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פָּנֶיהָ מוֹרִיקוֹת. הִיא כָּחֲלָה לוֹ עֵינֶיהָ — לְפִיכָךְ עֵינֶיהָ בּוֹלְטוֹת. הִיא קָלְעָה לוֹ אֶת שְׂעָרָהּ — לְפִיכָךְ כֹּהֵן סוֹתֵר אֶת שְׂעָרָהּ. הִיא הֶרְאֲתָה לוֹ בְּאֶצְבַּע — לְפִיכָךְ צִיפּוֹרְנֶיהָ נוֹשְׁרוֹת. הִיא חָגְרָה לוֹ בְּצִילְצוֹל — לְפִיכָךְ כֹּהֵן מֵבִיא חֶבֶל הַמִּצְרִי וְקוֹשֵׁר לָהּ לְמַעְלָה מִדַּדֶּיהָ. הִיא פָּשְׁטָה לוֹ אֶת יְרֵיכָהּ — לְפִיכָךְ יְרֵיכָהּ נוֹפֶלֶת.
son visage devient pâle après avoir bu l’eau amère ; elle s’est fardé les yeux pour son amant, c’est pourquoi ses yeux deviennent saillants après qu’elle a bu ; elle a tressé ses cheveux pour son amant, c’est pourquoi un prêtre défait ses cheveux et les rend ébouriffés ; elle a fait signe à son amant avec un doigt de venir à elle, c’est pourquoi ses ongles tombent ; elle s’est ceinte pour son amant d’un ruban comme ceinture, c’est pourquoi un prêtre apporte une corde égyptienne et l’attache au-dessus de ses seins ; elle a tendu sa cuisse pour son amant, c’est pourquoi sa cuisse tombe après avoir bu.
הִיא קִיבְּלַתּוּ עַל כְּרֵיסָהּ — לְפִיכָךְ בִּטְנָהּ צָבָה. הִיא הֶאֱכִילַתּוּ מַעֲדַנֵּי עוֹלָם — לְפִיכָךְ קׇרְבָּנָהּ מַאֲכַל בְּהֵמָה. הִיא הִשְׁקַתְהוּ יַיִן מְשׁוּבָּח בְּכוֹסוֹת מְשׁוּבָּחִים — לְפִיכָךְ כֹּהֵן מַשְׁקֶה מַיִם הַמָּרִים בִּמְקִידָּה שֶׁל חֶרֶשׂ.
Elle a reçu son amant sur son ventre, c’est pourquoi son ventre enfle ; elle l’a nourri des délices du monde, c’est pourquoi son offrande est une nourriture pour animal, car elle est faite d’avoine ; elle lui a donné à boire du bon vin dans de belles coupes, c’est pourquoi un prêtre lui donne de l’eau amère dans une mekeida en terre cuite, un simple vase d’argile, à boire.
הִיא עָשְׂתָה בַּסֵּתֶר — ״יוֹשֵׁב בְּסֵתֶר עֶלְיוֹן״ שָׂם בָּהּ פָּנִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעֵין נֹאֵף שָׁמְרָה נֶשֶׁף לֵאמֹר לֹא תְשׁוּרֵנִי עָיִן וְגוֹ׳״.
Elle a agi en secret ; c’est pourquoi Dieu, mentionné dans le verset « Celui qui demeure dans le secret du Très-Haut » (Psaumes 91:1), tourne Sa face vers elle, comme il est dit : « L’œil de l’adultère attend le crépuscule, disant : Aucun œil ne me verra ; et la Face Cachée se tournera » (Job 24:15). L’adultère agit dans le crépuscule de la nuit pour agir en secret, et c’est pourquoi Dieu, Qui est caché, fait en sorte que l’affaire soit révélée en public.
דָּבָר אַחֵר: הִיא עָשְׂתָה בַּסֵּתֶר — הַמָּקוֹם פִּירְסְמָה בַּגָּלוּי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תִּכַּסֶּה שִׂנְאָה בְּמַשָּׁאוֹן תִּגָּלֶה רָעָתוֹ בְקָהָל (וְגוֹ׳)״.
Autrement, elle a agi en secret, et par conséquent l’Omniprésent l’a révélé au grand jour, comme il est dit : « Bien que sa haine soit dissimulée par la tromperie, sa méchanceté sera révélée devant l’assemblée » (Proverbes 26:26), c’est-à-dire que les actes de péché cachés finissent par être révélés publiquement.
וּמֵאַחַר דְּנָפְקָא לֵיהּ מֵ״אַחַת לְאַחַת לִמְצֹא חֶשְׁבּוֹן״, ״כִּי כׇל סְאוֹן סֹאֵן בְּרַעַשׁ״ לְמָה לִי? לְכַמִּדָּה.
§ La Guemara s’interroge sur la nécessité de deux versets pour indiquer que les petites transgressions sont traitées au moyen d’une seule punition importante. Et puisque Rabbi Yehouda HaNassi déduit que les petites transgressions sont combinées et punies ensemble de : « Voici ce que j’ai trouvé, dit Qohélet, ajoutant une chose à une autre, pour trouver le compte » (Ecclésiaste 7:27), pourquoi ai-je besoin du verset : « Car toute botte foulant avec fracas » (Isaïe 9:4) ? La Guemara répond : Ce verset sert à enseigner que même les petites transgressions sont punies avec mesure, c’est-à-dire par une punition appropriée à la transgression.
וּמֵאַחַר דְּנָפְקָא לֵיהּ מִ״כִּי כׇל סְאוֹן סֹאֵן בְּרַעַשׁ״, ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ תְּרִיבֶנָּה״ לְמָה לִי?
La Guemara demande : Et puisqu’il l’apprend de « car toute botte foulée avec férocité », pourquoi ai-je besoin de « en pleine mesure, quand tu la renvoies, tu contestes avec elle » (Isaïe 27:8) ?
לְכִדְרַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא. דְּאָמַר רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נִפְרָע מִן הָאוּמָּה עַד שְׁעַת שִׁילּוּחָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ וְגוֹ׳״.
La Guemara répond : Ce verset vient pour enseigner l’énoncé tel qu’il a été enseigné par Rav Ḥinnana bar Pappa, car Rav Ḥinnana bar Pappa dit : Le Saint, béni soit-Il, ne punit pas une nation méritant une punition avant que n’arrive son temps d’être bannie, c’est-à-dire jusqu’au moment de son éradication finale du monde, comme il est dit : « En pleine mesure, quand Tu la renvoies, Tu contestes avec elle » (Isaïe 27:8).
אִינִי? וְהָאָמַר רָבָא: שָׁלֹשׁ(ה) כּוֹסוֹת הָאֲמוּרוֹת בְּמִצְרַיִם, לָמָּה? אַחַת שֶׁשָּׁתָת בִּימֵי מֹשֶׁה, וְאַחַת שֶׁשָּׁתָת בִּימֵי פַּרְעֹה נְכֹה, וְאַחַת שֶׁעֲתִידָה לִשְׁתּוֹת עִם חַבְרוֹתֶיהָ!
Est-ce bien ainsi ? Mais Rava n’a-t-il pas dit : Pourquoi y a-t-il précisément trois coupes de malheur mentionnées au sujet de l’Égypte dans le rêve de son grand échanson (voir Genèse 40:11–13) ? Elles sont une allusion à trois coupes de malheur qui frapperaient plus tard l’Égypte : une qu’elle a bue aux jours de Moïse pendant les dix plaies et l’Exode ; une qu’elle a bue aux jours du pharaon Neco, le roi d’Égypte qui fut vaincu par Nabuchodonosor ; et une qu’elle boira à l’avenir avec ses compagnes, c’est-à-dire les autres nations, lorsqu’elles seront punies aux jours du Messie. Cela indique que les nations peuvent être punies plusieurs fois, et pas seulement lorsqu’elles sont éradiquées.
וְכִי תֵּימָא הָנָךְ אֲזַדוּ וְהָנֵי אַחֲרִינֵי נִינְהוּ — וְהָתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִנְיָמִין גֵּר הַמִּצְרִי הָיָה לִי חָבֵר מִתַּלְמִידֵי רַבִּי עֲקִיבָא. אָמַר מִנְיָמִין גֵּר הַמִּצְרִי: אֲנִי מִצְרִי רִאשׁוֹן, וְנָשָׂאתִי מִצְרִית רִאשׁוֹנָה, אַשִּׂיא לִבְנֵי מִצְרִית שְׁנִיָּה כְּדֵי שֶׁיְּהֵא בֶּן בְּנִי מוּתָּר לָבֹא בַּקָּהָל!
Et si tu disais que ces anciens Égyptiens sont partis, et que ces Égyptiens plus tardifs sont d’autres personnes, mais n’est-il pas enseigné dans une baraita de la Tosefta (Kiddushin 4:3) : Rabbi Yehouda a dit : Minyamin, un converti égyptien, était un ami à moi parmi les élèves de Rabbi Akiva, et Minyamin le converti égyptien a dit : Après ma conversion, j’étais un converti égyptien de première génération, et c’est pourquoi j’ai épousé une autre convertie égyptienne de première génération. Je marierai mon fils, qui est un converti égyptien de deuxième génération, à une autre convertie égyptienne de deuxième génération, afin que le fils de mon fils soit autorisé à entrer dans la congrégation. La Torah interdit aux convertis égyptiens avant la troisième génération d’entrer dans la congrégation (voir Deutéronome 23:8–9). Le fait que Minyamin ait observé cette interdiction même à l’époque de Rabbi Akiva indique que l’Égypte durant la période tannaïtique était encore considérée comme l’Égypte biblique.
אֶלָּא אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: אָמַר רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נִפְרָע מִן הַמֶּלֶךְ עַד שְׁעַת שִׁילּוּחוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ תְּרִיבֶנָּה וְגוֹ׳״.
Au contraire, si quelque chose a été dit au sujet du retard du châtiment, cela a été dit ainsi : Rav Ḥinnana bar Pappa dit : Le Saint, béni soit-Il, ne punit pas un roi pécheur avant le temps de son bannissement, comme il est dit : « Avec mesure pleine, quand tu la renvoies, tu contestes avec elle » (Isaïe 27:8).
אַמֵּימָר מַתְנֵי לְהָא דְּרַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא אַהָא, מַאי דִּכְתִיב: ״כִּי אֲנִי ה׳ לֹא שָׁנִיתִי וְאַתֶּם בְּנֵי יַעֲקֹב לֹא כְלִיתֶם״? ״אֲנִי ה׳ לֹא שָׁנִיתִי״ — לֹא הִכֵּיתִי לְאוּמָּהּ וְשָׁנִיתִי לָהּ. ״וְאַתֶּם בְּנֵי יַעֲקֹב לֹא כְלִיתֶם״ — הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״חִצַּי אֲכַלֶּה בָּם״. חִצַּי כָּלִין, וְהֵן אֵינָן כָּלִין.
Ameimar enseigne que la déclaration de Rav Ḥinnana bar Pappa à ce sujet est la suivante : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car Moi, le Seigneur, Je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés » (Malachie 3:6) ? « Car Moi, le Seigneur, Je ne change pas [shaniti] » est interprété ainsi : Je n’ai pas frappé une nation et répété [shaniti] le coup contre elle, car une nation frappée ne se remet jamais du premier coup. « Et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés, » est interprété ainsi : Bien que Je vous frappe de nombreuses fois pour vos péchés, Je ne vous laisse pas périr. C’est la même chose que ce qui est écrit : « J’amasserai sur eux des maux ; J’épuiserai Mes flèches contre eux » (Deutéronome 32:23), ce qui est interprété ainsi : Mes flèches sont consumées et épuisées, et eux, le peuple juif, ne sont pas consumés, mais continueront à subsister malgré les nombreuses calamités qui s’abattront sur eux.
אָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נִפְרָע מִן הָאָדָם עַד שֶׁתִּתְמַלֵּא סְאָתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בִּמְלֹאות שִׂפְקוֹ יֵצֶר לוֹ וְגוֹ׳״.
Rav Hamnuna dit : Le Saint, béni soit-Il, ne punit pas une personne jusqu’à ce que sa se’a, la mesure qui lui convient, soit remplie, comme il est dit : « Dans la plénitude de sa suffisance, il sera dans la détresse ; la main de quiconque est dans la misère viendra sur lui » (Job 20:22). En d’autres termes, lorsque la mesure suffisante du péché aura été atteinte, alors l’épreuve l’atteindra.
דָּרֵשׁ רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא, מַאי דִּכְתִיב: ״רַנְּנוּ צַדִּיקִים בַּה׳ לַיְשָׁרִים נָאוָה תְהִלָּה״? אַל תִּקְרֵי ״נָאוָה תְהִלָּה״, אֶלָּא ״נָוֶה תְהִלָּה״, זֶה מֹשֶׁה וְדָוִד, שֶׁלֹּא שָׁלְטוּ שׂוֹנְאֵיהֶם בְּמַעֲשֵׂיהֶם.
Après avoir mentionné Rav Ḥinnana bar Pappa, la Guemara cite une autre de ses interprétations. Rav Ḥinnana bar Pappa a interprété un verset de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Réjouissez-vous dans le Seigneur, vous les justes ; la louange sied aux hommes droits [nava tehilla] » (Psaumes 33:1) ? Ne lis pas la fin du verset ainsi : La louange sied [nava] ; mais plutôt, lis-la ainsi : Une demeure [naveh] de louange. Cela fait référence à Moïse et David, dont les ennemis n'ont pas dominé les réalisations, car chacun d'eux a construit un naveh, une maison pour le Seigneur, et cette maison est restée en existence.
דָּוִד — דִּכְתִיב: ״טָבְעוּ בָאָרֶץ שְׁעָרֶיהָ״. מֹשֶׁה — דְּאָמַר מָר: מִשֶּׁנִּבְנָה מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן נִגְנַז אֹהֶל מוֹעֵד, קְרָשָׁיו קְרָסָיו וּבְרִיחָיו וְעַמּוּדָיו וַאֲדָנָיו. הֵיכָא? אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר אֲבִימִי: תַּחַת מְחִילּוֹת שֶׁל הֵיכָל.
En ce qui concerne David, la citadelle qui abritait sa maison et sa ville ne fut pas détruite, comme il est écrit : « Ses portes se sont enfoncées dans la terre » (Lamentations 2:9), car les portes de Jérusalem construites par David ne furent pas détruites par des ennemis, mais s’enfoncèrent dans la terre et y furent ensevelies. Il en va de même en ce qui concerne Moïse, comme le Maître l’a dit : Lorsque le premier Temple fut construit, la Tente d’Assignation fut mise à l’abri, y compris ses planches, ses agrafes, ses barres, ses piliers et ses socles. La Guemara demande : fut-elle mise à l’abri ? Rav Ḥisda dit qu’Avimi dit : Sous les tunnels du Sanctuaire.
תָּנוּ רַבָּנַן: סוֹטָה נָתְנָה עֵינֶיהָ בְּמִי שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לָהּ, מַה שֶּׁבִּיקְּשָׁה — לֹא נִיתַּן לָהּ, וּמַה שֶּׁבְּיָדָהּ — נְטָלוּהוּ מִמֶּנָּה. שֶׁכׇּל הַנּוֹתֵן עֵינָיו בְּמַה שֶּׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ — מַה שֶּׁמְבַקֵּשׁ אֵין נוֹתְנִין לוֹ, וּמַה שֶּׁבְּיָדוֹ — נוֹטְלִין הֵימֶנּוּ.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita de la Tosefta (4:16–19) : La sota a porté ses yeux, a fixé son regard, sur quelqu’un qui ne lui convenait pas, c’est-à-dire un autre homme, et c’est pourquoi voici sa punition : Ce qu’elle a désiré, c’est-à-dire être avec son amant, ne lui est pas donné, car elle lui devient interdite pour toujours. Et ce qu’elle avait, c’est-à-dire son mari, lui a été enlevé, car désormais elle lui est également interdite. Cela enseigne que quiconque porte ses yeux sur ce qui ne lui appartient pas ne reçoit pas ce qu’il désire, et ce qu’il avait lui est enlevé.

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