״אִסְרוּ חַג בַּעֲבוֹתִים עַד קַרְנוֹת הַמִּזְבֵּחַ״. אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, וְרַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן הַמָּחוֹזִי מִשּׁוּם רַבִּי יוֹחָנָן הַמָּכוֹתִי: כׇּל הָעוֹשֶׂה אִיסּוּר לֶחָג בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ בָּנָה מִזְבֵּחַ וְהִקְרִיב עָלָיו קׇרְבָּן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִסְרוּ חַג בַּעֲבוֹתִים עַד קַרְנוֹת הַמִּזְבֵּחַ״.
« Attachez [isru] avec des branches au feuillage dense [ba’avotim] pendant la Fête jusqu’aux cornes de l’autel » (Psaumes 118:27), ce qui fait allusion à la fois à la ligature du lulav et à la branche de myrte, appelée dans la Torah la branche d’un arbre au feuillage dense [anaf etz avot]. Rabbi Yirmeya a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai, et Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon HaMeḥozi, qui a dit au nom de Rabbi Yoḥanan HaMakkoti : En ce qui concerne quiconque ajoute un supplément [issur] à la Fête le jour suivant la Fête en mangeant et en buvant, le verset lui attribue un mérite comme s’il avait construit un autel et y avait offert un sacrifice, comme il est dit : « Ajoutez [isru] à la Fête avec des animaux engraissés [ba’avotim] jusqu’aux cornes de l’autel. »
אָמַר חִזְקִיָּה אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: כׇּל הַמִּצְוֹת כּוּלָּן אֵין אָדָם יוֹצֵא בָּהֶן אֶלָּא דֶּרֶךְ גְּדִילָתָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים״.
§ À propos de la halakha citée par Rabbi Yirmeya au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai, la Guemara cite des halakhot supplémentaires. Ḥizkiya a dit que Rabbi Yirmeya a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : En ce qui concerne tous les objets utilisés dans l’accomplissement de chacune et de toutes les mitzvot, une personne ne s’acquitte de son obligation que lorsque les objets sont placés dans le sens de leur croissance. Il faut prendre le lulav avec la base de la branche tournée vers le bas, comme il est dit au sujet des poutres du Tabernacle : « Bois d’acacia, debout » (Exode 26:15), indiquant que les poutres se tenaient dans le sens de leur croissance.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים״ — שֶׁעוֹמְדִים דֶּרֶךְ גְּדִילָתָן. דָּבָר אַחֵר: ״עוֹמְדִים״ — שֶׁמַּעֲמִידִין אֶת צִיפּוּיָן. דָּבָר אַחֵר: ״עוֹמְדִים״ — שֶׁמָּא תֹּאמַר אָבַד סִיבְרָם וּבָטַל סִיכּוּיָין, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים״ — שֶׁעוֹמְדִים לְעוֹלָם וּלְעוֹלְמֵי עוֹלָמִים.
Cela aussi a été enseigné dans une baraita : « Bois d’acacia, debout, » indiquant qu’ils se tiennent debout dans le Tabernacle selon leur mode de croissance dans la nature. Autrement, debout signifie que les poutres soutiennent leur placage d’or, fixé aux poutres avec des clous. Autrement, debout enseigne : De peur que tu ne dises qu’après la destruction du Tabernacle leur espoir est perdu et leur avenir est aboli, et qu’ils ne serviront plus jamais à une fin sacrée, c’est pourquoi le verset déclare : « Bois d’acacia, debout, » signifiant qu’ils demeurent pour toujours et à jamais et qu’ils seront encore révélés et utilisés de nouveau.
וְאָמַר חִזְקִיָּה אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: יָכוֹל אֲנִי לִפְטוֹר אֶת כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מִן הַדִּין — מִיּוֹם שֶׁנִּבְרֵאתִי עַד עַתָּה, וְאִילְמָלֵי אֱלִיעֶזֶר בְּנִי עִמִּי — מִיּוֹם שֶׁנִּבְרָא הָעוֹלָם וְעַד עַכְשָׁיו, וְאִילְמָלֵי יוֹתָם בֶּן עוּזִּיָּהוּ עִמָּנוּ — מִיּוֹם שֶׁנִּבְרָא הָעוֹלָם עַד סוֹפוֹ.
Et Ḥizkiya dit que Rabbi Yirmeya a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Je suis capable d’absoudre le monde entier du jugement pour les péchés commis depuis le jour où j’ai été créé jusqu’à maintenant. Le mérite qu’il a accumulé par sa justice et les souffrances qu’il a endurées expient les péchés du monde entier. Et si le mérite accumulé par Eliezer, mon fils, était compté avec le mien, nous absoudrions le monde du jugement pour les péchés commis depuis le jour où le monde a été créé jusqu’à maintenant. Et si le mérite accumulé par le roi juste, Yotam ben Ouzziya, était compté avec le nôtre, nous absoudrions le monde du jugement pour les péchés commis depuis le jour où le monde a été créé jusqu’à sa fin. La justice de ces trois-là sert de contrepoids à toutes les mauvaises actions commises au fil des générations, et elle valide l’existence continue du monde.
וְאָמַר חִזְקִיָּה אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: רָאִיתִי בְּנֵי עֲלִיָּיה וְהֵן מוּעָטִין. אִם אֶלֶף הֵן — אֲנִי וּבְנִי מֵהֶן, אִם מֵאָה הֵם — אֲנִי וּבְנִי מֵהֶן, אִם שְׁנַיִם הֵן — אֲנִי וּבְנִי הֵן. וּמִי זוּטְרֵי כּוּלֵּי הַאי? וְהָא אָמַר רָבָא: תַּמְנֵי סְרֵי אַלְפֵי הָוֵה דָּרָא דְּקַמֵּיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סָבִיב שְׁמֹנָה עָשָׂר אָלֶף״! לָא קַשְׁיָא: הָא דְּמִסְתַּכְּלִי בְּאַסְפַּקְלַרְיָא הַמְּאִירָה, הָא דְּלָא מִסְתַּכְּלִי בְּאַסְפַּקְלַרְיָא הַמְּאִירָה.
Et Ḥizkiya dit que Rabbi Yirmeya a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : J’ai vu des membres de la catégorie des spirituellement éminents, qui sont véritablement justes, et ils sont peu nombreux. S’ils sont au nombre de mille, mon fils et moi sommes parmi eux. S’ils sont au nombre de cent, mon fils et moi sommes parmi eux ; et s’ils sont au nombre de deux, mon fils et moi sommes eux. La Guemara demande : Sont-ils si peu nombreux ? Mais Rava n’a-t-il pas dit : Il y a dix-huit mille justes alignés devant le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Tout autour, dix-huit mille » (Ézéchiel 48:35) ? Apparemment, les justes sont nombreux. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette déclaration de Rabbi Shimon ben Yoḥai fait référence au très petit nombre qui contemplent la Présence divine à travers une cloison lumineuse, semblable à un miroir, tandis que cette autre déclaration de Rava fait référence à ceux qui ne contemplent pas la Présence divine à travers une cloison lumineuse.
וּדְמִסְתַּכְּלִי בְּאַסְפַּקְלַרְיָא הַמְּאִירָה, מִי זוּטְרֵי כּוּלֵּי הַאי? וְהָא אָמַר אַבָּיֵי: לָא פָּחֵית עָלְמָא מִתְּלָתִין וְשִׁיתָּא צַדִּיקֵי דִּמְקַבְּלִי אַפֵּי שְׁכִינָה בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי כׇּל חוֹכֵי לוֹ״, ״לוֹ״ בְּגִימַטְרִיָּא תְּלָתִין וְשִׁיתָּא הָווּ! לָא קַשְׁיָא: הָא דְּעָיְילִי בְּבַר, הָא דְּעָיְילִי בְּלָא בַּר.
La Guemara demande en outre : Et sont-ils si peu nombreux, ceux qui contemplent la Présence divine à travers une cloison lumineuse ? Mais Abaye n’a-t-il pas dit : Le monde compte au moins trente-six justes dans chaque génération qui saluent la Présence divine chaque jour, comme il est dit : « Heureux tous ceux qui L’attendent [lo] » (Isaïe 30:18) ? La valeur numérologique de lo, écrit lamed vav, est de trente-six, ce qui fait allusion au fait qu’il y a au moins trente-six justes accomplis dans chaque génération. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette déclaration d’Abaye fait référence à ceux qui entrent pour saluer la Présence divine en demandant et en obtenant la permission, tandis que cette autre déclaration de Rabbi Shimon ben Yoḥai fait référence à ceux qui entrent même sans demander la permission, pour qui les portes du Ciel sont ouvertes à tout moment. Ceux-là sont en effet très peu nombreux.
בִּשְׁעַת פְּטִירָתָן מָה הֵן אוֹמְרִים וְכוּ׳. וְהָא קָא מִשְׁתַּתַּף שֵׁם שָׁמַיִם וְדָבָר אַחֵר, וְתַנְיָא: כׇּל הַמְשַׁתֵּף שֵׁם שָׁמַיִם וְדָבָר אַחֵר נֶעֱקָר מִן הָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בִּלְתִּי לַה׳ לְבַדּוֹ״! הָכִי קָאָמַר: לְיָהּ אֲנַחְנוּ מוֹדִים, וְלָךְ אָנוּ מְשַׁבְּחִין. לְיָהּ אֲנַחְנוּ מוֹדִים, וְלָךְ אָנוּ מְקַלְּסִין.
§ La michna demande : Au moment de leur départ à la fin de la fête, que disaient-ils ? La michna répond qu’ils louaient l’autel et glorifiaient Dieu. La Guemara conteste cela : Mais, ce faisant, n’associent-ils pas le nom du Ciel et une autre entité, et n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Quiconque associe le nom du Ciel et une autre entité est retranché du monde, comme il est dit : « Celui qui sacrifie aux dieux, sauf au Seigneur seul, sera voué à la destruction » (Exode 22:19) ? La Guemara répond que voici ce que le peuple dit lorsqu’il quitte le Temple : Au Seigneur, nous reconnaissons qu’Il est notre Dieu, et à toi, autel, nous donnons louange ; au Seigneur, nous reconnaissons qu’Il est notre Dieu, et à toi, autel, nous donnons acclamation. La louange à Dieu et la louange à l’autel sont clairement distinctes.
כְּמַעֲשֵׂהוּ בַּחוֹל. אָמַר רַב הוּנָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה, דִּכְתִיב: ״כַּפּוֹת״, שְׁנַיִם: אַחַת לַלּוּלָב וְאַחַת לְמִזְבֵּחַ. וְרַבָּנַן אָמְרִי: ״כַּפַּת״ כְּתִיב.
§ La michna continue : De la même manière que son accomplissement en semaine, ainsi est son accomplissement le Chabbat. Et selon Rabbi Yoḥanan ben Beroka, le septième jour de la fête, on apportait des branches de palmier au Temple. Rav Houna a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Beroka ? C’est comme il est écrit : « Vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit d’un bel arbre, des branches de palmier dattier » (Lévitique 23:40). « Branches » au pluriel indique que deux branches doivent être prises, une pour le loulav et une pour être placée autour de l’autel. Et les Sages disent : Bien que le mot soit vocalisé au pluriel, selon la tradition il est écrit kappot, sans la lettre vav. Par conséquent, on l’interprète comme s’il était écrit kappat, indiquant qu’une seule branche de palmier doit être prise.
רַבִּי לֵוִי אוֹמֵר, כְּתָמָר: מָה תָּמָר זֶה אֵין לוֹ אֶלָּא לֵב אֶחָד, אַף יִשְׂרָאֵל אֵין לָהֶם אֶלָּא לֵב אֶחָד לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
Rabbi Levi dit : La justification de l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Beroka ne repose pas sur un verset. C’est plutôt une coutume qui s’est développée pour exprimer la louange du peuple juif, en le comparant à un palmier-dattier. De même que le palmier-dattier n’a qu’un seul cœur, car les branches ne poussent pas de son tronc ; au contraire, le tronc s’élève et les branches n’apparaissent qu’au sommet, de même le peuple juif n’a qu’un seul cœur tourné vers son Père dans les Cieux.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לוּלָב שִׁבְעָה, וְסוּכָּה יוֹם אֶחָד. מַאי טַעְמָא? לוּלָב דְּמַפְסְקִי לֵילוֹת מִיָּמִים, כׇּל יוֹמָא מִצְוָה בְּאַפֵּיהּ נַפְשֵׁיהּ הוּא. סוּכָּה דְּלָא מַפְסְקִי לֵילוֹת מִיָּמִים, כּוּלְּהוּ שִׁבְעָה כְּחַד יוֹמָא אֲרִיכָא דָּמוּ.
§ Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : La bénédiction sur la mitsva de loulav est récitée pendant sept jours, et la bénédiction sur la mitsva de soukka est récitée pendant un jour. Quelle est la raison de cette distinction ? Il est écrit explicitement dans la Torah que la mitsva de s’asseoir dans la soukka s’applique pendant les sept jours. La Guemara explique : En ce qui concerne le loulav, où les nuits sont distinctes des jours, puisque la mitsva de loulav n’est pas en vigueur la nuit, chaque jour constitue une mitsva en soi. Une bénédiction distincte est récitée pour chaque mitsva. Cependant, en ce qui concerne la soukka, où les nuits ne sont pas distinctes des jours, puisque la mitsva de soukka est en vigueur la nuit tout comme pendant le jour, le statut juridique de l’ensemble des sept jours de la fête est comme celui d’un seul long jour.
וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: סוּכָּה שִׁבְעָה, וְלוּלָב יוֹם אֶחָד. מַאי טַעְמָא? סוּכָּה דְּאוֹרָיְיתָא — שִׁבְעָה, לוּלָב דְּרַבָּנַן — סַגִּי לֵיהּ בְּחַד יוֹמָא.
Mais Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La bénédiction sur la mitsva de sukka est récitée pendant sept jours, et la bénédiction sur la mitsva de lulav est récitée un jour. Quelle est la raison de cette distinction ? La Guemara explique : La mitsva de sukka est une mitsva selon la loi de la Torah pendant les sept jours de la fête. Par conséquent, une bénédiction est récitée pendant sept jours. Cependant, la mitsva de lulav, à l’exception du premier jour, est une mitsva selon la loi rabbinique, car les Sages ont institué une ordonnance de prendre le lulav pendant les sept jours en souvenir de la pratique au Temple. Par conséquent, il suffit de réciter la bénédiction un jour, le premier jour.
כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה שִׁבְעָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: נְקוֹט דְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה בִּידָךְ, דְּכוּלְּהוּ אָמוֹרָאֵי קָיְימִי כְּווֹתֵיהּ בְּסוּכָּה.
Lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan a dit : On récite une bénédiction sur les deux, cette mitsva de sukka, et cette mitsva de lulav, pendant les sept jours. Rav Yosef dit : Prends la déclaration de Rabba bar bar Ḥana en main, car tous les amora’im qui ont transmis les déclarations de Rabbi Yoḥanan maintiennent conformément à son opinion dans les questions liées à la sukka.
מֵיתִיבִי:
La Guemara soulève une objection sur la base d’une baraita :