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וַאֲנַן קָא יָהֲבִינַן לְכֹהֲנִים.
et nous le donnons aux prêtres. Ezra a pénalisé les Lévites pour ne pas être montés avec lui de Babylonie vers Eretz Yisrael, en leur retirant leur droit à la première dîme. Par conséquent, le propriétaire de la récolte ne peut plus réciter la déclaration des dîmes, qui comprend l’affirmation : « J’ai fait selon tout ce que Tu m’as ordonné » (Deutéronome 26:14), puisqu’il n’a pas donné la dîme aux Lévites.
וְלוֹדֵי אַשְּׁאָר מַעַשְׂרוֹת? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל בַּיִת שֶׁאֵין מִתְוַדֶּה עַל מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן — שׁוּב אֵין מִתְוַדֶּה עַל שְׁאָר מַעַשְׂרוֹת. מַאי טַעְמָא? אָמַר אַבָּיֵי: הוֹאִיל וּפָתַח בּוֹ הַכָּתוּב תְּחִילָּה.
La Guemara demande : Qu’il au moins déclare qu’il a donné les autres dîmes de la manière appropriée. Reish Lakish a dit : Toute maison qui ne prononce pas la déclaration au sujet de la première dîme ne peut plus prononcer la déclaration des autres types de dîmes. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Abaye a dit : Parce que le verset écrit a commencé la déclaration par la dîme donnée aux Lévites : « Et je l’ai aussi donnée au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve, conformément à toutes Tes mitzvot que Tu m’as ordonnées » (Deutéronome 26:13). S’il ne peut pas dire la première partie de la déclaration, il ne peut pas dire le reste.
מִכְלָל דְּאַפְרוֹשֵׁי הֲווֹ מַפְרְשִׁי? וְהָא תַּנְיָא: אַף הוּא בִּיטֵּל אֶת הַוִּידּוּי, וְגָזַר עַל הַדְּמַאי. לְפִי שֶׁשָּׁלַח בְּכׇל גְּבוּל יִשְׂרָאֵל וְרָאָה שֶׁאֵין מַפְרִישִׁין אֶלָּא תְּרוּמָה גְּדוֹלָה בִּלְבַד, וּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי — מִקְצָתָן מְעַשְּׂרִין וּמִקְצָתָן אֵין מְעַשְּׂרִין.
La Guemara pose une question : Le fait que Rabbi Yoḥanan ait annulé la déclaration des dîmes prouve par déduction qu’ils prélevaient les dîmes de son temps. Mais n’est-il pas enseigné (Tosefta 13:10) : Lui, Yoḥanan le Grand Prêtre, a également annulé la déclaration des dîmes et a décrété au sujet des produits dont la dîme était douteuse [demai] ? Pourquoi a-t-il promulgué ce décret ? Parce qu’il a envoyé des messagers dans tout le pays, jusqu’à toutes les frontières d’Eretz Yisrael pour enquêter, et il a vu qu’ils ne prélevaient que la teruma gedola, et quant à la première dîme et à la seconde dîme, certaines personnes prélevaient la dîme et certaines personnes ne la prélevaient pas.
אָמַר לָהֶם: בָּנַי, בּוֹאוּ וְאוֹמַר לָכֶם: כְּשֵׁם שֶׁתְּרוּמָה גְּדוֹלָה יֵשׁ בָּהּ עֲוֹן מִיתָה — כָּךְ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר וְטֶבֶל יֵשׁ בָּהֶן עֲוֹן מִיתָה.
Il leur dit : Mes fils, venez et je vais vous dire quelque chose : De même que les halakhot de la teruma gedola comprennent une transgression passible de mort de la main de Dieu, car celui qui a mangé un produit dont la teruma n’a pas été prélevée est puni de mort par le Ciel, de même aussi, la teruma de la dîme, la part que les Lévites doivent prélever de leur première dîme et donner aux prêtres, et le produit non dîmé, comprennent une transgression passible de mort de la main de Dieu, si le produit est mangé sans que les dîmes aient été prélevées.
עָמַד וְהִתְקִין לָהֶם: הַלּוֹקֵחַ פֵּירוֹת מֵעַם הָאָרֶץ — מַפְרִישׁ מֵהֶן מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי. מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן — מַפְרִישׁ מִמֶּנָּה תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר וְנוֹתְנָהּ לְכֹהֵן, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי עוֹלֶה וְאוֹכְלוֹ בִּירוּשָׁלַיִם. מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי — הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה!
Se rendant compte qu’il y avait une incertitude quant à savoir si les gens séparaient les dîmes, il se leva et institua pour eux une ordonnance concernant les produits dont on doute qu’ils aient été prélevés : Celui qui achète des produits à un am ha’aretz, qui peuvent avoir été ou non prélevés, doit séparer du produit la première dîme et la seconde dîme en raison de l’incertitude quant à savoir si le am ha’aretz les a séparées ou non. Quant à la première dîme, il en sépare alors la teruma de la dîme et la donne à un prêtre, et en ce qui concerne la seconde dîme, il monte et la mange à Jérusalem. Cependant, en ce qui concerne le don de la première dîme au Lévite, et de la dîme du pauvre, qui peuvent être consommées par n’importe qui, puisque les Lévites et les pauvres n’ont que des droits pécuniaires sur le produit, la charge de la preuve incombe au demandeur. Puisque les Lévites et les pauvres ne peuvent pas prouver que ces dîmes n’avaient pas déjà été séparées par le am ha’aretz, ils ne peuvent pas contraindre l’acheteur à leur donner ces dîmes.
תַּרְתֵּי תַּקֵּן: בִּיטֵּל וִידּוּי דַּחֲבֵירִים, וְגָזַר עַל דְּמַאי שֶׁל עַמֵּי הָאָרֶץ.
Quoi qu’il en soit, la Guemara prouve à partir de la baraita que tous les gens ne prélevaient pas les dîmes à l’époque de Yoḥanan le Grand Prêtre. La Guemara répond : Il institua deux ordonnances : il annula la déclaration des dîmes de ceux qui étaient voués à l’observance méticuleuse des mitzvot [ḥaverim], en particulier les halakhot de teruma et des dîmes, et il décréta au sujet des produits dont on doute qu’ils aient été dîmés achetés à des amei ha’aretz, car ils pouvaient ne pas avoir séparé les dîmes du tout.
וְאַף הוּא בִּיטֵּל אֶת הַמְעוֹרְרִים. מַאי מְעוֹרְרִים? אָמַר רַחֲבָה: בְּכׇל יוֹם וָיוֹם שֶׁהָיוּ עוֹמְדִים לְוִיִּם עַל דּוּכָן וְאוֹמְרִים ״עוּרָה לָמָּה תִישַׁן ה׳״, אָמַר לָהֶן: וְכִי יֵשׁ שֵׁינָה לִפְנֵי הַמָּקוֹם? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל״! אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל שְׁרוּיִין בְּצַעַר וְאוּמּוֹת הָעוֹלָם בְּנַחַת וְשַׁלְוָה, לְכָךְ נֶאֱמַר ״עוּרָה לָמָּה תִישַׁן ה׳״.
§ La mishna a en outre enseigné : Il a également annulé les actes des éveilleurs. La Guemara pose une question : Que sont les éveilleurs ? Raḥava dit : Chaque jour, lorsque les Lévites se tenaient sur l’estrade dans le Temple, ils disaient : « Réveille-toi, pourquoi dors-tu, ô Seigneur ? » (Psaumes 44:24). C’est pourquoi on les appelait les éveilleurs. Yoḥanan le Grand Prêtre leur dit : Le Tout-Présent dort-Il, pour que vous L’appeliez à se réveiller ? N’est-il pas déjà dit : « Voici, Celui qui garde Israël ne sommeille ni ne dort » (Psaumes 121:4) ? Au contraire, lorsque le peuple juif est dans un état de souffrance, et que les nations du monde sont dans un état de calme et de sérénité, c’est à ce sujet qu’il est dit : « Réveille-toi, pourquoi dors-tu, ô Seigneur ? » Si ce verset était récité chaque matin, il serait interprété de la mauvaise manière ; c’est pourquoi Yoḥanan le Grand Prêtre a annulé la récitation quotidienne de ce verset.
וְאֶת הַנּוֹקְפִים. מַאי ״נוֹקְפִים״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שֶׁהָיוּ מְסָרְטִין לָעֵגֶל בֵּין קַרְנָיו, כְּדֵי שֶׁיִּפּוֹל דָּם בְּעֵינָיו. אֲתָא אִיהוּ בַּטֵּיל, מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כִּי מוּמָא.
La michna a également enseigné que Yoḥanan, le Grand Prêtre, a annulé les frappeurs. La Guemara demande : Que sont les frappeurs ? Rav Yehouda dit que Shmouel dit : Ce sont ceux qui griffaient le veau préparé pour l’abattage comme offrande entre ses cornes, afin que le sang tombe dans ses yeux, afin que l’animal ne voie pas et ne résiste pas à l’abattage. Il est venu et a annulé cette pratique, parce que cela ressemblait à ce qu’ils causaient un défaut.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: שֶׁהָיוּ חוֹבְטִין אוֹתוֹ בְּמַקְלוֹת כְּדֶרֶךְ שֶׁעוֹשִׂין אוֹתוֹ לִפְנֵי עֲבוֹדָה זָרָה. אָמַר לָהֶם: עַד מָתַי אַתֶּם מַאֲכִילִין נְבֵילוֹת לַמִּזְבֵּחַ! נְבֵילוֹת?! הָא שָׁחֵיט לְהוּ! אֶלָּא טְרֵיפוֹת — שֶׁמָּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ. עָמַד וְהִתְקִין לָהֶם טַבָּעוֹת בַּקַּרְקַע.
Une explication différente des frappeurs a été enseignée dans une baraita (Tosefta 13:9) : Ce sont ceux qui frappaient le veau avec des bâtons, afin de l’étourdir avant qu’il ne soit abattu, de la manière dont on le fait devant les idoles. Yoḥanan le Grand Prêtre leur dit : Jusqu’à quand nourrirez-vous l’autel avec des carcasses d’animaux non abattus ? La Guemara demande : Ces carcasses d’animaux sont-elles réellement des carcasses d’animaux non abattus ? Ils ont été abattus, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas morts d’eux-mêmes. Au contraire, il a dit que les coups les feraient devenir comme des animaux ayant une blessure qui les fera mourir dans les douze mois [tereifot], car peut-être que ces coups perforeront la membrane entourant le cerveau, ce qui ferait du veau une tereifa. Il se leva donc et institua pour eux une ordonnance visant à mettre des anneaux dans le sol avec lesquels ils pourraient attacher les animaux, facilitant ainsi l’abattage des animaux sans avoir à les gratter entre les cornes ni à les frapper avec des bâtons.
עַד יָמָיו הָיָה פַּטִּישׁ מַכֶּה בִּירוּשָׁלַיִם. בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
La michna a déclaré que jusqu’aux jours de Yoḥanan, le Grand Prêtre, le marteau des forgerons frappait à Jérusalem. La Guemara explique : cela fait référence aux jours intermédiaires d’une fête. Bien que certains types de travail soient permis ces jours-là, le martèlement d’un marteau fut interdit, car le bruit qu’il produisait diminuait le sentiment de sainteté du jour.
כׇּל יָמָיו לֹא הָיָה אָדָם צָרִיךְ לִשְׁאוֹל עַל הַדְּמַאי. כְּדַאֲמַרַן.
Ils ont en outre enseigné que pendant tous ses jours, une personne n’avait pas besoin de s’enquérir au sujet de produits dont on doutait qu’ils aient été prélevés de la dîme. La Guemara note que cela est comme ce que nous avons dit plus haut, à savoir qu’il a institué une ordonnance concernant la dîme de produits dont le prélèvement était douteux.
מַתְנִי׳ מִשֶּׁבָּטְלָה סַנְהֶדְרִין — בָּטַל הַשִּׁיר מִבֵּית הַמִּשְׁתָּאוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּשִּׁיר לֹא יִשְׁתּוּ יָיִן וְגוֹ׳״.
MICHNA : Cette michna poursuit la liste des éléments qui ont été annulés. Depuis le moment où le Sanhédrin a cessé d’exister, le chant a également été annulé dans les lieux de festins, c’est-à-dire qu’il n’était plus permis de chanter lors d’un festin où du vin était servi, comme il est dit : « Avec chant ils ne boiront pas de vin » (Isaïe 24:9).
מִשֶּׁמֵּתוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים — בָּטְלוּ אוּרִים וְתוּמִּים. מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ — בָּטַל הַשָּׁמִיר וְנוֹפֶת צוּפִים, וּפָסְקוּ אַנְשֵׁי אֲמָנָה מִיִּשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹשִׁיעָה ה׳ כִּי גָמַר חָסִיד וְגוֹ׳״.
Depuis le temps où les premiers prophètes moururent, le Urim VeTummim fut annulé. Depuis le temps où le Second Temple fut détruit, le ver shamir cessa d'exister et aussi la douceur du rayon de miel, comme le dit le verset au sujet des lois de la Torah : « Elles sont plus désirables que l’or, oui, que beaucoup d’or fin ; plus douces aussi que le miel et que le rayon de miel » (Psaumes 19:11). Et les hommes de foi cessèrent d'être parmi le peuple juif, comme il est dit : « Au secours, Seigneur, car l’homme pieux a disparu ; car les fidèles manquent parmi les fils des hommes » (Psaumes 12:2).
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, הֵעִיד רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין יוֹם שֶׁאֵין בּוֹ קְלָלָה, וְלֹא יָרַד הַטַּל לִבְרָכָה, וְנִיטַּל טַעַם הַפֵּירוֹת. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף נִיטַּל שׁוֹמֶן הַפֵּירוֹת. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הַטׇּהֳרָה נָטְלָה אֶת הַטַּעַם וְאֶת הָרֵיחַ, הַמַּעַשְׂרוֹת נָטְלוּ אֶת שׁוֹמֶן הַדָּגָן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַזְּנוּת וְהַכְּשָׁפִים כִּילוּ אֶת הַכֹּל.
Rabban Shimon ben Gamliel dit que Rabbi Yehoshua a témoigné : Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n’y a pas un jour qui ne comporte une forme de malédiction. Et depuis lors la rosée n’est pas descendue pour la bénédiction, et le goût a été retiré des fruits. Rabbi Yosei dit : Depuis lors, la graisse des fruits a aussi été retirée. Rabbi Shimon ben Elazar dit : Depuis lors, la pureté perdue a retiré le goût et l’arôme des fruits ; les dîmes qui n’ont pas été séparées ont retiré la graisse du grain. Et les Sages disent : La promiscuité et la sorcellerie ont tout consumé.
גְּמָ׳ וּמִמַּאי דְּמִשֶּׁבָּטְלָה סַנְהֶדְרִי כְּתִיב? אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ, דְּאָמַר קְרָא: ״זְקֵנִים מִשַּׁעַר שָׁבָתוּ בַּחוּרִים מִנְּגִינָתָם״.
GUEMARA : La Guemara soulève une question au sujet de la première clause de la michna : Et d’où est-il déduit que le verset : « Avec le chant ils ne boiront pas de vin » (Isaïe 24:9) a été écrit au sujet de la période depuis le moment où le Sanhédrin a été aboli ? Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a dit : De ce que le verset déclare : « Les anciens ont cessé de siéger à la porte, les jeunes gens de leur musique » (Lamentations 5:14). Cela indique que la dissolution du Sanhédrin, qui sont les anciens de la porte, est liée à la fin du chant des jeunes hommes.
אָמַר רַב: אוּדְנָא דְּשָׁמְעָא זִמְרָא — תִּעֲקַר. אָמַר רָבָא: זִמְרָא בְּבֵיתָא — חוּרְבָּא בְּסִיפָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוֹל יְשׁוֹרֵר בַּחַלּוֹן חֹרֶב בַּסַּף כִּי אַרְזָה עֵרָה״.
Rav a dit : L’oreille qui entend un chant doit être arrachée, car il est interdit d’écouter de la musique après la destruction du Temple. Rava a dit : S’il y a du chant dans une maison, il y aura destruction sur le seuil, comme il est dit : « Des voix chanteront aux fenêtres ; la désolation sera dans les poteaux des portes ; car son ouvrage de cèdre sera mis à nu » (Sophonie 2:14). Le mot « mis à nu » [era] peut être lu au sens de : sa ville [ira].
מַאי ״כִּי אַרְזָה עֵרָה״? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בַּיִת הַמְסוּבָּךְ בַּאֲרָזִים עִיר הוּא! אֶלָּא: אֲפִילּוּ בַּיִת הַמְסוּבָּךְ בַּאֲרָזִים מִתְרוֹעֵעַ. אָמַר רַב אָשֵׁי: שְׁמַע מִינַּהּ כִּי מַתְחֵיל חוּרְבָּא — בְּסִיפָּא מַתְחֵיל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חֹרֶב בַּסַּף״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״וּשְׁאִיָּה יֻכַּת שָׁעַר״. אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: לְדִידִי חֲזֵי לִי וּמְנַגַּח כִּי תוֹרָא.
La Guemara demande : Quel est le sens de : Car son ouvrage de cèdre sera sa ville ? En outre, Rabbi Yitzḥak s’est interrogé lorsqu’il a dit : Une maison entrelacée de cèdres n’est-elle pas aussi solide qu’une ville, et donc non menacée de désolation ? Au contraire, cela signifie que même une maison entrelacée de cèdres deviendra instable [mitroe’a] si l’on y entend du chant. Rav Ashi a dit : Apprends-en que lorsque la destruction commence, elle commence par le seuil, comme il est dit : « La désolation sera dans les poteaux. » Et si tu veux, dis plutôt qu’ils tirent cette idée d’ici : « Dans la ville reste la désolation, et la porte est frappée jusqu’à la ruine [she’iyya] » (Isaïe 24:12). Le terme « ruine » ici fait référence au démon destructeur connu sous le nom de She’iyya, qui frappe d’abord la porte. Mar bar Rav Ashi a dit : Je l’ai vu, ce She’iyya, et il encornait et semait la destruction comme un bœuf.
אָמַר רַב הוּנָא: זִמְרָא דְּנַגָּדֵי וּדְבַקָּרֵי — שְׁרֵי. דְּגַרְדָּאֵי — אֲסִיר. רַב הוּנָא בַּטֵּיל זִמְרָא, קָם מְאָה אֲווֹזֵי בְּזוּזָא וּמְאָה סָאֵה חִיטֵּי בְּזוּזָא וְלָא אִיבְּעִי. אֲתָא רַב חִסְדָּא זַלְזֵיל בֵּיהּ, אִיבְּעַאי אֲווֹזָא בְּזוּזָא וְלָא אִשְׁתְּכַח.
Rav Houna dit : Le chant de ceux qui tirent les bateaux et conduisent le troupeau est permis, car leur chant les aide à établir un rythme dans leur travail. Cependant, celui des tisserands est interdit, car ils chantent uniquement pour leur propre plaisir. La Guemara rapporte que par la suite, Rav Houna annula toutes les formes de chant, et cela entraîna une bénédiction générale : Le prix de cent canards était d’un dinar, et cent se’a de blé d’un dinar, et il n’y avait pas de demande pour eux même à un prix si bas, en raison de leur grande abondance. Plus tard, lorsque Rav Ḥisda vint et tourna en dérision cette interdiction, les gens recommencèrent à chanter. En conséquence, les prix augmentèrent considérablement, et cela mena à une situation où l’on voulait un seul canard pour un dinar et il était introuvable.
אָמַר רַב יוֹסֵף: זָמְרִי גַּבְרֵי וְעׇנְיָ[ין] נְשֵׁי — פְּרִיצוּתָא. (זָמְרִי) [זָמְרָן] נְשֵׁי וְעָנַיִ[ין] גַּבְרֵי — כְּאֵשׁ בִּנְעוֹרֶת. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ — לְבַטּוֹלֵי הָא מִקַּמֵּי הָא.
Rav Yossef a dit : Si les hommes chantent et que les femmes répondent, c’est de la débauche. Si les femmes chantent et que les hommes répondent, cela fait brûler le mauvais penchant comme si l’on mettait le feu à des copeaux pour allumer le bois. La Guemara pose une question : Quelle différence y a-t-il ? Rav Yossef indique que, dans tous les cas, les deux sont interdits. La Guemara répond : Pour annuler l’un devant l’autre, c’est-à-dire que, s’il est impossible d’interdire complètement le chant, ils devraient au moins faire cesser la forme la plus problématique.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַשּׁוֹתֶה בְּאַרְבָּעָה מִינֵי זֶמֶר, מֵבִיא חָמֵשׁ פּוּרְעָנִיּוֹת לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי מַשְׁכִּימֵי בַבֹּקֶר שֵׁכָר יִרְדֹּפוּ מְאַחֲרֵי בַנֶּשֶׁף יַיִן יַדְלִיקֵם וְהָיָה כִנּוֹר וָנֶבֶל תֹּף וְחָלִיל וָיַיִן מִשְׁתֵּיהֶם וְאֵת פֹּעַל ה׳ לֹא יַבִּיטוּ״,
Rabbi Yoḥanan dit : Quiconque boit du vin avec l’accompagnement de quatre types d’instruments apporte cinq formes de rétribution au monde, comme il est dit : « Malheur à ceux qui se lèvent de bon matin pour courir après les boissons fortes, qui veillent tard dans la nuit jusqu’à ce que le vin les échauffe. La harpe et le psaltérion, le tambourin et la flûte et le vin sont dans leurs festins, mais ils ne regardent pas l’œuvre du Seigneur » (Isaïe 5:11–12).
מָה כְּתִיב אַחֲרָיו: ״לָכֵן גָּלָה עַמִּי מִבְּלִי דָעַת״ — שֶׁגּוֹרְמִין גָּלוּת לָעוֹלָם, ״וּכְבוֹדוֹ מֵתֵי רָעָב״ — שֶׁמְּבִיאִין רָעָב לְעוֹלָם, ״וַהֲמוֹנוֹ צִחֵה צָמָא״ — שֶׁגּוֹרְמִין לַתּוֹרָה שֶׁתִּשְׁתַּכַּח מִלּוֹמְדֶיהָ, ״וַיִּשַּׁח אָדָם וַיִּשְׁפַּל אִישׁ״ — שֶׁגּוֹרְמִין שִׁפְלוּת לְשׂוֹנְאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא. וְאֵין ״אִישׁ״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ אִישׁ מִלְחָמָה״, ״וְעֵינֵי גְבֹהִים תִּשְׁפַּלְנָה״ — שֶׁגּוֹרְמִין שִׁפְלוּת שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
Après avoir énuméré le péché de ceux qui boivent du vin avec un accompagnement musical, le verset énonce leur punition : Qu’est-il écrit ensuite ? « C’est pourquoi Mon peuple est parti en captivité, faute de connaissance » (Isaïe 5:13), ce qui signifie qu’ils causent l’exil dans le monde ; « et ses hommes honorables sont affamés » (Isaïe 5:13), car ils amènent la famine dans le monde ; « et sa multitude est desséchée par la soif » (Isaïe 5:13), qu’ils font que la Torah, qui est comparée à l’eau, soit oubliée par ceux qui l’étudient. « Et l’humanité est abaissée, et l’homme est humilié » (Isaïe 5:15), qu’ils font que l’ennemi du Saint, béni soit-Il, c’est-à-dire Dieu Lui-même, soit abaissé, car « l’homme » dans l’expression « et l’homme est humilié » ne désigne nul autre que le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Le Seigneur est un homme de guerre » (Exode 15:3). Le verset continue : « Et les yeux des hautains sont humiliés » (Isaïe 5:15), qu’ils font que le peuple juif soit abaissé. Ce sont les cinq rétributions.
וּמָה כְּתִיב אַחֲרָיו — ״לָכֵן
Et quel châtiment est-il écrit ensuite pour les personnes qui ont bu du vin avec accompagnement musical ? «C’est pourquoi,

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