מִטָּה מְטַמֵּאת חֲבִילָה וּמְטַהֶרֶת חֲבִילָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְטַמֵּאת אֵבָרִים וּמְטַהֶרֶת אֵבָרִים. מַאי נִיהוּ? אָמַר רַבִּי חָנָן אָמַר רַבִּי: אֲרוּכָּה וּשְׁתֵּי כְרָעַיִם, קְצָרָה וּשְׁתֵּי כְרָעַיִם.
Un lit devient rituellement impur en tant qu’entité complète s’il entre en contact avec une source d’impureté. Et il devient rituellement pur en tant qu’unique entité par immersion et, dans le cas d’une impureté transmise par un cadavre, par aspersion et immersion. Cependant, il ne peut devenir ni impur ni pur lorsqu’il est démonté. Telle est la déclaration de Rabbi Eliezer. Les Sages disent : Il devient rituellement impur même lorsqu’il est démonté en ses parties constitutives et, de même, il devient rituellement pur même lorsqu’il est démonté en ses parties. La Guemara demande : Si le lit se brise en parties qui ne servent à rien, il est pur ; quelles sont ces parties constitutives mentionnées par les Sages ? Rabbi Ḥanan a dit que Rabbi Yehuda HaNasi a dit : Les parties constitutives sont une longue planche et deux pieds qui y sont attachés et une courte planche et deux pieds qui y sont attachés.
לְמַאי חַזְיָא? לְמִסְמְכִינְהוּ אַגּוּדָּא וּלְמֵיתַב עֲלַיְיהוּ וּמִשְׁדֵּא אַשְׁלֵי.
La Guemara demande : Et à quelle fin ces parties sont-elles adaptées ; quelle fonction leur confère le statut d’ustensiles ? La Guemara répond : Il est possible de les appuyer contre le mur et de s’asseoir dessus, après avoir placé des planches sur le dessus et mis des cordes dans le sens de la longueur et de la largeur. Les planches du lit peuvent ainsi être utilisées pour s’asseoir ou s’allonger dessus ; par conséquent, elles sont considérées comme des ustensiles.
גּוּפָא, אָמַר רַבִּי אַמֵּי בַּר טַבְיוֹמֵי: סִכְּכָהּ בִּבְלָאֵי כֵלִים פְּסוּלָה. מַאי בְּלָאֵי כֵלִים? אָמַר אַבָּיֵי: מַטְלָנִיּוֹת שֶׁאֵין בָּהֶם שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ, דְּלָא חַזְיָין לֹא לַעֲנִיִּים וְלֹא לַעֲשִׁירִים.
§ La Guemara revient pour discuter de la question elle-même citée plus haut. Rabbi Ami bar Tavyomei a dit : Si l’on a couvert la souccaavec des ustensiles usés, incomplets, la soucca est invalide. La Guemara demande : Que sont ces ustensiles usés ? Abaye a dit : Ce sont de petits morceaux de tissu qui n’ont pas une surface de trois sur trois téfaḥim, lesquels, en raison de leur taille, ne conviennent à l’usage ni des pauvres ni des riches.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי בַּר טַבְיוֹמֵי: מַחְצֶלֶת שֶׁל שִׁיפָא וְשֶׁל גֶּמִי, שְׁיָרֶיהָ, אַף עַל פִּי שֶׁנִּפְחֲתוּ מִכְּשִׁיעוּרָהּ — אֵין מְסַכְּכִין בָּהֶן.
Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rabbi Ami bar Tavyomei : Dans le cas d’une natte faite de différents types de végétation, par exemple du papyrus et de l’herbe de roseau, bien que ses restes aient été réduits en dessous de la mesure requise pour contracter l’impureté rituelle, on ne peut pas couvrir la soukkaavec eux. Cela correspond précisément à l’opinion de Rabbi Ami.
מַחְצֶלֶת הַקָּנִים, גְּדוֹלָה — מְסַכְּכִין בָּהּ, קְטַנָּה, — אֵין מְסַכְּכִין בָּהּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַף הִיא מְקַבֶּלֶת טוּמְאָה, וְאֵין מְסַכְּכִין בָּהּ.
La baraita continue : Si une natte de roseaux est grande et n’a pas été destinée au sommeil, mais convient uniquement pour servir de couverture, on peut couvrir la soukka avec elle. Cependant, le statut d’une petite natte, qui peut être utilisée pour dormir, est celui d’un ustensile, et on ne peut pas couvrir la soukka avec elle. Rabbi Eliezer dit : Le statut de même une grande natte est celui d’un ustensile. Elle est susceptible de contracter l’impureté rituelle, et par conséquent on ne peut pas couvrir sa soukka avec elle.
הַחוֹטֵט בְּגָדִישׁ. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין שָׁם חָלָל טֶפַח בְּמֶשֶׁךְ שִׁבְעָה, אֲבָל יֵשׁ שָׁם חָלָל טֶפַח בְּמֶשֶׁךְ שִׁבְעָה — הֲרֵי זֹה סוּכָּה.
La michna enseigne : Dans le cas de celui qui creuse un espace et crée un vide à l’intérieur d’un tas de grain, ce n’est pas une soukka. Rav Houna a dit : Les Sages ont enseigné que ce n’est pas une soukkaque dans le cas où il n’y a pas un espace d’un palme de hauteur sur sept palmes sur lesquels le grain a été entassé. Cependant, s’il y a un espace mesurant un palme de hauteur sur sept palmes sur lesquels le grain a été entassé, et que maintenant, en creusant le tas, on élève les parois existantes au lieu de créer un nouvel espace, c’est une soukka valide.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַחוֹטֵט בְּגָדִישׁ לַעֲשׂוֹת לוֹ סוּכָּה — הֲרֵי זֹה סוּכָּה. וְהָאֲנַן תְּנַן אֵינָהּ סוּכָּה! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ כִּדְרַב הוּנָא. שְׁמַע מִינַּהּ.
Cela aussi est enseigné dans une baraita : Celui qui creuse dans un tas de grain pour se faire une sukka, c’est une sukka. La Guemara s’interroge : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna que ce n’est pas une sukka ? Au contraire, n’est-il pas correct d’en conclure, conformément à l’opinion de Rav Houna, que dans certaines circonstances il est possible de creuser dans un tas de grain et d’établir une sukka valide ? La Guemara conclut : En effet, apprends-en que tel est le cas.
אִיכָּא דְּרָמֵי לַיהּ מִירְמֵא. תְּנַן: הַחוֹטֵט בְּגָדִישׁ לַעֲשׂוֹת לוֹ סוּכָּה — אֵינָהּ סוּכָּה. וְהָא תַּנְיָא: הֲרֵי זוֹ סוּכָּה! אָמַר רַב הוּנָא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּשֶׁיֵּשׁ שָׁם חָלָל טֶפַח בְּמֶשֶׁךְ שִׁבְעָה, כָּאן בְּשֶׁאֵין שָׁם חָלָל טֶפַח בְּמֶשֶׁךְ שִׁבְעָה.
Certains ont soulevé cette question comme une contradiction entre la michna et la baraita. Nous avons appris dans la michna : Celui qui creuse dans une meule de grain afin de se faire une soukka, ce n’est pas une soukka. Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita que c’est une soukka ? Rav Houna a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, là où c’est une soukka, il s’agit d’un cas où il y a un espace mesurant une palme de hauteur sur sept palmes, tandis que là-bas, là où ce n’est pas une soukka, il s’agit d’un cas où il n’y a pas un espace d’une palme de hauteur sur sept palmes.
מַתְנִי׳ הַמְשַׁלְשֵׁל דְּפָנוֹת מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, אִם גָּבוֹהַּ מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים — פְּסוּלָה. מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, אִם גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים — כְּשֵׁרָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁמִּלְּמַטָּה לְמַעְלָה עֲשָׂרָה טְפָחִים, כָּךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה עֲשָׂרָה טְפָחִים.
MICHNA :Celui qui abaisse les parois de la soukka du haut vers le bas, si le bord inférieur de la paroi se trouve à trois palmes au-dessus du sol, la soukka est invalide. Puisque des animaux peuvent entrer par cet espace, cela ne constitue pas la paroi d’une soukka valide. Cependant, si l’on construit la paroi du bas vers le haut, si la paroi a dix palmes de hauteur, même si elle n’atteint pas la couverture, la soukka est valide. Rabbi Yossei dit : De même que une paroi construite du bas vers le haut doit avoir dix palmes, de même, dans un cas où l’on abaisse la paroi du haut vers le bas, elle doit avoir dix palmes de longueur. Quelle que soit sa hauteur au-dessus du sol, elle constitue la paroi d’une soukka valide, car le statut juridique d’une cloison de dix palmes est celui d’une cloison à part entière dans tous les domaines de la halakha.
גְּמָ׳ בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת, וּמַר סָבַר מְחִיצָה תְּלוּיָה אֵינָהּ מַתֶּרֶת.
GUEMARA : La Guemara demande : À propos de quel principe Rabbi Yossei et les Sages sont-ils en désaccord ? La Guemara explique : Un Sage, Rabbi Yossei, soutient qu’une cloison suspendue, même si elle ne descend pas jusqu’en bas, rend permis de porter pendant Chabbat, comme une cloison à part entière. Et un Sage, les Sages, soutient qu’une cloison suspendue ne rend pas permis de porter pendant Chabbat.
תְּנַן הָתָם: בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת — אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת אֶלָּא אִם כֵּן עָשָׂה לָהּ מְחִיצָה עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְמַעְלָה בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין בְּתוֹךְ אוֹגְנוֹ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר:
Nous avons appris dans une michna là-bas, dans le traité Eiruvin : Dans le cas de une citerne qui est située entre deux cours, placée en partie dans chaque cour, on peut puiser de l’eau pendant Chabbat seulement si une cloison de dix palmes de hauteur a été érigée spécialement pour la citerne afin de séparer l’eau entre les domaines, de peur que les habitants d’une cour ne puisent de l’eau du domaine de l’autre cour. Cette cloison est valable qu’elle soit au-dessus, descendant vers l’eau ; qu’elle soit au-dessous, dans l’eau ; ou qu’elle soit dans l’espace aérien de la citerne sous le bord, au-dessus de la surface de l’eau. Une cloison située dans l’un de ces endroits forme une limite entre les deux cours, permettant de puiser de l’eau de la citerne. Rabban Shimon ben Gamliel dit qu’il s’agit du sujet d’une ancienne controverse entre les tanna’im.