לְבָרוֹכֵי. לְמַאן דְּאָמַר שְׁבִיעִי לְסוּכָּה — בָּרוֹכֵי נָמֵי מְבָרְכִינַן, לְמַאן דְּאָמַר שְׁמִינִי לָזֶה וְלָזֶה — בָּרוֹכֵי לָא מְבָרְכִינַן. אָמַר רַב יוֹסֵף: נְקוֹט דְּרַבִּי יוֹחָנָן בְּיָדְךָ, דְּרַב הוּנָא בַּר בִּיזְנָא וְכׇל גְּדוֹלֵי הַדּוֹר אִיקְּלַעוּ בְּסוּכָּה בִּשְׁמִינִי סְפֵק שְׁבִיעִי. מֵיתַב הֲווֹ יָתְבִי, בָּרוֹכֵי לָא בָּרִיכוּ.
en ce qui concerne la question de réciter la bénédiction sur le fait de résider dans la sukka. Selon celui qui dit que le statut du huitième jour est comme celui du septième jour en ce qui concerne la mitsva de sukka, nous récitons également la bénédiction : Résider dans la sukka. Cependant, selon celui qui dit que son statut est comme celui du huitième jour tant en ce qui concerne ceci que cela, nous ne récitons pas la bénédiction. Rav Yosef dit : Prends la déclaration de Rabbi Yoḥanan selon laquelle, le huitième jour hors d’Eretz Yisrael, on ne récite pas la bénédiction : Résider dans la sukka, dans ta main, c’est-à-dire adopte-la comme ta pratique. Car Rav Huna bar Bizna et tous les éminents sages de la génération se trouvèrent visiter une sukka le huitième jour, au sujet duquel il y avait une incertitude quant au fait qu’il puisse être le septième jour, et ils étaient assis dans la sukka, mais ils ne récitèrent pas la bénédiction.
וְדִלְמָא סְבִירָא לְהוּ כְּמַאן דְּאָמַר: כֵּיוָן שֶׁבֵּירַךְ יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן שׁוּב אֵינוֹ מְבָרֵךְ? גְּמִירִי דְּמֵאֲפָר אֲתוֹ.
La Guemara suggère : Et peut-être que la raison pour laquelle ils n’ont pas récité de bénédiction est qu’ils tiennent conformément à l’opinion de celui qui a dit : Une fois qu’il a récité la bénédiction le premier jour de la Fête, il ne la récite pas de nouveau les jours suivants, et non parce que c’était le huitième jour. La Guemara répond : Ce n’est pas la raison pour laquelle ils n’ont pas récité la bénédiction, car les Sages ont appris par tradition que ces Sages venaient des champs, où ils gardaient leurs troupeaux, et c’était la première fois pendant la Fête qu’ils s’asseyaient dans une soukka.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: בָּרוֹכֵי — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּלָא מְבָרְכִינַן. כִּי פְּלִיגִי, לְמֵיתַב. לְמַאן דְּאָמַר שִׁבְעָה לְסוּכָּה — מֵיתַב יָתְבִינַן, וּלְמַאן דְּאָמַר שְׁמִינִי לָזֶה וְלָזֶה — מֵיתַב נָמֵי לָא יָתְבִינַן. אָמַר רַב יוֹסֵף: נְקוֹט דְּרַבִּי יוֹחָנָן בִּידָךְ, דְּמָרָא דִשְׁמַעְתָּא מַנִּי — רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת, וּבִשְׁמִינִי סְפֵק שְׁבִיעִי לְבַר מִסּוּכָּה יָתֵיב. וְהִלְכְתָא: מֵיתַב יָתְבִינַן, בָּרוֹכֵי לָא מְבָרְכִינַן.
Certains disent une version différente du différend : Tout le monde est d’accord pour dire que nous ne récitons pas la bénédiction ; lorsqu’ils sont en désaccord, c’est au sujet de savoir s’il faut résider dans la soukka. Selon celui qui dit que le statut du huitième jour est comme celui du septième jour en ce qui concerne la mitsva de soukka, nous résidons dans la soukka. Cependant, selon celui qui dit que son statut est comme celui du huitième jour tant en ce qui concerne ceci que cela, nous ne résidons pas dans la soukka. Rav Yossef dit : Prends la déclaration de Rabbi Yoḥanan en main, car qui est le Maître chargé de la transmission de la halakha ? C’est Rav Yehouda, fils de Rav Shmouel bar Sheilat, et le huitième jour, au sujet duquel il y a incertitude qu’il puisse être le septième jour, lui-même réside hors de la soukka. La Guemara conclut : Et la halakha est que nous résidons dans la soukka le huitième jour, au sujet duquel il y a incertitude qu’il puisse être le septième jour, mais nous ne récitons pas la bénédiction.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹמְרִים זְמַן בִּשְׁמִינִי שֶׁל חַג, וְאֵין אוֹמְרִים זְמַן בִּשְׁבִיעִי שֶׁל פֶּסַח.
§ Rabbi Yoḥanan a dit que l’on récite la bénédiction : Celui qui nous a donné la vie, nous a soutenus et nous a fait parvenir à ce moment, le huitième jour de la Fête, car le huitième jour est une Fête distincte de Soukkot, et l’on ne récite pas la bénédiction du temps le septième jour de Pessaḥ parce que ce n’est pas une Fête distincte de Pessaḥ.
וְאָמַר רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: תֵּדַע, שֶׁהֲרֵי חָלוּק בִּשְׁלֹשָׁה דְּבָרִים: בְּסוּכָּה, וְלוּלָב, וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם. וּלְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: בַּלּוֹג הָיָה מְנַסֵּךְ כׇּל שְׁמוֹנָה, הֲרֵי חָלוּק בִּשְׁנֵי דְּבָרִים.
Et Rabbi Levi bar Ḥama a dit, et certains disent que c’était Rabbi Ḥama bar Ḥanina qui l’a dit : Sache que le huitième jour de Souccot est une Fête en soi et requiert donc sa propre bénédiction, car il se distingue des sept jours de Souccot à trois égards : En ce qui concerne la soucca, on n’est pas tenu de s’asseoir dans la soucca le huitième jour ; et en ce qui concerne le loulav, on n’est pas tenu de prendre les quatre espèces le huitième jour ; et en ce qui concerne la libation d’eau, on ne verse pas la libation d’eau sur l’autel le huitième jour. La Guemara note : Et selon Rabbi Yehuda, qui a dit : Avec un récipient d’une contenance de un log le prêtre verse la libation d’eau pendant les huit jours, y compris le huitième jour, le huitième jour est néanmoins distinct du reste de la Fête en ce qui concerne les deux autres points.
אִי הָכִי, שְׁבִיעִי שֶׁל פֶּסַח נָמֵי: הֲרֵי חָלוּק בַּאֲכִילַת מַצָּה! דְּאָמַר מָר: לַיְלָה רִאשׁוֹנָה — חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת. הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם — מִלַּיְלָה חָלוּק, מִיּוֹם אֵינוֹ חָלוּק. הָכָא — אֲפִילּוּ מִיּוֹם נָמֵי חָלוּק.
La Guemara demande : Si tel est le cas, le septième jour de Pessa'h devrait lui aussi être considéré comme distinct également, puisqu’il est distinct du premier jour en ce qui concerne l’obligation de manger de la matza, comme le Maître l’a dit : Lors de la première nuit de Pessa'h, c’est une obligation de manger de la matza. À partir de ce moment, cela est facultatif ; si l’on veut, on mange de la matza, et si l’on choisit de ne pas en manger, on n’y est pas tenu, à condition de ne pas manger d’aliments levés. La Guemara rétorque : Comment peut-on comparer ces cas ? Là-bas, dans le cas de Pessa'h, la halakha du septième jour est distincte de la première nuit ; cependant, elle n’est pas distincte du premier jour, car le premier jour il n’y a pas d’obligation de manger de la matza. Ici, dans le cas de Soukkot, le huitième jour de la fête est distinct même du premier jour.
רָבִינָא אָמַר: זֶה חָלוּק מִשֶּׁלְּפָנָיו, וְזֶה חָלוּק מִשֶּׁלִּפְנֵי פָנָיו.
Ravina a dit une raison différente pour la distinction entre les deux Fêtes : Ceci, le huitième jour de Souccot, est distinct du point de vue de ses halakhot, même du jour immédiatement précédent, le septième jour. Cependant, cela, le septième jour de Pessa'h, est distinct du point de vue de ses halakhot, seulement d'un jour antérieur au jour précédent, c’est-à-dire seulement du premier jour. Il n’y a aucune distinction entre le sixième et le septième jours.
(אָמַר רַב פָּפָּא): הָכָא כְּתִיב ״פַּר״, הָתָם כְּתִיב ״פָּרִים״.
Rav Pappa a dit une autre raison pour laquelle le huitième jour de Souccot est considéré comme une fête distincte. Ici, au sujet de l’offrande additionnelle sacrifiée le Huitième Jour d’Assemblée, il est écrit : « Vous présenterez un holocauste, une offrande consumée par le feu, d’une odeur agréable à l’Éternel : un taureau » (Nombres 29:36). Là-bas, au sujet de l’offrande additionnelle sacrifiée le premier jour de Souccot, il est écrit : « Vous présenterez un holocauste, une offrande consumée par le feu, d’une odeur agréable à l’Éternel : treize taureaux » (Nombres 29:13), et chaque jour suivant, on sacrifie un taureau de moins : douze le deuxième jour, onze le troisième jour, et ainsi de suite, jusqu’à ce que sept soient sacrifiés le septième jour. Si le huitième jour faisait partie de la fête de Souccot, l’offrande additionnelle de ce jour aurait dû comprendre six taureaux. Le fait qu’elle ne comprenne qu’un seul taureau indique qu’il s’agit d’une fête distincte.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר, הָכָא כְּתִיב: ״בַּיּוֹם״, הָתָם כְּתִיב: ״וּבַיּוֹם״.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Ici, il est écrit : « Le huitième jour vous aurez une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune sorte de travail servile » (Nombres 29:35). Cela indique que ce jour est distinct des autres, car là-bas, au sujet des autres jours de Souccot, il est écrit : Et le jour, indiquant que chacun des jours du deuxième au septième est une continuation du premier jour.
רַב אָשֵׁי אָמַר, הָכָא כְּתִיב: ״כַּמִּשְׁפָּט״, הָתָם כְּתִיב: ״כְּמִשְׁפָּטָם״.
Rav Ashi a dit : Ici, au sujet du huitième jour, il est écrit : « Leur offrande de farine et leurs libations, pour le taureau, pour le bélier et pour les agneaux, seront selon leur nombre, selon la règle » (Nombres 29:37). Cependant, là-bas, au sujet du septième jour, il est écrit : « Et leur offrande de farine et leurs libations, pour les taureaux, et pour les béliers, et pour les agneaux, selon leur nombre, selon leur règle » (Nombres 29:33). La Guemara comprend l’emploi du pronom au pluriel : leur, comme indiquant que les offrandes sacrifiées pendant les sept jours sont liées entre elles.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפָּרִים הָאֵילִים וְהַכְּבָשִׂים, מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה. וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: פָּרִים אֵין מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה, שֶׁהֲרֵי מִתְמַעֲטִין וְהוֹלְכִין.
La Guemara demande : Disons que ce qui suit appuie l’opinion de Rabbi Yoḥanan selon laquelle on récite la bénédiction du temps le huitième jour. Le fait de ne pas apporter les taureaux, ou les béliers, ou les brebis pendant la fête empêche l’accomplissement de son obligation avec les autres animaux, car ils sont considérés comme une seule offrande. Rabbi Yehuda dit : Le fait de ne pas apporter les taureaux n’empêche pas l’accomplissement de son obligation avec les autres animaux, puisqu’ils diminuent progressivement chaque jour. La Torah fait preuve de souplesse à l’égard des taureaux. Par conséquent, apparemment, même s’ils ne sont pas apportés du tout, on s’acquitte de son obligation avec les autres.
אָמְרוּ לוֹ: וַהֲלֹא כּוּלָּן מִתְמַעֲטִין וְהוֹלְכִין בַּשְּׁמִינִי! אָמַר לָהֶן: שְׁמִינִי רֶגֶל בִּפְנֵי עַצְמוֹ הוּא. שֶׁכְּשֵׁם שֶׁשִּׁבְעַת יְמֵי הַחַג טְעוּנִין קׇרְבָּן וְשִׁיר וּבְרָכָה וְלִינָה, אַף שְׁמִינִי טָעוּן קׇרְבָּן וְשִׁיר וּבְרָכָה וְלִינָה.
Les Sages dirent à Rabbi Yehouda : Mais les nombres de tous les animaux ne finissent-ils pas par diminuer le huitième jour, puisque les autres jours on sacrifie deux béliers et quatorze brebis, et le huitième jour un bélier et sept brebis ? Rabbi Yehouda leur dit : Le Huitième Jour d’Assemblée est une Fête en soi. De même que les sept jours de la fête de Souccot requièrent une offrande, et un chant chanté par les Lévites, et une bénédiction propre à la fête de Souccot, et il y a une mitsva de passer la nuit à Jérusalem après le premier jour de fête, de même le huitième jour requiert une offrande, et un chant chanté par les Lévites, et une bénédiction propre au Huitième Jour d’Assemblée, et il y a une mitsva de passer la nuit à Jérusalem à son terme.