מוּתָּרִין בְּהֶסְפֵּד וְתַעֲנִית. אֵימַת? אִילֵּימָא בְּנֵי חֲמֵיסַר וְקָא קָרוּ לֵיהּ בְּאַרְבֵּיסַר, וּמִי שְׁרֵי?
comme les Sages ont décrété que, dans certains endroits, on peut lire le Rouleau d’Esther le onzième, le douzième ou le treizième d’Adar, néanmoins, il est permis de prononcer des éloges funèbres et de jeûner ces jours-là. La Guemara précise : Quand cette règle s’applique-t-elle ? Si nous disons qu’elle s’applique à ceux des villes fortifiées, qui lisent normalement le rouleau le quinzième d’Adar et pourtant cette année le lisent le quatorze, un jour où il leur est normalement permis de jeûner et de prononcer des éloges funèbres, mais cela ne peut pas être le cas, car leur est-il permis de jeûner et de prononcer des éloges funèbres ces jours-là ?
וְהָכְתִיב בִּמְגִילַּת תַּעֲנִית: יוֹם אַרְבָּעָה עָשָׂר בּוֹ וְיוֹם חֲמִשָּׁה עָשָׂר בּוֹ, יוֹמֵי פּוּרַיָּא אִינּוּן דְּלָא לְמִיסְפַּד בְּהוֹן. וְאָמַר רָבָא: לֹא נִצְרְכָא, אֶלָּא לֶאֱסוֹר אֶת שֶׁל זֶה בָּזֶה וְאֶת שֶׁל זֶה בָּזֶה.
Mais n’est-il pas écrit dans Megillat Ta’anit : Le quatorzième jour de Adar et le quinzième jour de Adar sont les jours de Pourim, durant lesquels il est interdit de prononcer des éloges funèbres. Et Rava a dit : Puisque ces jours sont déjà mentionnés dans la Torah (Esther 9:18–19), il est nécessaire d’énoncer cette halakha dans Megillat Ta’anituniquement pour interdire à ceux qui vivent dans ces villes fortifiées de jeûner et de prononcer des éloges funèbres à cette date, le quatorze, et à ceux qui vivent dans ces villes non fortifiées de jeûner et de prononcer des éloges funèbres à cette date, le quinze.
וְאֶלָּא, בְּנֵי אַרְבֵּיסַר וְקָא קָרֵי לֵיהּ בִּתְלֵיסַר — יוֹם נִיקָנוֹר הוּא! וְאֶלָּא, בְּנֵי אַרְבֵּיסַר וְקָא קָרֵי לֵיהּ בִּתְרֵיסַר — יוֹם טוּרְיָינוֹס הוּא!
La Guemara poursuit son explication de la difficulté. Mais plutôt, la michna doit faire référence à ceux qui lisent normalement le quatorze adar, mais qui lisent le Rouleau d’Esther plus tôt, le treize. Cependant, il est déjà interdit de jeûner le treize, car c’est le Jour de Nicanor, qui est en soi un jour commémoratif. Mais plutôt, vous direz que la michna fait référence à ceux habitants des villes qui lisent normalement le quatorze, mais qui le lisent plus tôt cette année-là, le douze ; cependant, le douze adar est aussi un jour commémoratif, car c’est le Jour de Trajan.
אֶלָּא לָאו, דְּקָא קָרוּ לֵיהּ בַּחֲדֵיסַר, וְקָתָנֵי מוּתָּר בְּהֶסְפֵּד וּבְתַעֲנִית!
Au contraire, n’est-ce pas la michna qui fait référence à un cas où ils ont lu le Rouleau d’Esther le onzième d’Adar, et néanmoins cette michna enseigne qu’il est permis de prononcer des éloges funèbres et de jeûner ce jour-là, malgré le fait que ce soit le jour précédant le Jour de Trajan ? L’opinion de cette michna non attribuée n’est pas conforme à celle de Rabbi Yossei, ce qui signifie qu’il y a une contradiction entre les deux déclarations de Rabbi Yoḥanan.
לָא, בְּנֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר, וְקָא קָרוּ לֵיהּ בִּתְרֵיסַר. וּדְקָאָמְרַתְּ יוֹם טֻרְיָינוֹס הוּא — יוֹם טֻרְיָינוֹס גּוּפֵיהּ בַּטּוֹלֵי בַּטְּלוּהּ, הוֹאִיל וְנֶהֶרְגוּ בּוֹ שְׁמַעְיָה וַאֲחִיָּה אֶחָיו. כִּי הָא דְּרַב נַחְמָן גְּזַר תַּעֲנִיתָא בִּתְרֵיסַר, אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן: יוֹם טוּרְיָינוֹס הוּא! אֲמַר לְהוּ: יוֹם טוּרְיָינוֹס גּוּפֵיהּ בַּטּוֹלֵי בַּטְּלוּהּ, הוֹאִיל וְנֶהֶרְגוּ בּוֹ שְׁמַעְיָה וַאֲחִיָּה אָחִיו.
La Guemara répond : Non ; la michna fait en réalité référence à ceux qui lisent normalement le quatorzième, mais qui l’ont lu cette année-là le douzième d’Adar. Et en ce qui concerne ce que tu as dit, à savoir que c’est le Jour de Trajan, le Jour de Trajan lui-même a été annulé et n’est plus célébré, puisque Shemaya et son frère Aḥiya ont été tués ce jour-là. Nous l’apprenons comme dans l’incident où Rav Naḥman décréta un jeûne le douzième d’Adar et les Sages lui dirent : C’est le Jour de Trajan. Il leur dit : Le Jour de Trajan lui-même a été annulé, puisque Shemaya et son frère Aḥiya ont été tués ce jour-là.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּהָוֵה לֵיהּ יוֹם שֶׁלִּפְנֵי נִיקָנוֹר! אָמַר רַב אָשֵׁי: הַשְׁתָּא אִיהוּ גּוּפֵיהּ בַּטְּלוּהּ, מִשּׁוּם יוֹם נִיקָנוֹר נֵיקוּם וְנִגְזֹר?
La Guemara demande : Qu’il en déduise donc qu’il est interdit de jeûner le douzième dans tous les cas, puisque c’est le jour précédant le Jour de Nicanor. Rav Achi a dit : Maintenant que, concernant le Jour de Trajan lui-même, ils l’ont annulé, allons-nous alors nous lever et décréter qu’on ne jeûne pas à cette date à cause du jour suivant, le Jour de Nicanor?
מַאי נִיקָנוֹר וּמַאי טוּרְיָינוֹס? דְּתַנְיָא: נִיקָנוֹר, אֶחָד מֵאִפַּרְכֵי יְוָונִים הָיָה, וּבְכׇל יוֹם וָיוֹם הָיָה מֵנִיף יָדוֹ עַל יְהוּדָה וִירוּשָׁלַיִם, וְאוֹמֵר: אֵימָתַי תִּפּוֹל בְּיָדִי וְאֶרְמְסֶנָּה. וּכְשֶׁגָּבְרָה מַלְכוּת בֵּית חַשְׁמוֹנַאי וְנִצְּחוּם, קָצְצוּ בְּהוֹנוֹת יָדָיו וְרַגְלָיו וּתְלָאוּם בְּשַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם, וְאָמְרוּ: פֶּה שֶׁהָיָה מְדַבֵּר בְּגַאֲוָה, וְיָדַיִים שֶׁהָיוּ מְנִיפוֹת עַל יְרוּשָׁלַיִם — תֵּעָשֶׂה בָּהֶם נְקָמָה.
En relation avec ce qui précède, la Guemara demande : Quelle est l’origine du Jour de Nicanor et quelle est l’origine du Jour de Trajan ? Comme il est enseigné dans une baraita : Nicanor était l’un des généraux [iparkhei] de l’armée grecque, et chaque jour il agitait sa main au-dessus de la Judée et de Jérusalem et disait : Quand cette ville tombera-t-elle entre mes mains, pour que je la piétine ? Et lorsque la monarchie hasmonéenne triompha des Grecs et remporta la victoire sur eux, ils tuèrent Nicanor au combat, lui coupèrent les pouces et les gros orteils, et les suspendirent aux portes de Jérusalem, en disant : Que vengeance soit prise de la bouche qui a parlé avec orgueil et des mains qui se sont agitées au-dessus de Jérusalem. Cela se produisit le treizième jour d’Adar.
מַאי טוּרְיָינוֹס? אָמְרוּ: כְּשֶׁבִּקֵּשׁ טוּרְיָינוֹס לַהֲרוֹג אֶת לוּלְיָנוּס וּפַפּוּס אָחִיו בְּלוּדְקִיָּא, אָמַר לָהֶם: אִם מֵעַמּוֹ שֶׁל חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה אַתֶּם — יָבֹא אֱלֹהֵיכֶם וְיַצִּיל אֶתְכֶם מִיָּדִי, כְּדֶרֶךְ שֶׁהִצִּיל אֶת חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה מִיַּד נְבוּכַדְנֶצַּר! אָמְרוּ לוֹ: חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה צַדִּיקִים גְּמוּרִין הָיוּ, וּרְאוּיִין הָיוּ לֵיעָשׂוֹת לָהֶם נֵס. וּנְבוּכַדְנֶצַּר מֶלֶךְ הָגוּן הָיָה, וְרָאוּי לַעֲשׂוֹת נֵס עַל יָדוֹ.
Quelle est l’origine du jour de Trajan ? Ils ont dit en explication : Lorsque Trajan chercha à tuer les dirigeants importants Luleyanus et son frère Pappas à Laodicée, il leur dit : Si vous êtes de la nation de Hanania, Mishaël et Azaria, que votre Dieu vienne et vous sauve de ma main, tout comme Il a sauvé Hanania, Mishaël et Azaria de la main de Nabuchodonosor. Luleyanus et Pappas lui dirent : Hanania, Mishaël et Azaria étaient des justes accomplis, et ils étaient dignes qu’un miracle soit accompli pour eux, et Nabuchodonosor était un roi légitime qui s’éleva au pouvoir par son mérite, et il convient qu’un miracle soit accompli par son intermédiaire.
וְאוֹתוֹ רָשָׁע, הֶדְיוֹט הוּא, וְאֵינוֹ רָאוּי לַעֲשׂוֹת נֵס עַל יָדוֹ. וְאָנוּ נִתְחַיַּיבְנוּ כְּלָיָה לַמָּקוֹם, וְאִם אֵין אַתָּה הוֹרְגֵנוּ — הַרְבֵּה הוֹרְגִים יֵשׁ לוֹ לַמָּקוֹם, וְהַרְבֵּה דּוּבִּין וַאֲרָיוֹת יֵשׁ לוֹ לַמָּקוֹם בְּעוֹלָמוֹ שֶׁפּוֹגְעִין בָּנוּ וְהוֹרְגִין אוֹתָנוּ. אֶלָּא, לֹא מְסָרָנוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּיָדְךָ, אֶלָּא שֶׁעָתִיד לִיפָּרַע דָּמֵינוּ מִיָּדֶךָ.
Mais cet homme méchant, Trajan, est un homme du commun, non un véritable roi, et il ne convient pas qu’un miracle soit accompli par son intermédiaire. Luleyanus et Pappas poursuivirent : Et nous ne sommes pas entièrement justes, et nous avons été condamnés à la destruction par l’Omniprésent pour nos péchés. Et si tu ne nous tues pas, l’Omniprésent a beaucoup d’autres exécuteurs. Et si les hommes ne nous tuent pas, l’Omniprésent a beaucoup d’ours et de lions dans Son monde qui peuvent nous blesser et nous tuer. Au contraire, le Saint, béni soit-Il, nous a livrés entre tes mains uniquement afin qu’Il venge notre sang à l’avenir.
אַף עַל פִּי כֵן הֲרָגָן מִיָּד. אָמְרוּ: לֹא זָזוּ מִשָּׁם, עַד שֶׁבָּאוּ דְּיוֹפָּלֵי מֵרוֹמִי וּפָצְעוּ אֶת מוֹחוֹ בְּגִיזְרִין.
Malgré cela, Trajan demeura insensible à leur réponse et les fit tuer immédiatement. On dit qu'ils ne s'étaient pas éloignés du lieu de l'exécution lorsque deux officiers [diyoflei] arrivèrent de Rome avec l'autorisation de destituer Trajan du pouvoir, et ils lui fendirent le crâne à coups de bâton. Cela fut considéré comme un acte de rétribution divine et fut établi comme un jour commémoratif.
אֵין גּוֹזְרִין תַּעֲנִית עַל הַצִּבּוּר בַּתְּחִלָּה בַּחֲמִישִׁי כּוּ׳, אֵין גּוֹזְרִין תַּעֲנִית בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים כּוּ׳. וְכַמָּה הָוְיָא הַתְחָלָה? רַב אַחָא אָמַר: שָׁלֹשׁ. רַבִּי אַסִּי אָמַר: אַחַת.
§ La michna a enseigné : On ne peut pas décréter un jeûne pour la communauté en commençant un jeudi, afin de ne pas provoquer une hausse des prix. De plus, on ne peut pas décréter un jeûne aux néoménies, à Hanoucca ou à Pourim. Cependant, si l’on a commencé une série de jeûnes, on n’interrompt pas la séquence à cause de ces jours. La Guemara demande : Et combien de jeûnes sont considérés comme un commencement ? Rav Aḥa a dit : Si l’on a jeûné trois jeûnes avant le jour de fête. Rabbi Assi a dit : Même si l’on a jeûné un jeûne avant lui.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים. דָּרֵשׁ מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הֲלָכָה מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים.
Rav Yehouda a dit que Rav a dit : Cette halakha de la michna, selon laquelle un jeûne qui tombe un jour de fête n’est pas observé, est l’opinion de Rabbi Meïr, qui l’a dite au nom de Rabban Gamliel. Cependant, les Sages disent : Si un jeûne communautaire tombe l’un de ces jours, il faut jeûner et mener à terme le jeûne jusqu’à la tombée de la nuit. Mar Zutra a enseigné au nom de Rav Houna : La halakha pratique est conforme à l’opinion des Sages, selon laquelle on jeûne et mène à terme son jeûne jusqu’à la tombée de la nuit.
הֲדַרַן עֲלָךְ סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת כֵּיצַד
סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת אֵלּוּ, הָאָמוּר בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה. אֲבָל צְמָחִים שֶׁשָּׁנוּ — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד. וְכֵן שֶׁפָּסְקוּ גְּשָׁמִים בֵּין גֶּשֶׁם לְגֶשֶׁם אַרְבָּעִים יוֹם — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן, מִפְּנֵי שֶׁהִיא מַכַּת בַּצּוֹרֶת.
MICHNA :L’ordre de ces jeûnes d’une sévérité croissante, comme expliqué au chapitre un, n’est énoncé que dans un cas où la première pluie ne s’est pas matérialisée. Cependant, s’il y a une végétation qui a poussé et dont l’apparence a changé à cause d’une maladie, le tribunal n’attend pas du tout ; ils poussent immédiatement des cris à ce sujet. De même, si la pluie a cessé pendant une période de quarante jours entre une pluie et une autre, ils poussent des cris à ce sujet parce que c’est un fléau de sécheresse.
יָרְדוּ לַצְּמָחִין אֲבָל לֹא יָרְדוּ לָאִילָן, לְאִילָן וְלֹא לַצְּמָחִין, לָזֶה וְלָזֶה אֲבָל לֹא לַבּוֹרוֹת לַשִּׁיחִין וְלַמְּעָרוֹת — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד. וְכֵן עִיר שֶׁלֹּא יָרְדוּ עָלֶיהָ גְּשָׁמִים, דִּכְתִיב: ״וְהִמְטַרְתִּי עַל עִיר אֶחָת וְעַל עִיר אַחַת לֹא אַמְטִיר חֶלְקָה אַחַת תִּמָּטֵר וְגוֹ׳״.
S’il est tombé assez de pluie pour la végétation mais pas assez pour les arbres ; ou si c’était suffisant pour les arbres mais pas pour la végétation ; ou s’il est tombé assez de pluie pour l’une et l’autre, c’est-à-dire pour la végétation et les arbres, mais pas assez pour remplir les citernes, fossés et grottes d’eau pour durer tout l’été, ils crient à ce sujet immédiatement. De même, s’il y a une ville particulière sur laquelle il n’a pas plu, tandis que la région environnante a bien reçu de la pluie, cela est considéré comme une malédiction divine, comme il est écrit : « J’ai fait pleuvoir sur une ville, mais sur une autre ville je n’ai pas fait pleuvoir ; une parcelle a reçu la pluie, et la parcelle sur laquelle il n’a pas plu s’est desséchée » (Amos 4:7).