בִּדְחִטֵּי אוֹ בְּדִשְׂעָרֵי? בְּרַכִּיכָא אוֹ בַּאֲקוֹשָׁא? תֵּיקוּ.
S’agit-il d’un cas où le pain est fait de blé, qui est glissant et prend plus de temps à retirer, ou s’agit-il d’un cas où le pain est fait d’orge, qui se retire facilement ? S’agit-il d’un cas où le pain est mou, de sorte qu’il peut s’accrocher au côté du panier, ou d’un cas où le pain est dur, où cela ne pose pas de problème ? La Guemara déclare : Ces questions resteront sans résolution.
אָמַר רַב יִצְחָק בַּר רַב יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל אֶחָד וְאֶחָד — בְּעַצְמוֹ שִׁיעֵר. וְהָאִיכָּא בֶּן עַזַּאי דְּלָא נְסֵיב?
La Guemara note : Rav Yitzḥak bar Rav Yosef dit que Rabbi Yoḥanan dit : Chacun et chacun de ces Sages qui ont présenté un avis concernant le temps nécessaire pour le stade initial du rapport sexuel a estimé d’après lui-même, c’est-à-dire d’après sa propre expérience. La Guemara demande : Mais il y a ben Azzai, qui ne s’est pas marié, alors comment pouvait-il estimer d’après sa propre expérience ?
אִיבָּעֵית אֵימָא: נְסֵיב וּפֵירַשׁ הֲוָה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מֵרַבֵּיהּ שְׁמִיעַ לֵיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: ״סוֹד ה׳ לִירֵאָיו״.
La Guemara répond : Si tu veux, dis qu’il était marié et s’est séparé de sa femme. Et si tu veux, dis qu’il l’a entendu de son maître. Et si tu veux, dis que sa connaissance peut être comprise à partir du verset : « Le conseil du Seigneur est pour ceux qui Le craignent » (Psaumes 25:14), enseignant que ceux qui craignent Dieu ont accès à une connaissance au-delà de leur expérience personnelle.
דָּרֵשׁ רַב עַוִּירָא, זִמְנִין אָמַר לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, וְזִמְנִין אָמַר לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אַסִּי: כׇּל הָאוֹכֵל לֶחֶם בְּלֹא נְטִילַת יָדַיִם — כְּאִילּוּ בָּא עַל אִשָּׁה זוֹנָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי בְעַד אִשָּׁה זוֹנָה עַד כִּכַּר לָחֶם״.
§ Après avoir cité une allusion tirée du verset : « Car à cause d’une prostituée, un homme est réduit à une miche de pain » (Proverbes 6:26), la Guemara propose une autre interprétation de ce verset. Rav Avira a interprété un verset de manière homilétique ; il y eut des fois où il disait cette interprétation au nom de Rabbi Ami et il y eut des fois où il la disait au nom de Rabbi Assi : Quant à quiconque mange du pain sans se laver les mains, c’est comme s’il avait eu des rapports sexuels avec une prostituée, comme il est dit : « Car à cause d’une prostituée, un homme est réduit à une miche de pain. »
אָמַר רָבָא: הַאי ״בְּעַד אִשָּׁה זוֹנָה עַד כִּכַּר לָחֶם״ — ״בְּעַד כִּכַּר לֶחֶם עַד אִשָּׁה זוֹנָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: כׇּל הַבָּא עַל אִשָּׁה זוֹנָה, לְסוֹף מְבַקֵּשׁ כִּכַּר לֶחֶם.
Rava a dit : Cette expression : « Car à cause d’une prostituée, un homme est réduit à une miche de pain, » n’est pas ainsi que le verset présenterait cette idée. Il aurait dû dire : « À cause d’une miche de pain, un homme est amené à une prostituée. » Au contraire, Rava dit que le verset doit être interprété ainsi : Quiconque a des rapports sexuels avec une prostituée finira par tomber dans la pauvreté et mendiera auprès des gens une miche de pain.
אָמַר רַבִּי זְרִיקָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמְּזַלְזֵל בִּנְטִילַת יָדַיִם נֶעֱקָר מִן הָעוֹלָם. אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: מַיִם רִאשׁוֹנִים — צָרִיךְ שֶׁיַּגְבִּיהַּ יָדָיו לְמַעְלָה, מַיִם אַחֲרוֹנִים — צָרִיךְ שֶׁיַּשְׁפִּיל יָדָיו לְמַטָּה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַנּוֹטֵל יָדָיו — צָרִיךְ שֶׁיַּגְבִּיהַּ יָדָיו לְמַעְלָה, שֶׁמָּא יֵצְאוּ הַמַּיִם חוּץ לַפֶּרֶק, וְיַחְזְרוּ וִיטַמְּאוּ אֶת הַיָּדַיִם.
La Guemara poursuit sa discussion sur le lavage des mains. Rabbi Zerika dit que Rabbi Elazar dit : Quiconque traite le rituel du lavage des mains avec mépris est déraciné du monde. Rav Ḥiyya bar Ashi dit que Rav dit : En ce qui concerne la première eau, c’est-à-dire l’eau utilisée pour se laver les mains avant un repas, on doit lever les mains vers le haut après le lavage. En ce qui concerne la dernière eau, c’est-à-dire l’eau utilisée pour se laver les mains à la fin du repas avant de réciter la Bénédiction après le repas, on doit baisser les mains vers le bas. Cette distinction est également enseignée dans une baraita (Tosefta, Yadayim 2:2) : Celui qui se lave les mains avant un repas doit lever les mains vers le haut après le lavage, de peur que l’eau ne dépasse l’articulation vers la partie des mains qu’il n’était pas tenu de laver, devenant impure, et qu’elle ne revienne ensuite vers la zone qu’il avait lavée, rendant ses mains rituellement impures.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כׇּל הָאוֹכֵל פַּת בְּלֹא נִיגּוּב יָדַיִם — כְּאִילּוּ אוֹכֵל לֶחֶם טָמֵא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר ה׳ כָּכָה יֹאכְלוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת לַחְמָם טָמֵא וְגוֹ׳״.
Rabbi Abbahou dit : Quiconque mange du pain sans s’essuyer les mains après les avoir lavées rend le pain répugnant et est considéré comme s’il mangeait un pain impur, puisque le verset parle du pain répugnant comme d’un pain impur, comme il est dit : « Et le Seigneur dit : Ainsi les enfants d’Israël mangeront leur pain impur parmi les nations où Je les chasserai » (Ézéchiel 4:13). Manger du pain avec les mains mouillées rend le pain répugnant. Le verset considère le fait de manger d’une manière grossière, comme le faisaient les gentils parmi lesquels le peuple juif a été exilé, comme semblable au fait de manger un pain rituellement impur.
וּמַאי ״וְאֵשֶׁת אִישׁ נֶפֶשׁ יְקָרָה תָצוּד״? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ גַּסּוּת הָרוּחַ — לְבַסּוֹף נִכְשָׁל בְּאֵשֶׁת אִישׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵשֶׁת אִישׁ נֶפֶשׁ יְקָרָה תָצוּד״.
§ La Guemara poursuit maintenant l’interprétation du verset cité ci-dessus : « Car à cause d’une prostituée, un homme est réduit à une miche de pain » (Proverbes 6:26). La Guemara demande : Et quel est le sens de la suite du verset : « Mais la femme adultère chasse l’âme précieuse » ? Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Toute personne qui a de l’arrogance en elle finira par trébucher en péchant avec une femme adultère, comme il est dit : « Mais la femme adultère chasse l’âme précieuse », c’est-à-dire qu’elle fait fauter celui qui se considère comme précieux.
אָמַר רָבָא: הַאי ״נֶפֶשׁ יְקָרָה״ — ״נֶפֶשׁ גְּבוֹהָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ. וְעוֹד: ״הִיא תָּצוּד״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: כׇּל הַבָּא עַל אֵשֶׁת אִישׁ, אֲפִילּוּ לָמַד תּוֹרָה דִּכְתִיב בַּהּ ״יְקָרָה הִיא מִפְּנִינִים״, מִכֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁנִּכְנָס לִפְנַי וְלִפְנִים, ״הִיא תְּצוּדֶנּוּ״ — לְדִינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם.
Rava a dit : Cette expression : « La vie précieuse » n’est pas la manière dont le verset exprimerait cette idée. Il aurait dû dire : Une vie arrogante. Et de plus, il aurait dû dire : Une vie précieuse, elle chasse la femme adultère, indiquant que l’âme précieuse piégera la femme adultère, et non l’inverse, comme le verset l’indique tel qu’il est écrit. Au contraire, Rava dit que le verset doit être interprété ainsi : Quiconque a des relations sexuelles avec une femme adultère, même si cet homme a étudié la Torah, au sujet de laquelle il est écrit : « Elle est plus précieuse que les rubis [peninim] » (Proverbes 3:15), ce qui, sur la base de son lien étymologique avec le terme hébreu désignant le Saint des Saints, lifnai velifnim, est interprété par les Sages comme signifiant que celui qui étudie la Torah est plus précieux qu’un Grand Prêtre, qui entre dans le sanctuaire le plus intérieur, néanmoins, cette transgression d’adultère l’entraînera dans le jugement de la Géhenne, et la Torah qu’il a étudiée ne pourra pas le sauver.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ גַּסּוּת הָרוּחַ — כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״תּוֹעֲבַת ה׳ כׇּל גְּבַהּ לֵב״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְלָא תָבִיא תוֹעֵבָה אֶל בֵּיתֶךָ״.
Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Toute personne qui a de l’arrogance en elle est considérée comme si elle était idolâtre, car il est écrit ici : « Quiconque a le cœur orgueilleux est une abomination pour le Seigneur » (Proverbes 16:5), et il est écrit là-bas au sujet de la destruction des idoles : « Et tu n’introduiras pas d’abomination dans ta maison » (Deutéronome 7:26).
וְרַבִּי יוֹחָנָן דִּידֵיהּ אָמַר: כְּאִילּוּ כָּפַר בָּעִיקָּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרָם לְבָבֶךָ וְשָׁכַחְתָּ אֶת ה׳ אֱלֹהֶיךָ וְגוֹ׳״.
Et Rabbi Yoḥanan a énoncé sa propre déclaration : Toute personne qui a de l’arrogance en elle est considérée comme si elle avait nié le principe fondamental de la croyance en l’existence de Dieu, comme il est dit : « Alors ton cœur s’élèvera, et tu oublieras le Seigneur ton Dieu » (Deutéronome 8:14).
רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא אָמַר: כְּאִילּוּ בָּא עַל כׇּל הָעֲרָיוֹת. כְּתִיב הָכָא: ״תּוֹעֲבַת ה׳ כׇּל גְּבַהּ לֵב״, וּכְתִיב הָתָם: ״כִּי אֶת כׇּל הַתּוֹעֵבוֹת הָאֵל וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥama bar Ḥanina dit : Toute personne qui a de l’arrogance en elle est considérée comme si elle avait eu des rapports sexuels avec tous ceux avec qui les relations sont interdites, car il est écrit ici : « Quiconque a le cœur orgueilleux est une abomination pour le Seigneur » (Proverbes 16:5), et il est écrit là-bas, à la fin du passage concernant les relations sexuelles interdites : « Car toutes ces abominations ont été commises par les hommes du pays » (Lévitique 18:27).
עוּלָּא אָמַר: כְּאִילּוּ בָּנָה בָּמָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חִדְלוּ לָכֶם מִן הָאָדָם אֲשֶׁר נְשָׁמָה בְּאַפּוֹ כִּי בַּמֶּה נֶחְשָׁב הוּא״ — אַל תִּיקְרֵי ״בַּמֶּה״, אֶלָּא ״בָּמָה״.
Oulla dit : Toute personne qui a de l’arrogance en elle est considérée comme si elle avait construit un autel personnel pour l’idolâtrie, comme il est dit : « Éloignez-vous de l’homme dans les narines duquel il y a un souffle, car combien peu [bammeh] doit-il être estimé » (Isaïe 2:22), en référence à une personne arrogante. Ne lis pas le verset comme il est écrit, bammeh, combien peu. Au contraire, lis-le comme bama, autel.
מַאי ״יָד לְיָד לֹא יִנָּקֶה״? אָמַר רַב: כׇּל הַבָּא עַל אֵשֶׁת אִישׁ, אֲפִילּוּ הִקְנָהוּ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שָׁמַיִם וָאָרֶץ כְּאַבְרָהָם אָבִינוּ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״הֲרִימֹתִי יָדִי אֶל ה׳ אֵל עֶלְיוֹן קֹנֵה שָׁמַיִם וָאָרֶץ״ — לֹא יִנָּקֶה מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם.
Après avoir interprété la phrase : « Quiconque a le cœur orgueilleux est une abomination pour le Seigneur » (Proverbes 16:5), la Guemara interprète la suite du verset. Quel est le sens de : « Main dans la main, il ne restera pas impuni » (Proverbes 16:5) ? Rav dit : Quiconque a des rapports sexuels avec une femme adultère, même si lui avait attribué la possession du ciel et de la terre au Saint, béni soit-Il, comme l’a fait Abraham notre patriarche, car il est écrit à son sujet : « J’ai levé ma main vers le Seigneur, Dieu Très-Haut, Possesseur du ciel et de la terre » (Genèse 14:22), ne restera pas impuni du jugement de la Géhenne. Abraham est décrit comme quelqu’un dont les mains furent levées pour proclamer la gloire de Dieu ; pourtant, ce verset déclare que même si celui qui s’est engagé dans des rapports sexuels interdits utilisait ses mains de la même manière, malgré cela, à cause de son péché, le verset dit : « il ne restera pas impuni ».
קַשְׁיָא לְהוּ לִדְבֵי רַבִּי שֵׁילָא: הַאי ״יָד לְיָד לֹא יִנָּקֶה״, ״יָדִי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
Cette interprétation pose une difficulté pour les Sages de l’école de Rabbi Sheila : Cette expression : « De main en main, il ne restera pas impuni, » n’est pas la manière dont le verset présenterait cette idée. Il aurait fallu dire : Ma main, car c’est le terme employé dans le verset à propos d’Abraham.
אֶלָּא אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי שֵׁילָא: אֲפִילּוּ קִיבֵּל תּוֹרָה כְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ״ — לֹא יִנָּקֶה מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם.
Au contraire, les Sages de l’école de Rabbi Sheila disent : Cela enseigne que même si celui qui a des rapports sexuels avec une femme adultère avait reçu la Torah de la main de Dieu comme Moïse, notre maître, comme il est écrit à son sujet : « À Sa droite était pour eux une loi de feu » (Deutéronome 33:2), c’est-à-dire que Dieu a donné la Torah de Sa main droite à la main de Moïse afin de la donner au peuple juif, le pécheur ne restera pas impuni du jugement de la Géhenne.
קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: הַאי ״יָד לְיָד״, ״יָד מִיָּד״ מִיבַּעְיָא לֵיהּ!
Cette interprétation aussi pose une difficulté pour Rabbi Yoḥanan : Cette expression, « main à main », n’est pas la manière dont le verset présenterait cette idée. Il aurait fallu dire : Main de main, car c’est le terme employé dans le verset au sujet de Moïse.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן:
Au contraire, Rabbi Yoḥanan dit :