עַד יָמָיו הָיָה פַּטִּישׁ מַכֶּה בִּירוּשָׁלַיִם. וּבְיָמָיו אֵין צָרִיךְ לִשְׁאוֹל עַל הַדְּמַאי.
Jusqu’à ses jours, le marteau des forgerons frappait à Jérusalem pendant les jours intermédiaires d’une Fête, mais il interdit cette pratique. Et, de plus, de son temps, il n’était pas nécessaire de s’enquérir des produits au sujet desquels la dîme était douteuse [demai], car tous prenaient soin de prélever la dîme.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן שֶׁאִם נֶעֶרְפָה הָעֶגְלָה וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הַהוֹרֵג שֶׁאֵין פּוֹטֶרֶת אוֹתוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְלָאָרֶץ לֹא יְכֻפַּר לַדָּם אֲשֶׁר שֻׁפַּךְ בָּהּ כִּי אִם בְּדַם שֹׁפְכוֹ״.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : D’où est-il déduit que si l’on a brisé la nuque de la génisse et qu’ensuite le meurtrier a été trouvé, alors le bris de la nuque ne l’exempte pas de la punition ? Le verset déclare : « Et la terre ne sera pas expiée pour le sang qui y a été versé, si ce n’est par le sang de celui qui l’a versé » (Nombres 35:33).
עֵד אֶחָד אוֹמֵר רָאִיתִי אֶת הַהוֹרֵג כּוּ׳. טַעְמָא דְּמַכְחֵישׁ לֵיהּ, הָא לָא מַכְחֵישׁ לֵיהּ — עֵד אֶחָד מְהֵימַן.
La michna a enseigné que si un témoin dit : J’ai vu le meurtrier, et qu’un autre témoigne : Tu ne l’as pas vu, ils briseraient la nuque de la génisse. La Guemara en déduit : La raison pour laquelle ils brisent la nuque est que le second témoin le contredit, mais si personne ne le contredit, on se fie à un seul témoin, et ils ne brisent pas la nuque de la génisse.
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״לֹא נוֹדַע מִי הִכָּהוּ״. הָא נוֹדַע מִי הִכָּהוּ, אֲפִילּוּ אֶחָד בְּסוֹף הָעוֹלָם — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מִנַּיִן לְסַנְהֶדְרִין שֶׁרָאוּ אֶחָד שֶׁהָרַג אֶת הַנֶּפֶשׁ וְאֵין מַכִּירִין אוֹתוֹ, שֶׁלֹּא הָיוּ עוֹרְפִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעֵינֵינוּ לֹא רָאוּ״, וַהֲלֹא רָאוּ.
D’où sont dérivées ces questions ? La Guemara répond que c’est comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : Il est dit au sujet de la génisse à laquelle on brise la nuque : « On ne sait pas qui l’a frappé » (Deutéronome 21:1). Par conséquent, si l’on savait qui l’avait frappé, même si ce n’était qu’une personne au bout du monde qui le savait, on ne briserait pas la nuque de la génisse. Rabbi Akiva dit : D’où est-il dérivé que si les membres du Sanhédrin eux-mêmes voyaient une personne tuer quelqu’un, mais ne la reconnaissaient pas, alors on ne briserait pas la nuque de la génisse ? Le verset dit : « Et nos yeux n’ont pas vu » (Deutéronome 21:7), et n’ont-ils pas vu ? Le seul fait d’avoir vu le meurtre supprime la nécessité d’accomplir le rituel.
הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ עֵד אֶחָד מְהֵימַן, אִידַּךְ חַד הֵיכִי מָצֵי מַכְחֵישׁ לֵיהּ? וְהָאָמַר עוּלָּא: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד — הֲרֵי כָּאן שְׁנַיִם, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם! אָמַר לָךְ עוּלָּא, תְּנִי: ״לֹא הָיוּ עוֹרְפִין״. וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק, תְּנִי: ״לֹא הָיוּ עוֹרְפִין״.
La Guemara pose une question : Maintenant que tu as dit que dans ce cas on se fie à un seul témoin, alors, comment l’autre peut-il le contredire ? Ulla n’a-t-il pas dit : Partout où la Torah se fie à un seul témoin, il y a ici l’équivalent du témoignage de deux témoins, ici, et la déclaration d’un témoin n’a aucune valeur dans un endroit où elle est contredite par deux témoins. La Guemara répond : Ulla aurait pu te dire que le texte de la michna doit être corrigé et enseigner la michna de cette manière : Ils ne briseraient pas la nuque de la génisse. Et Rabbi Yitzḥak a également dit d’enseigner : Ils ne briseraient pas la nuque.
וְרַבִּי חִיָּיא אָמַר, תְּנִי: ״הָיוּ עוֹרְפִין״. וּלְרַבִּי חִיָּיא קַשְׁיָא דְּעוּלָּא! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּבַת אַחַת, כָּאן בְּזֶה אַחַר זֶה.
Et Rabbi Ḥiyya a dit qu’il faut enseigner : Ils lui briseraient la nuque. La Guemara demande : Et selon Rabbi Ḥiyya, la décision ci-dessus de Ulla est difficile. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile, car ici, dans la michna, il s’agit du cas où deux témoins sont venus simultanément, et par conséquent leurs deux témoignages sont rejetés ; tandis que là-bas, concernant la déclaration de Ulla, il s’agit d’un cas où ils ont témoigné l’un après l’autre. Ulla statue qu’une fois que le témoignage du premier témoin a été accepté, le témoignage du second témoin ne peut pas l’annuler.
תְּנַן: עֵד אֶחָד אוֹמֵר ״רָאִיתִי אֶת הַהוֹרֵג״, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים ״לֹא רָאִיתָ״ — הָיוּ עוֹרְפִין. הָא חַד וְחַד — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין, תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי חִיָּיא!
Nous avons appris dans la michna : Si un témoin dit : J’ai vu le meurtrier, et que deux disent : Tu n’as pas vu, ils lui briseraient la nuque. Cela ne peut pas avoir été énoncé seulement pour nous enseigner cette halakha, car le fait que deux témoins l’emportent sur un seul est bien connu. La Guemara suppose que cela est énoncé pour l’inférence suivante : Par conséquent, si l’un a témoigné, et que l’autre un a ensuite témoigné, ils ne lui briseraient pas la nuque. Cela semble être une réfutation concluante de Rabbi Ḥiyya, dont la version du texte est : Ils lui briseraient la nuque.
וְלִיטַעְמָיךְ, אֵימָא סֵיפָא: שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״רָאִינוּ״, וְעֵד אֶחָד אוֹמֵר ״לֹא רְאִיתֶם״ — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין. הָא חַד וְחַד — הָיוּ עוֹרְפִין.
La Guemara répond : Et selon ton raisonnement selon lequel la michna énonce ses cas afin d’enseigner une inférence, dis la clause finale de la michna : Si deux témoins disent : Nous avons vu, et un témoin dit : Vous n’avez pas vu, ils ne lui briseraient pas la nuque. La Guemara tire une inférence de cette clause : Par conséquent, si un est venu puis l’autre un est venu, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas venus simultanément, ils lui briseraient la nuque. Les deux inférences tirées des différentes clauses de la michna se contredisent donc l’une l’autre, et la michna doit être expliquée autrement.
אֶלָּא: מַתְנִיתִין כּוּלַּהּ בִּפְסוּלֵי עֵדוּת, וְכִדְרַבִּי נְחֶמְיָה, דְּאָמַר: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד הַלֵּךְ אַחַר רוֹב דֵּעוֹת, וְעָשׂוּ שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד כִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד.
Au contraire, la compréhension correcte est que toute la michna ne traite pas de témoins valides ni n’énonce une halakha évidente afin de permettre une déduction, mais qu’elle traite plutôt de personnes disqualifiées pour témoigner et nous enseigne également une règle nouvelle. Et la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Neḥemya, qui dit : Partout où la Torah s’appuie sur un seul témoin, suis l’avis de la majorité. En d’autres termes, si les témoignages de deux témoins disqualifiés se contredisent, le tribunal statue conformément au témoignage fourni par le plus grand nombre de témoins, qu’ils soient ou non qualifiés pour témoigner. Et ils ont établi que, concernant le témoignage de deux femmes, qui sont habituellement disqualifiées pour témoigner, lorsqu’elles témoignent contre un homme, il doit être comme celui de deux hommes contre un homme, et le tribunal statuera conformément au témoignage des deux femmes.
וְאִיכָּא דְאָמְרִי: כׇּל הֵיכָא דַּאֲתָא עֵד אֶחָד — כָּשֵׁר מֵעִיקָּרָא, אֲפִילּוּ מֵאָה נָשִׁים כִּי אֶחָד דָּמְיָין. וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דַּאֲתַאי אִשָּׁה מֵעִיקָּרָא. וְתָרְצַהּ לִדְרַבִּי נְחֶמְיָה הָכִי: רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד — הַלֵּךְ אַחַר רוֹב דֵּעוֹת, וְעָשׂוּ שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִשָּׁה אַחַת כִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד, אֲבָל שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד — כִּי פַּלְגָא וּפַלְגָא דָּמֵי.
Et il y a ceux qui disent une version différente de l’opinion de Rabbi Neḥemya : Partout où un témoin valable est venu au départ, même cent femmes qui le contredisent ensuite sont considérées comme un seul témoin et n’annulent pas son témoignage. Et de quoi s’agit-il ici dans la michna ? D’un cas où une femme est venue au départ et a témoigné qu’elle avait vu le meurtrier. Puis deux autres femmes sont arrivées pour contredire sa déclaration. Et, selon cette interprétation, il faut corriger la déclaration de Rabbi Neḥemya pour qu’elle se lise ainsi : Rabbi Neḥemya dit : Partout où la Torah s’appuie sur un seul témoin, suis la majorité des avis. Et ils ont établi que deux femmes contre une femme sont comme deux hommes contre un homme. Mais deux femmes en opposition à un homme qui est un témoin valable équivalent à la moitié d’une paire de témoins et à la moitié d’une paire de témoins, et la michna n’a pas traité ce cas.
וְתַרְתֵּי פְּסוּלֵי עֵדוּת, לְמָה לִי? מַהוּ דְּתֵימָא: כִּי אָזְלִינַן בָּתַר רוֹב דֵּעוֹת — לְחוּמְרָא, אֲבָל לְקוּלָּא — לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara soulève une question sur ces deux interprétations de la michna : Et pourquoi ai-je besoin de deux cas dans la michna pour enseigner la halakha selon laquelle on suit l’opinion majoritaire de ceux qui sont disqualifiés pour témoigner ? La Guemara explique : Cela est nécessaire, de peur que tu ne dises que lorsque nous suivons l’opinion majoritaire dans le cas de témoins invalides, c’est lorsqu’elle aboutit à une décision plus stricte et exige l’accomplissement du rituel. Mais lorsqu’elle aboutit à une décision plus indulgente et dit que le rituel n’est pas requis, nous ne suivons pas l’opinion majoritaire, et l’accomplissement du rituel est requis même s’il y a un témoin disant que le meurtrier n’a pas été vu. Par conséquent, la michna nous enseigne qu’il n’y a aucune différence à cet égard, et l’opinion majoritaire est suivie dans tous les cas.
מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחִין כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחָנִין — בָּטְלָה עֶגְלָה עֲרוּפָה, לְפִי שֶׁאֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא עַל הַסָּפֵק. מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחָנִין בְּגָלוּי — בָּטְלָה עֶגְלָה עֲרוּפָה.
§ La michna a enseigné que depuis le temps où les meurtriers se sont multipliés, le rituel de la génisse à la nuque brisée a été annulé. Les Sages ont enseigné : Depuis le temps où les meurtriers se sont multipliés, le rituel de la génisse à la nuque brisée a été annulé, car il ne s'applique que dans un cas impliquant une incertitude quant à l'identité du meurtrier. Par conséquent, lorsqu'il y eut une augmentation du nombre de meurtriers agissant ouvertement de sorte que leur identité était connue, le rituel de la génisse à la nuque brisée a été annulé.
מִשֶּׁרַבּוּ הַנּוֹאֲפִין כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְנִקָּה הָאִישׁ מֵעָוֹן״, בִּזְמַן שֶׁהָאִישׁ מְנוּקֶּה מֵעָוֹן — הַמַּיִם בּוֹדְקִין אֶת אִשְׁתּוֹ, אֵין הָאִישׁ מְנוּקֶּה מֵעָוֹן — אֵין הַמַּיִם בּוֹדְקִין אֶת אִשְׁתּוֹ. וְאוֹמֵר: ״לֹא אֶפְקוֹד עַל בְּנוֹתֵיכֶם כִּי תִזְנֶינָה כּוּ׳״.
La michna a également enseigné que depuis le temps où les adultères se sont multipliés, l’accomplissement du rituel de l’eau amère d’une sota a été annulé. Les Sages ont enseigné : Il est dit : « Et l’homme sera absous de transgression, et cette femme portera sa transgression » (Nombres 5:31), ce qui indique que lorsque l’homme est absous de transgression, les eaux évaluent si son épouse a été infidèle, mais si l’homme n’est pas absous de transgression, les eaux n’évaluent pas si son épouse a été infidèle. Et il est dit : « Je ne punirai pas vos filles lorsqu’elles se prostituent, ni vos belles-filles lorsqu’elles commettent l’adultère ; car eux-mêmes fréquentent des femmes débauchées et sacrifient avec des prostituées ; et le peuple qui est sans intelligence est bouleversé » (Osée 4:14).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא עָוֹן דִּידֵיהּ — אִין, דִּבְנֵיהּ וְדִבְנָתֵיהּ — לָא, תָּא שְׁמַע: ״לֹא אֶפְקוֹד עַל בְּנוֹתֵיכֶם כִּי תִזְנֶינָה וְעַל כַּלּוֹתֵיכֶם כִּי תְנָאַפְנָה״.
La Guemara précise : Quel est le but de l’ajout de : Et il est écrit ? Que manque-t-il dans l’exposé tiré du verset de la Torah ? La Guemara explique : Et si tu disais que, sur la base du verset : « Et l’homme sera absous de transgression », la halakha serait que, concernant sa propre transgression, oui, elle rendrait les eaux inefficaces, mais que la transgression de ses fils et de ses filles n’affecte pas l’efficacité, viens et entends le verset : « Je ne punirai pas vos filles, » c’est-à-dire, je ne punirai pas vos femmes à cause de vos filles, « ni vos belles-filles lorsqu’elles commettent l’adultère. »
וְכִי תֵּימָא: עֲוֹן אֵשֶׁת אִישׁ — אִין, עָוֹן דִּפְנוּיָה — לָא, תָּא שְׁמַע: ״כִּי הֵם עִם הַזֹּנוֹת יְפָרֵדוּ וְעִם הַקְּדֵשׁוֹת יְזַבֵּחוּ וְגוֹ׳״.
Et si tu disais : En ce qui concerne la transgression de l’adultère avec une femme mariée, oui, cela rendra les eaux inefficaces, mais la transgression de celui qui a eu des rapports sexuels avec une femme non mariée n’affecte pas l’efficacité, viens et entends la suite du verset : « Car ils fréquentent des femmes débauchées, et ils offrent des sacrifices avec des prostituées. »
מַאי ״וְעָם לֹא יָבִין יִלָּבֵט״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמַר לָהֶם נָבִיא לְיִשְׂרָאֵל: אִם אַתֶּם מַקְפִּידִין עַל עַצְמְכֶם — מַיִם בּוֹדְקִין נְשׁוֹתֵיכֶם, וְאִם לָאו — אֵין הַמַּיִם בּוֹדְקִין נְשׁוֹתֵיכֶם.
La Guemara porte son attention sur la fin du verset. Quel est le sens de : « Et le peuple qui est sans intelligence est bouleversé » ? Rabbi Elazar dit : Le prophète a dit au peuple juif : Si vous êtes rigoureux envers vous-mêmes, l’eau évalue vos femmes ; mais sinon, l’eau n’évalue pas vos femmes. Cela rendrait les gens bouleversés, car ils ne sauraient pas comment surmonter leur soupçon s’ils craignent que leurs femmes aient été infidèles.
מִשֶּׁרַבּוּ בַּעֲלֵי הֲנָאָה, נִתְעַוְּתוּ הַדִּינִין וְנִתְקַלְקְלוּ הַמַּעֲשִׂים וְאֵין נוֹחַ בָּעוֹלָם. מִשֶּׁרַבּוּ רוֹאֵי פָנִים בַּדִּין, בָּטַל ״לֹא תָגוּרוּ״, וּפָסַק ״לֹא תַכִּירוּ״, וּפָרְקוּ עוֹל שָׁמַיִם וְנָתְנוּ עֲלֵיהֶם עוֹל בָּשָׂר וָדָם.
§ La Guemara cite des déclarations semblables à celles de la michna. Depuis le temps où ceux qui acceptent des avantages des autres se sont multipliés, les lois se sont déformées et les actes se sont corrompus, et il n’y avait plus de consolation dans le monde. Depuis le temps où ceux qui regardent les visages des plaideurs au jugement, afin de statuer selon l’apparence des plaideurs, se sont multipliés, l’accomplissement du verset : « Vous ne craindrez pas la face d’aucun homme » (Deutéronome 1:17), a cessé, et l’accomplissement du verset : « Vous n’aurez pas d’égard pour les visages dans le jugement » (Deutéronome 1:17), a cessé, et ils ont rejeté d’eux le joug du Ciel, et ont placé sur eux le joug de la chair et du sang.
מִשֶּׁרַבּוּ לוֹחֲשֵׁי לְחִישׁוֹת בַּדִּין — רָבָה חֲרוֹן אַף בְּיִשְׂרָאֵל, וְנִסְתַּלְּקָה הַשְּׁכִינָה, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּקֶרֶב אֱלֹהִים יִשְׁפֹּט״. מִשֶּׁרַבּוּ ״אַחֲרֵי בִצְעָם לִבָּם הֹלֵךְ״ — רַבּוּ ״הָאוֹמְרִים לָרַע טוֹב וְלַטּוֹב רָע״. מִשֶּׁרַבּוּ ״הָאוֹמְרִים לָרַע טוֹב וְלַטּוֹב רָע״ — רַבּוּ ״הוֹי הוֹי״ בָּעוֹלָם.
Depuis le temps où ceux qui murmurent des murmures dans le jugement se sont multipliés, conseillant les juges en secret, une colère farouche s’est multipliée en Israël, et la Présence divine s’est retirée, car il est dit : « Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu ; au milieu des juges Il juge » (Psaumes 82:1). La Présence divine qui demeure parmi les juges s’en va s’ils jugent de manière impropre. Depuis le temps où ceux auxquels le verset fait référence : « Leur cœur va après leur convoitise » (Ézéchiel 33:31), se sont multipliés, « Ceux qui disent du mal bien, et du bien mal » (Isaïe 5:20) se sont multipliés, c’est-à-dire que se sont multipliés, en conséquence, ceux qui traitent les méchants comme s’ils étaient justes. Depuis le temps où l’accomplissement du verset : « Ceux qui disent du mal bien, et du bien mal, » s’est multiplié, le cri de : Malheur, malheur, s’est multiplié dans le monde. Il y eut une augmentation des détresses qui poussent les gens à crier.
מִשֶּׁרַבּוּ מוֹשְׁכֵי הָרוֹק — רַבּוּ הַיְּהִירִים וְנִתְמַעֲטוּ הַתַּלְמִידִים, וְהַתּוֹרָה חוֹזֶרֶת עַל לוֹמְדֶיהָ. מִשֶּׁרַבּוּ הַיְּהִירִים — הִתְחִילוּ בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל לְהִנָּשֵׂא לִיהִירִים, שֶׁאֵין דּוֹרֵינוּ רוֹאֶה אֶלָּא לַפָּנִים.
Depuis le temps où ceux qui affichent leur arrogance en crachant de la salive se sont multipliés, le nombre de personnes hautaines en général s’est multiplié, et le nombre de étudiants a diminué, car ils disaient avec arrogance qu’il ne leur restait rien à apprendre, et la Torah doit aller partout pour chercher ceux qui l’étudient, car les gens n’apprennent pas de leur propre initiative. De plus, depuis le temps où les arrogants se sont multipliés, les filles d’Israël ont commencé à épouser des hommes arrogants, car notre génération ne regarde que le visage, c’est-à-dire les aspects extérieurs d’une personne, et ignore les aspects intérieurs d’une personne.
אִינִי?! וְהָאָמַר מָר: הַאי מַאן דְּמִיַּהַר — אֲפִילּוּ אַאִינָשֵׁי בֵּיתֵיהּ לָא מִיקַּבַּל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גֶּבֶר יָהִיר וְלֹא יִנְוֶה״, לֹא יִנְוֶה אֲפִילּוּ בַּנָּוֶה שֶׁלּוֹ! מֵעִיקָּרָא קָפְצָה עֲלֵיהּ, לְסוֹף מִיתְּזִיל עֲלַיְיהוּ.
La Guemara soulève une difficulté : Est-ce bien ainsi ? Les femmes souhaitent-elles épouser des hommes arrogants ? Mais le Maître n’a-t-il pas dit : Celui qui est hautain n’est même pas accepté par les membres de sa propre maison, comme il est dit : « L’homme hautain ne demeure pas » (Habacuc 2:5) ? « Ne demeure pas [yinaveh] » signifie que même dans sa demeure [naveh], il n’est pas accepté. La Guemara explique : Au début, elle saute sur l’occasion de l’épouser lui, parce qu’il lui paraît être une grande personne, mais à la fin, une fois qu’elle apprend à le connaître, il est rabaissé à ses yeux.
מִשֶּׁרַבּוּ מַטִּילֵי מְלַאי עַל בַּעֲלֵי בָתִּים — רָבָה הַשּׁוֹחַד וְהַטָּיַית מִשְׁפָּט, וּפָסְקָה טוֹבָה. מִשֶּׁרַבּוּ ״מְקַבְּלֵנִי טוֹבָתְךָ״ וּ״מְחַזְּקֵנִי טוֹבוֹתֶיךָ״ — רַבּוּ ״אִישׁ הַיָּשָׁר בְּעֵינָיו יַעֲשֶׂה״. שְׁפָלִים הוּגְבְּהוּ, וְהַגְּבוֹהִים הוּשְׁפְּלוּ, וּמַלְכוּתָא אָזְלָא וְנָוְלָא. מִשֶּׁרַבּוּ צָרֵי עַיִן וְטוֹרְפֵי טֶרֶף — רַבּוּ מְאַמְּצֵי הַלֵּב וְקוֹפְצֵי יָדַיִם מִלְּהַלְווֹת, וְעָבְרוּ עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה ״הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּן וְגוֹ׳״.
La baraita continue : Depuis le temps où il y eut une augmentation de ceux qui imposaient aux propriétaires l’obligation d’affecter les profits de la marchandise à l’entretien des juges, la corruption par les pots-de-vin et la perversion du jugement se multiplièrent, et le bien cessa. Depuis le temps où ces juges et dirigeants qui disent : J’accepte ta faveur, et : Je garde ta faveur, se multiplièrent, l’accomplissement du verset : « Chacun faisait ce qui était droit à ses yeux » (Juges 17:6), se multiplia. Les humbles furent élevés et les hauts placés furent abaissés, et la monarchie est de plus en plus en déclin. Depuis le temps où les avares et ceux avides de profit se multiplièrent, se multiplièrent ceux au cœur endurci et qui fermaient leurs mains au prêt, et ils transgressèrent ce qui est écrit dans la Torah : « Tu n’endurciras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main à ton frère indigent…Prends garde qu’il n’y ait dans ton cœur une pensée vile…et que tu ne lui donnes pas » (Deutéronome 15:7, 9).
מִשֶּׁרַבּוּ ״נְטוּיוֹת גָּרוֹן וּמְשַׂקְּרוֹת עֵינָיִם״ — רַבּוּ מַיִם הַמָּרִים, אֶלָּא שֶׁפָּסְקוּ. מִשֶּׁרַבּוּ מְקַבְּלֵי מַתָּנוֹת — נִתְמַעֲטוּ הַיָּמִים וְנִתְקַצְּרוּ הַשָּׁנִים, דִּכְתִיב: ״וְשׂוֹנֵא מַתָּנֹת יִחְיֶה״. מִשֶּׁרַבּוּ זְחוּחֵי הַלֵּב — רַבּוּ מַחֲלוֹקֹת בְּיִשְׂרָאֵל. מִשֶּׁרַבּוּ תַּלְמִידֵי שַׁמַּאי וְהִילֵּל שֶׁלֹּא שִׁימְּשׁוּ כׇּל צוֹרְכָּן — רַבּוּ מַחְלוֹקוֹת בְּיִשְׂרָאֵל, וְנַעֲשֵׂית תּוֹרָה כִּשְׁתֵּי תוֹרוֹת. מִשֶּׁרַבּוּ מְקַבְּלֵי צְדָקָה מִן הַנׇּכְרִי — הָיוּ יִשְׂרָאֵל לְמַעְלָה וְהֵם לְמַטָּה, יִשְׂרָאֵל לִפְנִים וְהֵם לְאָחוֹר.
Depuis le temps où les femmes au « cou tendu et aux yeux aguicheurs » (Isaïe 3:16) se multiplièrent, les eaux amères d’une sota se multiplièrent, car davantage de personnes furent soupçonnées d’adultère ; mais elles finirent par cesser lorsque la débauche devint trop répandue. Depuis le temps où ceux qui acceptent des cadeaux se multiplièrent, les jours diminuèrent et les années raccourcirent, comme il est écrit : « Et celui qui hait les cadeaux vivra » (Proverbes 15:27). Depuis le temps où ceux au cœur vantard [zeḥuḥei] se multiplièrent, la dispute se multiplia en Israël. Depuis le temps où les élèves de Shammaï et Hillel qui ne servirent pas suffisamment leurs Rabbins se multiplièrent, la dispute se multiplia en Israël, et la Torah devint comme deux Torahs. Depuis le temps où ceux qui acceptent la charité des gentils se multiplièrent, le peuple juif était au-dessus et eux au-dessous ; le peuple juif devant et eux derrière. Cette dernière déclaration est un euphémisme ; c’était en réalité le peuple juif qui était au-dessous et derrière, mais la Guemara ne voulait pas le dire explicitement.
מִשֶּׁמֵּת יוֹסֵי בֶּן יוֹעֶזֶר כּוּ׳. מַאי ״אֶשְׁכּוֹלוֹת״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, אִישׁ שֶׁהַכֹּל בּוֹ. יוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל הֶעֱבִיר הוֹדָיַית הַמַּעֲשֵׂר כּוּ׳. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לְפִי שֶׁאֵין נוֹתְנִין אוֹתוֹ כְּתִיקּוּנוֹ. דְּרַחֲמָנָא אָמַר דְּיָהֲבִי לִלְוִיִּם,
§ La michna a enseigné que depuis le moment où Yosei ben Yo’ezer mourut, les grappes cessèrent. La Guemara demande : Quel est le sens de grappes [eshkolot] ? Rav Yehouda dit que Shmouel dit : Cela signifie un homme qui contient tout [ish shehakol bo], les éléments de Torah et des mitsvot. La michna a en outre enseigné que Yoḥanan le Grand Prêtre supprima la déclaration de la dîme. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle il fit cela ? Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Parce qu’ils ne donnaient pas la dîme de la manière appropriée comme l’énonce la Torah. De quelle manière ? Comme le Miséricordieux déclare dans la Torah qu’ils doivent donner la première dîme aux Lévites,