דְּבַר יוֹכָנִי! תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט תָּפַשְׂתָּ. וְאֵימָא כְּאַפֵּי דְּצִיפַּרְתָּא דְּזוּטַר טוּבָא! אֲמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: רַב הוּנָא ״פְּנֵי״ ״פְּנֵי״ גָּמַר. כְּתִיב הָכָא: ״אֶל פְּנֵי הַכַּפּוֹרֶת״, וּכְתִיב הָתָם: ״מֵאֵת פְּנֵי יִצְחָק אָבִיו״.
de un oiseau appelé bar Yokhani, dont le visage est nettement plus grand qu’un empan ? La Guemara rejette cette suggestion : Si tu as saisi beaucoup, tu n’as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi quelque chose. La Guemara demande : Si c’est le cas, dis que c’est comme le visage d’un oiseau, qui est extrêmement petit ? Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Rav Huna déduit que l’épaisseur du couvercle de l’Arche était d’un empan non par une comparaison réelle avec les visages réels de différentes créatures, mais plutôt au moyen d’une analogie verbale entre les termes penei et penei écrits à différents endroits dans la Torah. Il est écrit ici : « Devant [penei] le couvercle de l’Arche » (Lévitique 16:2), et il est écrit là-bas : « De la présence de [penei] Isaac son père » (Genèse 27:30). La dimension du couvercle de l’Arche est comme celle du visage d’une personne, un empan.
וְנֵילַף מִפָּנִים שֶׁל מַעְלָה, דִּכְתִיב: ״כִּרְאוֹת פְּנֵי אֱלֹהִים וַתִּרְצֵנִי״! תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט תָּפַשְׂתָּ.
La Guemara suggère : Et dérivons une analogie verbale du visage de Dieu, comme il est écrit : « Car j’ai vu ton visage comme on voit le visage de [penei] Dieu, et tu m’as accueilli favorablement » (Genèse 33:10). Le terme penei est également employé à l’égard du visage de Dieu. La Guemara rejette cette suggestion : Si tu as saisi beaucoup, tu n’as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi quelque chose.
וְנֵילַף מִכְּרוּב, דִּכְתִיב: ״אֶל הַכַּפּוֹרֶת יִהְיוּ פְּנֵי הַכְּרוּבִים״!
La Guemara suggère : Et dérivons une analogie verbale du visage du chérubin dans le Tabernacle et le Temple, comme il est écrit : « Vers le couvercle de l’Arche seront tournés les visages des [penei] chérubins » (Exode 25:20), et leurs visages étaient vraisemblablement plus petits qu’une paume.
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: גְּמִירִי אֵין פְּנֵי כְרוּבִים פְּחוּתִין מִטֶּפַח, וְרַב הוּנָא נָמֵי מֵהָכָא גְּמִיר.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Nous avons appris par tradition que les visages des chérubins n’étaient pas plus petits qu’une paume, et en effet Rav Houna a déduit l’épaisseur du couvercle de l’Arche également d’ici, c’est-à-dire de l’analogie verbale entre les occurrences du mot penei dans les versets : « Sur la face de [penei] le couvercle de l’Arche à l’est » et : « Les visages [penei] des chérubins », indiquant qu’ils sont tous deux de la même taille.
וּמַאי כְּרוּב? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כְּרָבְיָא, שֶׁכֵּן בְּבָבֶל קוֹרִין לְיָנוֹקָא רָבְיָא.
À propos des chérubins, la Guemara demande : Et quelle est la forme du visage d’un chérubin [keruv] ? Rabbi Abbahou a dit : Comme celui d’un enfant [keravya], car en Babylonie on appelle un enfant ravya.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״פְּנֵי הָאֶחָד פְּנֵי הַכְּרוּב וּפְנֵי הַשֵּׁנִי פְּנֵי אָדָם״, הַיְינוּ כְּרוּב הַיְינוּ אָדָם! אַפֵּי רַבְרְבֵי וְאַפֵּי זוּטְרֵי.
Abaye lui dit : Mais si ce que tu dis est ainsi, quel est le sens de ce qui est écrit au sujet des visages des êtres célestes qui tirent le char céleste : « Le visage du premier était le visage du chérubin, et le visage du second était le visage d’un homme » (Ézéchiel 10:14) ? Selon ton explication, ce visage du chérubin est le même que cet visage d’homme. La Guemara répond : Bien que deux des êtres célestes tirant ce char eussent un visage d’homme, la différence entre eux est que l’un était un grand visage et l’autre un petit visage. En d’autres termes, le visage décrit comme celui d’un homme était le visage d’un adulte, et le visage décrit comme celui d’un chérubin était celui d’un enfant. C’est la source du fait que l’Arche et son couvercle avaient une hauteur de dix palmes.
וּמִמַּאי דַּחֲלָלַהּ עֲשָׂרָה בַּר מִסְּכָכַהּ? אֵימָא בַּהֲדֵי סְכָכַהּ!
Cependant, en ce qui concerne l’application de cette mesure aux halakhot de la sukka, la Guemara demande : Et d’où est-il déduit que l’espace intérieur de la sukka doit avoir dix palmes de hauteur sans l’épaisseur de la toiture ? Disons que les dix palmes de la sukka sont avec l’épaisseur de la toiture. De même que les dix palmes de l’Arche sont mesurées du fond de l’Arche jusqu’au sommet du couvercle de l’Arche, que la sukka soit mesurée jusqu’au sommet de la toiture.
אֶלָּא מִבֵּית עוֹלָמִים גָּמַר, דִּכְתִיב: ״וְהַבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה לַה׳ שִׁשִּׁים אַמָּה אׇרְכּוֹ וְעֶשְׂרִים רׇחְבּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתוֹ״. וּכְתִיב: ״קוֹמַת הַכְּרוּב הָאֶחָד עֶשֶׂר בָּאַמָּה וְכֵן הַכְּרוּב הַשֵּׁנִי״, וְתַנְיָא: מָה מָצִינוּ בְּבֵית עוֹלָמִים כְּרוּבִים בִּשְׁלִישׁ הַבַּיִת הֵן עוֹמְדִין. מִשְׁכָּן נָמֵי — כְּרוּבִים שְׁלִישׁ הַבַּיִת הֵן עוֹמְדִין.
Au contraire, la dimension de la soucca n’est pas dérivée de l’Arche ; on la déduit plutôt des dimensions du Temple éternel, comme il est écrit : « Et la Maison que le roi Salomon bâtit pour le Seigneur, sa longueur était de soixante coudées, sa largeur de vingt coudées et sa hauteur de trente coudées » (I Rois 6:2). Et il est écrit : « La hauteur du premier chérubin était de dix coudées, et il en était de même pour le second chérubin » (I Rois 6:26). Et il est enseigné dans une baraita : De même que nous trouvons dans le Temple éternel que les chérubins se tiennent debout en atteignant un tiers de la hauteur du Temple, puisque chaque chérubin avait dix coudées de hauteur et que le Temple avait trente coudées de hauteur, de même dans le Tabernacle, les chérubins se tiennent debout en atteignant un tiers de la hauteur du Tabernacle.
מִשְׁכָּן כַּמָּה הָוֵי — עֶשֶׂר אַמּוֹת, דִּכְתִיב: ״עֶשֶׂר אַמּוֹת אוֹרֶךְ הַקָּרֶשׁ״, כַּמָּה הָוֵי לְהוּ — שִׁיתִּין פּוּשְׁכֵי, תִּלְתֵּיהּ כַּמָּה הָוֵי — עֶשְׂרִים פּוּשְׁכֵי, דַּל עַשְׂרָה דְּאָרוֹן וְכַפּוֹרֶת, פָּשׁוּ לְהוּ עַשְׂרָה, וּכְתִיב: ״וְהָיוּ הַכְּרוּבִים פּוֹרְשֵׂי כְנָפַיִם לְמַעְלָה סוֹכְכִים בְּכַנְפֵיהֶם עַל הַכַּפּוֹרֶת״, קַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא סְכָכָה לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה.
Et pour calculer : Combien de coudées de haut avait le Tabernacle ? Il avait dix coudées, comme il est écrit : « Dix coudées sera la longueur d’une planche » (Exode 26:16). Combien de palmes ces dix coudées contiennent-elles ? Elles contiennent soixante palmes. Et un tiers de ce total, combien cela fait-il ? Cela fait vingt palmes. Soustrais de ce total dix palmes de l’Arche et du couvercle de l’Arche sur lequel se tenaient les chérubins, et dix palmes restent, ce qui était la hauteur de chaque chérubin individuellement. Et il est écrit : « Et les chérubins étendront leurs ailes vers le haut, couvrant [sokhekhim] le couvercle de l’Arche de leurs ailes » (Exode 25:20). Ici le Miséricordieux fait référence aux ailes en utilisant la terminologie de couverture [sekhakha] précisément lorsqu’elles sont à dix palmes au-dessus du couvercle de l’Arche. C’est une source indiquant que la couverture de la sukka doit être placée à au moins dix palmes de hauteur.
מִמַּאי דְּגַדְּפִינְהוּ עִילָּוֵי רֵישַׁיְיהוּ קָיְימִי, דִּלְמָא לַהֲדֵי רֵישַׁיְיהוּ קָיְימִי! אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: ״לְמַעְלָה״ כְּתִיב. וְאֵימָא דְּמִידְּלֵי טוּבָא? מִי כְּתִיב ״לְמַעְלָה לְמַעְלָה״?
La Guemara demande : Et d’où sait-on que leurs ailes étaient déployées au-dessus de leurs têtes, d’où l’on déduit que la couverture est à dix palmes de hauteur ? Peut-être étaient-elles déployées au niveau de leurs têtes. Dans ce cas, les dix palmes déduites incluraient la couverture, laissant l’espace intérieur de la soucca à moins de dix palmes de hauteur. Rav Aḥa bar Ya’akov a dit qu’il est écrit : « Déployant leurs ailes vers le haut, » ce qui indique que les ailes étaient au-dessus de leurs têtes. La Guemara demande : Si c’est le cas, dis que les ailes étaient extrêmement hautes à une hauteur non précisée. La Guemara répond : Le verset dit-il : Vers le haut, vers le haut ? Il dit « vers le haut » une seule fois, c’est-à-dire légèrement au-dessus de leurs têtes. Il ressort des versets que la couverture était à au moins dix palmes du sol.
הָנִיחָא לְרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: כׇּל הָאַמּוֹת הָיוּ בֵּינוֹנִיּוֹת. אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר, אַמָּה שֶׁל בִּנְיָן שִׁשָּׁה טְפָחִים, וְשֶׁל כֵּלִים חֲמִשָּׁה — מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara demande : Ce calcul fonctionne bien selon Rabbi Meïr, qui a dit que toutes les coudées dans le Tabernacle et le Temple étaient intermédiaires, composées de six palmes ; cependant, selon Rabbi Yehouda, qui a dit que la coudée utilisée dans les dimensions d’un bâtiment du Temple était une coudée de six palmes, mais que la coudée utilisée dans les dimensions des ustensiles était une coudée de seulement cinq palmes, que peut-on dire ?
אָרוֹן וְכַפּוֹרֶת כַּמָּה הָוֵי לְהוּ? תְּמָנְיָא וּפַלְגָא, פָּשׁוּ לְהוּ חַד סְרֵי וּפַלְגָא, אֵימָא סוּכָּה עַד דְּהָוְיָא חַד סְרֵי וּפַלְגָא!
D’après ce calcul, combien de palmes était la hauteur de l’Arche et du couvercle de l’Arche ? Ensemble, elles totalisaient huit et demi palmes. La hauteur de l’Arche était d’une coudée et demie, ce qui, sur la base d’une coudée de cinq palmes, équivaut à sept palmes et demie. En incluant la palme supplémentaire du couvercle de l’Arche, la hauteur totale est de huit palmes et demie. Si les chérubins représentaient un tiers de la hauteur du Tabernacle, qui est de vingt palmes, il reste onze et demi palmes pour la hauteur des chérubins, au-dessus desquels leurs ailes étaient déployées. Par conséquent, dis que pour qu’une soukka soit valable à l’usage, son espace intérieur doit avoir une hauteur de onze et demi palmes. Cependant, il n’existe aucune opinion rapportée qui exige une soukka de cette dimension.
אֶלָּא, לְרַבִּי יְהוּדָה הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ. דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: שִׁיעוּרִין, חֲצִיצִין, וּמְחִיצִין — הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
Au contraire, selon Rabbi Yehouda, les Sages ont appris la hauteur minimale d’une soukka comme une halakha transmise à Moïse au Sinaï. Comme l’a dit Rabbi Ḥiyya bar Ashi, selon qui Rav a dit : Les mesures dans divers domaines de la halakha, par exemple le volume d’une olive, le volume d’une figue sèche, le volume d’un œuf, ainsi que les diverses halakhot des interpositions qui servent de barrière entre le corps d’une personne et l’eau dans un bain rituel et invalident les immersions, ainsi que les dimensions et la nature des cloisons halakhiques, sont toutes des halakhot transmises à Moïse au Sinaï. Elles n’ont pas été écrites dans la Torah ; elles ont plutôt été reçues dans le cadre de la Loi orale.
שִׁיעוּרִין דְּאוֹרָיְיתָא נִינְהוּ! דִּכְתִיב: ״אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעוֹרָה וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן אֶרֶץ זֵית שֶׁמֶן וּדְבָשׁ״, וְאָמַר רַב חָנִין: כׇּל הַפָּסוּק הַזֶּה לְשִׁיעוּרִין נֶאֱמַר!
La Guemara remet en question cette affirmation : les mesures sont-elles une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï ? Elles sont écrites dans la Torah, comme il est écrit : « Un pays de blé, d’orge, de vignes, de figues et de grenades, un pays d’huile d’olive et de miel » (Deutéronome 8:8), et Rav Ḥanin a dit : Tout ce verset est énoncé dans le but d’enseigner des mesures concernant différentes halakhot dans la Torah.
חִטָּה — לְבַיִת הַמְנוּגָּע, דִּתְנַן: הַנִּכְנָס לְבַיִת הַמְּנוּגָּע וְכֵלָיו עַל כְּתֵפָיו, וְסַנְדָּלָיו וְטַבְּעוֹתָיו בְּיָדוֹ — הוּא וָהֵן טְמֵאִין מִיָּד.
Le blé a été mentionné comme base pour calculer le temps nécessaire pour qu’une personne devienne rituellement impure en entrant dans une maison frappée de lèpre, comme nous l’avons appris dans une michna : En ce qui concerne celui qui entre dans une maison frappée de lèpre de la maison (voir Lévitique, chapitre 14), et ses vêtements sont posés sur ses épaules, et ses sandales et ses bagues sont dans ses mains, tant lui qu’eux, les vêtements, les sandales et les bagues, deviennent immédiatement rituellement impurs.