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שְׁנֵי נְסָרִין אֵין מִצְטָרְפִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף נְסָרִין כִּסְדִינִין.
Cependant, deux planches placées sur la soukka ne se combinent pas. Rabbi Meir dit : Même les planches sont comme des draps, en ce qu’elles s’unissent pour constituer la mesure d’invalidité.
בִּשְׁלָמָא לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר בְּשֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבָּעָה.
La Guemara développe : Soit, selon Shmuel, qui a dit que le différend entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meïr porte sur des planches qui n’ont pas quatre palmes de largeur, mais si elles ont quatre palmes de largeur, tout le monde convient qu’elle est invalide ; quel est le sens de ce qu’a dit Rabbi Meïr : les planches s’assemblent ? Cela signifie que des planches de moins de quatre palmes de largeur s’additionnent pour atteindre la mesure de quatre palmes, ce qui rend la soukka invalide.
אֶלָּא לְרַב, דְּאָמַר בְּשֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל אֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל כְּשֵׁרָה, הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאִית בְּהוּ אַרְבָּעָה, לְמָה לְהוּ לְאִיצְטְרוֹפֵי? אִי דְּלֵית בְּהוּ אַרְבָּעָה, אַמַּאי? וְהָא קָנִים בְּעָלְמָא נִינְהוּ?
Cependant, selon Rav, qui a dit que le différend porte sur des planches qui ont quatre palmes de largeur, mais si elles n’ont pas quatre palmes de largeur, tous conviennent qu’elle est valide, quelles sont les circonstances ? Si chacune des planches a quatre palmes de largeur, pourquoi doivent-elles se joindre pour rendre la sukka invalide ? Si chaque planche a quatre palmes de largeur, chacune est capable de rendre la sukka invalide à elle seule. Et si chacune des planches n’a pas quatre palmes de largeur, pourquoi Rabbi Meïr en interdirait-il l’usage ? Ne sont-elles pas simplement des roseaux selon Rav ? De même qu’on peut couvrir la sukka avec des roseaux, on devrait aussi être autorisé à couvrir la sukka avec ces planches étroites.
לְעוֹלָם דְּאִית בְּהוּ אַרְבָּעָה, וּמַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד.
La Guemara répond : En réalité, explique qu’il y a quatre palmes dans la largeur de chaque planche, et chacune d’elles rend la soukka invalide à elle seule. Cependant, que signifie : les planches s’assemblent-elles ? Cela concerne une question tout à fait différente. Elles s’assemblent pour constituer quatre coudées depuis le côté. Si l’on a placé ces planches invalides à côté de l’un des murs de la soukka, elles ne rendent pas la soukka invalide, en raison du principe halakhique du mur courbé, qui considère cette couverture comme une extension de ce mur. Cependant, ce principe ne s’applique que jusqu’à quatre coudées de couverture invalide. Si ces planches s’assemblent pour mesurer quatre coudées, la soukka est invalide selon Rabbi Meïr. Selon cette explication, la michna peut également être expliquée conformément à l’opinion de Rav.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: בִּשְׁלָמָא לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר בְּשֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד.
Il existe une autre version de l’échange ci-dessus. Certes, selon Shmuel, qui a dit que le différend entre Rabbi Yehuda et Rabbi Meir porte sur des planches qui n’ont pas quatre palmes de largeur, mais si elles ont quatre palmes de largeur, tout le monde convient qu’elle est invalide, quel est le sens de ce qu’a dit Rabbi Meir : les planches s’assemblent ? Cela signifie qu’elles s’assemblent pour constituer quatre coudées depuis le côté, ce qui rend la soukka invalide.
אֶלָּא לְרַב: בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד. אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר אֲפִילּוּ יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה כְּשֵׁרָה, מַאי ״אֵין מִצְטָרְפִין״? קָנִים בְּעָלְמָא נִינְהוּ! אַיְּידֵי דְּקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר ״מִצְטָרְפִין״, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה ״אֵין מִצְטָרְפִין״.
Cependant, selon Rav, soit, selon Rabbi Meir, quelle est la signification de : Les planches s’assemblent-elles ? Cela signifie qu’elles s’assemblent pour constituer quatre coudées depuis le côté. Cependant, selon l’opinion de Rabbi Yehuda, qui a dit que même si elles ont quatre palmes de largeur, la sukka est valide, quelle est la signification de : Les planches ne s’assemblent pas ? Ce ne sont que des roseaux, qui constituent une couverture valide, et une couverture valide qui s’assemble reste une couverture valide. La Guemara répond : Puisque Rabbi Meir a employé l’expression : S’assemblent, Rabbi Yehuda, bien que cela soit sans pertinence selon son opinion, a aussi dit : Ne s’assemblent pas.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב, תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
La Guemara note : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rav, et il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Shmuel.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב: סִכְּכָהּ בִּנְסָרִים שֶׁל אֶרֶז שֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל כְּשֵׁרָה. יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה — רַבִּי מֵאִיר פּוֹסֵל וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר.
Il a été enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rav : Si quelqu’un a couvert la soukka avec des planches de cèdre qui n’ont pas quatre paumes de largeur, tout le monde s’accorde à dire qu’elle est valide. Si elles ont quatre paumes de largeur, Rabbi Meïr la juge invalide et Rabbi Yehouda la juge valide.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה שֶׁהֵבֵיאנוּ נְסָרִים שֶׁהָיוּ בָּהֶן אַרְבָּעָה וְסִיכַּכְנוּ עַל גַּבֵּי מִרְפֶּסֶת, וְיָשַׁבְנוּ תַּחְתֵּיהֶן! אָמְרוּ לוֹ: מִשָּׁם רְאָיָה?! אֵין שְׁעַת הַסַּכָּנָה רְאָיָה.
Rabbi Yehuda a dit : Il y eut un incident en une période de danger, lorsque les gentils décrétèrent qu’il était interdit aux Juifs de construire une soucca, moment où nous avons apporté des planches de quatre palmes de largeur, et nous avons couvert le portique avec elles afin qu’il ne paraisse pas être une soucca, et nous nous sommes assis dessous. Il est donc évident que des planches de quatre palmes de largeur conviennent comme couverture pour une soucca. Ils lui dirent : Y a-t-il une preuve à citer de là ? Il n’y a pas de preuve tirée d’actes accomplis en période de danger. Il est possible que la soucca qu’ils ont construite sur le portique ait été invalide, et qu’ils ne l’aient construite que pour commémorer la mitsva qu’ils n’étaient pas en mesure d’accomplir. De cette baraita, il ressort que le différend entre Rabbi Meïr et Rabbi Yehuda porte sur le cas de planches de quatre palmes de largeur, conformément à l’opinion de Rav.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: סִכְּכָהּ בִּנְסָרִים שֶׁל אֶרֶז שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה. אֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה — רַבִּי מֵאִיר פּוֹסֵל וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר. וּמוֹדֶה רַבִּי מֵאִיר שֶׁאִם יֵשׁ בֵּין נֶסֶר לְנֶסֶר כִּמְלֹא נֶסֶר — שֶׁמַּנִּיחַ פְּסָל בֵּינֵיהֶם, וּכְשֵׁרָה. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאִם נָתַן עָלֶיהָ נֶסֶר שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים — כְּשֵׁרָה, וְאֵין יְשֵׁנִים תַּחְתָּיו, וְהַיָּשֵׁן תַּחְתָּיו — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ.
Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Shmuel : Si l’on a couvert la soukka avec des planches de cèdre ayant quatre paumes de largeur, tout le monde s’accorde à dire que la soukka est invalide. Si elles n’ont pas quatre paumes de largeur, Rabbi Meïr la juge invalide et Rabbi Yehouda la juge valide. Et Rabbi Meïr concède que, si entre une planche et une autre planche il y a un espace de la largeur complète d’une planche, alors on place un couvert valide provenant des déchets de l’aire et du pressoir, et la soukka est valide. Et Rabbi Yehouda concède que si l’on a couvert la soukka avec une planche large de quatre paumes adjacente à l’un des murs, la soukka est valide sur la base du principe du mur courbé ; et, néanmoins, on ne peut pas dormir sous cette planche, et celui qui dort sous elle ne s’acquitte pas de son obligation. En tout état de cause, il y a deux baraitot, chacune conforme à l’un des deux avis présentés.
אִתְּמַר: הֲפָכָן עַל צִידֵּיהֶן, רַב הוּנָא אָמַר: פְּסוּלָה, וְרַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמְרִי: כְּשֵׁרָה.
§ Il est énoncé qu’il existe une controverse amoraïque : si quelqu’un a tourné les planches impropres sur leurs côtés, et que la largeur du côté est inférieure à la mesure qui les rend impropres, les planches demeurent-elles impropres, ou bien sont-elles propres puisqu’à leur placement actuel leur largeur est plus étroite ? Rav Houna a dit : La sukka est impropre, et Rav Ḥisda ainsi que Rabba bar Rav Houna ont dit : elle est propre.
אִיקְּלַע רַב נַחְמָן לְסוּרָא, עוּל לְגַבֵּיהּ רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא. אָמְרִי לֵיהּ: הֲפָכָן עַל צִידֵּיהֶן, מַהוּ? אֲמַר לְהוּ: פְּסוּלָה, נַעֲשׂוּ כְּשַׁפּוּדִין שֶׁל מַתֶּכֶת.
La Guemara rapporte : Rav Naḥman se trouva venir à Soura. Rav Ḥisda et Rabba bar Rav Houna entrèrent devant lui. Ils lui dirent : Si quelqu’un a tourné ces planches sur leurs côtés et a couvert la sukka, quelle est la halakha ? Ils cherchaient à déterminer si sa décision était conforme à leur opinion ou à celle de Rav Houna. Il leur dit : La sukka est invalide ; puisque les planches sont impropres comme couverture lorsqu’elles sont posées à plat, leur statut juridique est devenu comme celui de broches [shapudin] en métal, qui sont impropres en toutes circonstances.
אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא: לָא אֲמַרִי לְכוּ אֱמַרוּ כְּווֹתִי? אֲמַרוּ לֵיהּ: וּמִי אָמַר לַן מָר טַעְמָא וְלָא קַבֵּלְינַן מִינֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: וּמִי בְּעֵיתוּ מִינַּאי טַעְמָא וְלָא אֲמַרִי לְכוּ?
Lorsqu’ils rapportèrent cette rencontre à Rav Huna, Rav Huna leur dit : Ne vous ai-je pas dit que vous deviez énoncer la halakha conformément à mon avis ? Même Rav Naḥman est d’accord avec moi. Ils lui dirent : Et le Maître nous a-t-il réellement donné une raison pour cette décision, sans que nous l’ayons acceptée de lui ? Rav Naḥman n’a pas seulement rendu une décision, il nous a aussi expliqué sa décision. Il leur dit : Et m’avez-vous demandé la raison sans que je ne l’aie dite à vous ?
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: אֵינָהּ מַחְזֶקֶת כְּדֵי רֹאשׁוֹ וְרוּבּוֹ וְשׁוּלְחָנוֹ, אוֹ שֶׁנִּפְרְצָה בָּהּ פִּרְצָה כְּדֵי שֶׁיִּזְדַּקֵּר בָּהּ גְּדִי בְּבַת רֹאשׁ, אוֹ שֶׁנָּתַן עָלֶיהָ נֶסֶר שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הִכְנִיס לְתוֹכָהּ אֶלָּא שְׁלֹשָׁה טְפָחִים — פְּסוּלָה.
La Guemara note : Disons que cette baraita appuie l’opinion de Rav Houna : En ce qui concerne une soukka qui ne peut contenir la tête, la majeure partie du corps d’une personne, et sa table ; une soukka dont la paroi a été percée d’une brèche assez grande pour qu’un chevreau y saute la tête la première, c’est-à-dire trois palmes ; une soukka sur laquelle on a placé une planche large de quatre palmes, même s’il n’en a introduit que trois palmes dans la soukka, dans tous ces cas, la soukka est invalide.
הֵיכִי דָּמֵי, (מַאי) לָאו כְּגוֹן שֶׁהֲפָכָן עַל צִידֵּיהֶם? לָא, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דְּאַנְּחַהּ אַפּוּמָּא דִמְטַלַּלְתָּא, דְּעָיֵיל תְּלָתָא לְגָיו וְאַפֵּיק חַד לְבַר, דְּהָוֵה לֵיהּ פְּסָל הַיּוֹצֵא מִן הַסּוּכָּה, וְכׇל פְּסָל הַיּוֹצֵא מִן הַסּוּכָּה — נִידּוֹן כַּסּוּכָּה.
Quelles sont les circonstances du cas où l’on n’introduit que trois palmes d’une planche large de quatre palmes ? Quoi, n’est-ce pas qu’il a tourné la planche sur le côté, réduisant ainsi sa largeur de quatre à trois palmes, conformément à l’opinion de Rav Houna ? La Guemara rejette cela : Non, de quoi parlons-nous ici ? Il s’agit d’un cas où quelqu’un a placé la planche au-dessus de l’entrée de la sukka, là où il n’y a pas de mur. Il a introduit trois palmes dans la sukka et en a laissé une palme à l’extérieur de la sukka, de sorte que le statut juridique de cette partie de la planche serait comme celui d’une couverture qui dépasse de la sukka, et la halakha est que le statut juridique de toute couverture qui dépasse de la sukka est considéré comme celui de la sukka. Cependant, puisque cette planche n’est pas adjacente au mur d’une sukka, le principe du mur courbé ne s’applique pas. Par conséquent, cela constitue quatre palmes de couverture invalide ; il est interdit de dormir sous cette planche, et toute la sukka est rendue invalide. Par conséquent, il n’y a de cette baraita ni soutien ni réfutation pour l’opinion de Rav Houna.

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