כְּמִין שְׁנֵי חוֹטָמִין דַּקִּין, (וְאֶחָד) מְעוּבֶּה וְאֶחָד דַּק, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ שְׁנֵיהֶם כָּלִין בְּבַת אַחַת. מַעֲרָבוֹ — שֶׁל מַיִם, מִזְרָחוֹ — שֶׁל יַיִן. עֵירָה שֶׁל מַיִם לְתוֹךְ שֶׁל יַיִן, וְשֶׁל יַיִן לְתוֹךְ שֶׁל מַיִם — יָצָא.
avec deux fines protubérances perforées semblables à des nez. L’un des bassins, utilisé pour la libation de vin, avait une perforation large, et l’un, utilisé pour la libation d’eau, avait une perforation fine, afin que l’écoulement des deux, l’eau et le vin, qui n’ont pas la même viscosité, s’achève simultanément. Le bassin à l’ouest de l’autel était pour l’eau, et le bassin à l’est de l’autel était pour le vin. Cependant, si quelqu’un versait le contenu du bassin d’eau dans le bassin de vin, ou le contenu du bassin de vin dans le bassin d’eau, il s’acquittait de son obligation, car le fait de ne pas verser la libation à l’endroit prescrit n’invalide pas la libation a posteriori.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּלּוֹג הָיָה מְנַסֵּךְ כׇּל שְׁמוֹנָה. וְלַמְנַסֵּךְ אוֹמֵר לוֹ: הַגְבַּהּ יָדֶךָ. שֶׁפַּעַם אֶחָד נִסֵּךְ אֶחָד עַל גַּבֵּי רַגְלָיו, וּרְגָמוּהוּ כׇּל הָעָם בְּאֶתְרוֹגֵיהֶן.
Rabbi Yehouda dit : Le bassin pour la libation d’eau n’était pas si grand ; au contraire, on versait l’eau avec un récipient d’une capacité de un log pendant les huit jours de la fête, et non seulement sept. Et le préposé dit à celui qui verse l’eau dans le bassin d’argent : Lève la main, afin que ses actes soient visibles, car une fois un prêtre sadducéen a versé l’eau sur ses pieds, puisque les sadducéens n’acceptaient pas la tradition orale exigeant la libation d’eau, et dans leur colère tout le peuple le lapida avec ses etrogim.
כְּמַעֲשֵׂהוּ בַּחוֹל כָּךְ מַעֲשֵׂהוּ בַּשַּׁבָּת, אֶלָּא שֶׁהָיָה מְמַלֵּא מֵעֶרֶב שַׁבָּת חָבִית שֶׁל זָהָב שֶׁאֵינָהּ מְקוּדֶּשֶׁת מִן הַשִּׁילוֹחַ וּמַנִּיחָהּ בַּלִּשְׁכָּה. נִשְׁפְּכָה, נִתְגַּלְּתָה, הָיָה מְמַלֵּא מִן הַכִּיּוֹר. שֶׁהַיַּיִן וְהַמַּיִם מְגוּלִּין — פְּסוּלִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ.
Rabbi Yehouda poursuit : De même que son accomplissement pendant la semaine, ainsi est son accomplissement pendant Chabbat, sauf que, le Chabbat, on ne puisait pas d’eau. Au contraire, la veille de Chabbat, on remplissait un tonneau d’or qui n’était pas consacré à un usage exclusif dans le Temple à la piscine de Siloé, et il le plaçait dans la chambre du Temple et y puisait de l’eau pendant Chabbat. Si l’eau du tonneau s’était renversée, ou si elle était restée découverte pendant la nuit, suscitant la crainte qu’un serpent ait pu déposer du venin dans l’eau, on remplissait la cruche avec de l’eau du bassin dans la cour du Temple, car le vin ou l’eau découverts sont impropres à l’autel. De même qu’il est interdit aux gens d’en boire en raison du danger potentiel, de même ils ne peuvent pas être versés sur l’autel.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב עֵינָא, דְּאָמַר קְרָא: ״וּשְׁאַבְתֶּם מַיִם בְּשָׂשׂוֹן וְגוֹ׳״.
GUEMARA : En ce qui concerne les coutumes accompagnant le puisage de l’eau, la Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? Rav Eina a dit que c’est comme l’énonce le verset : « Avec joie [sason] vous puiserez de l’eau aux sources du salut » (Isaïe 12:3), indiquant que l’eau devait être puisée à la source et que le rite devait être accompli dans une joie extrême.
הָנְהוּ תְּרֵי מִינֵי, חַד שְׁמֵיהּ שָׂשׂוֹן וְחַד שְׁמֵיהּ שִׂמְחָה. אֲמַר לֵיהּ שָׂשׂוֹן לְשִׂמְחָה: אֲנָא עֲדִיפְנָא מִינָּךְ, דִּכְתִיב: ״שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה יַשִּׂיגוּ וְגוֹ׳״. אֲמַר לֵיהּ שִׂמְחָה לְשָׂשׂוֹן: אֲנָא עֲדִיפְנָא מִינָּךְ, דִּכְתִיב: ״שִׂמְחָה וְשָׂשׂוֹן לַיְּהוּדִים״. אֲמַר לֵיהּ שָׂשׂוֹן לְשִׂמְחָה: חַד יוֹמָא שָׁבְקוּךְ וְשַׁוְּיוּךְ פַּרְוַונְקָא, דִּכְתִיב: ״כִּי בְשִׂמְחָה תֵצֵאוּ״. אֲמַר לֵיהּ שִׂמְחָה לְשָׂשׂוֹן: חַד יוֹמָא שָׁבְקוּךְ וּמָלוּ בָּךְ מַיָּא, דִּכְתִיב: ״וּשְׁאַבְתֶּם מַיִם בְּשָׂשׂוֹן״.
À propos de ce verset, la Guemara raconte : Il y avait ces deux hérétiques, l’un nommé Sason et l’autre nommé Simḥa. Sason dit à Simḥa : Je te suis supérieur, comme il est écrit : « Ils obtiendront la joie [sason] et l’allégresse [simḥa], et la tristesse et les soupirs s’enfuiront » (Isaïe 35:10). Le verset mentionne d’abord la joie. Simḥa dit à Sason, au contraire, je te suis supérieur, comme il est écrit : « Il y eut allégresse [simḥa] et joie [sason] pour les Juifs » (Esther 8:17). Sason dit à Simḥa : Un jour ils te renverront et feront de toi un messager [parvanka], comme il est écrit : « Car vous sortirez avec allégresse [simḥa] » (Isaïe 55:12). Simḥa dit à Sason : Un jour ils te renverront et puiseront de l’eau avec toi, comme il est écrit : « Avec joie [sason] vous puiserez de l’eau. »
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא דִּשְׁמֵיהּ שָׂשׂוֹן לְרַבִּי אֲבָהוּ: עֲתִידִיתוּ דִּתְמַלּוֹ לִי מַיִם לְעָלְמָא דְּאָתֵי, דִּכְתִיב: ״וּשְׁאַבְתֶּם מַיִם בְּשָׂשׂוֹן״, אֲמַר לֵיהּ: אִי הֲוָה כְּתִיב ״לְשָׂשׂוֹן״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״בְּשָׂשׂוֹן״ — מַשְׁכֵּיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא מְשַׁוֵּינַן לֵיהּ גּוֹדָא וּמָלֵינַן בֵּיהּ מַיָּא.
La Guemara rapporte un incident similaire : Un certain hérétique nommé Sason dit à Rabbi Abbahou : Vous tous êtes destinés à puiser de l’eau pour moi dans le Monde à venir, comme il est écrit : « Avec sason vous puiserez de l’eau. » Rabbi Abbahou lui dit : S’il avait été écrit : Pour sason, cela aurait été comme tu le dis ; maintenant qu’il est écrit : Avec sason, cela signifie que la peau de cet homme, toi, sera transformée en outre, et nous puiserons de l’eau avec elle.
עָלָה בַּכֶּבֶשׁ וּפָנָה לִשְׂמֹאלוֹ כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הָעוֹלִים לְמִזְבֵּחַ — עוֹלִין דֶּרֶךְ יָמִין וּמַקִּיפִין וְיוֹרְדִין דֶּרֶךְ שְׂמֹאל. חוּץ מִן הָעוֹלֶה לִשְׁלֹשָׁה דְּבָרִים הַלָּלוּ, שֶׁעוֹלִין דֶּרֶךְ שְׂמֹאל וְחוֹזְרִין עַל הֶעָקֵב. וְאֵלּוּ הֵן: נִיסּוּךְ הַמַּיִם, וְנִיסּוּךְ הַיַּיִן, וְעוֹלַת הָעוֹף כְּשֶׁרָבְתָה בַּמִּזְרָח.
§ La michna continue : Le prêtre monta la rampe de l’autel et tourna à sa gauche. Les Sages ont enseigné : Tous ceux qui montent à l’autel montent et tournent par la droite, et font le tour de l’autel, et descendent par la gauche. C’est le cas sauf pour celui qui monte afin d’accomplir l’une de ces trois tâches, car ceux qui accomplissent ces tâches montent par la gauche, puis pivotent sur leur talon et reviennent dans la direction d’où ils sont venus. Et ces tâches sont : la libation d’eau, et la libation de vin, et l’oiseau sacrifié en holocauste lorsqu’il y avait trop de prêtres occupés au sacrifice de ces holocaustes à l’endroit préféré à l’est de l’autel. Lorsque c’était le cas, des prêtres supplémentaires occupés à sacrifier la même offrande pinçaient le cou de l’oiseau à l’ouest de l’autel.
אֶלָּא, שֶׁהָיוּ מַשְׁחִירִין. בִּשְׁלָמָא דְּיַיִן מַשְׁחִיר, דְּמַיָּא אַמַּאי מַשְׁחִיר? כֵּיוָן דְּאָמַר מָר: עֵירָה שֶׁל מַיִם לְתוֹךְ שֶׁל יַיִן, וְשֶׁל יַיִן לְתוֹךְ שֶׁל מַיִם יָצָא — שֶׁל מַיִם אָתֵי לְאַשְׁחוֹרֵי.
La michna continue : Rabbi Yehouda a dit que c’étaient des bassins en calcaire, et non en argent, mais ils noircissaient à cause du vin. La Guemara demande : Soit, le bassin pour le vin noircissait à cause du vin ; cependant, pourquoi le bassin pour l’eau noircissait-il ? La Guemara répond : Puisque le Maître a dit dans la michna : Cependant, si quelqu’un a par inadvertance versé le contenu du bassin d’eau dans le bassin de vin ou le contenu du bassin de vin dans le bassin d’eau, il s’est acquitté de son obligation. Alors même le bassin pour l’eau finirait aussi par noircir avec le temps.
וּמְנוּקָּבִים כְּמִין שְׁנֵי חוֹטָמִין וְכוּ׳. לֵימָא מַתְנִיתִין רַבִּי יְהוּדָה הִיא וְלָא רַבָּנַן, דִּתְנַן: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּלּוֹג הָיָה מְנַסֵּךְ כׇּל שְׁמוֹנָה. דְּאִי רַבָּנַן, — כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ!
§ La michna continue : Et les deux bassins étaient percés en bas de deux fines saillies percées, semblables à des nez, l’une large et l’autre étroite. La Guemara demande : Disons que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda et non à celle des Sages, comme nous l’avons appris dans la michna où Rabbi Yehouda dit : On versait l’eau avec un récipient d’une capacité de un log pendant les huit jours de la fête, contrairement à la libation de vin, pour laquelle on utilisait un bassin de trois log. Selon son opinion, il y a une différence entre la capacité du récipient du vin et celle du récipient de l’eau ; il est donc clair pourquoi l’ouverture du récipient du vin était plus large. Car, si la michna est conforme à l’opinion des Sages, elles sont identiques à la capacité du bassin d’eau, soit trois log. Pourquoi, dès lors, y avait-il des ouvertures de tailles différentes ?
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן: חַמְרָא סְמִיךְ, מַיָּא קְלִישׁ.
La Guemara répond : Même si vous dites que la michna est conforme à l’opinion des Sages, la raison des ouvertures de tailles différentes est que le vin est épais et l’eau est fluide, et par conséquent le vin s’écoule plus lentement que l’eau. Afin de garantir que la vidange des deux bassins s’achève simultanément, le bassin du vin nécessitait une ouverture plus large.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי רַבִּי יְהוּדָה — ״רָחָב״ וְ״קָצָר״ אִית לֵיהּ. דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁנֵי קַשְׂווֹאוֹת הָיוּ שָׁם, אֶחָד שֶׁל מַיִם וְאֶחָד שֶׁל יַיִן. שֶׁל יַיִן — פִּיהָ רָחָב, שֶׁל מַיִם — פִּיהָ קָצָר, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ שְׁנֵיהֶם כָּלִין בְּבַת אַחַת, שְׁמַע מִינַּהּ.
Ainsi aussi, il est raisonnable d’établir que la michna est conforme à l’opinion des Sages, car, si elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, contrairement à la description des deux ouvertures dans la michna comme large et fine, ailleurs il est d’avis que les ouvertures sont large et étroite, comme cela a été enseigné dans une baraita où Rabbi Yehouda dit : Il y avait là deux petits conduits, l’un pour l’eau et l’autre pour le vin. L’embouchure du conduit du vin était large et l’embouchure du conduit de l’eau était étroite, afin que la vidange des deux bassins s’achève simultanément. L’écart entre large et étroite est plus grand que l’écart entre large et fine, facilitant ainsi la vidange simultanée des bassins de trois log et d’un log selon Rabbi Yehouda. La Guemara conclut : En effet, apprends-en que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda.
מַעֲרָבוֹ שֶׁל מַיִם. תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי אֶחָד שֶׁנִּיסֵּךְ עַל גַּבֵּי רַגְלָיו, וּרְגָמוּהוּ כׇּל הָעָם בְּאֶתְרוֹגֵיהֶן. וְאוֹתוֹ הַיּוֹם נִפְגְּמָה קֶרֶן הַמִּזְבֵּחַ, וְהֵבִיאוּ בּוּל שֶׁל מֶלַח וּסְתָמוּהוּ. לֹא מִפְּנֵי שֶׁהוּכְשַׁר לַעֲבוֹדָה, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁלֹּא יֵרָאֶה מִזְבֵּחַ פָּגוּם.
§ La michna continue : le bassin à l’ouest de l’autel était pour l’eau, et le bassin à l’est de l’autel était pour le vin, et l’on disait à celui qui versait l’eau de lever la main. Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident impliquant un sadducéen, prêtre, qui versa l’eau sur ses pieds, et, dans leur colère, tout le peuple le bombarda avec ses etrogim. Et ce jour-là, la corne de l’autel fut endommagée à la suite de ce bombardement et du chaos qui s’ensuivit. Ils apportèrent une poignée de sel et scellèrent la partie endommagée, non parce que cela rendait l’autel apte au service du Temple , mais par égard pour l’autel, afin que l’autel ne soit pas vu dans son état endommagé.