֶּךָ וְתָגֵל יוֹלַדְתֶּךָ״.
Shimon ben Shetaḥ, le Nasi du Sanhédrin à cette époque, transmit à Ḥoni HaMe’aggel : Si tu n’étais pas Ḥoni, j’aurais décrété que tu sois mis au ban, mais que puis-je te faire ? Tu importunes [mitḥatei] Dieu et Il fait ta volonté, comme un fils qui importune son père et son père fait sa volonté sans le réprimander. Après tout, la pluie est tombée comme tu l’avais demandé. À ton sujet, le verset déclare : « Que ton père et ta mère se réjouissent, et que celle qui t’a enfanté exulte » (Proverbes 23:25).
הָיוּ מִתְעַנִּין וְיָרְדוּ לָהֶם גְּשָׁמִים, קוֹדֶם הָנֵץ הַחַמָּה — לֹא יַשְׁלִימוּ, לְאַחַר הָנֵץ הַחַמָּה — יַשְׁלִימוּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: קוֹדֶם חֲצוֹת — לֹא יַשְׁלִימוּ, לְאַחַר חֲצוֹת — יַשְׁלִימוּ.
La michna enseigne une autre halakha concernant les jours de jeûne : si ils jeûnaient pour la pluie, et que la pluie est tombée pour eux avant le lever du soleil, ils n’ont pas besoin d’achever leur jeûne jusqu’au soir. Cependant, si elle est tombée après le lever du soleil, ils doivent achever leur jeûne. Rabbi Eliezer dit : si la pluie est tombée avant midi, ils n’ont pas besoin d’achever leur jeûne ; mais s’il pleut après midi, ils doivent achever leur jeûne.
מַעֲשֶׂה שֶׁגָּזְרוּ תַּעֲנִית בְּלוֹד, וְיָרְדוּ לָהֶם גְּשָׁמִים קוֹדֶם חֲצוֹת. אֲמַר לָהֶם רַבִּי טַרְפוֹן: צְאוּ וְאִכְלוּ וּשְׁתוּ וַעֲשׂוּ יוֹם טוֹב, וְיָצְאוּ וְאָכְלוּ וְשָׁתוּ וְעָשׂוּ יוֹם טוֹב, וּבָאוּ בֵּין הָעַרְבַּיִם וְקָרְאוּ הַלֵּל הַגָּדוֹל.
La michna rapporte : Un incident se produisit dans lequel le tribunal décréta un jeûne à Lod en raison d’un manque de pluie, et la pluie tomba pour eux avant midi. Rabbi Tarfon dit au peuple : Sortez, mangez, buvez et considérez ce jour comme une Fête. Et ils sortirent, mangèrent, burent et considérèrent ce jour comme une Fête, et dans l’après-midi ils vinrent à la synagogue et récitèrent le grand hallel, pour remercier Dieu d’avoir répondu à leurs prières.
גְּמָ׳ סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת הָאֵלּוּ הָאָמוּר בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה. וּרְמִינְהִי: רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה לִשְׁאוֹל, שְׁלִישִׁית לְהִתְעַנּוֹת!
GUEMARA : La michna a enseigné : L’ordre de ces jeûnes est énoncé seulement lorsque le jeûne concerne la première pluie. Et la Guemara soulève une contradiction entre cette affirmation et la baraita suivante : Si les périodes de la première et de la deuxième pluie passent sans pluie, c’est le moment de demander et de prier pour la pluie ; si la troisième passe sans pluie, c’est le moment de jeûner.
אָמַר רַב יְהוּדָה, הָכִי קָאָמַר: סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת הָאָמוּר אֵימָתַי — בִּזְמַן שֶׁיָּצְאָה רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּשְׁלִישִׁית וְלֹא יָרְדוּ גְּשָׁמִים. אֲבָל יָרְדוּ גְּשָׁמִים בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וְזָרְעוּ וְלֹא צָמְחוּ, אִי נָמֵי צָמְחוּ וְחָזְרוּ וְנִשְׁתַּנּוּ — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד.
Rav Yehuda a dit que voici ce que la michna dit : Quand s’applique l’ordre de ces jeûnes qui a été énoncé ? Lorsque les périodes de la première, de la deuxième et de la troisième pluie sont passées et que la pluie n’est pas tombée. Cependant, si la pluie est tombée au temps de la première pluie, et que les gens ont semé mais que les plantes n’ont pas germé, ou bien, si elles ont germé un peu, mais leur apparence s’est de nouveau détériorée, puisqu’aucune pluie n’est tombée après la première pluie, ils poussent immédiatement des cris à ce sujet.
אָמַר רַב נַחְמָן: דַּוְקָא נִשְׁתַּנּוּ, אֲבָל יָבְשׁוּ — לָא. פְּשִׁיטָא, נִשְׁתַּנּוּ תְּנַן! לָא צְרִיכָא, דַּאֲקוּן. מַהוּ דְּתֵימָא: אֲקַנְתָּא מִילְּתָא הִיא, קָמַשְׁמַע לַן.
Rav Naḥman a dit : Cela s’applique spécifiquement si leur apparence a changé. Cependant, s’ils ont séché entièrement, on ne pousse pas de cri, car cet état ne peut pas être amélioré. La Guemara demande : Il est évident que c’est le cas, puisque dans la michna nous avons appris le mot changé. La Guemara répond : Non, il est nécessaire que Rav Naḥman fasse sa déclaration au sujet d’un cas où ils ont produit des tiges après avoir séché. De peur que tu ne dises que produire des tiges est une chose significative, puisque c’est un signe de renforcement, et que les récoltes pourraient être sauvées par la prière, Rav Naḥman nous enseigne donc que ce n’est pas le cas.
וְכֵן שֶׁפָּסְקוּ גְּשָׁמִים בֵּין גֶּשֶׁם לְגֶשֶׁם כּוּ׳. מַאי מַכַּת בַּצּוֹרֶת? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַכָּה הַמְּבִיאָה לִידֵי בַּצּוֹרֶת. אָמַר רַב נַחְמָן: נַהֲרָא אַנַּהֲרָא —
La michna a en outre enseigné : Et de même, si la pluie a cessé pendant une période de quarante jours entre une pluie et une autre, ils poussent des cris à ce sujet, car c’est un fléau de sécheresse. La Guemara demande : Quel est le sens de l’expression : Un fléau de sécheresse ? N’est-ce pas simplement une sécheresse ? Rav Yehouda a dit que Rav a dit : La michna veut dire qu’une période de quarante jours entre une pluie et la suivante est un fléau qui peut causer une sécheresse. À cet égard, Rav Naḥman a dit : Lorsque les récoltes ne poussent pas en un lieu en raison du manque de pluie et doivent être importées au moyen d’une rivière vers une autre rivière,

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