הִרְחִיבָה שְּׁאוֹל נַפְשָׁהּ וּפָעֲרָה פִיהָ לִבְלִי חֹק וְיָרַד הֲדָרָהּ וַהֲמוֹנָהּ וּשְׁאוֹנָהּ וְעָלֵז בָּהּ״.
le monde souterrain a élargi son désir et a ouvert sa bouche sans mesure, et y descendent leur gloire, leur tumulte, leur vacarme, et celui qui se réjouit parmi eux (Isaïe 5:14). Leur châtiment est qu’ils descendront dans le monde souterrain.
מִשֶּׁמֵּתוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים. מַאן ״נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים״? אָמַר רַב הוּנָא: זֶה דָּוִד וּשְׁמוּאֵל וּשְׁלֹמֹה. רַב נַחְמָן אָמַר: בִּימֵי דָּוִד, זִימְנִין סְלֵיק, וְזִימְנִין לָא סְלֵיק, שֶׁהֲרֵי שָׁאַל צָדוֹק — וְעָלְתָה לוֹ, שָׁאַל אֶבְיָתָר — וְלֹא עָלְתָה לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעַל אֶבְיָתָר״.
§ La michna a enseigné : Depuis le moment où les premiers prophètes moururent, le Ourim VeToummim fut annulé. La Guemara pose une question : Qui sont les premiers prophètes ? Rav Houna dit : Cela fait référence à David, Samuel et Salomon, et après leur mort le Ourim VeToummim ne fut plus utilisé. Rav Naḥman a dit : Aux jours de David il y avait des fois où une réponse s’élevait pour eux du Ourim VeToummimet il y avait des fois où une réponse ne s’élevait pas, c’est-à-dire qu’ils ne recevaient pas de réponse. La preuve en est que Tsadok, le Grand Prêtre au temps de David, interrogea le Ourim VeToummimet une réponse s’éleva pour lui, tandis que Abiathar interrogea et une réponse ne s’éleva pas pour lui, comme cela est dit : « Et Abiathar monta » (II Samuel 15:24), et en conséquence il fut écarté du service comme Grand Prêtre.
מֵתִיב רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: ״וַיְהִי לִדְרֹשׁ אֱלֹהִים בִּימֵי זְכַרְיָהוּ הַמֵּבִין בִּרְאֹת הָאֱלֹהִים״, מַאי לָאו, בְּאוּרִים וְתוּמִּים? לֹא, בִּנְבִיאִים.
Rabba bar Shmuel soulève une objection : Le verset déclare au sujet d’Ozias : « Et il s’appliqua à rechercher Dieu aux jours de Zacharie, qui avait l’intelligence de la vision de Dieu » (II Chroniques 26:5). Le verset n’est-il pas en train d’affirmer qu’Ozias rechercherait Dieu en posant des questions au Ourim VeToummim, bien qu’il ait vécu après l’époque de Salomon ? La Guemara rejette cette affirmation : Non, il rechercherait Dieu en posant des questions aux prophètes, mais non à l’Ourim VeToummim.
תָּא שְׁמַע: מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ רִאשׁוֹן בָּטְלוּ עָרֵי מִגְרָשׁ, וּפָסְקוּ אוּרִים וְתוּמִּים, וּפָסַק מֶלֶךְ מִבֵּית דָּוִד.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’une baraita (Tosefta 13:2) concernant le moment où les Ourim VeToummim cessèrent : Depuis le temps où le Premier Temple fut détruit, les villes avec champs qui avaient été attribuées aux Lévites furent annulées, les Ourim VeToummim cessèrent, et la monarchie cessa dans la maison de David.
וְאִם לְחָשְׁךָ אָדָם לוֹמַר: ״וַיֹּאמֶר הַתִּרְשָׁתָא לָהֶם אֲשֶׁר לֹא יֹאכְלוּ מִקֹּדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים עַד עֲמֹד כֹּהֵן לְאוּרִים וּלְתֻמִּים״, אֱמוֹר לוֹ: כְּאָדָם שֶׁאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״עַד שֶׁיִּחְיוּ מֵתִים וְיָבֹא מָשִׁיחַ בֶּן דָּוִד״.
Et si une personne te murmurait en disant que le Urim VeTummim existait encore, comme il est dit au sujet du moment où le Second Temple se tenait pour la première fois : « Et le Tirshatha leur dit qu’ils ne devaient pas manger des choses très saintes, jusqu’à ce qu’il se lève un prêtre avec le Urim VeTummim » (Esdras 2:63), ce qui semble indiquer qu’ils n’avaient qu’à attendre que le Second Temple soit construit pour la réapparition du Urim VeTummim ; tu dois lui dire que cela ne renvoie pas à l’attente d’un développement à court terme, mais c’est comme une personne qui dit à son ami, au sujet de quelque chose qui se produira dans un avenir lointain : Jusqu’à ce que les morts vivent et que le Messie, le fils de David, vienne. En tout cas, la baraita indique que le Urim VeTummim n’a cessé qu’à partir du moment où le Premier Temple a été détruit, et non au temps de Salomon.
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאן ״נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים״ — לְאַפּוֹקֵי מֵחַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי, דְּאַחֲרוֹנִים נִינְהוּ. דְּתָנוּ רַבָּנַן: מִשֶּׁמֵּתוּ חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי — נִסְתַּלְּקָה רוּחַ הַקּוֹדֶשׁ מִיִּשְׂרָאֵל. וְאַף עַל פִּי כֵן, הָיוּ מִשְׁתַּמְּשִׁים בְּבַת קוֹל,
Au contraire, Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Qui sont les premiers prophètes, au sujet desquels il est dit que l’usage du Urim VeTummim a cessé immédiatement après leur mort ? Ce terme, premiers prophètes, sert à exclure Aggée, Zacharie et Malachie, qui sont les derniers prophètes. Le Urim VeTummim a été utilisé pendant toute la période du Premier Temple, jusqu’à leur époque, sans toutefois l’inclure. Comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita (Tosefta 13:3) : Depuis le moment où Aggée, Zacharie et Malachie moururent, l’Esprit divin quitta le peuple juif, car ces trois-là étaient considérés comme les derniers prophètes. Et même après que le Urim VeTummim eut cessé d’exister, ils continuaient néanmoins à faire usage d’une Voix divine pour recevoir des instructions d’En-Haut, même après cette époque.
שֶׁפַּעַם אַחַת הָיוּ מְסוּבִּין בַּעֲלִיַּית בֵּית גּוּרְיָא בִּירִיחוֹ, נִתְּנָה עֲלֵיהֶן בַּת קוֹל מִן הַשָּׁמַיִם וְאָמְרָה: יֵשׁ בָּכֶם אָדָם אֶחָד שֶׁרָאוּי שֶׁתִּשְׁרֶה שְׁכִינָה עָלָיו, אֶלָּא שֶׁאֵין דּוֹרוֹ רָאוּי לְכָךְ. נָתְנוּ עֵינֵיהֶם בְּהִלֵּל הַזָּקֵן, וּכְשֶׁמֵּת הִסְפִּידוּהוּ: הִי חָסִיד, הִי עָנָיו, תַּלְמִידוֹ שֶׁל עֶזְרָא.
Car, en une certaine occasion, les Sages étaient attablés dans la chambre haute de la maison de Gurya à Jéricho. Une Voix Divine venue du Ciel se fit entendre à eux et dit : Il y a parmi vous une personne pour laquelle il convient que la Présence Divine repose sur elle comme sur un prophète, mais sa génération n’en est pas digne ; ils ne méritent pas d’avoir un prophète parmi eux. Les Sages présents portèrent leur regard sur Hillel l’Ancien. Et lorsqu’il mourut, ils firent son éloge funèbre ainsi : Hélas le pieux, hélas l’humble, disciple d’Ezra.
וְשׁוּב פַּעַם אַחֶרֶת הָיוּ מְסוּבִּין בַּעֲלִיָּיה בְּיַבְנֶה, נִתְּנָה (לָהֶן) [עֲלֵיהֶן] בַּת קוֹל מִן הַשָּׁמַיִם, וְאָמְרָה לָהֶן: יֵשׁ בָּכֶם אָדָם אֶחָד שֶׁרָאוּי שֶׁתִּשְׁרֶה שְׁכִינָה עָלָיו אֶלָּא שֶׁאֵין דּוֹרוֹ זַכָּאִין לְכָךְ, נָתְנוּ עֵינֵיהֶם בִּשְׁמוּאֵל הַקָּטָן. וּכְשֶׁמֵּת, הִסְפִּידוּהוּ: הִי עָנָיו, הִי חָסִיד, תַּלְמִידוֹ שֶׁל הִלֵּל.
Et de nouveau, en une autre occasion, plusieurs générations plus tard, les Sages étaient attablés dans une chambre haute d’une maison à Yavne, et une Voix Divine venue du Ciel se fit entendre à eux et dit : Il y a une personne parmi vous pour laquelle il convient que la Présence Divine repose sur elle, mais sa génération n’en est pas digne. Les Sages présents portèrent leur regard sur Shmuel HaKatan. Et lorsqu’il mourut, ils firent son éloge funèbre de la manière suivante : Hélas l’humble, hélas le pieux, disciple de Hillel.
וְאַף הוּא אָמַר בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ: שִׁמְעוֹן וְיִשְׁמָעֵאל — לְחַרְבָּא, וְחַבְרוֹהִי — לִקְטָלָא, וּשְׁאָר עַמָּא — לְבִיזָּא, וְעָקָן סַגִּיאִין עֲתִידִין לְמֵיתֵי עַל עַמָּא. וְאַף עַל רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא בִּקְּשׁוּ לוֹמַר ״הִי חָסִיד הִי עָנָיו״, אֶלָּא שֶׁנִּטְרְפָה שָׁעָה, שֶׁאֵין מַסְפִּידִין עַל הֲרוּגֵי מַלְכוּת.
Lui aussi, Shmuel HaKatan, a dit la déclaration suivante de prédiction divinement inspirée au moment de sa mort : Shimon, c’est-à-dire Rabban Shimon ben Gamliel, et Yishmael, c’est-à-dire Rabbi Yishmael ben Elisha, le Grand Prêtre, sont destinés à l’épée, leurs collègues à la mise à mort, le reste du peuple au pillage, et de grands malheurs sont destinés à s’abattre sur le peuple. La Guemara rapporte : Et ils cherchèrent aussi à dire au sujet de Rabbi Yehuda ben Bava, en faisant son éloge funèbre : Hélas le pieux, hélas l’humble, mais le moment était troublé et ils ne purent pas le faire. Cela parce que les éloges funèbres ne sont pas prononcés pour ceux qui ont été tués par la monarchie, ce qui fut le sort de Rabbi Yehuda ben Bava, afin de ne pas éveiller la colère de la monarchie.
מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בָּטַל הַשָּׁמִיר כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁמִיר שֶׁבּוֹ בָּנָה שְׁלֹמֹה אֶת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַבַּיִת בְּהִבָּנֹתוֹ אֶבֶן שְׁלֵמָה מַסָּע נִבְנָה״ — הַדְּבָרִים כִּכְתָבָן, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
§ La michna a enseigné : Depuis le moment où le Premier Temple fut détruit, le shamir cessa d’exister. Les Sages ont enseigné : Ce shamir est la créature avec laquelle Salomon construisit le Temple, comme il est dit : « Quant à la maison, lorsqu’elle fut bâtie, elle fut construite de pierre entière provenant de la carrière » (I Rois 6:7). Or, ces paroles doivent être comprises exactement comme elles sont écrites, à savoir que le roi Salomon prit des pierres entières et les façonna en faisant effectuer la coupe par le shamir. Telle est l’opinion de Rabbi Yehouda.
אָמַר לוֹ רַבִּי נְחֶמְיָה: וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״כׇּל אֵלֶּה אֲבָנִים יְקָרֹת וְגוֹ׳ מְגֹרָרוֹת בַּמְּגֵרָה״! אִם כֵּן מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״לֹא נִשְׁמַע בַּבַּיִת בְּהִבָּנֹתוֹ״ — שֶׁהָיָה מְתַקֵּין מִבַּחוּץ, וּמַכְנִיס מִבִּפְנִים. אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּאַבְנֵי מִקְדָּשׁ, וְדִבְרֵי רַבִּי נְחֶמְיָה בְּאַבְנֵי בֵיתוֹ.
Rabbi Neḥemya lui dit : Et est-il possible de dire cela ? N’est-il pas déjà écrit : « Toutes celles-ci étaient des pierres précieuses, selon les mesures des pierres taillées, sciées avec des scies » (II Rois 7:9), ce qui indique que des scies, qui sont des instruments de fer, furent utilisées pour façonner les pierres ? Si tel est le cas, quelle est la signification lorsque le verset déclare : « Et marteau, hache, et tout outil de fer ne furent pas entendus dans la maison pendant qu’elle était construite » (I Rois 6:7) ? Cela signifie qu’il préparait les pierres à l’extérieur du mont du Temple à l’aide d’outils, et les apportait à l’intérieur déjà taillées, afin qu’aucun outil de fer ne soit utilisé à l’intérieur du Temple lui-même. Rabbi Yehuda HaNasi a dit : L’affirmation de Rabbi Yehuda selon laquelle aucun outil de fer ne fut utilisé semble correcte en ce qui concerne les pierres du Temple, et l’affirmation de Rabbi Neḥemya selon laquelle des outils furent utilisés semble correcte en ce qui concerne les pierres de la propre maison du roi.
וְרַבִּי נְחֶמְיָה, שָׁמִיר לְמַאי אֲתָא? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: אֲבָנִים הַלָּלוּ אֵין כּוֹתְבִין אוֹתָן בִּדְיוֹ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״פִּתּוּחֵי חוֹתָם״, וְאֵין מְסָרְטִין עֲלֵיהֶם בְּאִיזְמֵל, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמִלּוּאֹתָם״,
La Guemara pose une question : Et selon Rabbi Neḥemya, qui soutient qu’on utilisait des outils en fer même pour tailler les pierres du Temple, à quelle fin le shamir est-il venu ? La Guemara répond : Il était nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraita : Ces pierres du pectoral et de l’éphod, sur lesquelles étaient inscrits les noms des tribus, on ne peut pas y écrire avec de l’encre, car il est dit : « Comme les gravures d’un sceau » (Exode 28:21), ce qui signifie que les noms doivent être gravés sur les pierres. Et on ne peut pas les entailler avec un scalpel [izemel], car il est dit : « Dans leurs montures complètes » (Exode 28:20), indiquant que les pierres doivent être entières et qu’il ne doit rien manquer de leur masse.
אֶלָּא כּוֹתֵב עֲלֵיהֶם בִּדְיוֹ, וּמַרְאֶה לָהֶן שָׁמִיר מִבַּחוּץ, וְהֵן נִבְקָעוֹת מֵאֲלֵיהֶן, כִּתְאֵינָה זוֹ שֶׁנִּבְקַעַת בִּימוֹת הַחַמָּה וְאֵינָהּ חֲסֵירָה כְּלוּם, וּכְבִקְעָה זוֹ, שֶׁנִּבְקַעַת בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, וְאֵינָהּ חֲסֵירָה כְּלוּם.
La baraita continue : Au contraire, on écrit les lettres sur elles avec de l’encre, et on les montre, c’est-à-dire qu’on place le shamir près des marques d’encre de l’extérieur, sans le laisser toucher les pierres, et elles se fendent le long des lignes d’encre d’elles-mêmes, comme cette figue qui se fend en été sans rien perdre de sa masse, et comme ce champ dans une vallée qui se fissure pendant la saison des pluies sans rien perdre de sa masse. Le shamir était utilisé de cette manière pour ces gravures.
תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁמִיר זֶה, בְּרִיָּיתוֹ כִּשְׂעוֹרָה, וּמִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית נִבְרָא, וְאֵין כׇּל דָּבָר קָשֶׁה יָכוֹל לַעֲמוֹד בְּפָנָיו. בַּמֶּה מְשַׁמְּרִין אוֹתוֹ — כּוֹרְכִין אוֹתוֹ בִּסְפוֹגִין שֶׁל צֶמֶר, וּמַנִּיחִין אוֹתוֹ בְּאִיטְנִי שֶׁל אֲבָר מְלֵיאָה סוּבֵּי שְׂעוֹרִין.
Les Sages ont enseigné : Ce shamir, sa taille est celle d’un grain d’orge, et il a été créé durant les six jours de la création, et rien de dur ne peut lui résister. Dans quoi le conserve-t-on, afin qu’il ne brise pas tout ce qui se trouve à proximité ? On l’enveloppe dans des touffes [sefogin] de laine et on le place dans un récipient de plomb [itenei], rempli de son d’orge, qui est mou et ne sera pas brisé par le shamir.
אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מִשֶּׁחָרַב מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן — בָּטְלָה שִׁירָא פְּרַנְדָּא וּזְכוּכִית לְבָנָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מִשֶּׁחָרַב מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן — בָּטְלָה שִׁירָא פְּרַנְדָּא וּזְכוּכִית לְבָנָה וְרֶכֶב בַּרְזֶל, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף יַיִן קָרוּשׁ הַבָּא מִשְּׂנִיר, הַדּוֹמֶה כְּעִיגּוּלֵי דְבֵילָה.
§ Rabbi Ami dit : Depuis le temps où le Premier Temple a été détruit, la soie brillante [peranda] la soie [shira] et le verre blanc ont cessé d’exister. Cela est également enseigné dans une baraita : Depuis le temps où le Premier Temple a été détruit, la soie brillante, le verre blanc et les chars de fer ont cessé d’exister ; et certains disent que même le vin figé qui vient de Senir, l’Hermon, qui ressemble à des galettes rondes de figues après s’être figé, a également cessé d’exister.
וְנוֹפֶת צוּפִים. מַאי ״נוֹפֶת צוּפִים״? אָמַר רַב: סוֹלֶת שֶׁצָּפָה עַל גַּבֵּי נָפָה, וְדוֹמָה לְעִיסָּה שֶׁנִּילּוֹשָׁה בִּדְבַשׁ וָשֶׁמֶן. וְלֵוִי אָמַר: שְׁתֵּי כִּכָּרוֹת הַנִּדְבָּקוֹת בַּתַּנּוּר וְתוֹפְחוֹת וּבָאוֹת, עַד שֶׁמַּגִּיעוֹת זוֹ לָזוֹ. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: זֶה דְּבַשׁ הַבָּא מִן הַצִּיפְיָא. מַאי מַשְׁמַע — כְּדִמְתַרְגֵּם רַב שֵׁשֶׁת: ״כְּמָא דְּנָתְזָן דַּבְרָיָאתָה וְשָׁיְיטָן בְּרוּמֵי עָלְמָא וּמַתְיָין דּוּבְשָׁא מֵעִישְׂבֵי טוּרָא״.
La michna a enseigné : Et la douceur du rayon de miel [nofet tzufim] cessa également lorsque le Premier Temple fut détruit. La Guemara demande : Qu’est-ce que nofet tzufim ? Rav dit : De la farine fine qui flotte vers le haut et reste au sommet du tamis [nafa], ce qui est semblable en goût à une pâte pétrie avec du miel et de l’huile. Et Lévi dit que nofet tzufim est le terme désignant deux pains collés ensemble dans un four, qui continuent à lever jusqu’à se rejoindre. Et Rabbi Yehoshua ben Lévi dit : C’est du miel qui vient de régions élevées [tzipiyya]. La Guemara explique : D’où peut-on déduire que c’est bien ce que signifie nofet tzufim ? Car Rav Sheshet traduisait les mots : « Comme le font les abeilles » (Deutéronome 1:44) : Comme les abeilles se dispersent et volent à travers le monde entier et apportent du miel provenant de plantes de montagne. De même, Rabbi Yehoshua ben Lévi affirme que le miel vient de régions élevées.
תְּנַן הָתָם: כׇּל הַנִּצּוֹק טָהוֹר, חוּץ מִדְּבַשׁ זִיפִים וְהַצַפִּיחִים. מַאי ״זִיפִים״? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּבַשׁ שֶׁמְּזַיְּיפִין בּוֹ. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: עַל שֵׁם מְקוֹמוֹ, כְּדִכְתִיב: ״זִיף וָטֶלֶם וּבְעָלוֹת״.
Nous avons appris dans une michna là-bas (Makhshirin 5:9) : Tout ce qui est versé demeure rituellement pur. Autrement dit, même si un liquide est versé dans un ustensile rituellement impur, le filet du liquide ne rend pas impur le contenu qui reste dans l’ustensile rituellement pur d’où il a été versé, sauf le miel de zifim et la pâte à gaufrettes. Ces substances sont trop visqueuses pour être considérées comme des liquides. La Guemara demande : Que signifie zifim ? Rabbi Yoḥanan dit : Du miel d’une qualité si rare que l’on pouvait le falsifier [mezayyefin], en le diluant avec d’autres substances, sans que cela soit remarqué. Et Reish Lakish dit : Il est nommé d’après son lieu, comme il est écrit : « Ziph, et Telem, et Bealoth » (Josué 15:24).
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״בְּבוֹא הַזִּיפִים וַיֹּאמְרוּ לְשָׁאוּל הֲלֹא דָוִד וְגוֹ׳״. מַאי ״זִיפִים״? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּנֵי אָדָם הַמְזַיְּיפִין דִּבְרֵיהֶם. וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: עַל שֵׁם מְקוֹמָן, כְּדִכְתִיב: ״זִיף וָטֶלֶם וּבְעָלוֹת״.
De même, vous pouvez dire au sujet du verset : « Lorsque les zifim vinrent et dirent à Saül : David ne se cache-t-il pas parmi nous ? » (Psaumes 54:2). Quel est le sens de zifim, mentionné dans ce verset ? Rabbi Yoḥanan dit : Cela signifie des gens qui falsifiaient [hamzayyefin] leurs paroles. Et Rabbi Elazar dit : Ils sont appelés ainsi d’après leur lieu, comme il est écrit : « Ziph, Telem et Bealoth. »
וּפָסְקוּ אַנְשֵׁי אֲמָנָה. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁהֵן מַאֲמִינִין בְּהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ פַּת בְּסַלּוֹ וְאוֹמֵר ״מָה אוֹכַל לְמָחָר״ — אֵינוֹ אֶלָּא מִקְּטַנֵּי אֲמָנָה.
§ La michna enseigne que depuis le moment où le Second Temple a été détruit, les hommes de foi ont disparu. Rabbi Yitzḥak dit : Ce sont des personnes qui croient dans le Saint, béni soit-Il, et placent leur confiance en Lui dans toutes leurs voies. Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer le Grand dit que quiconque a du pain dans son panier à manger aujourd’hui et dit : Que mangerai-je demain ?, c’est-à-dire qu’il ne sait pas comment il obtiendra du pain pour demain, n’est rien d’autre que de ceux qui ont peu de foi. Il faut faire confiance à Dieu pour lui fournir sa subsistance.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי מִי בַז לְיוֹם קְטַנּוֹת״ — מִי גָּרַם לַצַּדִּיקִים שֶׁיִּתְבַּזְבֵּז שׁוּלְחָנָן לֶעָתִיד לָבֹא — קַטְנוּת שֶׁהָיָה בָּהֶן, שֶׁלֹּא הֶאֱמִינוּ בְּהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, רָבָא אָמַר: אֵלּוּ קְטַנֵּי בְּנֵי רִשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל,
Et voici ce que Rabbi Elazar a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car qui méprise le jour des petites choses » (Zacharie 4:10) ? Qu’est-ce qui a causé que la table, c’est-à-dire la récompense, des justes soit pillée, c’est-à-dire gaspillée, dans l’avenir ? C’était l’étroitesse d’esprit qu’ils possédaient. Et qu’est-ce que cette étroitesse d’esprit ? Le fait qu’ils n’ont pas cru dans le Saint, Béni soit-Il, avec une foi complète. Rava a dit : Qui pille le jour des petites choses ? Ce sont les petits enfants des méchants du peuple juif, qui meurent jeunes,